L’hôtel de Cadaval, précédemment hôtel d’Artigaux est un ancien hôtel particulier situé au , rue Louis-Barthou à Pau dans le département français des Pyrénées-Atlantiques, en région Nouvelle-Aquitaine.
Il est construit à partir de 1837, à la demande du baron Bertrand d’Artigaux, de la Cour de Pau.
En , le pianiste Franz Liszt y séjourne pendant une semaine, alors qu’il se rend en tournée en Espagne.
À partir de 1879, il devient la propriété de la famille des ducs de Cadaval, branche cadette de la famille de Bragance, dynastie royale de Portugal, qui laissent leur nom à l'hôtel.
L’hôtel a servi de prison dorée à Moncef Bey, de 1945 jusqu’à sa disparition en 1948. En témoigne une plaque commémorative apposée sur la grille d’entrée.
Racheté par l’État en 1955, il abrite depuis la caisse d’allocations familiales.
Situation L’hôtel est situé non-loin du lycée Louis-Barthou et possède également une entrée au , boulevard des Pyrénées. Il est mitoyen de l’hôtel Boscary de Romaine, siège de la banque de France à Pau, depuis 1914.
Histoire L’hôtel est construit de 1836 à 1838, à la demande du baron Bertrand d’Artigaux, fils du politique Antoine d'Artigaux, à la suite de l’acquisition du terrain, le , à l’anglaise Catherine Hill, pour la somme de 4 500 francsADPA - Côte 3P3/2 Pau - Matrices cadastrales des propriétés bâties et non bâties. Folios 386, 363. 3P3/3 Pau. Folios 572, 581. 3P2/2 Pau - Matrices cadastrales des propriétés bâties. Case 1207. 3P2/6 Pau. Case 1532. . gauche|vignette|202x202px|Caroline de Saint-Cricq en 1830 En 1831, le baron avait épousé Caroline de Saint-Cricq, fille d’un collègue et ami de son père, le comte Pierre de Saint-Cricq. Caroline eut pour amour de jeunesse le célèbre musicien Franz Liszt qui lui donna des leçons de piano de 1827 à 1828, dans l’hôtel parisien familial du , rue de Grenelle, actuelle mairie du 7e arrondissement de Paris. Si son mari ne fréquente que rarement les lieux du fait de ses affaires, Caroline y tiendra un salon, de 1833 à 1871.
En 1844, elle y reçoit Franz Liszt durant une semaine, à la suite de deux concerts donnés à Pau, les 8 et , et également un à Sus, à l’occasion de sa tournée vers l’Espagne.
À partir de 1848, à la suite de la chute de la monarchie de Juillet, elle y reçoit également son père venu passer ses vieux jours dans son Béarn natal. Il s’éteindra dans l’hôtel le . gauche|vignette|257x257px|Franz Liszt - 1839 - par le peintre Henri Lehmann Le , le baron se porte acquéreur d’un terrain dans la continuité du jardin de l’hôtel descendant jusqu’au bois Louis en bord de l’Ousse, pour la somme de 25 182, 28 francs.
En 1872, Caroline meurt dans l’hôtel ; le baron, affecté, se retire dans sa propriété de Moncayolle, où il disparait trois ans plus tard. Ce dernier, par testament, fait de ses neveux, Charles et Félix de Lataulade, les héritiers de l’ensemble de ses biens immobiliers, laissant sa fortune et ses biens meubles à sa fille Berthe, qui consacre le reste de sa vie à la fondation du Carmel de Bethléem, en Palestine, où elle s’éteint le . Comme toutes les autres propriétés du baron, l’hôtel est mis en vente aux enchères, par ses deux héritiers, le , pour une mise à prix de 20 000 francs.
Il est acquis par Maria Da Piedade Alvarés Pereira de Mello, veuve et néanmoins nièce du . En 1898, à la mort de cette dernière, la propriété échoit à son fils aîné, Jayme II, , qui décède dans l’hôtel le .
Sa veuve Maria Zileri Dal Verme, en hérite avec leur fils, Nuno V, , né dans l’hôtel le . Cette dernière fait agrandir l’hôtel par une aile à l’ouest, abritant notamment une chapelle, par l’architecte palois Jules NoutaryADPA - Fonds Noutary - Côte 20J162 - Transformation de l'immeuble par Jules Noutary pour madame Cadaval - 1905-1906.
La duchesse douairière décède en 1952, et le y réside par intermittence en compagnie de son épouse, Diane de Gramont de Coigny, fille du physicien Arnaud de Gramont.
Devenue veuve en 1935, la duchesse n’y réside alors plus que très rarement et met l’hôtel en location. L’hôtel reste relativement inhabité pendant la Seconde Guerre mondiale. vignette|Armes de la famille de Cadaval. En 1943, Moncef Bey, Bey de Tunis, est destitué, puis transféré le dans l’hôtel, qui lui servira de prison dorée jusqu’au , où il s’y éteint.
Jayme III, , en hérite après le décès de sa mère en 1955. La même année, ce dernier vend l’hôtel à l’État, qui y reçoit diverses personnalités avant de le mettre à disposition de la caisse d’allocations familiales, qui occupe encore les lieux aujourd’hui.
Description L’hôtel, à l’origine entre cour et jardin, se compose d’un bâtiment principal de plan massé construit dans le style italianisant, dérive de l’architecture néo-renaissance.
Sur la rue Louis-Barthou, se trouve alors une aile de communs, qui est alors l’entrée principale de l’hôtel. Elle est percée d’une imposante et lourde porte cochère et abrite les remises et écuries ainsi que les logements du personnel de maison.
Le bâtiment principal se compose de cinq niveaux dont un, en sous-sol, abritant alors une chaufferie et les cuisines, un rez-de-chaussée surélevé, suivi de deux niveaux abritant les chambres et un dernier niveau sous combles, destiné au personnel.
Si la façade côté cour est d’une étonnante sobriété, la façade côté jardin est quant à elle, richement ornée.
En 1875, lors de sa vente, l’hôtel est composé comme suit:
En 1894, en raison de la construction du boulevard des Pyrénées, le parc de l’hôtel, qui s’étend alors en pente irrégulière, jusqu’au Bois-Louis en bord de l’Ousse, se voit largement amputé à la suite d'une expropriation. En résulte, le déplacement d’une fontaine et la construction, à sa place, d’une imposante grille en fer forgé, encadrée de deux belvédères. L’escalier d’accès au jardin, à l’origine droit, se voit transformé en terrasse encadré d’un double escalier en fer à cheval dans le même style que les belvédèresAM de Pau - Côte 1O3/22 - Plan général et parcellaire des propriétés à acquérir sur le territoire de la commune de Pau, 1/500e, 7 mars 1894..
De 1905 à 1906, une annexe, abritant une chapelle et une sacristie au premier étage et un jardin d’hiver au rez-de-chaussée, est ajoutée sur le côté ouest de l’hôtel, œuvre de l’architecte palois Jules Noutary.
À partir de 1955, les services de la Caf s’installent dans l’hôtel, et les intérieurs de ce dernier, peu adaptés à un usage de bureaux, commencent à être fortement dénaturés par une malheureuse série de travaux.
En 1979, le bâtiment sur rue est détruit afin d’accueillir un parking, et un immeuble abritant de nouveaux bureaux est construit en aplomb de la résidence voisine, puis inauguré en 1983. L’hôtel est également entièrement réhabilité à cette époque et perd définitivement son aménagement intérieur, ainsi que son escalier permettant l’accès au jardin.
En 2003 à 2008, l’hôtel fait l’objet d’une série de travaux, cela sera sa dernière rénovation d’envergure, une annexe est construite au pied de l’immeuble, l’hôtel est rafraîchi et modernisé, et le jardin côté boulevard est également transformé en parking.
Lieu de mémoire En 2015, en souvenir de Moncef Bey et de sa famille, qui y vécurent de 1945 à 1948, une plaque commémorative est apposée sur la grille de l’hôtel, en présence de François Bayrou, maire de Pau, et de Mohamed Ali Chichi, alors ambassadeur de Tunisie en France.
Galerie
Références
Voir aussi
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