Saadia Mebarek, morte le , est une Algérienne arrêtée, torturée et tuée par des militaires français pendant la guerre d'Algérie.

Biographie Mariée à Mohamed Kader, grutier, Saadia Mebarek est enceinte lorsqu'elle est arrêtée à Alger le . Son époux dépose plainte deux jours plus tard, son épouse ayant été retrouvée morte au petit matin du , apportée sur une civière par un militaire français à l’hôpital Mustapha-Pacha.

Enquête, recherches et procès

Rapport officiel Le , le Président Charles de Gaulle demande au premier ministre Michel Debré de diligenter une enquête : .

Selon le rapport de l'armée transmis le par le ministre Pierre Messmer, Saadia Mebarek était suspectée, ainsi que quatre autres femmes, , dans un contexte où le Front de Libération nationale appelait à l'abstention. Rédigé par un colonel du secteur Alger-Sahel, le rapport indique qu'elle a été interrogée et qu'il a été nécessaire de recourir à la force, mais nie les sévices. Le rapport officiel indique qu'elle aurait été libérée dans la nuit, mais retrouvée, par hasard, une demi-heure plus tard, inanimée.

Archives L'ouverture des archives en 2022 donne accès à des documents qui attestent d'une version tout à fait différente, mais qui était connue par le pouvoir exécutif.

Robert Schmelck, alors procureur général d'Alger, écrit au ministre de la justice, Edmond Michelet, qu'. Une autopsie montre plusieurs lésions sur les seins, le bras droit, la cheville gauche et les parties génitales de Saadia Mebarek.

Geoffroy de Courcel, secrétaire général de l’Élysée, saisit le Maurice Patin, qui préside la commission de sauvegarde des droits et des libertés individuels. Celle-ci doit enquêter sur les abus de l'armée en Algérie. Cependant, Patin lui répond rapidement qu'il lui apparaît .

Procès Le procès d'un lieutenant d'active, et de deux sous-lieutenants de réserve, soupçonnés d'avoir torturé à mort Saadia Mebarek se tient à huis clos en au Tribunal permanent des forces armées. Il s'agit, selon Sylvie Thénault et Raphaëlle Branche, de l'unique procès impliquant des militaires impliqués dans les opérations en Algérie.

Les accusés reconnaissent les faits qui leur sont reprochés. Cependant, les militaires siégeant au tribunal acquittent les trois inculpés. Ainsi, .

À l'issue du procès, l'Association de la magistrature dénonce une double crise, de la magistrature et de la justice.

Le ministère des Armées forme un recours devant la Cour de cassation. Sa chambre criminelle casse le jugement du Tribunal permanent des forces armées le . Cependant, et puisque le décret du a amnistié les , la décision de la cour de Cassation annule le jugement du tribunal sans permettre de renvoi à une autre juridiction.

Références

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