Vladimir Nikolaïevitch Ipatieff ou Ipatiev (en ; en ou ), né le à Moscou (Empire russe) et mort le à Chicago (États-Unis), est un chimiste russe naturalisé américain, principalement connu pour ses travaux dans le domaine de la pétrochimie et des catalyseurs.

Biographie Né à Moscou, Ipatieff étudie tout d'abord l'artillerie à l'Académie d'artillerie Mikhaïlovskaïa de Saint-Pétersbourg, avant de se tourner vers des études de chimie en Russie (sous la direction d') et en Allemagne. Si ses premiers travaux sont consacrés à l'étude des métaux et des explosifs, c'est par ses recherches sur les méthodes de catalyse à haute pression qu'il se fait un nom dans le milieu de la chimie ; les autoclaves en acier massif qu'il utilise pour ses réactions sont d'ailleurs parfois surnommés bombes Ipatieff. Au début de la Première Guerre mondiale, Ipatieff met sur pied un laboratoire spécialisé dans la conception et la protection contre les armes chimiques à Saint-Pétersbourg, en collaboration avec l'armée impériale russe (qui l'élève au grade de lieutenant-général). Il est par ailleurs élu à l'Académie russe des sciences en 1916 Ипатьев Владимир Николаевич. Grande Encyclopédie soviétique..

Après la révolution russe , Vladimir Ipatieff met de côté ses sympathies politiques pour le Parti cadet et accepte de travailler avec le nouveau gouvernement en tant que conseiller spécialisé et inspecteur du Conseil suprême de l'économie nationale. Il joue également un rôle actif dans la création et la direction de plusieurs grands centres de recherches chimiques en Russie soviétique, au point que Lénine le surnomme . Il prend la présidence l'Institut des sciences et techniques en 1920, mais ses liens avec le pouvoir pré-révolutionnaire finissent par le rattraper : en 1926, il est démis de ses fonctions et relégué au poste de vice-président de la section chimique du Conseil suprême de l'économie nationale. De 1928 à 1929, alors qu'il est encore le plus jeune membre de l'Académie des sciences, il doit mener des négociations pour y faire entrer Nikolaï Boukharine et quelques autres membres du parti communiste, préservant ainsi l'institution d'un conflit avec le régime. C'est à cette époque qu'il commence à se sentir sérieusement menacé, du fait de son passé dans l'armée tsariste et de son amitié avec certains des condamnés du . En , il retire une petite somme d'argent de ses comptes avant d'assister à une conférence de l'industrie à Munich. Il invite son épouse à l'accompagner et lui suggère au dernier moment d'emporter ses bijoux, . Alors que le train arrivait à la frontière polonaise, il lui annonce finalement : Bien qu'il ne parle pas un mot d'anglais, le couple s'enfuit aux États-Unis.

Une fois sur place, Ipatieff se voit accorder un poste de professeur de chimie axé sur la recherche à l'université Northwestern d'Evanston, dans la banlieue de Chicago. Avec son assistant , il développe de nouveaux mélanges de carburants et des procédés d'amélioration des performances de moteurs ; ces innovations, adoptées par la , sont considérées comme l'un des facteurs ayant permis à celle-ci de surpasser l'aviation allemande durant la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, Ipatieff consacre de plus en plus de temps aux applications commerciales de ses avancées en chimie des carburants, entamant notamment une étroite collaboration avec la firme pétrolière .

Avec ses étudiants, il est à l'origine d'importantes contributions à la synthèse organique et au raffinage du pétrole. Il est considéré comme l'un des fondateurs de la pétrochimie moderne aux États-Unis.

Au cours de ses années américaines, le couple Ipatieff adopte deux filles russes, comblant ainsi l'absence de ses trois fils Dmitri (mort pendant la Première Guerre mondiale), Nikolaï (membre du mouvement blanc, réfugié en Afrique après la guerre civile russe et mort en testant un traitement qu'il a inventé contre la fièvre jaune) et Vladimir (chimiste comme son père, arrêté par les autorités soviétiques en réponse à la défection de celui-ci).

Ipatieff meurt subitement à Chicago en 1952. Il laisse derrière lui plus de et de recherche.

Prix Ipatieff L', après avoir reçu une importante dotation de l'entreprise , crée en retour une récompense scientifique spéciale, le prix Ipatieff. Décerné tous les trois ans, le prix Ipatieff récompense des travaux expérimentaux remarquables dans le domaine de la catalyse ou de la chimie à haute pression réalisés par des chercheurs de moins de . AnnéeLauréat2022 Phillip Christopher2019 Ive Hermans 2016 Aditya Bhan 2013 2010 2004 Raul F. Lobo 2001 1998 1995 Marc Barteau 1992 1989 1986 Robert Hazen 1983 D. Wayne Goodman 1980 Denis Forster 1977 Charles A. Eckert 1974 George A. Samara 1971 Paul B. Venuto 1968 Charles R. Adams 1965 1962 1959 Cedomir M. Sliepcevich 1956 1953 Robert B. Anderson 1950 Herman E. Ries 1947 Louis Schmerling

Références

Liens externes

: généalogie de la famille Ipatieff : présentation de la firme UOP

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