L'aïnou des Kouriles, ou aïnou des Chishima, ou encore aïnou kourilien voire tout simplement kourilien ou kourile (autonyme : аину курил), est un dialecte ou une langue aïnoue désormais éteint et anciennement parlé dans les îles Kouriles et au Sud de la péninsule du Kamtchatka. Il a pu y exister des communautés mixtes aïnou-itelmènes. Les Aïnous kouriliens vivaient principalement de la chasse et de la pêcheHammarström, Harald ; Forkel, Robert ; Haspelmath, Martin et al., Eds (2016). "Kuril Ainu" . Glottolog 2.7 . Iéna : Institut Max Planck pour la science de l'histoire humaine.
Histoire Les Aïnous se sont installés sur les îles Kouriles à la fin de la culture d'Okhotsk. Lors de l'annexion japonaise des Kouriles en 1875, 100 Aïnous environ vivaient sur le Kamtchatka. Le gouvernement japonais a par la suite forcé les kouriliens à s'installer sur l'île de Chikotan en 1884. Certains sont retournés sur leur île natale, mais ils n'ont pas eu l'autorisation de revenir au Japon. Le nombre d'Aïnous kouriliens a fortement diminué. Leur langue aurait disparu elle aussi à ce moment. Les Aïnous restants ont fui vers Hokkaïdo et se sont assimilés à la suite de l'annexion de l'archipel par l'URSSShinichi Foot, 2007, Enquête sur la vie de la marine japonaise Kuril Ainu à la fin de l'ère Meiji - Hokkaido Shimbun numéro du 9 juin 2015.
En 1962, Kyoko Murasaki a recueilli le témoignage de quatre Aïnous kouriliens. Parmi eux, deux avaient des parents locuteurs du kourilien, mais leurs enfants ne la parlaient pas, les deux autres ont déclaré être locuteurs de cette langue, mais la professeure n'a pas pu récolter beaucoup d'informations à propos de celle-ci. C'est pourquoi on en sait peu sur le kourilien. Elle déclare la disparition de la langue l'année suivanteKyoko Murasaki, 1963, .
Selon le recensement de Russie en 2010, il ne resterait plus que 109 Aïnous, parlant exclusivement le russehttp://www.gks.ru/free_doc/new_site/perepis2010/croc/Documents/Materials/pril3_dok2.xlsx[bare URL spreadsheet file].
Classification L'aïnou des Kouriles est une variété de l'aïnou. Il y a un désaccord sur le statut de langue ou de dialecte des parlers aïnous. Shibatani et Piłsudski considèrent ces variétés comme des langues, tandis que Vovin les considère comme des dialectesShibatani (1990:9)Piłsudski (1998:2)Refsing (1986). Les analyses de Hattori ont démontré qu'il y avait eu une première division entre le proto-aïnou de Sakhaline et le proto-aïnou d'Hokkaïdo et des KourilesHattori (1964). Cette classification a été reprise par VovinVovin 1993, ..
Si l'aïnou est considéré comme une seule langue, il s'agit d'un isolat. Au contraire, s'il s'agit d'un groupe de langues, c'est une des familles de langues du monde. Dans les deux cas, aucun lien de parenté avec d'autres langues ou famille de langues n'a été confirmé. Il a été proposé que l'aïnou soit une langue altaïque, mais ce regroupement est controverséCampbell, Lyle; Mixco, Mauricio J. (2007) .Nichols, Johanna (1992), .Dixon, R.M.W. (1997). .Pereltsvaig, Asya (2012). .. Une famille de langues macro-toungouses a été proposée (comprenant les langues toungouses, coréaniques, japoniques et aïnoues)J. Marshall Unger (1990). Une connexion avec les langues austroasiatiques a été proposée, mais cette hypothèse en est encore à ses débuts selon Vovin Shafer (1965). Des similitudes typologiques ont été relevées avec le quechuanTambovtsev, Yuri (2008). "The phono-typological distances between Ainu and the other world languages as a clue for closeness of languages" (PDF). Asian and African Studies. 17 (1): 40–62.. La théorie d'une relation avec l'indo-européen était anciennement populaire, désormais elle est obsolèteZgusta, Richard (10 July 2015). The Peoples of Northeast Asia through Time: Precolonial Ethnic and Cultural Processes along the Coast between Hokkaido and the Bering Strait. BRILL. .Refsing, Kirsten (ed.). "Origins of the Ainu language : the Ainu Indo-European controversy". 新潟大学OPAC. Retrieved 17 September 2019.. L'aïnou est parfois inclus dans l'ensemble paléo-sibérien, mais il ne s'agit que d'un regroupement géographique.
Données linguistiques La langue kourilienne est très peu décrite. On peut tout de même citer :
Les chroniques de Stepan Krasheninnikov (Kamtchatka, Poromsir) en 1738 Une liste de 1900 mots listés par Dybowskii de 1879 à 1882 sur l'île de Choumchou Une liste de 700 mots listés par Torii Ryuzo (1899) sur l'île de Chikotan
Certains chercheurs ont remarqué que les kouriliens utilisaient la base 10 au , puis utilisaient la base 20 au Kyoko Murasaki (2008), .
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
村崎恭子「千島アイヌ語絶滅の報告」『民族學研究』第27巻第4号、日本文化人類学会、1963年、 657-661頁、 doi:10.14890/minkennewseries.27.4_657、 NAID 110001835731。 村崎恭子「樺太アイヌ語の数詞について」『サハリンの言語世界 : 北大文学研究科公開シンポジウム報告書』平成20年9月6日. 札幌市、北海道大学大学院文学研究科、2009年3月、 71-84頁、 NAID 120006660461。 Shinichi Foot " À propos de la politique de conversion Ainu à Kita-Chishima - Se concentrant sur la politique de conversion Ainu à Shitanjima et la question du retour à Kita-Chishima (Série spéciale " État-nation et société multiculturelle " série Mondialisation et colonisation (Geographicalism)-(On Domestic Colonies) ( PDF ) "Ritsumeikan Language and Culture Research, Vol. 19, No. 1, Ritsumeikan University Institute for International Language and Culture, , ISSN 0915-7816 , NAID 40015702950 . Campbell, Lyle; Mixco, Mauricio J. (2007). A Glossary of Historical Linguistics. University of Utah Press. Nichols, Johanna (1992). Linguistic Diversity in Space and Time. Chicago: University of Chicago Press. . Dixon, R.M.W. (1997). The Rise and Fall of Languages. Cambridge: Cambridge University Press. . Pereltsvaig, Asya (2012). Languages of the World, An Introduction. Cambridge: Cambridge University Press. . Shafer, R. (1965). "Studies in Austroasian II". Studia Orientalia. 30 (5). Vovin, Alexander (1993). A Reconstruction of Proto-Ainu. Leiden: Brill. .
Articles connexes
linguistique liste de langues langues par famille langues altaïques langues paléo-sibériennes
Aïnous
Liens externes
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