Les Assemblées de Frères ou Plymouth Brethren ou encore Frères de Plymouth sont un mouvement chrétien non confessionnel né à Dublin vers 1820. Il a connu une importante scission en 1848 qui a abouti à distinguer un courant « ouvert » d'une part, les « Frères Larges » (Open Brethren), et un courant « exclusif » d'autre part, appelé aussi « darbyste ». La branche la plus « étroite » a suivi John Nelson Darby (1800-1882) et la branche plus ouverte des leaders comme George Müller (1805-1898) et Henry Craik (1805-1866).
En France, une branche du mouvement est surveillée par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires depuis 2005.
Histoire Les Assemblées de Frères trouvent leur origine dans les années 1820 à Dublin où de jeunes chrétiens se retrouvent pour étudier la Bible et revenir à la simplicité de l'Église primitive Stephen Hunt, Handbook of Global Contemporary Christianity: Movements, Institutions, and Allegiance, BRILL, Leiden, 2016, p. 362 . Parmi ces jeunes, il y a John Gifford Bellett, Francis Hutchinson, Edward Cronin . et Anthony Norris Groves. L’étude des prophéties bibliques prend une place importante dans un contexte de peurs liées notamment aux conséquences de la Révolution française et des guerres napoléoniennes. On y parle déjà de la restauration d’Israël et de se préparer au retour de Jésus-Christ. Ils proviennent d’Églises différentes et veulent manifester l’unité des chrétiens. Leur compréhension du sacerdoce universel les amène à rejeter la distinction « clergé-laïc ».
L’assemblée à Plymouth est fondée en 1831 George Thomas Kurian, Mark A. Lamport, Encyclopedia of Christianity in the United States, Volume 5, Rowman & Littlefield, USA, 2016, p. 684. En 1832, le périodique Christian Witness y est créé, faisant ainsi connaître cette Assemblée et le réseau qui commence à se tisser, d’où le nom « Frères de Plymouth ».
En 1832, Henry Craik et George Müller démarrent un groupe à Bristol qui sera organisé en sous-groupes selon les âges.. Müller sera également à l’origine de la fondation d'orphelinats dans la ville BBC, Museum opens for Bristol orphanage founder George Müller, bbc.com, UK, 4 septembre 2019 .
En 1840, John Nelson Darby, un pasteur anglican irlandais, quitte l’Église anglicane en Irlande pour rejoindre le mouvement à Dublin comme prédicateur William H. Brackney, Historical Dictionary of Radical Christianity, Scarecrow Press, USA, 2012, p. 99. Il visitera divers pays comme les Îles Britanniques, la Suisse ou encore la France. Mais, dans plusieurs domaines, ses positions provoqueront une forte contestation notamment sur sa conception de l’apostasie de la chrétienté et son soutien au baptême des enfants Ian S. Markham, The Blackwell Companion to the Theologians, 2 Volume Set, John Wiley & Sons, USA, 2009, p. 42. En 1848, le mouvement des Frères se divisa en deux branches Mark A. Lamport, Encyclopedia of Christianity in the Global South, Volume 2, Rowman & Littlefield, USA, 2018, p. 641 . L’aile « ouverte » de George Müller, Henry Craik et Robert Chapman ; et l’aile « exclusive » de John Nelson Darby..
Malgré ces tensions, les Églises se développeront et l’élan missionnaire, à la suite de Groves, se déploiera dans de nombreuses nations. En Grande-Bretagne, le Réveil de 1859 bénéficie à l’ensemble des évangéliques et permet une croissance forte des Assemblées de Frères. Le mouvement se développe par la suite en Europe et dans tous les pays anglo-saxons. Il s'implante aussi en Afrique, en Amérique latine, et en Asie au ..
Frères larges Les frères « larges », lors de la séparation, sont devenus des « assemblées chrétiennes » et ont suivi les enseignements de George Müller, Henry Craik et Robert Cleaver Chapman .. Ils donnent plus d'autonomie aux Églises locales, sont plus ouverts aux autres croyants et aux changements doctrinaux, et sont plus actifs dans l'évangélisation. Le mouvement a une théologie évangélique Sébastien Fath, Du ghetto au réseau: Le protestantisme évangélique en France, 1800-2005, Édition Labor et Fides, Genève, 2005, p. 132.
En France, les églises du mouvement deviendront les Communautés et assemblées évangéliques de France Serge Carrel, Sylvain Aharonian raconte l’histoire des «frères larges» en France, lafree.info, Suisse, 28 juin 2018 . En Suisse, l’Union des Assemblées et Églises évangéliques en Suisse romande est devenue la Fédération romande d'Églises évangéliques en 2006 Evangéliques info, La FEEL et les AESR unissent leurs destinées, evangeliques.info, Suisse, 25 novembre 2006.
En 2011, leur nombre est évalué à dans le monde Stephen Hunt, Handbook of Global Contemporary Christianity: Movements, Institutions, and Allegiance, BRILL, Leiden, 2016, p. 360.
L’organisation International Brethren Conferences on Mission a été fondée en 1993 à Singapour par des unions d’églises de divers pays Neil T. R. Dickson, Tim Grass, The Growth of the Brethren Movement: National and International Experiences, Wipf and Stock Publishers, USA, 2006, p. 9. Selon un recensement de l’IBCM Network publié en 2020, elles rassembleraient et dans 155 pays IBCM, IBCM Network, ibcm.net, UK, consulté le 22 août 2020.
Frères étroits / exclusifs Les frères « étroits » sont restés attachés à la doctrine de Darby. Ils sont plus interdépendants, plus conservateurs avec une propension à un code vestimentaire, très attachés à la spontanéité du culte et des prédications. Ils forment plusieurs cercles de communion plus ou moins cloisonnés, des plus modérés aux plus étroits..
Le mouvement présente une diversité importante. La théologie des courants les plus conservateurs est protestante et reconnait le baptême des enfants. Environ en 2012 dans le monde, les frères « étroits » sont souvent qualifiés de darbystes, mais ne se désignent eux-mêmes que rarement ainsi Charles E. Farhadian, Introducing World Christianity, John Wiley & Sons, USA, 2012, p. 215.
Croyances Le mouvement se définit comme chrétien non confessionnelJames Harding, Babylon and the Brethren: The Use and Influence of the Whore of Babylon Motif in the Christian Brethren Movement, 1829-1900, Wipf and Stock Publishers, USA, 2015, p. 74.
Critiques
En 2005, les Frères de Plymouth darbystes, la branche conservatrice de tendance « étroite », sont critiqués par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) qui s’inquiéte du sort des enfants, coupés du monde selon des témoignages de l’époque. En 2006, une commission d’enquête parlementaire reprend les critiques de ce mouvement. En 2022, ce mouvement est de nouveau soupçonné de dérives sectaires par la Miviludes.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie Robert H. Baylis, My people: the story of those Christians sometimes called Plymouth Brethren, Harold Shaw Publishers, Wheaton, 1995, 336 p. F. Roy Coad, A history of the Brethren movement: its origins, its worldwide development and its significance for the present day, Regent College Publishing, Vancouver, 2001, 327 p. (, Paternoster Press, 1968) Neil Dickson, Tim Grass, The growth of the Brethren Movement: national and international experiences: essays in honour of Harold H. Rowdon, Wipf & Stock Publishers, Eugene, 2006 Tim Grass, Gathering to His name: the story of the Open Brethren in Britain and Ireland, Paternoster, Milton Keynes, 2006, 589 p. . Sylvain Aharonian, Les frères larges en France métropolitaine, Socio-histoire d'un mouvement évangélique de 1850 à 2010, préface de Jean-Paul Willaime, Collection Cerf Patrimoines, Cerf, Paris, 2017, 648 pages. Christian Maillebouis, Vie et pensées d’un darbyste, A. Dentan : 1805-1873, Mazet-Saint-Voy, Société d’histoire de la montagne, 1991, 174 p. Christian Maillebouis, « Influences darbystes au Mazet-Saint-Voy, dans la deuxième moitié du », Cahiers de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay, 2003, p. 289-357.
Christian Maillebouis, « Sur l’implantation du “darbysme” en France au », Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français, vol. 159, 2013, p. 329‑364. Christian Maillebouis, « Le plateau du nord Mézenc, terre d’élection du darbysme français », Cahiers de la Haute-Loire, 2016, p. 211‑261. Christian Maillebouis, « Assemblées darbystes », dans Anne-Laure Zwilling (dir.), Les minorités religieuses en France, un état des lieux, Paris, CNRS, 2018, p. 964‑979.
Harold Hamlyn Rowdon, The origins of the Brethren, 1825–1850, Pickering and Inglis, Londres, 1967, 323 p. Alfred Kuen, L’audace de la foi : George Müller, Édition Emmaüs, Saint-Légier, 1982, 175 p. La série d’articles de Jean-Pierre Bory publiés par la revue Servir en l’attendant, à "Le monde attend derrière la porte", roman ado, Thierry Magnier, 2004, inspiré par la communauté des "Frères de Plymouth" N° 4, dits aussi "Frères exclusifs" ou "Purs" Histoire des protestants en France, Fayard, 2012
Articles connexes Églises traditionnellement pacifistes
Liens externes
Site officiel des CAEF, site des Communautés et assemblées évangéliques de France, le courant « ouvert » des Frères en France. Site des Assemblées de Frères, site des assemblées situées entre larges et exclusifs en Europe francophone. Éditions Bibles et Publications Chrétiennes, calendrier La Bonne Semence. Bibliquest, site présentant de nombreuses publications des Frères en ligne. Brethren Archive, site conservant de nombreux documents historiques des différents courants du mouvement des Assemblées de Frères. The Brethren Archivists and Historians Network, site sur l'histoire des Open Brethren.
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