Inés Leonor Enríquez Frödden, née le à Concepción (Chili) et morte le à Santiago (Chili), est une avocate et femme politique chilienne. En 1950, elle devient la première femme de son pays nommée intendante d'une province puis en 1951 la première femme élue députée« Mujeres penquistas notables », nuestro.cl, mai 2007..
Biographie Famille et études Elle est la fille de Marco Antonio Enríquez Henríquez et Rosalba Frödden Lorenzen. Elle a quatre frères, Hugo Enríquez Frödden, médecin, directeur d'hôpital et fonctionnaire international, René Enríquez Frödden, ingénieur agronome, , avocat et sénateur, et , médecin, recteur de l'université de Concepción et ministre de l'Éducation de Salvador Allende. Par son frère Edgardo, elle est la tante de Miguel Enriquez et la grand-tante de Marco Enríquez-Ominami« Familia Ortiz », genealog.cl, 26 novembre 2004..
Elle fait ses études primaires et secondaires au collège de Concepción, puis intègre la faculté de droit de l'université de Concepción. Elle obtient son diplôme d'avocate le . En plus de l'exercice de sa profession, elle se consacre à l'enseignement, en tant que professeure d'économie politique à l'École de service social de l'université de Concepción, entre 1941 et 1951.
Elle épouse Jorge Sáez, avec qui elle a eu un fils, Jorge Guillermo, mort en 1977. Leur mariage fut annuléLidia Baltra, « Inés Enríquez Frödden », Señora presidenta: mujeres que gobiernan países, Mare Nostrum, 2006, p. 65-67..
Carrière politique Débuts et intendante de la province de Concepción Au cours de ses études universitaires, Inés Enríquez Frödden se lance en politique, rejoignant en 1935 le Parti radical. En son sein, elle préside le Centre féminin radical et les Femmes radicales. Elle est également membre du Conseil national des organisations féminines (Centro Femenino Radical y las Mujeres Radicales), vice-présidente de la (Federación Chilena de Instituciones Femeninas) de Concepción et à l'origine d'une maison pour femmes créée dans cette même ville. En 1954, avec et inspirée par Amanda Labarca, elle fonde l'Association chilienne des femmes universitaires.
Elle travaille pour la province de Concepción, d'abord comme juriste à partir de 1940. En 1949, elle devient intendante par intérim de la province et en intendante titulaire (équivalent de gouverneur), la première du paysFernando Campos Harriet, Historia de Concepción 1550-1970 (2 édition), Santiago du Chili, Editorial Universitaria, 1979-1980, p. 382.Felícitas Klimpel, « La mujer en el gobierno interior y exterior », La Mujer Chilena, Andrés Bello, 1962, p. 114., nommée par le président Gabriel González Videla. À l'instar de la ministre Adriana Olguín, elle fait partie des femmes politiques pionnières du Chili, accédant à des postes jusque là uniquement occupés par des hommes. Pendant environ six mois, Inés Enríquez Frödden est à la tête d'une région particulièrement troublée par les grèves des mineurs de charbonAlejandra Bluth, « Inés Enríquez Frodden 1913-1998 », BC Magazine, 2010..
Députée vignette|Inés Enríquez Frödden et Fidel Castro lors d'un séjour à Cuba (date inconnue). Le , elle se présente à l'élection législative partielle pour le siège vacant du député Ángel Muñoz García, décédé. Elle bat Esteban Bedoya () et Óscar Waiss (). Le , elle devient députée, la première femme du pays à remporter un siège au Congrès.
Aux élections législatives de 1957, elle est élue députée, cette fois pour le district départemental, correspondant aux communes de Valdivia, La Unión, Río Bueno et Panguipulli. Elle est réélue en 1961 et en 1965. Elle est membre des commissions de la Défense, du Travail, des Relations extérieures, des Routes et Travaux publics, du Budget et de la commission spéciale sur le vagabondage des enfants.
Au cours de sa carrière parlementaire, elle présente plusieurs projets de loi et motions liés au domaine social. En 1961, elle défend ainsi un projet de loi sur le divorce, qui n'est jamais voté. Elle légifère également en matière de travail, avec des projets sur la rémunération des ouvriers, les allocations familiales (loi du ), la création de la Commission de l'intégrité administrative, et des lois spéciales pour les salariés du privé (loi du ), des mineurs (loi du ) et des majeurs analphabètes. Elle fait enfin modifier le Code pénal et le Code du travail en faveur de la défense des droits des femmes et la protection de la maternité.
En 1969, peu avant l'élection présidentielle qui se tient l'année suivante, l'aile anticommuniste du Parti radical fait scission, pour former le parti . Inés Enríquez Frödden rejoint ce parti, occupant le poste de vice-présidente« Democracia Radical: declaración de principios y estatutos », Bibliothèque du Congrès national du Chili, 1970..
Notes et références
Notes
Références
Article connexe María de la Cruz, la première sénatrice du Chili
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