Divodurum Mediomatricorum est le nom romain d'origine celtique désignant la ville de Metz durant l'Antiquité.
Chef-lieu et oppidum de la cité des Médiomatriques, Divodurum est située au confluent de la Moselle et de la Seille sur l'actuelle colline Sainte-Croix.
Étymologie Si Jules César est l'un des premiers à citer le nom de la tribu celtique des Médiomatriques en latin dans ses Commentaires sur la guerre des Gaules<ref>Jules César : IV, 10, Oxford Classical Texts, edidit Renatus Du Pontet, : « per finIs Nantuatium, Helvetiorum, Sequanorum, Mediomatricum... » ( est le génitif pluriel de Mediomatrices ou MediomatricIs avec le "I" longus, décalque du grec "Μεδιομάτρικες" et VII, 75 : « Imperant Aeduis.... Senonibus, Ambianis, Madiomatricis... » ( est ici le datif pluriel de ).</ref>. Strabon, géographe et historien grec du et , la mentionne sous le nom de (Mediomatrikoì)Strabon : Géographie, IV, 3-4., Tacite semble être l'un des premiers à indiquer que la cité messine était bien l'oppidum principal des Médiomatriques, en précisant « Tacite : Les Histoires, 1, 63. », soit « Divodurum est la place forte des Médiomatriques »Tacite : IV, 70 : accusatif pluriel de .Claude Ptolémée, géographe du , nous apprend que le nom des Médiomatriques en grec ancien est (Claude Ptolémée : Géographie, II, 8, 12).. La ville de Metz est de nouveau qualifiée, vers 400, de ou « des Mediomatrici »Ernest Nègre : Toponymie générale de la France, Librairie Droz, 1990 (p 155)..
Composé des éléments celtiques (gaulois) bien connus divo- divinité et duro- marché, forum, latinisé en durumPierre-Yves Lambert, La Langue gauloise, éd. Errance, 1994, . que certains historiens traduisent par « colline. » à cause de la similitude avec duno-. et en référence à la colline Sainte-Croix, berceau de la cité. Xavier Delamarre y voit le sens de « Place-des-dieux » (« enclos divin »)Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise : Une approche linguistique du vieux-celtique continental, éditions errance 2003, .. L'évolution phonétique de Divodurum s'est faite en Jouarre (Seine-et-Marne, Jotrum ).. L'ethnonymie Venceslas Kruta : Les Celtes : Histoire et dictionnaire, Robert Laffont, 2001 (p 726). est une forme latinisée du gaulois , qui signifie littéralement « mères du milieu ». Il est formé avec la racine - (« au milieu, central ») attachée à une forme plurielle de (« mère »). Le nom pourrait être interprété comme signifiant « ceux qui vivent entre la Matrona (Marne) et les rivières Matra » (c'est-à-dire les rivières mères), ou peut-être comme « les Mères du monde du milieu ».
Divodurum était l'oppidum (ville fortifiée), le chef-lieu de la nation gauloise que César appelle Mediomatrici : les MédiomatriquesYves Burnand : Histoire de la Lorraine ; Les temps anciens; De César à Clovis, Encyclopédie de la Lorraine, Editions Serpenoise - Presse universitaire de Nancy, 1990 (pp 6-19).. Sur la table de PeutingerCopie médiévale d'une carte militaire romaine du ., la ville est désignée par rapport à la cité dont elle est le chef-lieu : (Divodurum des Médiomatriques)Le copiste de la carte de Peutinger a coupé les deux mots et écrit . Voir la section de carte avec ..
Aux se produit un changement important : les noms des villes s'estompent, et il ne subsiste, dans de très nombreux cas, que le nom du peuple qui constituait la cité (). Ammien Marcellin appelle la ville ou . Le nom de la cité devient Mettis au ., qui donnera un millénaire plus tard Metz.
Histoire thumb|400px|Maquette de la ville romaine. Au et au avant notre ère, une occupation celtique perenne est attestée sur la colline Sainte-Croix de Metz. La nécropole des "Hauts de Sainte-Croix" a livré en effet une quinzaine d'urnes cinéraires soigneusement lissées, à "décor en bandes" sous le col, associées à du mobilier métallique caractéristique de l'époque laténienne (La Tène II et III)Christine Guillaume, Jean-Louis Coudrot, Alain Deyber :"Histoire De La Lorraine", tome 1, Les Temps Anciens, 1ere Partie, De La Pierre Au Fer, éditions Serpenoise, 1992 (p 99)..
Au de notre ère, l'oppidum principal des MédiomatriquesTacite : Histoires, , 63. est devenu une cité gallo-romaine prospère. L'habitat est encore principalement en bois et torchis, mais la zone urbanisée s'est très largement développée, au sud-ouest de l'oppidum celtique de la colline Sainte-Croix, quintuplant sa superficieClaude Lefebvre et Jeanne-Marie Demarolle (dir. F. Y. Le Moigne) : Histoire de Metz, Ed. Privat, Toulouse, 1986, (p22-23).. Divodurum est alors une ville romaine ouverte, dont le cœur correspond à la moitié est du centre-ville actuel (des berges de la Moselle à la place Saint-Louis), et possédant plusieurs faubourgs connus, situé aujourd'hui au Pontiffroy, à Outre-Seille, et au nord du Sablon (secteur de l'amphithéâtre).
Profitant pleinement de la Pax Romana, la cité ne dispose pas encore d'enceinte fortifiée. Sa situation sur l'axe nord-sud allant de Lyon à Cologne, favorable au commerce, lui sera donc fatale en 69, lors du passage des troupes de Vitellius qui se solda par la mise à sac de la cité et le massacre de habitantsTacite , 56-57.. Mais au , en raison de l'approche des grandes invasions, Divodurum s'enferme dans une muraille (construite à partir d'un grand nombre de tombes de la nécropole du Sablon), qui réduit conséquemment son territoire, excluant ses quartiers périphériques, et le grand amphithéâtre. C'est d'ailleurs pour combler ce manque qu'à partir de ses pierres eut lieu la construction d'un petit amphithéâtre, au niveau de la rue de la Paix à proximité de la Moselle, servant aussi bien d'odéon que de théâtre (dont on devine encore le tracé par la disposition des bâtiments dans le secteur).
Culte thumb|Bas-relief du mithraeum gallo-romain trouvé à Sarrebourg et conservé aux musées de Metz.
Les travaux de requalification du parking de la République ont mis au jour un morceau d'autel lié au culte de la déesse orientale Cybèle. C'est un témoignage important sur la diversité de la vie religieuse à Metz à l'époque romaine. La pierre de Cybèle a rejoint les musées de la Cour d'Or en compagnie de Mithra (culte de Mithra) et Isis, également célébrés autrefois en Moselle. Il est aussi à noter le culte celtique de la déesse locale Icovellauna dont le temple octogonal était bâti dans un puits à proximité de la nécropole du Sablon.
Monuments Passage de voies importantes : le cardo maximus est la Via Scarponensis qui venait de Scarpone, entrait dans la ville par une porte de ville à proximité de l'actuelle porte Serpenoise , et allait jusqu'à Trèves ; le decumanus débutait à la porte SaillyPorte Sailly : disparue, ancien pont sur la Seille. (actuelle place des Paraiges) en provenance de Mayence et Strasbourg, empruntait l'axe Fournirue - rue d'Estrées, puis enfin traversait la Moselle en aval du pont des Roches actuel en direction de Verdun et Reims. Muraille d'enceinte et portes de ville, vestiges de murs visibles dans une cour de la rue des Piques, dans le mur de l'église Saint-Martin et derrière les maisons de la place Saint-Louis. Aqueduc de Gorze à Metz. Forum et temple, à proximité de la place Saint-Jacques. Basilique civile du forum. Thermes du nord, conservées au sous-sol des musées de la Cour d'Or. Thermes du quartier Saint-Jacques. Thermes du Pré aux Clercs. Thermes dont la palestre est la base de l'église Saint-Pierre-aux-Nonnains. Petits thermes. Petit amphithéâtre, mi-théâtre, mi-spectacles de l'arène, rue Sainte-Marie. Grand amphithéâtre construit au , à côté du centre Pompidou-Metz.
Divodurum dans la bande dessinée Dans l'album de bande dessinée Le Tour de Gaule d'Astérix par René Goscinny et Albert Uderzo, les deux héros Astérix et Obélix font étape à Divodurum''.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie . . .
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Articles connexes Metz au Moyen Âge Voie romaine Reims-Metz, Metz-Tongres, Langres-Metz, Metz-Trèves, Metz-Mayence Liste des noms latins des villes françaises
Catégorie:Histoire de Metz Catégorie:Ville ou oppidum celtique en France Catégorie:Ancienne agglomération romaine en France Catégorie:Cité gallo-romaine Catégorie:Station de la table de Peutinger