est un genre fossile de dinosaures herbivores sauropodes géants de la famille des diplodocidés. Il a vécu en Amérique du Nord au Jurassique supérieur (Kimméridgien et Tithonien), il y a environ entre (millions d'années). Leurs restes fossiles ont été découverts dans les États de l'ouest et du centre des États-Unis dans la formation de Morrison.
Selon Paleobiology Database en 2024, le genre a deux espèces décrites, Apatosaurus ajax et .
Historique Le genre Apatosaurus est décrit en 1877 par le paléontologue américain Othniel Charles Marsh (1831-1899).
Étymologie Le nom de genre Apatosaurus vient des mots du grec ancien apatē () / apatēlos () signifiant « déception » / « trompeur », et « sauros » () signifiant « lézard » pour donner « lézard trompeur ». Marsh lui a donné ce nom car les arcs hémaux de l'animal ressemblaient plus à ceux d'un mosasaure, un grand reptile marin, qu'à ceux d'un dinosaure.
Apatosaurus et Brontosaurus L'apatosaure est encore souvent désigné, par erreur, dans le grand public, comme brontosaure ou Brontosaurus (du grec signifiant littéralement « lézard tonnerre »), genre qui a été considéré dès 1903 comme un synonyme junior dApatosaurus.
Cependant en 2015, une synthèse sur les Diplodocidae réalisée par Emanuel Tschopp, Octavio Mateus et Roger B.J. Benson en 2015 propose de réhabiliter le genre Brontosaurus auquel ils affilient trois espèces, ce qui n'est pas accepté par de nombreux paléontologues.
Histoire Création des deux genres La confusion vient du fait que le paléontologue américain Othniel Charles Marsh qui a découvert les premiers fossiles leur a attribué le nom Apatosaurus en 1877 mais, deux ans après cette découverte, Marsh découvrit les restes d'un autre individu, un juvénile, qu'il n'identifie pas comme appartenant au même genre et qu'il nomme Brontosaurus.
Mise en synonymie sous le nom dApatosaurus En 1903, un autre paléontologue américain, Elmer Samuel Riggs, réétudia les restes des deux spécimens et conclut qu'en réalité ils devaient être rangés dans le même genre. Le genre Apatosaurus ayant été nommé en premier, le principe d'antériorité du code international de nomenclature zoologique (CINZ) lui donne la priorité, en reléguant Brontosaurus au rang de simple synonyme.
Résilience du terme brontosaure Le terme de brontosaure est resté cependant courant dans la littérature non-scientifique, ainsi que dans les films, et bien connu du grand public, pour qui il apparaît même parfois comme un synonyme du mot dinosaure. Le service postal gouvernemental des États-Unis (United States Postal Service) imprime même en 1989 des timbres figurant des dinosaures incluant Brontosaurus aux côtés de Tyrannosaurus, Stegosaurus, Pteranodon, ce dernier n’étant d'ailleurs pas un dinosaure. Cet usage tardif du terme Brontosaurus à la place de celui dApatosaurus soulève une polémique de scientifiques qui critiquent l'institution comme . Le célèbre paléontologue américain Stephen Jay Gould en fera même le sujet d'un de ses livres en 1991 « Bully for Brontosaurus » (« La Foire aux dinosaures : réflexions sur l’histoire naturelle »), où il reconnait l'importance du mot Brontosaurus dans l'imagination populaire, même si, d'un point de vue scientifique il ne peut qu'être d'accord avec la mise en synonymie de Riggs en 1903.
Tentative de réhabilitation scientifique du genre Brontosaurus En 2015, Emanuel Tschopp, Octavio Mateus et Roger B.J. Benson dans leur étude des Diplodocidae concluent quApatosaurus excelsus était en fait suffisamment différent de l'espèce type du genre Apatosaurus, pour conserver son attribution originale de Brontosaurus excelsus (Marsh, 1879). Leur étude s'appuie sur l'analyse de sur lesquels ils comparent les variations de morphologiques. Brontosaurus se distinguerait dApatosaurus par : un cou moins large, supposé moins fort ; des vertèbres dorsales postérieures présentent un corps vertébral plus long que large ; une omoplate dont la partie arrière jusqu'au bord acromial et à la lame distale présente un sillon ; le bord acromial de la lame scapulaire distale porte un renflement arrondi ; un rapport de la longueur/largeur de l'os astragale supérieur à 0,55.
Cette proposition qui va à l'encontre des règles habituelles de la taxonomie a ouvert une polémique.
Des experts comme Paul Barrett, responsables des dinosaures au Musée d'histoire naturelle de Londres, semblent dépités : .
Description vignette | droite |Comparaison de tailles moyennes entre Apatosaurus ajax (orange), Apatosaurus louisae (rouge), avec un humain (bleu) et Brontosaurus parvus (vert). vignette | droite |Crâne hypothétique dApatosaurus, sculpté en 1931, pour être monté sur un squelette post-crânien dApatosaurus.Muséum d'histoire naturelle Peabody. Taille L'apatosaure est célèbre pour sa longue colonne vertébrale, son long cou, et sa queue effilée qui comptait 82 os ; c'est un très grand sauropode et donc l'un des plus grands animaux terrestres ayant jamais vécu.
La plupart des estimations de taille sont basées sur un spécimen, l'espèce type dApatosaurus louisae du Carnegie Museum of Natural History de Pittsburgh, référencé CM 3018. En 1936, sa colonne vertébrale a été mesurée à par Charles Gilmore. En 2015, sa masse est estimée entre , similaire à celle du genre Dreadnoughtus.
Quelques spécimens de l'espèce A. ajax, comme celui du Muséum d'histoire naturelle d'Oklahoma, référencé OMNH 1670, correspondent à des individus qui seraient 11 à 30 % plus longs que CM 3018, soit (Thomas Holtz retient la longueur de en 2011), suggérant une masse près de deux fois plus importantes que celle de CM 3018, soit .
Crâne vignette|droite |Crâne dA. ajax, spécimen CMC VP 7180. Le crâne dApatosaurus n'a pas été découvert lors des premières descriptions de l'animal. Ainsi plusieurs squelettes post-crâniens dApatosaurus ont été remontés avec des crânes appartenant aux genres Camarasaurus ou Brachiosaurus.
Le premier crâne, celui dApatosaurus louisae, ne fut découvert qu'en 1909 à quelques mètres des os du cou ; il est très similaire à celui de Diplodocus. Cependant, malgré cette découverte, le paléontologue Henry Fairfield Osborn et certains de ses collègues refusent cette association et c'est ainsi que la plupart des squelettes dApatosaurus continuent à porter des crânes ne leur appartenant pas ou avec des crânes hypothétiques en plâtre jusque dans les années 1970. En 1975, John Stanton McIntosh et David Berman redécrivent les crânes connus de Diplodocus et dApatosaurus et confirment quApatosaurus (et Brontosaurus) possédaient un crâne ressemblant à celui des Diplodocus. Ils réattribuent de nombreux crânes supposés appartenir au genre Diplodocus au genre Apatosaurus.
Comme chez la plupart des sauropodes le crâne est relativement petit par rapport à la taille de l'animal. Les mâchoires sont garnies de dents spatulées (en forme de ciseau) adaptées à un régime herbivore. Le museau dApatosaurus, comme celui des diplodocoïdes proches est de forme carrée, sans toutefois être aussi géométrique que le rebbachisauridé Nigersaurus.
Colonne vertébrale vignette | droite |Vertèbres cervicales de l'holotype dA. ajax (holotype),Muséum d'histoire naturelle Peabody, (YPM 1860)en vue latérale et antérieure. vignette | droite |Illustration du sacrum dA. ajax (1879). La formule vertébrale de l'holotype dA. louisae est de 15 cervicales, 10 dorsales, 5 sacrées et 82 caudales. Le nombre de ces dernières varie cependant même à l'intérieur d'une même espèce.
Comme chez les autres sauropodes les vertèbres cervicales sont profondément divisées (bifurquées) ; elles portent des épines neurales séparées par un large sillon qui donne un cou très large à l'animal.
Les vertèbres cervicales dApatosaurus et de Brontosaurus sont plus larges et plus robustes que celles des autres diplodocidés ; elles ressemblent à celles de Camarasaurus. De plus, elles portent des côtes cervicales plus allongées vers le sol que chez les diplodocinés. Le cou est cependant allégé par une grande pneumatisation des vertèbres cervicales qui renferment de nombreux sacs à air. Chez Apatosaurus louisae, le couple atlas-axis des premières cervicales est presque fusionné. Les 10 côtes dorsales sont par contre articulées librement aux vertèbres.
La forme de la queue est inhabituelle pour un diplodocidé, car la hauteur des processus épineux des vertèbres décroît rapidement depuis les hanches pour donner une queue relativement fine. Comme chez les autres diplodocidés, la queue de ce quadrupède ressemble dans sa partie finale à un fouet.
Membres Les membres dApatosaurus sont très robustes avec les pattes avant un peu plus courtes que les postérieures.
La ceinture pelvienne montre des ilions robustes et des pubis et ischions fusionnés.
Les fémurs dApatosaurus sont très solides et sont parmi les plus robustes chez les sauropodes. Les os du tibia et du péroné sont différents des os élancés de Diplodocus, mais sont presque indiscernables de ceux de Camarasaurus. Le péroné est plus long et plus mince que le tibia.
Chaque patte avant portait une seule grande griffe, un trait partagé par tous les sauropodes plus évolués que le genre Shunosaurus. Cette phalange unguale, en forme de griffe, est légèrement courbée et tronquée à son extrémité. Par contre, les trois premiers orteils (vers l'intérieur) possèdent des griffes sur chaque membre postérieur.
Paléobiologie vignette|droite|Crânes de plusieurs diplodocoïdes dont Apatosaurus en haut à droite. Au cours du et au début du , les sauropodes étaient supposés être trop massifs pour soutenir leur propre masse à terre. Il avait été théorisé qu'ils ne pouvaient vivre qu'en partie immergés dans l'eau. Ces théories ont été réfutées au cours du et au début du , et les sauropodes sont aujourd'hui considérés comme des animaux franchement terrestres.
La morphologie du museau et des dents, disposées de façon rectiligne, plaide pour un régime herbivore non sélectif de plantes à hauteur du sol. Des analyses de la morphologie des vertèbres du cou de l'animal ont montré que, contrairement à l'image classique d'animaux au cou redressé pour attraper de la végétation à grande hauteur, celles-ci n'étaient pas très flexibles et quApatosaurus était adapté pour consommer une végétation basse. Cette hypothèse est toutefois remise en cause en 2014 par Taylor qui, après avoir étudié la quantité et la position des cartilages intervertébraux, conclut à l'opposé que le cou d'Apatausaurus, comme celui de Diplodocus était très flexible. Stevens et Parrish en 1999 estiment quApatosaurus pouvait manger des fougères, des Bennettitales, ptéridospermes ou « fougères à graines », des Equisetales (sortes de prêles) et des algues. Ces mêmes auteurs en 2005 envisagent qu'il se nourrissait de plantes subaquatiques à partir des rives.
Une étude en 2015 de Taylor et ses collègues sur les cous dApatosaurus et Brontosaurus montrent qu'ils sont très différents de ceux des autres diplodocidés et que cette différence serait due à l'utilisation, par ces deux genres, de leur cou comme d'une arme dans des combats lors de compétitions intraspécifiques.
L'étude des pistes fossiles des sauropodes comme Apatosaurus et Brontosaurus, démontrerait à partir de l'analyse de leurs empreintes de pas, qu'ils pouvaient marcher entre environ par jour et que leur vitesse maximale pouvait atteindre de par heure.