Juliette Lasserre, née Ilse Juliette Ziegert le à Plainpalais, Genève, et morte le à Muralto, est une photographe et traductrice littéraire germano-suisse.

Jeunesse Juliette Lasserre naît le à Plainpalais à Genève. Ses parents sont Maximilian Ziegert (1863-1913) et Ilse Grund (1880-1928). Elle est la cadette de leurs quatre enfants. Ses trois frères sont Hellmuth Ziegert (1899-1949), Erich Ziegert (1900-1978) et Hans-Peter Ziegert (1902-1977). Son père meurt en 1913 prématurément. Au milieu des années 1920, elle commence une formation de nourrice d'enfants. Elle suit ensuite une formation de photographe au Lette-Hausde Berlin et travaille aussi pour Karlheinz Martin à la Volksbühne de Berlin.

Carrière professionnelle vignette|André Lasserre Environ un an après le suicide de sa mère, Juliette Lasserre part à Paris en 1929 pour rejoindre sa tante Helen Hessel et son oncle Franz Hessel, qui vivent tous deux en ménage à trois avec Henri-Pierre Roché. Elle trouve un emploi d'assistante auprès de Germaine Krull et épouse en 1933 le sculpteur suisse André Lasserre, obtenant ainsi la nationalité suisse. Le couple vit d'abord dans une maison-atelier 147 rue Broca, jusqu'à ce que Juliette Lasserre ouvre un studio de photographie rue de Seine à la fin des années 1930. Elle fait la connaissance de la photographe italo-américaine Maria Eisner qui, avec Pierre Boucher et René Zuber, fonde en décembre 1934 l'agence photographique Alliance-Photo. Le nom de Juliette Lasserre figure sur l'en-tête de l'agence, 125 rue du Faubourg-Saint-Honoré. Elle compte parmi ses clients la couturière Louise Bourbon ainsi que les couturiers Jacques Heim, Kostio de War et Vanina de War.

Juliette Lasserre publie ses photographies au milieu des années 1930 dans le magazine de mode Heim de la maison de couture Jacques Heim. Entre 1937 et 1938, elle travaille continuellement à des reportages photographiques pour le magazine communiste Regards, avec un angle socio-critique, et fournit des contributions photographiques à la presse quotidienne. En , Juliette et André Lasserre obtiennent la nationalité française qu'ils avaient demandée.

Le , le Parti communiste français, dont les Lasserre sont des fidèles, est interdit. Ils comptent parmi leurs amis Reynold Thiel ainsi que Lulu et Maurice Magis, un couple de libraires belges. Après un séjour en Allemagne et en raison du travail de Juliette Lasserre à l'agence Alliance-Photo, le couple est surveillé par la Sûreté et finalement arrêté début avril 1940, après que des documents militaires aient été trouvés dans les locaux d'habitation situés au-dessus de l'atelier de photographie rue de Seine. Lorsque la ville est occupée par les troupes allemandes le , le couple est déjà transféré à Toulon et attend son procès. Le , tous deux sont condamnés à mort par le juge Gaulène. Ils sont également déchus de leur nationalité française fraîchement acquise. Grâce à l'intervention du frère de Juliette Lasserre, Hellmuth Ziegert, un capitaine de la Wehrmacht, le couple est libéré et quitte la France pour se réfugier à Potsdam chez le deuxième frère de Juliette Lasserre, Erich Ziegert, un marchand d'art et membre du parti nazi. Des tensions idéologiques poussent les Lasserre à quitter Potsdam pour la Bavière et à survivre jusqu'à la fin de la guerre dans les environs de Prien am Chiemsee.

De retour à Paris, le jugement prononcé le contre le couple est révisé. Après un long procès, Juliette Lasserre est expulsée du pays et André Lasserre reste en prison jusqu'en 1951. Par l'intermédiaire de Hans Habe, Juliette Lasserre travaille après la guerre pour le Münchner Zeitung et se rend à Londres en 1949. En 1952, Juliette et André Lasserre divorcent. De 1951 à 1956, Juliette Lasserre travaille pour le Bernsen's International Press Service (BIPS) et dirige pendant deux ans les bureaux de Hambourg, Munich, Cologne et Berlin. Entre-temps, elle devient traductrice, notamment en coopération avec Hedda Eulenberg, et écrit des articles pour la presse. Au début des années 1960, elle retourne dans son pays natal et travaille encore quelque temps pour le magazine féminin suisse Annabelle. Elle passe la fin de sa vie près de Locarno et meurt à l'âge de , le dans la commune tessinoise de Muralto.

Analyse de son œuvre de photographe Lorsque Juliette Lasserre arrive à Paris à la fin des années 1920, elle trouve rapidement sa place dans le milieu artistique parisien grâce à sa tante Helen Hessel, Germaine Krull et son futur mari André Lasserre. Son nouveau milieu d'amis comprend des artistes, des hommes de lettres, des acteurs et des galeristes comme Chaïm Soutine, Francis Picabia, Man Ray, Sonia Mossé, André Breton, Louis Aragon, Paul Eluard, Jean-Louis Barrault, Pablo Picasso, Antonin Artaud, Raymond Rouleau, Robert Desnos et Léopold Zborowski. Les reportages photographiques qu'elle publie dans les années 1930 dans l'hebdomadaire communiste Regards témoignent de son grand engagement sur des thèmes tels que la pauvreté, la vieillesse, l'enfance et le travail. En 1937, elle présente sa série de photos Visages d'enfants à la galerie de Joseph Billiet.

Outre son travail pour la presse et ses expositions, elle a également trouvé des clients dans le monde des couturiers. Dans le magazine de mode Heim déjà mentionné, elle réalise des collages, dont certains en collaboration avec Dora Maar et Dora Kallmus alias Madame d'Ora. L'influence du surréalisme est reconnaissable. Dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, elle continue à se consacrer à des thèmes aussi bien humains que de société, comme la destruction, les expulsions et les atrocités de la guerre en Allemagne et en Europe.

Ses archives photographiques sont considérées comme perdues.

Expositions 1934 : Galerie de la Pléiade, exposition collective, 73, boulevard Saint-Michel, Paris. 1935 : Musée des Arts Décoratifs au Pavillon de Marsan, Exposition Internationale de la Photographie Contemporaine, Paris. 1937 : Galerie Billiet-Worms, Visages d'Enfants, 30, Rue La Boëtie, Paris. 1937 : Galerie de l'art et industrie, Exposition de Photographie, Paris.

Publications Traductions Vincent van Gogh, 1948, Aus den Briefen an seinen Bruder. Traduit en allemand par Juliette Lasserre et Rudolf Schröder, Drei Eulen Verlag, Düsseldorf François Porché, 1954, Léon Tolstoï. Die Wahrheit über sein Leben. Titre original : Portrait psychologique de Tolstoï. Traduit en allemand par Hedda Eulenberg et Juliette Lasserre. Droste Verlag, Düsseldorf Peter Abrahams, 1956, ...dort wo die weissen Schatten fallen. Titre original : Tell Freedom : Memories of Africa. Traduit en allemand par Juliette Lasserre et Eva Kuhn, Europäische Verlagsanstalt, Francfort-sur-le-Main Peter Abrahams, 1961, Schwarzer Mann im weissen Dschungel. Titre original : Mine Boy. Traduit en allemand par Juliette Lasserre et Eva Kuhn, Rex Verlag, Munich

Articles Les Gitans d'Autriche sous l'occupation nazie. Monde Gitan, numéro 20, 1971, Association Notre-Dame des Gitans, 99, Rue du Bac, Paris 7ème. Brutalités policières à Lille. Monde Gitan, numéro 25, 1973, Association Notre-Dame des Gitans, 99, Rue du Bac, Paris .

Notes et références

Bibliographie . . .

Liens externes

Lien vers 76 photos de Juliette Lasserre sur sz-photo.de Lien vers 65 photos de Juliette Lasserre sur gettyimages.fr Lien vers la photo de Juliette Lasserre : Django Reinhardt et le quintette du Hot Club de France sur le site de la Philharmonie de Paris

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