Ménophilé ou Ménophila (en grec ancien : ) est une magistrate grecque de l'époque hellénistique, connue par une stèle funéraire découverte à Sardes (Asie mineure), actuellement conservée au musée archéologique d'Istanbul. Sur la stèle, Ménophilé est remerciée pour ses activités civiques et religieuses en tant que stéphanèphore, ainsi que ses qualités morales et intellectuelles. Il n'y a pas de consensus sur la datation de l'objet, la recherche historique oscille entre le et le
Stèle de Ménophilé Datation La stèle est découverte en , et en , W. H. Buckler et David M. Robinson la datent au plus tard des années 150 av. J.-C., à en juger par l'écriture et le style. L'année de la stéphanèphorie de Ménophilé serait postérieure à , année de celle d'un dénommé Chondros. Néanmoins, dans les publications historiques au , il est généralement accepté que la stèle de Sardes date du ., bien que d'autres donnent le ou le , sans forcément trancher.
A. Bielman-Sanchez avait accepté cette datation par le passé, mais elle donne plutôt le dans ses publications actuelles.. Actuellement, le est retenu dans les articles ou ouvrages évoquant ou traitant de Ménophilé, qu'ils se basent sur les travaux de recherche de Bielman-Sanchez ou non.
Description Ménophilé est représentée entre deux servantes, l'inscription du fronton au-dessus du bas-relief dit : Il y a plusieurs objets symboliques sur le bas-relief de la stèle, expliqués par une épigramme en dessous : Ménophilé est fille unique (alpha) et est morte jeune (lys). Elle est réputée sage et cultivée (rouleau de papyrus). La couronne sur sa tête (aujourd'hui disparue) signalait que Ménophilé avait des fonctions civiques et religieuses, et elle possédait de bonnes compétences domestiques (panier de laine).
Analyse A. Bielman Sanchez théorise que son statut d'enfant unique lui permit d'avoir une éducation équivalente à celle des fils aînés de bonnes familles. Le fait que le bas-relief souligne les compétences intellectuelles, en évoquant sa sagesse (sophia) par le rouleau de papyrus, est inhabituel pour une femme bien que courant pour les hommes. Sa couronne indique qu'elle était stéphanophore (« porte-couronne ») : la stéphanèphorie est une magistrature annuelle où la personne doit dépenser de grosses sommes pour la collectivité (sacrifices, banquets publics…). Ménophilé appartient à l'élite de Sardes, tant sur le plan des droits civiques que sur la richesse, son prestige devait être très important et l'inscription du fronton permet de déduire qu'elle dut avoir des obsèques publiques, honneur réservé aux grandes personnalités comme les évergètes, et que son tombeau était un monument public.
, écrit encore A. Bielman Sanchez. Elle ajoute que contrairement à la stèle funéraire de Paula, celle de la stéphanèphore échappe aux conventions genrées en raison de son statut de fille unique et de sa fonction. Il est possible que Ménophilé est morte durant sa magistrature.
Références
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