Le SIG-510 est le fusil automatique d'ordonnance de l'Armée Suisse entre 1957 et 1989 sous la dénomination militaire "fusil d'assaut 7.5 mm 1957" abrégé "F. ass. 57", en allemand "7.5 mm Sturmgewehr 1957" abrégé "Stgw. 57". Il s'agit d'un fusil automatique conçu pour l'armée suisse par la SIG et fabriqué entre 1958 et 1985Raids (magazine), Hors-série 28, les fusils d'assaut, tome 2, Les fusils d'assaut suisses FASS 57 et SIG 510, par Charles Drouhin, 17.
Il remplace le mousqueton 31, le pistolet-mitrailleur modèle 43/44 et le fusil-mitrailleur modèle 1925, armes du fantassin utilisées jusque-là. Le F. ass. 57 a été remplacé graduellement par le F. ass. 90 plus connu sur le marché international comme le SIG-550 dès 1987.
Présentation Le F. ass. 57 est issu du prototype AM 55, projet dirigé par Rudolf Amsler, directeur technique de la SIG et lui-même inspiré du MG 42V/MG45. Il remporta la compétition face au prototype de la Waffenfabrik Bern, inspiré du FG-42 allemand des troupes aéroportées.
Le F. ass. 57 fonctionne avec un système de culasse masse à ouverture retardée. Ses garnitures sont en matière synthétique (plastique, et caoutchouc néoprène), et il possède un bipied repliable. Les variantes proposées à l'exportation font partie de la famille SG 510. Fut aussi lancé dès 1969/1970, sur le marché civil suisse le F. ass. PE 57 ne tirant qu'en semi-automatique.
Bien construit et solide, le F. ass. 57 souffrait principalement de son gabarit, poids et calibre plus proche du fusil mitrailleur de la Seconde Guerre mondiale que des véritables fusils d'assaut modernes chambrés pour une munition intermédiaire.
À la fin de leurs obligations militaires, l'arme d'ordonnance peut être conservée par les soldats et passe ainsi du statut « Armée » à « Privé », le marquage « P » est poinçonné sur l'arme. Pour les fusils d'assaut, la rampe de commande de la gâchette, gâchette automatique et la rampe de la came conductrice sont supprimées et l'arme reste en semi-automatique.
Histoire Le le Conseil fédéral soumet aux Chambres un budget comprenant, entre autres, trente-six millions de Francs suisses pour l'achat de ; deux armes sont présentées : le fusil de la Société industrielle et celui de la Fabrique fédérale d'armes.
La commission de défense nationale étudie ces deux projets mais c'est l'aspect financier qui détermine le choix. Le crédit d'acquisition est accepté par les Chambres le .
Les deux armes ont les mêmes qualités, mais l'arme de la Fabrique fédérale revient à suisses et celle de la SIG à suisses. La différence de prix vient de ce que la Fabrique fédérale d'armes propose une construction traditionnelle usinée alors que la SIG innove en utilisant des procédés et des matériaux moins coûteux. La grande majorité de l'arme peut être fabriqué à partir d'aciers ordinaires. Les procédés de soudage, étampage et brasage rendaient le prototype SIG beaucoup plus économique à fabriquer que celui de la W+F. Le prix de suisses atteindra en réalité suisses auxquels s'ajoutera le prix des différents accessoires comme les magasins pour le tir de grenades. Au total, le prix sera de suisses par arme.
Le , la SIG convoque les journalistes à Neuhausen am Rheinfall pour une démonstration de la nouvelle arme organisée par le Département militaire fédéral.
Dans son message à l'Assemblée fédérale du , le Conseil fédéral propose un nouveau crédit d'armement de de francs suisses destiné à doter du fusil toute l'élite de l'Infanterie et des troupes légères. Ce crédit est accepté par l'Assemblée fédérale le .
Le nouveau fusil doit aussi être accepté pour la pratique du sport national et les meilleurs tireurs du pays sont convoqués à Walenstadt le afin d'expérimenter comparativement trois armes : le mousqueton 1931, le mousqueton à lunette 1955 Zfk55 (sans la lunette) et le fusil d'assaut 57. Le programme comprend : le tir militaire obligatoire, le tir fédéral en campagne, le concours d'armées, le programme Mannerheim. Au total dans les trois positions. Les résultats seront en général ceux qui sont obtenus avec le mousqueton.
Cas d'engagement de l'arme Le F. ass. 57 peut être engagé des façons suivantes :
Tir avec cartouche : le fusil peut être utilisé avec la 7,5 × 55 mm GP11 jusqu'à ( avec la lunette de pointage diurne). Arme antichar : il peut être employé pour la lutte antichar jusqu'à . Mortier léger : il peut être utilisé comme mortier léger jusqu'à (soit toute la distance qui n'est pas protégée par les lance-mines du bataillon). Arme blanche : il peut être employé comme arme blanche avec la baïonnette.
Données techniques
Généralités Calibre : 7,5 × 55 mm (7,5 mm GP11) Tolérance : +0.050 Longueur du canon avec frein de bouche : Longueur de la partie rayée du canon : Longueur du pas des rayures : 270 mm à droite. (10,63') Nombre de rayures : 4 Vitesse initiale : . Pression max. des gaz : . Magasin : 24 cartouchesLes magasins de 30 coups du fusil mitrailleur modèle 1925 sont compatibles. à pile imbriquées, alimentation à deux positions (6 pour le magasin blanc) Longueur de l'arme sans la baïonnette : Longueur de l'arme avec la baïonnette : Longueur de la ligne de visée : Coût par unité : CHF . (CHF 4200.- de nos jours) Coût de fabrication : CHF . (CHF 2394.- de nos jours) Poids de l’arme Arme complète sans magasin : Magasin pour 24 cartouches, vide : Magasin, garni avec 24 cartouches : Sacoche avec 4 magasins (96 cartouches) : Magasin pour 6 cartouches propulsives, vide : Magasin garni avec 6 cartouches propulsives : Cadence de tir Tir coup par coup ajusté : jusqu'à 10 coups/min Tir coup par coup rapide : jusqu'à 60 coups/min Tir en séries (cadence technique) : 450-600 coups/min Grenades à fusil, tir à trajectoire courbe : jusqu'à 3 coups/min Grenades à fusil, tir à trajectoire tendu : jusqu'à 5 coups/min
Pour le tir en rafale, le bipied se place en position antérieure.
Le canon
Le canon en acier au chrome-nickel ECN-35 est forgé à froid en 3 minutes et demie par des marteaux d'une puissance de frappe de où il s'allonge de . Hämmerli Lenzburg, la Fabrique Fédérale de Berne, et la SIG participent tous à la production des canons.
Le frein de bouche et le poids de l'arme réduisent le recul ressenti par le tireur de 40 % par rapport au mousqueton 31. Le recul est de 10 Ns et 50 Ns avec la grenade à fusil 58 (avec charge propulsive additionnelle).
Afin d'assurer le glissement de l'étui dans la chambre à cartouche, la veine gazeuse agit sur la superficie de l'étui par l'intermédiaire des 8 rainures dans la chambre à cartouche (équilibre de pression).
À l'entrée de la chambre se trouve l'index de charge, cette pièce devient proéminente sur la boîte de culasse et indique au tireur la présence d'une cartouche chambrée.
La culasse La culasse fonctionne selon le principe de la culasse masse à ouverture retardée. Elle se compose de deux pièces mobiles principales : la tête de culasse et la came conductrice (porte-culasse/pièce de manœuvre) qui assure le verrouillage des galets. Sa longueur totale est de et elle a une masse de .
En position verrouillée, les galets de verrouillage sont poussés dans les contreforts par les coins de la came conductrice sous la pression du ressort de fermeture.
Au moment du départ du coup, l'étui exerce une force sur les galets et les coins de la came conductrice, cette dernière glisse en arrière, les galets sortent de leurs contreforts et la came conductrice tire la tête de culasse. Ce principe similaire au mécanisme de fusil automatique G3 est en quelque sorte un multiplicateur d'inertie.
Un épaulement est visible au niveau de l'entrée du côneDétail bien visible sur les cartouches de manipulation et les douilles éjectées de la chambre à cartouche. Il permet, en déformant légèrement l'étui, d'amortir et d'éviter le rebond de la tête de culasse. La tête du ressort de fermeture remplit la même fonction pour la came conductrice.
Le dispositif de détente La détente à bossette réglable est équipée d'une détente d'hiver. Ce levier s'abaisse pour permettre l'usage de l'arme avec des moufles ainsi que pour le tir de la grenade 58 à fusil.
Un sélecteur de tir permet soit le tir en coup par coup soit le tir en rafales.
Ce sélecteur peut être bloqué mécaniquement sur coup par coup (position obligatoire en dehors des périodes de service), par un l'arrêtoir du tir en rafale. L'arrêtoir du tir en rafale est une pièce métallique réversible avec une face blanche et une noire, elle indique en permanence et de manière visuelle la possibilité ou non d'utiliser le sélecteur de tir en automatique. La face blanche indique que le sélecteur de tir est limité au coup par coup.
La position de l'arrêtoir du tir en rafale ne peut être modifiée qu'en démontant le dispositif de détente.
Les organes de visée
Le dioptre (composé de 23 pièces) et le guidon sont rabattables.
Dispositif de visée Il permet de tirer de 100 à : entre 100 et 200 m par incrément de entre 200 et 300 m par incrément d'environ . entre 300 et 640 m par incrément de 20 m.
Correction en dérive Elle est de , soit environ : 2 cm à 100 mètres 4 cm à 200 mètres 6 cm à 300 mètres 8 cm à 400 mètres 10 cm à 500 mètres 12 cm à 600 mètres Tourner la vis dans le sens horaire = déplace le point d'impact à droite.
Tourner la vis dans le sens antihoraire = déplace le point d'impact à gauche.
Correction en hauteur (tambour) Elle est de soit environ : 3 cm à 100 mètres 5 cm à 200 mètres 8 cm à 300 mètres 11 cm à 400 mètres 13 cm à 500 mètres 16 cm à 600 mètres
Le fusil d'assaut peut être ajusté en tournant le disque d'ajustage. À cet effet, le tireur lève la tête du dioptre d'environ 2 mm et tourne le disque d'ajustage avec le poinçon du couteau. L'armurier dispose d'une clé spécifique pour cet ajustage.
Ajustage en hauteur (disque d'ajustage) Il est de soit environ : 2 cm à 100 mètres 4 cm à 200 mètres 6 cm à 300 mètres 8 cm à 400 mètres 10 cm à 500 mètres 12 cm à 600 mètres Tourner la vis dans le sens horaire = déplace le point d'impact vers le haut.
Tourner la vis dans le sens antihoraire = déplace le point d'impact vers le bas.
Après avoir tourné le disque d'ajustage, il convient de vérifier si la tête du dioptre s'est à nouveau encliquetée avec ses deux tenons dans les encoches du disque d'ajustage.
Les graduations de 1 à 6 correspondent aux distances de 100 à 600 m (point à viser = point d'impact). La graduation "3 rouge" est utilisée pour le tir en stand à 300 m sur cible d'ordonnance "Cible A combinée" (point à viser = rasé 6 heures) soit 30 cm plus bas que le point d'impact. Cette particularité se retrouve également sur le F. ass. 90.
Le tir de nuit est possible par l'ajout d'un dispositif de visée nocturne qui s'adapte au dioptre comprennent deux points photoluminescents, le troisième point sur le protège guidon est fixe.
Le dispositif de visée est réglé pour les tirs avec l'arme sur bipied en position médiane. Si l'on tire avec le bipied en position antérieur, les coups portent plus haut. Il faut donc mettre une hausse plus basse de deux encoches. Si l'on tire la baïonnette montée, les coups portent plus bas. Il faut donc mettre une hausse plus haute de deux encoches.
Accessoires Baïonnette, avec porte-baïonnette Trousse de nettoyage Sacoche en cuir pour un magasin (modèles d'infanterie et cavalerie) Housse pour cavalerie Sacoche en toile à voile et cuir pour dix magasins. (à l'échelon du groupe de combat) Deux blisters en matière plastique, rangés dans la poignée du pistolet. (Un sachet suffit pour un graissage de combat) Dispositif de visée de nuit, rangé dans la poignée du pistolet. Aide-chargeur (chargette) Sachet de pièces de rechange (armurier) contenant : Vis du garde-main. Goupille du levier de percussion. Levier de percussion. Ressort du percuteur. Percuteur. Goupille de la tête de culasse. Arrêtoir du tir en rafale. Axe de la boîte de détente. Vis tête cylindrique bombée pour la poignée de pistolet. Rondelle pour garde-main.