Qui pense abstrait ? est une œuvre de jeunesse du philosophe allemand Georg Hegel, publiée en . Il y défend la thèse selon laquelle la philosophie doit s'intéresser au concret.

Présentation générale Qui pense abstrait ? est un court texte qui s'apparente à une satire. Il s'agit ainsi d'un texte singulier au sein du corpus hégélien, en ce qu'il est le seul à employer une tonalité humoristique. Ce ton est clair dès la phrase d'ouverture de l’œuvre : . Le ton mordant est peut-être une réponse au mauvais accueil qui a été réservé à la Phénoménologie de l'esprit.

Il a été notamment été traduit en français par Marie-Thérèse Bernon.

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Le philosophe pense le concret Hegel soulève la question de la pensée abstraite : qui la pratique le plus ? La réponse commune est que ce sont les philosophes, car il est dans leur fonction que de savoir s'élever en généralité et penser l'abstrait. Hegel va soutenir la position contraire : penser abstrait, c'est raisonner en l'air, avec ses préjugés, et ainsi rester prisonnier de son inculture. Au fond, : la pensée abstraite est celle qui, en isolant tel ou tel aspect d'une chose, est incapable de l'appréhender dans sa totalité.

L'auteur procède ainsi à un renversement de ce qui est souvent tenu pour vrai. Le philosophe est celui qui va au cœur des choses, et donc, qui pense dans le concret. Le concret est dès lors du côté de l'universel intelligible, là où l'abstraction est une déficience, un donné qui n'est pas encore objectivé.

La société fuit la réflexion authentique L'auteur remarque à quel point la simple pensée de penser de manière abstraite, ou la pensée qu'il faille penser, fait fuir les gens. Et ruser pour faire penser les gens ne sert à rien : , pas même de . En réalité, .

Hegel s'attarde sur le rapport interprétatif que chacun peut avoir vis-à-vis d'un même évènement. Lorsqu'un criminel est conduit à l’échafaud, dit-il, ; aux yeux de quelques femmes, il sera . La foule, elle, , et considère qu'il s'agit d'une que . Un prêtre, voyant ces réactions, se dira : . L'homme réfléchi, lui, considérera qu'. Toutefois, face à cette explication, certains soutiendront que celui qui cherche à expliquer cherche en réalité à excuser (). Hegel remarque que lors de la publication des Souffrances du jeune Werther, Johann Wolfgang von Goethe avait été accusé de faire l'apologie du suicide.

Le philosophe peut ainsi dire que la pensée abstraite consiste à . Cette abstraction d'homme est aussi rencontrée dans l'armée prussienne : .

Postérité Karl Rosenkranz qualifie le texte de et d'. Martin Heidegger considère qu'il s'agit de . Ari Simhon publie en 2007 une édition bilingue du texte, accompagnée d'un essai.

Notes et références

Catégorie:1807 en philosophie Catégorie:Œuvre de Georg Wilhelm Friedrich Hegel