Le gouvernement José de Posada Herrera est le gouvernement du royaume d'Espagne en fonction du au .

Contexte Le nouveau parti libéral Izquierda Dinástica (ID) avait été fondé à l'été 1882 à la suite de l'union de la plus grande partie du Parti démocrate-radical républicain, dirigé par Segismundo Moret, qui dès l'arrivée au pouvoir des libéraux avait quitté les rangs républicains et fondé le Parti monarchique-démocrate, Eugenio Montero Ríos et Cristino Martos avec les dissidents du Parti libéral-fusionniste mécontents de la politique « de droite » de Sagasta, parmi lesquels se trouvait le général José López Domínguez, neveu du général Serrano. À la tête de la Gauche dynastique se trouvaient deux vétérans politiques : le général Serrano, de , et José Posada Herrera, de ».}}. ID aspirait à mettre Sagasta hors-jeu afin de constituer le « seul » Parti libéral, fidèle à « l'esprit de 69 », et destiné à alterner avec le Parti conservateur»}}. Sagasta reçut l’offre de rejoindre le nouveau parti en abandonnant « les plus rétrogrades aux mains des conservateurs » et dans ce but une entrevue fut organisée entre lui et le général Serrano, mais Sagasta n'accepta pas de compromis. De son côté, le roi Alfonso XII promut la constitution de la Gauche dynastique dans le but de faire accepter sa monarchie aux groupes les plus radicaux. En revanche, il échoua dans sa tentative de rencontrer Ruiz Zorrilla pour essayer de le convaincre car celui-ci refusa, malgré le fait que le roi alla jusqu’à lui proposer de se rendre à l'étranger pour se rencontrer.

thumb|Gouvernement de José de Posada Herrera (au centre). À sa droite Segismundo Moret (ministre de Gobernación) et à sa droite le général José López Domínguez (Guerre). Après la démission de Sagasta le , le roi, sans faire de consultation, proposa la présidence du gouvernement, comme l’avaient négocié les libéraux et la Gauche dynastique (Izquierda Dinástica), à José de Posada Herrera, qui avait rejoint les izquierdistas quelques mois auparavant».}}. Le cabinet qu’il forma, de libérale, fut composé à parts égales de libéraux et d’izquierdistas parmi lesquels se trouvaient les membres les plus prééminents du nouveau parti, avec Segismundo Moret au portefeuille de Gobernación (Intérieur), le marquis de Sardoal au Fomento (Travaux Publics) et Cristino Martos, agissant comme . Le roi imposa le général José López Domínguez, également de la Gauche dynastique, au portefeuille de la Guerre. En accord avec les négociations préalables, Sagasta occupa la présidence du Congrès des députés, poste depuis lequel . La présidence du Sénat échut au général Francisco Serrano .

Le gouvernement se proposa de mettre en place un programme politique réformiste très ambitieux, avec notamment la création de la , à l'initiative du ministre de l'Intérieur Segismundo Moret, première étape pour que l'État aborde la « question sociale », qui se faisait de plus en plus pressante en raison de l’essor du mouvement ouvrier (en 1881 la Fédération des travailleurs de la région espagnole anarchiste avait été fondée ; quelques années plus tard ce fut le tour de l'Union générale des travailleurs, liée au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), fondé en 1879). Le premier président de la Commission fut le leader conservateur Cánovas del Castillo, qui fut remplacé par Moret lui-même lorsque Cánovas prit en charge la présidence du gouvernement en ».}}.

Une autre des réussites du gouvernement fut l'interdiction des châtiments corporels des (les anciens esclaves cubains qui devaient continuer de travailler pour leurs maîtres pendant huit ans), remplacés par des réductions de leurs allocations, même si cela ouvrait la porte à tout type d'abus. Cependant, le gouvernement ne mit pas fin au « clientélisme » revendiqué par le Parti libéral autonomiste cubain, défenseur de l'abolition immédiate et totale de l'esclavage sur l'île, qui n’eut lieu qu'en sous le de Sagasta, durant la Régence de Marie-Christine d'Autriche (moment où il ne restait qu'environ ).

Cependant, le gouvernement ne put mener à bien la majorité de ses propositions ), loi générale d’Instruction publique, réforme du Code pénal et de la loi sur les poursuites criminelles, implantation d’un service militaire obligatoire, réforme fiscale}} car, n’ayant pas obtenu du roi le décret de dissolution des Cortès qui lui aurait permis de une majorité parlementaire»}}».}}, il était sous la dépendance de la bienveillance du parti de Sagasta, qui lui disposait de cette majorité. Sagasta lui-même définit la situation avec la phrase suivante : .

Le choc se produisit lorsque le Gouvernement, dans le discours de la Couronne prononcé en son nom, proposa la récupération du suffrage universel (masculin) et la réforme de la Constitution de 1876. Dans le débat de contestation qui eut lieu par la suite, Sagasta fit, , une défense enflammée du principe de souveraineté partagée entre le roi et les Cortès, pilier fondamental du système politique de la Restauration, qui avait définitivement abandonné celui de la souveraineté nationale, l’un des signes d’identité du libéralisme progressiste. Comme le souligne José Varela Ortega, c’est à ce moment que le Parti libéral devint canoviste».}} et ainsi, comme le dit Feliciano Montero, . De plus, Sagasta souhaita démontrer à cette occasion que l’unité des libéraux était impossible sans lui».}}. Sagasta dit ceci dans son intervention :

Le gouvernement perdit le vote d’une motion de deux députés libéraux qui proposaient le report de l’implantation du suffrage universel».}} et il dut démissionner. ».}}. Alors le roi Alphonse XII appela le leader du Parti conservateur, Cánovas del Castillo, pour qu’il forme un gouvernement, ».}}. .

thumb|Eugenio Montero Ríos, rédacateur avec Manuel Alonso Martínez de la «ley de garantías» (), le nouveau programme du Parti libéral approuvé en 1885. Les élections générales de 1884 furent cruciales, étant donné que les libéraux de Sagasta obtinrent plus de quarante députés et Izquierda Dinástica douze de moins. . En , un an et demi après la fin de son très bref gouvernement , la plus grande partie de la Gauche dynastique intégra le Parti libéral de Sagasta, grâce à l’approbation d’une dénommée () élaborée par Manuel Alonso Martínez et Eugenio Montero Ríos. Cette était le nouveau programme du Parti libéral, qui incluait la protection pour les droits et libertés reconnus dans la Constitution, l’extension du suffrage à toute la population masculine et l’adoption des jurys. D’un point de vue politique, le point le plus important de ce programme était la renonciation au principe de la souveraineté nationale, que les anciens avaient toujours défendu, et dans l'acceptation de la souveraineté partagée entre les Cortès et le roi, principe doctrinaire sur lequel reposait le régime politique de la Restauration. Une minorité de la Gauche dynastique menée par le général López Domínguez n’intégra pas le parti de Sagasta car les propositions de la ne furent pas incluses dans la Constitution. Quoi qu’il en soit, .

Comme le note José Ramón Milán García, .

En , Cánovas del Castillo forma un gouvernement.

Composition

Composición del Gobierno Portefeuille Titulaire Président José Posada Herrera État Servando Ruiz Gómez Grâce et Justice Aureliano Linares Rivas Guerre José López Domínguez Finances José Gallostra y Frau Gouvernement de la Péninsule (Gobernación de la Península) Segismundo Moret Marine, Commerce et Gouvernement d’Outre-mer (Marina, Comercio y Gobernación de Ultramar) Carlos Valcárcel Usell de Gimbarda Estanislao Suárez Inclán Travaux Publics (Fomento) Ángel Carvajal y Fernández de Córdoba

Notes et références

Annexes Articles connexes Règne d'Alphonse XII Système politique de la Restauration (Espagne)

Bibliographie

Herrera Catégorie:1883 en Espagne Catégorie:1884 en Espagne Catégorie:Octobre 1883 Catégorie:Janvier 1884