Caroline Yadan, née le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), est une femme politique française.

Avocate de profession, elle s'engage en politique en . En , elle est élue suppléante de Stanislas Guerini aux élections législatives, à Paris, et le remplace à l'Assemblée nationale dès le suivant, après la nomination de celui-ci au gouvernement. Elle rejoint alors le groupe Renaissance.

Lors des élections législatives de , elle est élue députée dans la des Français de l'étranger (Israël, Italie, Turquie, etc.), battant Meyer Habib. En , elle prend ses distances en devenant apparentée, et non plus membre, de son groupe parlementaire, marquant sa désapprobation de la reconnaissance de l'État palestinien par Emmanuel Macron.

En 2024, elle est à l'origine d'une proposition de loi, dite loi Yadan, dont l'objectif affiché est de lutter contre l'antisémitisme, ses soutiens estimant que l'antisionisme est toujours une forme d'antisémitisme et qu'il doit être réprimé, tandis que ses opposants sont en désaccord avec cette équivalence et considèrent que son objectif est de sanctionner les critiques d'Israël et le soutien à la Palestine. Le texte est retiré de l'ordre du jour durant son examen.

Biographie Origines et vie privée Caroline Yadan naît le à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine. Elle est issue d'une famille juive française traditionnelle d'origine polonaise..

Elle est mère de trois enfants..

Débuts et engagements Elle est avocate en droit de la famille.

Avant de s'engager en politique, elle est responsable du pôle antisémitisme de la Licra..

Parcours politique

Se définissant comme une militante, elle indique elle-même s'être également engagée dans les comités locaux d'En marche ! dans le , avoir travaillé notamment avec Marlène Schiappa sur les sujets de la laïcité et du droit de la famille dont les violences faites aux femmes et ajoute qu'elle a été candidate aux élections municipales..

En , elle est candidate à Paris, lors des élections régionales de , sur la liste « Envie d'Île-de-France » conduite par Laurent Saint-Martin (LREM).. Placée en , elle n'est pas élue..

Lors des élections législatives de , elle est candidate suppléante de Stanislas Guerini dans la de Paris ( et ). Le député sortant est réélu avec 51 % des voix, ce qui lui permet également de rester au gouvernement. Caroline Yadan le remplace donc à l'Assemblée nationale.., Journal officiel de la République française, , , texte , NOR INPA2222002X, sur Légifrance. et rejoint le groupe Renaissance, Journal officiel de la République française, , , texte , NOR INPA2222003X, sur Légifrance..

Le , elle est nommée secrétaire du groupe d'amitié France-Israël..

Lors des élections législatives de ( et ), elle est candidate Ensemble pour la République dans la des Français établis hors de France. Elle dit avoir été choisie pour cette circonscription car lors de son précédent mandat, elle s'est illustrée en luttant contre l’antisémitisme et en contrant la délégitimisation de l’État d’Israël. Elle est élue au second tour avec 52,7 % des voix en battant le député sortant Les Républicains (soutenu par le Rassemblement national) Meyer Habib.., en bénéficiant d'un report des voix de gauche de la candidate Yaël Lerer.

Le , la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques rejette les comptes de Caroline Yadan, constatant qu'elle a , et saisit le Conseil constitutionnel afin qu'il déclare une éventuelle invalidation du scrutin. Les Sages confirment le manquement, dans une décision du , mais jugent que . Si elle ne peut bénéficier du remboursement de ses frais de campagne, elle conserve son mandat.

Activité parlementaire

Mission flash sur les dérives communautaristes et islamistes dans le sport Le , elle est nommée corapporteuse, avec le RN Julien Odoul, de la . Le , la mission rend son rapport. Dans ce dernier, sont notamment qualifiés de le , les , le , la , et , la certaines ou encore . En conclusion du rapport, Caroline Yadan et Julien Odoul proposent d'..

Le , Caroline Yadan, invitée dans l'émission After Foot sur la chaîne de télévision RMC Sport, présente le rapport de sa . Elle y pointe .. L'animateur note que les dérives liées à la religion musulmane seraient et que cela .. Pour Caroline Yadan, ces pratiques ne sont résiduelles et les aménagements pour la prière musulmane sont contraire aux règlements de la fédération de football, tandis que dans le cas des clubs juifs les comportements ne sont pas ostentatoires.. La députée rappelle son point de vue sur le port du voile musulman, qu'elle qualifie d', de et de ... Le journal L'Humanité qualifie la séquence de et de . et ce passage déclenche une indignation d'auditeurs qui appellent au boycott de l'émission, cause le départ d'un chroniqueur et une saisine de l'Arcom.. Aux critiques, Yadan déclare que .

Proposition de loi

Élaboration Le , Caroline Yadan dépose une , dite Loi Yadan. La proposition présentée comme est cosignée par plus de du camp gouvernemental, mais aussi quelques socialistes, dont l'ex-président François Hollande. Elle saisit le Conseil d'État, qui émet de nombreuses recommandations, intégrées dans une version largement réécrite. Elle affirme que son texte a pour but de répondre à une . A l'origine, le texte prévoyait la création d'un nouveau délit dans le Code Pénal « réprimant le fait de provoquer à la destruction ou à la négation d'un État ou de faire publiquement l'apologie de sa destruction ou de sa négation ».

« Sorti brusquement des limbes où il a végété plus d’un an » selon Mediapart, le texte est débattu en commission des lois le , et adopté de justesse, par contre 16 (le Parti socialiste s'étant abstenu), contre l'opposition d'une partie de la gauche et de La France insoumise (LFI).. Il doit être présenté en assemblée plénière entre le 16 et 18 avril 2026. Dans sa version adoptée, le texte prévoit la modification de la loi sur la liberté de la presse de 1881 en sanctionnant les individus qui appellent « publiquement, en méconnaissance du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et des buts et principes de la charte des Nations unies, à la destruction d'un Etat reconnu par la République française ».

Pétition et contestation de la proposition de loi Mi-février 2026, Alexandre Balasse, un ingénieur agronome qui travaille de manière bénévole en Cisjordanie occupée, lance sur la plateforme de l'Assemblée nationale une pétition en ligne s'opposant à la proposition de loi.. Le 4 avril, elle atteint les .. puis le 7, le seuil des à l'organisation non obligatoire d'un débat sans vote à l'Assemblée nationale...

Des avocats, des universitaires et des collectifs juifs indiquent leur opposition à cette proposition de loi, l'Union juive française pour la paix qualifiant le texte de .. De son côté, la Ligue des droits de l'homme juge la proposition de loi et lance une plateforme permettant de contacter les parlementaires pour les inciter à voter contre.. Cinq rapporteurs de l'Organisation des Nations Unies estiment que la proposition de loi « risque de banaliser les cas réels de haine antisémite ».

Suite au succès de la pétition, les députés du MoDem se disent « très réservés » vis-à-vis de cette proposition de loi et seraient prêts à appeler à son retrait. Les députés des groupes communistes, écologistes et insoumis voteront contre, La France insoumise considérant que le texte instaure une « essentialisation entre les juifs de France et l'Etat d'Israël » et « détourne la lutte contre l'antisémitisme pour réprimer les voix critiques de la politique du gouvernement de [Benyamin] Nétanyahou ». Porte-parole des écologistes à l'Assemblée, Léa Balage El Mariki estime que « cette proposition de loi est un outil dans la main de l'extrême droite pour faire taire des militants écologistes, humanistes ». Malgré leur abstention en commission, Olivier Faure a affirmé sur X que le groupe socialiste voterait « à la quasi-unanimité » contre.

Les députés Jérôme Guedj et François Hollande défendent le texte. Au total, ce sont sept des onze groupes parlementaires composant l'Assemblée nationale qui soutiennent la proposition de loi.

Retrait de la proposition de loi Le texte est examiné en séance publique le , mais peu avant son examen plusieurs députés et groupes parlementaires expriment des réserves alors que le groupe EPR se mobilise peu, exposant le texte à l'adoption d'une motion de rejet, ce qui conduit le groupe EPR à annoncer le retrait du texte.

Prises de position et controverses Soutien aux intérêts d'Israël Dès son arrivée à l'Assemblée nationale à l'été 2022, en sa qualité de députée suppléante, elle intègre un groupe de députés pro-israéliens. Selon Mediapart, ce groupe . Cette atmosphère crispe début 2023 plusieurs députés Renaissance, du même groupe, qui ne peuvent alors s'exprimer sur la politique israélienne sans être qualifiés d'antisémites. Parallèlement, Israël est dirigé par une coalition de droite et d'extrême droite, secouée par une crise politique et de grandes manifestations contre une proposée par le gouvernement de Benjamin Netanyahou. Celle-ci, qualifiée par la journaliste Anne Sinclair de risque de dérive , est suspendue face à la pression populaire.

À cette période, au sein du groupe d'amitié France-Israël dont elle est membre avec Aurore Bergé, les sujets d’actualité relatifs à Israël ne figurent pas à l'ordre du jour d'après Mediapart. Le 15 février 2023, le député Jérôme Guedj, vice-président socialiste du groupe, interpelle Aurore Bergé, alors présidente de l'instance en remarquant qu' et dénonce un , à quoi Caroline Yadan répond que .

En , au début de la guerre à Gaza, Caroline Yadan se situe dans la fraction du parti Renaissance qui proclame un soutien inconditionnel à l'État hébreu., faisant partie des ou encore des « principales courroies de l’influence israélienne » d'après Mediapart.. Ainsi le , alors que les experts des Nations unies ont évoqué , ayant été tués, dont au moins (selon le ministère de la Santé de Gaza), Caroline Yadan se rend en Israël par le biais de nombreuses invitations d'ELNET, un lobby pro-israélien qui œuvre au rapprochement entre l'Europe et l'État hébreu. Mediapart rapporte que les séjours types sont entièrement financés, de l'ordre de pour quatre jours, hôtel et trajet en avion compris et permettent la rencontre avec des intellectuels, des ambassadeurs ou des officiers de Tsahal, mais aussi des visites de la Knesset, du mémorial de Yad Vashem ou de bases militaires à la frontière palestinienne.

Le , elle fait part de sa contre le président de la République, Emmanuel Macron, qui, un an après le début de la guerre à Gaza, s'était prononcé en faveur d'un embargo sur les armes à destination d'Israël avec l'objectif de privilégier une solution politique.. Elle soutient l'envoi des armes ; à contre-rebours de la position du ministère des affaires étrangères ; en plein voyage avec ELNET le à Israël et accompagnée de Sylvain Maillard et Aurore Bergé pour les commémorations des attaques meurtrières du Hamas. Elle justifie sa position en déclarant qu'.. Selon le journal Libération, Caroline Yadan par ce propos défend , alors qu'elle est élue sous la bannière du parti du chef de l'État.. Le même quotidien rappelle que . Libération souligne qu'un député une fois élu .

Le , elle propose de faire de la reconnaissance de un préalable à l'acquisition de la nationalité française. Elle dit s'inspirer en cela de la nouvelle loi sur la ., entrée en vigueur le .