Sophie Berlinghof, née le à Handschuhsheim et morte le à Heidelberg, est une femme politique allemande, membre du Parti communiste et une résistante contre le nazisme. Elle est expulsée de l'université, où elle étudie la médecine dentaire, en raison de ses activités politiques et arrêtée. De 1947 à 1956, elle est membre du conseil municipal de Heidelberg et, pendant de nombreuses années, présidente de l'Association des personnes persécutées par le régime nazi - Confédération des antifascistes (VVN / BdA) du district de Heidelberg.

Biographie Sophie Kuhn est née le à Handschusheim, un quartier de Heidelberg. Elle est la cinquième enfant d'une famille modeste.

En 1931, elle obtient son diplôme d'études secondaires (Abitur) et souhaite devenir enseignante. Mais, à l'époque, seules les femmes célibataires peuvent être enseignantes (). Sa famille n'ayant pas beaucoup d'argent, elle décide la même année d'étudier la médecine dentaire à l'Université de Heidelberg en raison de la courte durée de ses étudesF. Sommer: Anatomie. In: W. U. Eckart, V. Sellin, E. Wolgast (Hrsg.): Die Universität Heidelberg im Nationalsozialismus. Springer, Berlin/Heidelberg 2006..

Elle est membre active de la Ligue de la jeunesse communiste (Kommunistischen Jugendverband) et, en , elle figure sur la liste Roten Studentengruppe (Groupe des étudiants rouges) pour les élections au . Après l'arrivée au pouvoir des nationaux-socialistes en , cette liste refait surface dans un journal local qui demande des sanctions contre les signataires. Des appels publics au boycott de l'entreprise laitière de ses parents sont même lancés mais avec peu de succès. En 1933, Sophie Kuhn est expulsée de l'université, avec 27 autres étudiants, et interdite de poursuivre des études ultérieures dans les universités allemandes en raison de son soutien et/ou appartenance au groupe des étudiants rouges. Elle ne peut pas terminer ses études, ses parents ne pouvant financer des études à l'étranger.

Elle organise également des manifestations et distribue des tracts contre le national-socialisme.

Dans une interview, elle déclare:

En , elle est arrêtée après une réunion et placée en détention de protection pendant deux semaines à la prison de Faulen PelzUni im Nationalsozialismus, Interview mit Sophie Berlinghof, abgedruckt in der Studentenzeitung Schlagloch, Mai 1989, Nr. 8, 3. Jahrgang, S. 7..

En 1935, elle épouse Hans Berlinghof, avec qui elle soutient la résistance communiste et collecte de l'argent pour les familles des camarades emprisonnés1933–1945, auf uni-heidelberg.de, abgerufen am 19. Mai 2020.. Dans les années qui suivent, ses liens avec le Parti communiste, désormais illégal, l'empêchent de trouver du travail ou de bénéficier d'aides. Elle est réquisitionnée en 1943 pour le service de guerre mais refuse de travailler dans l'industrie de l'armement. Elle travaille alors dans une usine pharmaceutique à Heidelberg.

En 1945, après la fin de la guerre, Sophie Berlinghof participe au rétablissement du Parti communiste (KPD) et à la création de l'Association des personnes persécutées par le régime nazi – Confédération des antifascistes (VNN/BdA).

Elle est assesseure du KPD à la Spruchkammer à Heidelberg, chargée de la dénazification, mais la quitte rapidement car elle estime que les principaux coupables n'y sont pas jugés.

En 1947, avec trois autres femmes, elle est élue pour la première fois au conseil municipal de HeidelbergDie Gemeinderätinnen im Bild: Wahlen von 1947 bis 2014, auf heidelberg.de, abgerufen am 19. Mai 2020. et participe à la Commission du logement, des affaires sociales et de l'aide sociale. Cependant, elle déclare dans un entretien .

Elle est réélue en 1950 mais cesse de siéger en 1956, lorsque le Parti communiste allemand est à nouveau interdit.

En 1956, elle signe un tract affirmant que d'anciens nazis sont assis dans l'antichambre d'Adenauer, ce qui lui vaut d'être accusée de calomnie.

Hans Berlinghof meurt en 1955. Comme la pension de veuve n'est pas suffisante pour vivre, Sophie Berlinghof ouvre avec sa sœur un magasin de fruits et légumes à Handschuhsheim. La porte de la boutique est souvent barbouillée de slogans nazis et de croix gammées. Elle dirige l'entreprise jusqu'en 1983.

Après la reconstitution du Parti communiste allemand, Sophie Berlinghof y redevient active et assure aussi la présidence de l'Association des personnes persécutées par le régime nazi – Confédération des antifascistes (VNN/BdA).

Elle maintient la mémoire du nazisme et de la résistance, en organisant des "visites antifascistes" à Heidelberg et par des entretiens avec des témoins de cette époque.

Sophie Berlinghof décède le à l'âge de 91 ans à Heidelberg. Elle est enterrée au cimetière de Handschusheim. L'initiative antifasciste de Heidelberg lui rend hommage

Bibliographie

Michael Buselmeier, Erlebte Geschichte erzählt 1994 – 1997, Heidelberg, Wunderhorn, 2000 , p. 179–194. Petra Nellen, Die Vergangenheit ist die Schwester der Zukunft: 800 Jahre Frauenstadtgeschichte in Heidelberg, Ubstadt-Weiher 1996, .

Liens externes

Brochure sur le droit de vote des femmes à Heidelberg Rathaus Heidelberg: Die Gemeinderätinnen im Bild Entretien avec Sophie Berlinghof, pulié dans le journal étudiant Schlagloch, Mai 1989, Nr. 8, 3. Jahrgang, S. 7. (letzter Zugriff am 31. März 2020)

Références et sources

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