de Coucy (1182-1242), dit Enguerrand le Bâtisseur, seigneur de Coucy, de Condé, de La Fère, de Marle, de Crépy et de Vervins. Par son premier mariage, il fut comte de Roucy, et par son deuxième, comte régent du Perche.
Je ne suis roy, ne prince, ne comte aussy. Je suis le sire de CoucyLes sires de Coucy..
Généalogie En premières noces, il épouse Béatrice de Vignory, veuve du comte de Roucy, .
En secondes noces, il épouse Mathilde de Saxe (1172 - ), veuve de , comte du Perche. Mathilde de Saxe est la fille d'Henri le Lion, duc de Bavière et de Saxe, et de Mathilde d'Angleterre, elle-même fille de Henri II Plantagenêt et Aliénor d'Aquitaine.
En troisièmes noces, épouse Marie de Montmirail et d'Oisy, fille du bienheureux Jean de Montmirail, connétable de France, seigneur de Montmirail, La Ferté-Gaucher, Condé, La Ferté-sous-Jouarre, Tresmes, Crèvecœur et Oisy, vicomte de Meaux et châtelain de Cambrai, qui lui donne six enfants : Marie de Coucy, qui épouse le roi dit Le Pacifique, puis vers 1251 ou 1252 Jean d'Acre (1296), fils de Jean de Brienne, roi de Jérusalem et empereur d'Orient ; (1250 au cours de la bataille de Mansourah en Égypte lors de la septième croisade, près du comte d'Artois, frère de Saint Louis, qu'il défendit au prix de son sang) ; (1311) ; Jean de Coucy ; de Coucy, qui épouse le comte de Guînes, , d'où la succession de Coucy () ; Jeanne de Coucy, qui épouse seigneur de Mailly, d'Acheu et de Ploich.
Biographie
Né en 1182 au château de Coucy, il est le fils aîné de et d', fille du comte capétien .
est, avec , le plus prestigieux et le plus intéressant des seigneurs de Coucy. Il est aussi sans conteste le plus ambitieux d'entre eux. symbolise la lutte opiniâtre des grands féodaux contre la Couronne pour préserver leur indépendance. Au cours de sa souveraineté longue d'une cinquantaine d'années, il accorde des chartes de franchises à plusieurs communes relevant de son autorité.
Enguerrand prend part, en 1214, à la bataille de Bouvines, où son action fait remarquer son courage. Avant la bataille, une messe fut dite, ensuite Philippe Auguste dans un simulacre de la Cène, demanda à ses chevaliers de manger le pain et de boire le vin, en signe de fidélité. fut le premier à prendre le pain et à le tremper dans le vinRécit du Ménestrel de Reims : « Alors, monseigneur Enguerrand de Couci s'avança et prit la première tranche trempée ».. Durant la bataille, à la vue de l'Empereur Otton de Brunswick, il le chargea au galop, lance baissée et le désarçonna Gesta Senoniensis Eclesiae : "[..]Or, un noble cheualier, nommé Ageranne de Coucy, apperceuant l'Empereur de loing, donna des esperons à son cheual et brossant droit à luy, et abaissant sa lance, l'abbattit de son cheual } en mesme instant[..]". Plus tard, il participe à la croisade des Albigeois, qui ensanglante le midi de la France pendant près d'un demi-siècle.
En 1226, le roi meurt inopinément en laissant le trône des Capétiens à un enfant de douze ans, le futur Saint Louis. La régence du royaume est confiée à la mère du jeune prince, la reine Blanche de Castille. Enguerrand juge le moment opportun pour asseoir définitivement la suprématie des grands barons, dont il se fait le porte-parole. Pour montrer sa puissance et légitimer ainsi ses intentions, il entreprend la construction de nombreux châteaux forts dont le château de Coucy, Marle, Assis-sur-Serre, Saint-Gobain et Folembray. vignette|250px|Mort d' de Coucy, dessin de Matthieu Paris(Chronica Majora, Cambridge, Corpus Christi, 16, ). Les travaux du château de Coucy, commencés vers 1225, se poursuivront jusqu'à sa mort en 1242. À l'extrémité ouest de la ville de Coucy, il bâtit un énorme quadrilatère qu'il flanque de quatre tours colossales et qu'il couronne d’un donjon dont le célèbre architecte Viollet-le-Duc dira : « auprès de ce géant, les plus grosses tours connues, soit en France, soit en Italie, ou en Allemagne, ne sont que des fuseaux ». Les dimensions de ce donjon (dynamité par l'armée allemande en ) – cinquante-quatre mètres de hauteur, trente-deux mètres de diamètre, cent mètres de circonférence, et sept mètres cinquante d’épaisseur de murs à la base - traduisent la démesure de l'ambition de ce prince qui épousera, entre autres, Mathilde de Saxe, la petite-fille d', roi d'Angleterre.
Lorsqu'il meurt en 1242 à Gercy (Aisne)Le Magasin pittoresque, par Edouard Charton, janvier 1863, page 182., tué accidentellement par sa propre épée qui le transperce à la suite d'une chute de cheval, il laisse à sa descendance un domaine considérable, dominé par une imposante forteresse.
Légende À la suite de ces constructions, voici les rumeurs divulguées à travers les âges : en position de force, Enguerrand réussit à convaincre les grands seigneurs, ses pairs, de l'aider à enlever le jeune (futur Saint Louis) pour ceindre la couronne royale à sa place. Le complot aurait réussi sans la trahison de qui, au dernier moment, se rangea du côté de Blanche de Castille, certainement séduit par ses charmes.
Anecdote véridique ou non : le sire de Coucy n'en gardera pas moins la réputation du plus puissant baron du royaume.
Notes et références
Articles connexes Liste des seigneurs de Coucy Coucy Château de Coucy Maison de Coucy
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