Ica est une ville du Pérou située sur la Panaméricaine sud à au sud de Lima. C'est la capitale du département et de la province du même nom, ainsi qu'un district de cette province.

La cité est nichée dans l'étroite vallée formée par le fleuve Ica, entre le Gran Tablazo de Ica et les pentes occidentales des Andes, à de la côte de l'océan Pacifique.

Le district d'Ica qui englobe l'agglomération est l'un des cinq districts urbains de la province d'Ica qui comprend en outre neuf districts ruraux. Il mesure

Selon l'Institut national de statistique et d'informatique, c'est la ville la plus peuplée du Pérou et en 2017, elle abritait une population de . ..

Histoire Toponymie En dialecte Yunga le mot ika à pour racine ik signifiant « lac », en référence aux temps anciens où Ica était entourée de magnifiques lacs maintenant disparus.

Symboles Drapeau Après la proclamation d'indépendance du Pérou (28 juillet 1821), le drapeau de la ville a été défini. Partagé en diagonale, son triangle vert représente la végétation et le sol fertile, sa partie jaune représente le soleil toujours présent dans la ville d'Ica.

Blason La ville d'Ica n'avait pas à l'origine de blason, mais elle s'est inspirée de celui du fondateur de la ville Don Jerónimo Luis de Cabrera, qui était sculpté dans une vieille maison de la ville de Cuzco.

Parmi les symboles héraldiques, on distingue la chèvre (cabrera = chevrière = celle qui garde les chèvres), le raisin qui représente les vendanges et les ondulations qui figurent les lacs cristallins de la région.

Hymne L'hymne à Ica a été composé en 1975 par Sara Lama Lama (musique) et Raquel Meneses Villagra (paroles). Elles y décrivent l'histoire d'Ica, les personnages illustres, les attractions touristiques et soulignent la ferveur religieuse et patriotique de la population.

Époque pré-inca gauche|vignette|254x254px|Icadyptes salasi, ancien habitant d'Ica, reconstitué par Nobu Tamura. En 2007, les chercheurs ont découvert près d'Ica les restes fossiles d'un manchot préhistorique, Icadyptes salasi, qui habitait le désert d'Atacama il y a environ 36 millions d'années. Les scientifiques estiment qu'il mesurait entre de haut, avec un bec de .

Les premiers habitants humains se sont installés dans la région d'Ica il y a environ . L'« homme de Paracas », découvert dans la Pampa de Santo-Domingo, date de

Plus tard, trois cultures pré-incas importantes se sont développées dans la région, la culture Paracas entre et , la culture Nazca à et la culture Chincha de à .

Culture de Paracas Réputée pour leur maîtrise du tissage, les Paracas ont laissé comme artéfacts des manteaux en fibre de coton et de laine, préservés dans leurs couleurs et leur texture grâce aux conditions climatiques et au sol de la région, ainsi que des ballots funéraires (ou fardo) avec des momies accroupies qui montrent l'avancée de la technique non seulement de la momification, mais aussi des connaissances de la médecine et de la chirurgie à travers la trépanation. Ces momies ont été trouvées principalement à Cerro Colorado, où la roche a été sculptée en forme d'une coupe inversée pour y placer chaque ballot sous terre.

Culture Nazca Les plus remarquables vestiges de la culture Nazca sont les géoglyphes tracés dans la pampa du même nom, les plus connus étant le colibri, l'araignée et le singe. María Reiche, une mathématicienne allemande qui a consacré de sa vie à l'étude et à la préservation des lignes de Nazca, en est arrivée à la conclusion qu'il s'agissait d'un gigantesque calendrier agricole lié aux mouvements du soleil, de la lune et des constellations.

Contrairement aux lignes de Palpa, à Nazca il n'y a qu'une seule figure anthropomorphique, plus connue sous le nom de l'« astronaute » car on voit un être humain portant une sorte de combinaison de plongée, dont la silhouette est très proche de celle des astronautes actuels.

En 1994, les lignes de Nazca ont été déclarées patrimoine culturel de l'humanité par l'UNESCO (700) et constituent l'une des principales attractions touristiques de la région. La culture Nazca a également légué un réseau d'aqueducs qui sont utilisés jusqu'à aujourd'hui et qui ont permis le développement de l'agriculture du coton indigène, l'espèce Gossypium barbadense.

Culture Chincha Ensuite surgit la culture Chincha qui se répand dans toute la région avec la vallée de Chincha comme centre politique. En 1476, l'inca Pachacutec a étendu son empire sur la région et formé le Chinchay Suyu, qui couvrait toute la région d'Ica jusqu'à la vallée de la rivière Majes. La culture Chincha n'a pas laissé beaucoup de références dans les chroniques espagnoles, ni d'artéfacts sur le terrain.

Il semble que c'était une civilisation très vouée au commerce terrestre et maritime, puisqu'elle échangeait des marchandises entre les montagnes et la zone côtière, puis son champ d'action s'est apparemment étendu à tout l'empire inca et peut-être même jusqu'en Équateur et au Chili, par cabotage grâce à une importante flottille d'embarcations.

Période inca Après la prise de contrôle d'Ica par les Incas sous le règne de Pachacutec, au , des colonies de peuplement sont installées dans toute la vallée, afin d'assurer la taxation des produits agricoles au bénéfice de Cuzco la capitale impériale de Tahuantinsuyo. gauche|vignette|Le désert autour d'Ica.|alt=|400x400px

La Achirana del Inca Les Incas ont complété les aqueducs existants, le plus important étant La Achirana del Inca, qui détourne une partie des eaux du Río Ica et dont la construction est attribuée, selon la légende, « à la demande d'une belle jeune femme de la région qui a captivé Pachacutec, celui-ci a accepté la construction de l'aqueduc bien qu'il n'ait pas été réciproque dans ses sentiments envers la jeune femme ». Achirana signifie « ce qui va proprement vers ce qui est beau ».

Le pisco Des Espagnols seraient arrivés dans la région dès 1533 à la recherche d'un endroit pour fonder la capitale de la vice-royauté, créant la ville de San Gallán dans la zone où se trouve aujourd'hui Pisco. Mais comme il fut décidé que la capitale serait installée dans la vallée du Río Rímac (ce sera Lima), cette région fut cédée à Nicolás de Ribera el Viejo, qui en 1551, serait le premier à produire une eau-de-vie de vin à partir de moût de raisin dans ses terres de Ica avec des cépages apportées des Îles Canaries.

C'est à cette époque que le raisin de type quebranta a été développé sur la base du raisin noir européen, qui donne sa saveur unique à l'eau-de-vie produite. Le moût était conservé dans des bocaux en argile, appelés piskos, similaires à ceux utilisés à l'époque inca pour laisser fermenter la chicha, mot dont le nom pisco est également supposé dériver. Très vite, cet alcool a commencé à être commercialisé dans toute la vice-royauté, puis le reste de l'Amérique et enfin l'Europe, le port de Pisco étant le point de départ des bateaux.

Ce brandy a ainsi acquis le nom de Pisco, boisson nationale péruvienne. C'est un alcool fort ressemblant un peu à la grappa italienne que les autorités du pays ont déclarée en 1988 comme faisant partie du patrimoine culturel du pays. En 2013, le pisco péruvien a obtenu le statut d'IGP par l'Union européenne.

Fondation d'Ica vignette|Portrait de Jerónimo Luis de Cabrera. La ville ne fut fondée qu'en 1563 par Jerónimo Luis de Cabrera sous le nom de Villa de Valverde del Valle de Ica, en l'honneur du missionnaire dominicain Vicente Valverde (1498-1541). En désaccord avec le vice-roi Francisco de Toledo, Cabrera sera décapité à Lima le 15 août 1574.

Après des tremblements de terre répétés qui ont détruit la ville, celle-ci dû changer de place et finalement en 1633, elle est installée à l'endroit qu'elle occupe actuellement et a été reconnue comme une ville.

La cathédrale d'Ica de style colonial est placée sous le vocable de Saint Jérôme en l'honneur de son saint patron. Elle est aujourd'hui le siège du diocèse d'Ica.

Selon une tradition relative à un christ en bois, un miracle se serait produit en 1558 dans la forêt de Rurin, dont le nom devenu serait devenu par déformation Luren, d'où le nom de donné à cette statue. Cette représentation du Christ en croix est toujours l'objet d'une intense dévotion dans la cité où un sanctuaire lui est dédiée.

Une autre tradition mentionne également les moments où cette statue a miraculeusement survécu aux tremblements de terre intenses qui ont dévasté la ville et la région au cours des trois derniers siècles et demi, ainsi que dans un incendie qui a assombri cette statue de bois.

Vers 1595, la traite des esclaves africains par les Espagnols a commencé, esclaves qui étaient vendus aux marchés de la province de Chincha pour le sud du Pérou.

Ce commerce - qui ne cessera qu'avec l'indépendance - a marqué cette province où la culture afro-péruvienne est toujours vivace. Cette population était principalement occupée dans l'agriculture, à la fois dans les vignobles et plus tard dans les champs de coton.

Lors de la réorganisation de 1783, la vice-royauté du Pérou fut scindée en « intendances » et la région d'Ica fut incorporée dans celle de Lima (1783).

Indépendance La ville d'Ica a proclamé son indépendance quelques mois avant l'arrivée du libérateur San Martín en septembre 1820, qui débarqua dans la baie de Paracas et installa son quartier général à Pisco. En juillet 1821, il part pour Lima mais auparavant il décide du dessin du drapeau national du Pérou inspiré des parihuanas, oiseaux typiques de Paracas.

Guerre du Pacifique Pendant la guerre du Pacifique (1865-1866), le département d'Ica faisait partie de la résistance contre l'invasion chilienne, des batailles ont eu lieu dans tout le département, comme la bataille de Cerillo à San José de los Molinos. vignette|Le sanctuaire du Señor de Luren après le séisme de 2007.|alt=|300x300px Catastrophes naturelles Ica a été le site de fréquents tremblements de terre et d'inondations, qui ont énormément affecté la ville. La première grande crue a été enregistrée le 17 mars 1908, lorsque le río Ica n'était bordé que par des haies de saules et de tamaris. En 1912 les premiers travaux de protection de la ville ont été entrepris et en 1916 une loi a été votée pour canaliser le fleuve, mais ce n'est qu'après les inondations de 1925, 1929 et 1932 qu'ils ont été menés de 1932 à 1935. Des premiers murs de ciment ont été construits, mais cela n'a pas suffi à empêcher l'inondation de 1963.

Inondation de 1998 : Le 29 janvier 1998, la ville a été affectée par le débordement du río Ica, causé par trois glissements de terrain dans la chaîne montagneuse de Santiago de Chocorvos à au nord-est. Après plusieurs alertes les 23 et 24 janvier, le 29 une pluie torrentielle a commencé à 15 heures qui a surpris les citoyens, laissant 80 % de la ville pleine de boue, de débris et d'une moyenne d'un mètre d'eau.

Après l'inondation, des défenses fluviales ont été construites pendant la présidence d'Alberto Fujimori, les berges ont été renforcées par des travaux d'ingénierie par exemple dans le secteur du pont Puente los Maestros où passe la route panaméricaine sud. Ensuite, il y a eu d'autres inondations mais avec un effet moins destructeur.

Tremblement de terre de 2007 : Le 15 août 2007, la ville a été durement touchée par un très fort tremblement de terre. L'Institut Géophysique du Pérou a enregistré une magnitude locale (ML) de 7.0 sur l'échelle de RichterLe séisme du 15 août 2007 au Pérou, rapport préliminaire de l'Institut Géophysique du Pérou . La magnitude de moment (Mw), caractéristique de l'énergie mise en jeu par le séisme, fut estimée à 8.0Localisation du séisme d'après l'USGS.. L'intensité maximale des dégâts évaluée sur l'échelle de Mercalli fut de VII à VIII dans un rayon de autour de l'épicentreDescription sismologique d'après l'USGS..