vignette|300px|Meymac vu du sud. Meymac-près-Bordeaux est une appellation toponymique créée au pour désigner l'origine des négociants corréziens en vin qui se sont lancés dans le commerce des vins de Bordeaux dans le nord de la France et en Belgique, notamment depuis Meymac, sa région et le plateau de Millevaches qui lui est contigu.

Par la suite, l'appellation « Meymac-près-Bordeaux » s'est étendue au patrimoine culturel et économique issu de cette activité, en particulier dans le vignoble de Bordeaux (Pomerol, Saint-Émilion, etc.), où nombre de ces négociants ont investi, devenant à leur tour exploitants.Cf. encadré Les Corréziens, in Pascal Ribéreau-Gayon, Les Vins de France, page 108 : . Toutefois,

Historique À l'origine : les courants migratoires de Corrèze vignette|gauche|Carte postale du plateau de Millevaches au début du , couvert de landes et de végétation rase. En haute Corrèze, le plateau de Millevaches vit, au , d'une économie de subsistance : culture du seigle, élevage de moutons, exploitation de quelques bois… Dans un contexte de maigres ressources et d'une densité humaine forte, migrer est, pour les hommes, un palliatif.

Le métier le plus pratiqué est celui de scieur de long. C'est ainsi que les Corréziens du Plateau se dirige vers la Gironde et la forêt landaiseC'est ce que décrit Pierre Bergounioux dans son livre Ce pas et le suivant (Gallimard, 1985).. À ceux-là s'ajoutent les colporteurs ou les marchands de toile ambulants dans l'Ouest de la France (Normandie, Bretagne, Sarthe).

vignette|La Dordogne à Argentat. vignette|Une gabarre à Argentat. En basse Corrèze, autour d'Argentat, La forêt mixte de feuillus, chênes et châtaigniers trouve ainsi des débouchés dans le bois de merrain, destiné à la tonnellerie, et revendu, après être passé par Souillac, Bergerac et Libourne, aux tonneliers girondins. Libourne et le Libournais furent l'un des premiers points de chute des Corréziens qui désiraient compléter le négoce par l'exploitation viticoleCf. « De Meymac-près-Bordeaux à Libourne, l'exposition d'une success-story viticole et humaine », Libourne, chapelle du Carmel, du 26 juin au 31 août 2025 ; présentation sur ecomusee-libournais.com.Voir sur leresistant.fr.Voir : « Un joli mensonge qui a profité à tous. La ville de Libourne sur les traces de Meymac près Bordeaux » et « De Corrèze en Gironde, Francois Hollande à Libourne pour célébrer l'aventure Meymac près Bordeaux » sur sudouest.fr.Voir sur lagranderadio.fr..

À la recherche du premier négociant L'idée du commerce des vins de Bordeaux à partir du canton de Meymac en reviendrait à Jean Gaye-BordasVoir sur tourismecorreze.com., né au hameau de Laval, commune de Davignac, en 1826Présentation du livre de Marcel Parinaud, Meymac-près-Bordeaux (2011), sur journal-ipns.org.... Même s' […]

En effet, toujours selon Marc Prival, Vendeur ambulant illettré, marchand de parapluies, de lampes à pétrole en cuivre et chiffonnier, Jean Gaye-Bordas remarque un jour, alors qu'il est à Bordeaux, qu’un greffier de Pauillac envoie du vin à un de ses frères à Lille.

Il voit alors l’opportunité de vendre du vin de Bordeaux sous l’étiquette « Meymac-près-Bordeaux » sur videoguidenouvelleaquitaine.fr. au cours de sa prospection commerciale au domicile des clients potentiels« L'émigration des “marchands de vin de Meymac” (Corrèze) » par Pierre Luès, Revue de géographie alpine, année 1936, 24-4, pp. 925-942.. Il prend les commandes, et revenu en Corrèze, fait expédier la marchandise puis attend le voyage suivant pour encaisser la livraison.

Le spectaculaire développement d'un commerce

À sa suite, de nombreux négociants-voyageurs de haute Corrèze partent à leur tour vendre du vin dans le nord de la France et en Belgique, donnant « Meymac-près-Bordeaux » comme adresse postale à leurs clients.

Ayant réussi à fidéliser une importante clientèle, quelques-uns achètent des propriétés viticoles dans le Bordelais et apportent à Meymac une prospérité nouvelle. Ceux qui ont fait fortune font construire à Meymac et aux alentours des maisons de ville, souvent entourées de parcs, appelées aujourd'hui « maisons de marchands de vin », voire « château » lorsqu'elles sont pourvues de tours ou de tourelles sur videoguidenouvelleaquitaine.fr..

Patrimoine local Patrimoine bâti vignette|Le « château des Moines-Larose » (au fond), avec ses tourelles, sur la place de l'église. Le « château des Moines-Larose » à Meymac En 1878, Jean Gaye-Bordas achète le terrain contigu à l'abbaye, et en face de l'église, et y fait construire une maison à tourelles de style néo-médiéval. Son rez-de-chaussée abrite le tiers-lieu entrepreneurial Au Beau MilLieu. Nombreuses maisons bourgeoises de marchands de vin corréziens construites fin , dans le bourg, sur la commune ou dans le canton. Lorsqu'elles sont agrémentées de tours ou de tourelles, elles sont localement dénommées « château ». Ces maisons de marchands de vin sont, pour un certain nombre, reconnaissables aux plaques qui identifient, sur le portail d'entrée, le premier propriétaire et constructeur de la maison.

Musée de Meymac-près-Bordeaux À Meymac, un ensemble muséal et d'expositions réparti sur deux sites retrace l'histoire de Meymac-près-Bordeaux. Au deuxième étage du pôle culturel Clau del país, sur la place de l'Église, se trouve l'espace muséal Meymac-près-BordeauxSite de l'association des Amis de Meymac-près-Bordeaux., où est présentée l'histoire des marchands de vins issus de la région. À proximité du monument aux morts de l'avenue Limousine, un écomusée, le chai des Moines-Larose, propose une reconstitution d'un chai de vignoble et du bureau d'un marchand de vin corrézien, et présente aussi d'anciennes machines viticoles.

Vignoble de Meymac À l'instigation de la municipalité, des vignes ont été plantés sur deux terrains appartenant à la ville de Meymac, au lieu-dit Les Buiges. La parcelle la plus récente, avec cent-cinquante pieds d’un cépage ancien (Estellat ou Baco 30-12), adapté au terroir corrézien, constitue le Clos du Château des Moines-Larose, du nom de la demeure construite par Jean Gaye-Bordas dans le centre du bourg« Les vendanges à Meymac-près-Bordeaux » sur lamontagne.fr.. Le vin, produit en toute petite quantité, est issu de vendanges tardives et il est élaboré comme un vin antiqueMillevaches, mai 2018, journal du parc naturel régional de Millevaches en Limousin, page 12..

Même si la présence de vignoble en haute Corrèze n'a jamais été attestée, sauf de rares exceptions locales et très limitées, l'objectif est de créer une activité conviviale dans l'esprit de ce qui existe, par exemple, depuis des décennies, avec le vignoble de Montmartre.

Postérité Châteaux du Bordelais appartenant à des familles de « Meymac-près-Bordeaux » Château Bélair-Monange (et l'ancien Château Magdelaine), repris en 2008 par les . En hommage à Madame Jean Moueix (mère de Jean-Pierre Moueix), née Adèle Monange, première femme de la famille arrivée de Corrèze à Saint-Émilion, le cru est renommé Château Bélair-Monange à partir du millésime 2008. Château Bonalgue, repris en 1926 par Achille Bourotte. Château Cantenac, acheté en 1937 par Albert et Emilie Brunot. Albert Brunot suit les traces de son père, Jean-Baptiste Brunot, négociant en vin originaire du hameau de Laval à Davignac et qui achètera, en 1922, le château l’Hermitage de Mazerat à Saint-Émilion. Château Climens, dans lequel une famille apparentée à d'anciens négociants meymacois prend, en 2022, une participation majoritaire« Château Climens cède la majorité à la famille Moitry » sur avis-vin.lefigaro.fr.. Château Ducru-Beaucaillou, acheté en 1941 par Francis Borie, issu d'une famille de Meymac. Château Les Hauts-Conseillants dont la famille Figeac-Bourotte est propriétaire depuis 1973. Château Saint-Georges (Côte Pavie), appartenant à la famille issue de Jules Charoulet, natif d’Argentat. Négociant en vin depuis 1857, au lendemain de la guerre de 1870, il s’établit à Saint-Émilion où il acquiert différentes propriétés. Clos du Clocher, appartenant à la famille Bourotte-Audy depuis 1924. Petrus, domaine de pomerol auquel s'est associé en 1947 Jean-Pierre Moueix.

Quelques familles liées à « Meymac-près-Bordeaux » Famille Moueix de Liginiac, qui exploite notamment Petrus. Famille Pécresse de Davignac, Combressol et Meymac.

Communes de la Corrèze rattachées à « Meymac-près-Bordeaux » vignette|redresse|Trois cours d'eau, symbolisés sur le blason de la ville, traversent la commune de Meymac, la Vézère, la Luzège et la Triouzoune, avant de se jeter dans la Dordogne, plus au sud. Outre Meymac, considéré comme la commune de départ des négociants corréziens des vins de Bordeaux, les communes suivantes sont rattachées à l'appellation. Autour de MeymacNotamment l'ancien canton de Meymac.

Haute-Corrèze

Basse-Corrèze

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie . . . .

Romans, bande dessinée

. . .

Exposition temporaire « De Meymac-près-Bordeaux à Libourne, l'exposition d'une success-story viticole et humaine », chapelle du Carmel, du au ; présentation sur ecomusee-libournais.com.

Vidéos sur patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr. sur patrimoine-nouvelle-aquitaine.fr.

Articles connexes Négociant en vin Vignoble de Bordeaux

Liens externes Site de l'association des Amis de Meymac-près-Bordeaux Site de l'Ecomusée du Libournais, dédié au patrimoine, à la culture du vin et aux Corréziens de Libourne Site de la ville de Meymac.

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