Shaneel Shavneel Lal, né le à Nausori, est une personnalité militante pour les droits LGBT+, vakasalewalewa, de nationalité fidjienne et néo-zélandaise.

Shaneel Shavneel Lal participe activement au mouvement visant à interdire la thérapie de conversion en Nouvelle-Zélande et a fondé le Conversion Therapy Action Group, un groupe contre la thérapie de conversion en Nouvelle-Zélande.

Lal est notamment membre du conseil d'administration de Rainbow Youth et du Auckland Pride Festival.

Biographie Lal est transgenre non-binaire, vakasalewalewa (troisième genre officiel aux Fidji) et hijra et, en anglais, emploie les pronoms they/them, ce qui peut se traduire par « iel » en français.

Lal naît à Nausori, aux Fidji, dans une famille mixte iTaukei et Girmitya (Indiens des Fidji descendants de migrants indiens engagés) le . Sa famille est hindoue et Lal grandit dans une communauté hindoue et musulmane. Après avoir fréquenté une école primaire et secondaire chrétienne à Fidji, Lal sort de cette religion et souscrit à la spiritualité indigène.

Aux Fidji, Lal subit une thérapie de conversion dans le but de changer sa sexualité et son identité de genre : la communauté de son village l'incite à arrêter d'être queer et les anciens du village prient pour cela. Lal vit la thérapie de conversion comme un défi à son indigénat et à sa relation avec ses ancêtres. D'après Lal, avant la colonisation, les vakasalewalewa faisaient partie intégrante de la société fidjienne indigène, mais avec la colonisation, les discriminations envers les personnes LGBT+ se répandent. Lal affirme que les identités non hétérosexuelles et non cisgenres indigènes sont précoloniales et distinctes des termes anglophones décrivant ces catégories.

En 2014, Lal déménage en Nouvelle-Zélande à la recherche d'un foyer plus sûr. Lal rejoint l'Otahuhu College et, en 2018, est dux (major) de sa promotion.

Campagne pour interdire la thérapie de conversion À l'été 2017, Lal faisait du bénévolat à l'hôpital de Middlemore lorsqu'un chef d'église lui proposa de prier contre son homosexualité. Lorsque Lal refusa, le chef de l'église lui souhaita l'enfer. Lal considère qu'il s'agit d'un moment déterminant de sa vie, car il marque sa prise de conscience contre les thérapies de conversion que Lal subit aux Fidji.

En 2019, Lal prononce un discours au pour interdire la thérapie de conversion. Son intervention est ovationnée, mais après le discours Lal reçoit des insultes homophobes en ligne. Dans une interview avec Breakfast en 2020, Lal qualifie la thérapie de conversion de « torture sanctionnée par l'État ». Lal déclare à l'intervieweuse que plusieurs personnes homosexuelles prient Dieu de « les guérir ou de les tuer ». À la suite de cette interview, Steve Elers, professeur à l'Université Massey, écrit un article d'opinion pour le Manawatu Guardian et republié par The New Zealand Herald, rejetant la question de la thérapie de conversion et mégenrant Lal. Le journaliste David Farrier défend Lal dans son blog Webworm, et l'attention médiatique qui suit conduit à l'annulation de la chronique d'Elers.

Lal fonde le (CTAG) en 2019 pour travailler à l'interdiction la thérapie de conversion en Nouvelle-Zélande. Lors des élections législatives néo-zélandaises de 2020, Lal et CTAG font pression sur le Parti travailliste néo-zélandais pour qu'il s'engage à interdire la thérapie de conversion en Nouvelle-Zélande. Lal s'allie avec le Parti vert d'Aotearoa Nouvelle-Zélande pour remettre une pétition de plus de signatures dans le but d'interdire la thérapie de conversion.

En , le ministre de la Justice annonce qu'une interdiction de la thérapie de conversion sera promulguée fin 2021 ou en , au plus tard. Lal commente : c'était « un engagement incroyable car à ce moment-là, les travaillistes n'avaient fait aucun travail fondamental qui les aurait aidés à atteindre leur objectif ».

En , le ministre de la Justice, , présente un projet de loi sur l'interdiction des thérapies de conversion. Lal critique ce projet, jugeant qu'il s'agit d'un « projet de loi inadéquat qui ne parvient pas à interdire la pratique ni à indemniser les victimes », que cela ne permettrait pas à la police de poursuivre les contrevenants, et que les thérapies de conversion pourraient se poursuivre malgré tout. À la suite de la campagne en ligne de Lal, le comité du Parlement néozélandais dédié au sujet reçoit plus de suggestions de modifications, battant le record national du nombre d'amendements déposés pour un projet de loi.

L'ancienne dirigeante nationale Judith Collins affirme que ce projet de loi criminalise les parents parce qu'ils étaient parents, et le qualifie donc d'« anti-parents ». Le député national Simon Bridges déclare que le Parti national ne soutiendrait le projet de loi que si les parents bénéficiaient d'une exemption pour empêcher leurs enfants de prendre des bloqueurs de puberté. Lal affirme que la position du Parti national est anti-enfants : la loi indiquait déjà aux parents comment être parent de leurs enfants, par exemple avec les lois anti-fessée. Lal affirme que le projet de loi sur l'interdiction des pratiques de conversion est une extension de ces lois, conçues pour protéger les enfants contre les dommages psychologiques. En désaccord avec l'affirmation du Parti national, Lal argue plutôt que le projet de loi interdit aux parents d'empêcher de force leurs enfants de prendre des bloqueurs de puberté dans le but de supprimer leur identité ou expression de genre choisie.

L'une des plus grandes Églises de Nouvelle-Zélande, ARISE, affirme que le projet de loi criminalise les parents, les conseillers et les pasteurs qui cherchent à aider les enfants et les jeunes en matière de sexualité ou de genre. Lal fait valoir que le projet de loi indique clairement que « la seule expression d'un principe religieux ou d'une croyance faite à un individu qui n'est pas destinée à modifier ou à supprimer l'orientation sexuelle, l'identité de genre ou l'expression de genre de l'individu ne sera pas criminalisée ». Lal déclare en outre qu'ayant grandi dans la religion, la position de l'Église lui était connue. Lal fait valoir que les églises font souvent semblant de se préoccuper et de soutenir la communauté LGBT+ avant de se lancer dans une attaque contre l'existence de ses membres. Lal déclare qu'« il y a une mince frontière entre la liberté religieuse et le sectarisme religieux. La pratique de la conversion est du sectarisme ».

En , Lal plaide pour que le comité de la justice précise que les thérapies de conversion soient interdites quel que soit l'âge des personnes concernées. En effet, dans la première version du texte, section 8, les personnes âgées de ou plus ne pouvaient porter plainte que si les thérapies subies leur avaient causé un « tort important ». Lal exige également que le projet de loi fournisse une couverture de l'ACC pour les dommages mentaux envers ceux qui ont subi une thérapie de conversion. Enfin, la section 12 du projet de loi donnait les pleins pouvoirs au procureur général pour décider ou non de poursuivre en justice les cas de thérapie de conversion : Lal se dresse contre cette proposition, affirmant que cela pourrait être utilisé par les gouvernements anti-LGBT+ pour refuser d'agir sur des poursuites en justice.

Lal avait lancé une pétition demandant au Parti travailliste d'amender le projet de loi, en reprenant les arguments ci-dessus. Le Parti travailliste n'a accepté aucune recommandation malgré le fait que la pétition ait atteint en deux jours.

Le projet de loi sur l'interdiction des pratiques de conversion est adopté en troisième lecture le . votent pour et du Parti national votent contre, dont le député national Simon O'Connor qui prononce un discours qualifié d'être par Lal. Lal déclare que cette loi ne protège pas toutes les personnes queer et que cela semble décourageant, mais que l'interdiction des thérapies de conversion est un début et que ces acquis constituent une victoire pour tous les êtres humains, et non seulement pour la communauté LGBT+.

Les huit députés nationaux ayant voté contre ce projet de loi sont bannis de la Pride de 2021. Lal déclare : «[...] je parle au nom de la communauté lorsque je dis que je ne veux plus jamais revoir les personnes qui ont voté contre l'interdiction de la thérapie de conversion à la Pride. Vous n'êtes pas les bienvenus, ne venez pas ». Lorsque VICE World News lui demande pourquoi ces huit députés n'avaient pas été invités à la Pride, pourtant espace d'inclusion, Lal déclare que .

Dans une interview de The Edge, Lal dit avoir reçu une menace de mort après l'adoption de la loi, et que ce n'était pas la première. Lal brûle la note et appelle à la célébration. Lal a déclaré à VICE World News que l'interdiction de la thérapie de conversion était un cadeau pour les futures générations de personnes LGBT+.

Le , le magazine Vogue consacre un article à Lal. Vogue écrit que « l'appel de Lal à la Nouvelle-Zélande pour qu'elle réforme les lois sur la thérapie de conversion a eu un impact majeur ».

Le projet de loi sur la législation d'interdiction des pratiques de conversion a reçu la sanction royale de la gouverneure générale Cindy Kiro le et est entré en vigueur le .

Plaidoyer pour la levée de l'interdiction du "don de sang gay" Un homme gay peut donner du sang en Nouvelle-Zélande s'il n'a pas eu de relations sexuelles anales ou orales avec un autre homme au cours des trois mois précédant le don. Toute personne qui a pris la PrEP ou la PEP au cours des trois mois précédant le don n'est pas autorisée à donner du sang.

Dans une interview sur Today FM, Lal a déclaré à Tova O'Brien que le New Zealand Blood Service (établissement gérant le don de sang en Nouvelle-Zélande) devrait autoriser les hommes homosexuels ayant des relations monogames, qui n'ont eu des relations sexuelles qu'entre eux au cours des trois derniers mois, à donner du sang. Lal dit que cet établissement a l'obligation d'assurer la sécurité des personnes, mais qu'il a aussi une obligation envers la communauté LGBT+ de respecter leurs droits et de ne pas les stigmatiser davantage.

Tout le sang donné aux services du sang de Nouvelle-Zélande est testé pour les maladies infectieuses, y compris le VIH, l'hépatite B et C. La précision des tests est très bonne mais elle n'est pas parfaite. Lal déclare que « la préoccupation concerne le VIH nouvellement acquis. Le VIH nouvellement acquis est généralement détecté par le test en , cependant, parfois la personne peut vivre avec le VIH jusqu'à pour que le test le détecte.

Lal soutient qu'un couple homosexuel monogame qui n'a eu des relations sexuelles qu'entre les membres du couple au cours des 3 derniers mois devrait être autorisé à donner du sang. En effet, s'ils ne sont pas testés positifs pour le VIH après le début de leur relation monogame, cela signifie qu'aucun des partenaires ne vit avec le VIH et qu'ils devraient tous les deux être en mesure de donner du sang.

Les chercheurs estiment qu'environ pourront donner du sang si les services du sang néo-zélandais adoptaient cette approche.

Militantisme et travail communautaire