La bataille de la Meuse est un affrontement qui se déroule du au entre les armées françaises et allemandes avec comme enjeu le franchissement de la Meuse.

Cette bataille a lieu au début de la Première Guerre mondiale et à la suite de l’invasion de la Belgique par l’Allemagne. Elle s'inscrit dans un mouvement général de repli à la suite de la bataille des Ardennes et avant l’arrêt de l’avancée allemande à la bataille de la Marne.

Campagne précédant la bataille À la suite de la bataille des Frontières et en particulier de la bataille des Ardennes, les victoires allemandes en Belgique, entraînent à partir du la retraite de l'aile gauche française.

Du au , les forces françaises se replient sur la Meuse, de Sassey-sur-Meuse () à Mézières ().

Déroulement

Mouvements de la française

Préparation de la bataille (-) Le , le QG du d'armée est à Charleville quand il reçoit, à , l'ordre de faire sauter les ponts sur la Meuse et le Chiers dès que toutes les troupes se seront écoulées. À , les ordres de la prévoient un positionnement sur la rive gauche de la Meuse en aval de Mézières et sur la rive droite entre Mouzon et Stenay.. La division marocaine, transportée par voie ferrée entre le et le dans les Ardennes vient renforcer le .

Le , le QG de la est au Chesne et l'ordre est donné de passer sur la rive gauche dans le cadre du mouvement de retraite général de l'ensemble des armées du nord-est.. Sur ordre du commandement du d'armée, le colonel Drieu, du génie, fait détruire une dizaine de ponts à et en conserve 3 intacts mais minés.

Franchissement de la Meuse (-) À partir du , le d’armée s'arrête sur la rive gauche de la Meuse dans la région de Mouzon puis combat vers Remilly-sur-Meuse, Thelonne et Autrecourt-et-Pourron.

Le à , les premiers éléments du de la allemande sont aperçus et canonnés à Rocroi. Une escarmouche a également lieu à au bois d'Harcy entre le et des éléments allemands.

Les ponts du Chiers et celui de Donchery sur la Meuse n'ayant pas été détruits, les Allemands s'en emparent et progressent vers La Marfée. En outre, 2 ponts de bateaux sont mis en place par l'armée allemande.

À , le d'armée reçoit l'ordre de gagner Signy-l'Abbaye afin de couvrir la gauche de la et de garder la liaison avec la .

Le à , une attaque générale allemande est lancée par la et la retraite de la lui fait perdre la liaison. Mais le tient ses positions avant de se replier en bon ordre dans l'après-midi derrière le ruisseau l'Andry. Ses pertes pour cette journée s'élèvent à 120 hommes.

Les et , l'ensemble de la engage une contre-attaque sur le front Beaumont / Signy-l'Abbaye en vue de repousser les troupes allemandes derrière la Meuse, sans succès.

Bataille de Signy-l'Abbaye et Rethel (-) Le , le général de Langle ordonne un repli de la sur l'Aisne pour le . Le d'armée a pour mission de couvrir son repli en s'établissant le sur une ligne Signy-l'Abbaye - La-Fosse-à-l'Eau, sur laquelle il doit contrer l’avancée de la allemande. Il est engagé le dans les combats de Dommery et de la Fosse-à-l'Eau.

Le dès , les avant-postes de la division marocaine sont attaqués par les unités de la allemande. À , une attaque en force à Signy-l'Abbaye déborde ses défenseurs qui sont forcés de se retirer sur Dommery, tandis que le garnit la lisière nord de la forêt de Signy, à cheval sur la route de Rethel.

Face à la tentative de mouvement enveloppant de l'armée allemande, le commandant du français réagit en lançant une action en force en direction de Signy-l'Abbaye - Thin-le-Moutier et en engageant la brigade de tirailleurs de réserve. Des combats violents ont lieu à Dommery et la Fosse-à-l'Eau où la division marocaine arrête les Allemands au prix de lourdes pertes ( hors de combat dont 16 officiers tués). Elle reçoit l'ordre de se replier dans la nuit avec l'ensemble du ..

Mouvements de la française La est positionnée sur la gauche de la . Son repli du laisse un vide de 40 kilomètres entre elle et la française. L'armée de von Hausen cherche à exploiter cette opportunité mais la défense du l'en empêche.

Le d’armée est présent dans la région de Stenay et Beaufort. Le , il engage le combat vers Cesse et Luzy. À partir du , il reprend son repli par Grandpré, Sainte-Menehould et Charmont jusque dans la région de Cheminon et Heiltz-le-Hutier.

Le d’armée se replie par Bouillon et défend des passages de la Meuse, entre Nouvion-sur-Meuse et Remilly-sur-Meuse, du au . Il se replie ensuite vers le sud, par Vendresse (le combat de Tourteron).

La d’infanterie, commandée par le général Pambet se replie sur Sedan où elle combat du au .

Durant cette bataille, à la ferme de Saint-Quentin (commune de Noyers-Pont-Maugis), le d'infanterie français capture le colonel Hans von Oppen commandant le d'infanterie allemande ainsi que le drapeau du de réserve de la Landwher dont le est dépositaire. Cependant, au cours de ces opérations, le colonel de Marolles, chef de corps du , est tué comme beaucoup de ses hommes. Cette action d’éclat vaudra au d’être décoré de la Légion d’honneur et l'inscription "LA MEUSE 1914" sera apposée sur leur drapeau..

Bilan Les forces françaises sont contraintes de se replier et la route vers Paris semble ouverte pour les armées allemandes. Le repli des armées françaises continue jusque sur la Marne où l'avancée allemande sera arrêtée.

Il s'agit sans conteste d'une victoire allemande. Cependant, le général Pierre Dubois juge que la forte résistance opposée par les armées françaises a joué un rôle important dans la bascule de la bataille de la Marne.

Les et régiments d'infanterie s'étant illustrés pendant cette bataille, ils voient apposée à leurs drapeaux l'inscription "La Meuse 1914".

Bibliographie

Service historique de l'état-major des armées, Les Armées françaises dans la Grande guerre, Paris, Impr. nationale, 1922-1934, onze tomes subdivisés en 30 volumes (BNF 41052951) Pierre-Joseph-Louis-Alfred Dubois, Deux ans de commandement sur le front de France, 1914-1916., t.1 : Le 9e corps d'armée, organisation défensive du couronné de Nancy, Bataille des Ardennes, Bataille de la Meuse, Bataille manœuvre de Signy-l'Abbaye Rethel, Bataille des marais de Saint Gond, La Poursuite, Première bataille de Reims, 1921 (lire en ligne)

Notes et références

Catégorie:Bataille de 1914 Catégorie:Bataille de la Première Guerre mondiale impliquant la France Catégorie:Bataille impliquant l'Empire allemand