Aperçu de l'industrie automobile dans les principaux pays du monde. Les États-Unis ont été le premier producteur mondial d'automobiles en volume depuis le début du jusque dans les années 1980, lorsqu'ils ont été dépassés par le Japon. En 2009, la Chine est devenue le premier producteur mondial de véhicules. Afrique Afrique du Sud L'Afrique du Sud s'affirme, de manière constante, comme le principal pôle africain de l'industrie automobile, avec une production annuelle excédant le demi-million d'unités, toutes catégories confondues. Tandis que l'appareil productif national s'emploie à accroître la fabrication de poids lourds à usage civil et militaire, le segment des véhicules particuliers assemblés sous licence de constructeurs étrangers demeure prépondérant dans la structuration du secteur. L'introduction de l'automobile sur le territoire sud-africain remonte à 1896, date à laquelle un modèle Benz Velo y est importé.

L'essor de l'industrie automobile en Afrique du Sud s'amorce à compter de 1922, sous l'impulsion déterminante des constructeurs américains, au premier rang desquels figurent Ford et Chevrolet. Au mitan des années 1960, ces derniers conservent une position hégémonique, assurant encore plus de 60 % de la production nationale, bien que cette prééminence s'érode progressivement au profit de véhicules compacts d'origine européenne. Des firmes allemandes telles que Volkswagen, implantée dès 1951, et Mercedes-Benz, présente à partir de 1954, ainsi que des constructeurs britanniques et italiens — notamment Austin et Fiat, introduite localement dès 1950 — procèdent alors à l'assemblage in situ de leurs modèles. Au seuil des années 1960, plusieurs industriels automobiles, parmi lesquels Fiat, Alfa Romeo, Mercedes-Benz, Toyota et Datsun, disposent d'unités de production sur le territoire sud-africain. Cette période coïncide avec le retrait progressif des fabricants américains, en raison notamment de l'obsolescence relative de leurs gammes, insuffisamment renouvelées. À la fin des années 1970, la société Sigma Motors envisage une opération de fusion avec British Leyland ; ce dessein demeure toutefois sans suite. Contrainte de recomposer intégralement son maillage commercial, Leyland ne parvient pas à rétablir durablement sa présence sur ce marché.

Le gouvernement institué par le régime d'apartheid sollicite les firmes Ford et General Motors afin d'obtenir leur expertise quant à l'orientation de la politique de développement d'une industrie nationale destinée à la fabrication de composants automobiles. Les ingénieurs de ces deux entreprises préconisent l'intégration des populations noires dans ce processus industriel, considérant qu'une telle inclusion constituerait un levier de résorption de la pauvreté structurelle. Cette proposition se heurte toutefois à un refus catégorique des autorités. Nonobstant cette exclusion, les trois principaux constructeurs présents sur le marché — Ford (environ 28 %), General Motors (environ 32 %) et Volkswagen (environ 15 %) — impulsent une dynamique d'essor particulièrement rapide de la production locale de pièces détachées. Ce mouvement contribue, dès 1968, à l'érosion puis à la caducité de la politique de réservation d'emplois dans le secteur automobile, permettant de facto l'accès des travailleurs noirs à des unités de production jusque-là strictement réservées à la main-d'œuvre blanche. À la suite de la crise énergétique, les véhicules américains de grande dimension, antérieurement plébiscités, connaissent un effondrement marqué de leurs ventes. À la fin de la décennie 1970, les modèles les plus diffusés sont la Mazda 323 et la Volkswagen Golf, tandis que les productions américaines disparaissent du marché. Durant une période transitoire, la demande en berlines de grande taille est satisfaite par l'assemblage local de modèles australiens Ford et Holden, de gabarit légèrement inférieur, avant que ceux-ci ne soient supplantés par des véhicules d'origine européenne. L'année 1976 enregistre les résultats commerciaux les plus défavorables depuis 1972. Dans ce contexte, Chrysler South Africa se déclare en cessation de paiement et procède à une fusion avec Illings (Mazda), donnant naissance à l'entité Sigma. Bien que la marque Chrysler ait connu, à la fin des années 1960, un succès notable — notamment avec la gamme Valiant, qui constitue la voiture de tourisme la plus écoulée en 1966, 1967 et 1968 —, elle ne parvient pas à se maintenir face à une concurrence accrue. L'acquisition par Mitsubishi ne lui confère qu'un répit temporaire, la conjoncture économique défavorable de la seconde moitié des années 1970 précipitant définitivement son déclin.

À compter de 1975, l'instauration de mesures coercitives par les puissances occidentales, destinées à enrayer le régime d'apartheid, entraîne le désengagement progressif de nombreux constructeurs automobiles du territoire concerné. Ainsi, le groupe Fiat met un terme à ses activités de production dès 1978, suivi par Alfa Romeo en 1983. Entre 1981 et 1988, la proportion des entreprises étrangères se retirant du pays atteint environ 40 %. Dans le secteur automobile, seules certaines firmes japonaises, telles que Nissan et Toyota, ainsi que l'allemand Volkswagen, maintiennent alors une exploitation régulière. À partir de 1988, un infléchissement de la conjoncture s'observe, consécutif à la libération de Nelson Mandela puis à son accession à la magistrature suprême. Ce tournant favorise le retour des investisseurs étrangers, lesquels reprennent progressivement leurs activités industrielles, notamment par la réimplantation d'unités d'assemblage locales.

Algérie En 2014, un accord de coopération est institué entre le groupe Daimler et le ministère de la Défense nationale en vue de l'assemblage de véhicules utilitaires et de véhicules blindés, avec une capacité de production annuelle fixée à 17 000 unités, conformément aux standards internationaux de qualité en vigueur dans les unités industrielles de Mercedes à l'échelle mondiale. Le reliquat de ce volume est attribué à des sociétés allemandes spécialisées dans les constructions mécaniques, notamment MAN et Ferrostaal. Ces prescriptions normatives s'appliquent également au complexe industriel de Tiaret, auquel échoit une production annuelle de 10 000 véhicules utilitaires sport de type Classe G ainsi que de véhicules utilitaires de gabarit intermédiaire. Parallèlement, l'installation destinée à la fabrication de motorisations à Constantine assure une production annuelle de 26 000 moteurs à refroidissement liquide, dans le cadre de licences concédées par les marques Méto, Deutz et Daimler, en vue de l'équipement de véhicules automobiles, de machines industrielles, d'engins agricoles et de matériels destinés aux travaux publics, avec pour objectif l'amorce de la production à l'horizon 2012.

La Société nationale des véhicules industriels, implantée à Rouiba, s'inscrit dans un programme d'investissement associant des partenaires algériens, allemands et émiratis, lequel prévoit l'assemblage, sur un même complexe industriel, de cinq gammes de poids lourds, notamment Actros, Atego, Axor et Unimog, auxquelles s'adjoignent divers modèles d'autobus. La capacité de production visée s'établit, pour les exercices 2018 et 2019, à environ quinze mille camions et mille cinq cents autobus. Au mois d'octobre 2015, le groupe Iran Khodro envisage l'implantation, sur le territoire algérien, d'une unité d'assemblage automobile localisée à une distance d'environ trois cents kilomètres d'Alger ; cette infrastructure industrielle est conçue pour atteindre un volume annuel de trente mille véhicules. Trois configurations stratégiques sont alors examinées : la relocalisation de la chaîne de montage initialement établie au Sénégal, la mise en œuvre de la ligne dite du Bardo, destinée aux véhicules utilitaires de type pick-up, ou encore l'édification ex nihilo d'une nouvelle chaîne de production. En décembre 2015, un accord est conclu entre une entité algérienne et le groupe Saipa ; il prévoit la fabrication, sur le sol national, à compter du milieu de l'année 2016, de plusieurs modèles, dont les X100, Tiba I et II, Saina et Pride.

Une société à capitaux algéro-turcs, dénommée Emin Auto et fédérant des représentants de diverses marques automobiles chinoises, s'apprête à conclure, le 7 janvier 2016, un accord portant sur l'édification d'une chaîne de montage destinée aux véhicules utilitaires dans la wilaya d'Aïn Témouchent. Cette initiative procède d'un partenariat avec le constructeur chinois JAC Motors. L'implantation est projetée au sein de la zone industrielle émergente de Tamzoura, située à une distance d'environ cinquante-quatre kilomètres d'Aïn Témouchent, et s'étendant sur une superficie de trente-quatre hectares. À son entrée en exploitation, l'unité d'assemblage génère deux cent soixante-dix emplois, effectif appelé à croître pour atteindre quatre cent cinquante postes à l'horizon de la cinquième année d'activité. Parallèlement, la capacité de production annuelle est initialement fixée à dix mille camions, avant de connaître une augmentation substantielle pour avoisiner cent mille véhicules par an au terme de la dixième année.

Dans le secteur de la construction de poids lourds, Renault Trucks, entité filiale du groupe Volvo Group, conclut avec le groupe algérien BSF Souakri un protocole d'accord en vue de l'édification d'une unité d'assemblage de véhicules en Algérie, implantée à Meftah, dans la wilaya de Blida. Cette installation industrielle assure le montage de véhicules issus des différentes marques relevant du groupe Volvo. Par ailleurs, ladite unité présente la capacité de s'intégrer à terme comme composante significative du dispositif productif international d'Iveco. Le président du groupe, Pierre Lahutte, indique que la stratégie d'expansion internationale de l'entreprise repose sur un modèle partenarial, à l'instar de la coopération engagée avec Ival en Algérie. En outre, le marché algérien représente treize pour cent des volumes de ventes du groupe à l'échelle du continent africain.

Toyota Algérie fait état de trois initiatives industrielles relevant de l'assemblage mécanique et de la confection de composants de rechange. La première consiste en l'examen préalable à l'implantation d'une chaîne d'assemblage destinée aux véhicules industriels lourds de la marque Hino, dont la capacité nominale est fixée à deux mille unités annuelles. L'installation est destinée à produire des camions de gabarit léger appartenant à la série Hino 300. La seconde initiative relève d'une éventualité d'assemblage de véhicules Toyota sur le territoire algérien. À cette fin, le représentant national du groupe nippon, agissant de concert avec Toyota Motor Corporation, conduit une analyse approfondie du marché automobile local afin de déterminer les modèles susceptibles de faire l'objet d'une production in situ. Enfin, l'entreprise annonce la mise en œuvre d'une unité industrielle consacrée à la fabrication de garnitures de freinage, à savoir des plaquettes et des mâchoires de frein, dont la capacité de production, à échéance intermédiaire, est estimée respectivement entre deux cent mille et trois cent mille unités.

Égypte Avant la révolution égyptienne de 2011, le marché automobile de l'Égypte excède annuellement le seuil de deux cent mille véhicules neufs immatriculés, ce qui le situe au second rang à l'échelle du continent africain et au quarante-deuxième rang mondial. La production nationale avoisine, pour sa part, plus de soixante-dix mille unités par an. Après une phase inaugurale marquée par des tentatives infructueuses et quelques réussites ponctuelles, l'industrie automobile égyptienne se réoriente majoritairement vers des activités d'assemblage, reposant sur l'importation de véhicules en pièces détachées selon le procédé completely knocked down.