Jules Marie Gustave Prat (1823-1895) est l'un des premiers traducteurs de Spinoza en français. Philosophe, écrivain, romancier, dramaturge ; républicain socialiste lié aux milieux anarchistes, il est mort à Paris dans l'oubli, jusqu'à sa redécouverte au début du .
Biographie
Jeunesse et formation Jules Marie Gustave Prat, fils naturel reconnu d'un fonctionnaire aux Contributions Indirectes, est né à Paris le à Paris. II fait ses études secondaires au Collège Royal de Reims où il obtient son baccalauréat. Il poursuit des études de droit à Paris. Titulaire d'une licence de droit, il prête serment d'avocat à la Cour d'Appel de Paris en 1849, mais n'exerce pas. Conseiller de préfecture à Digne en 1853, il démissionne à la mort de son père, la même année, pour voyager et soigner des bronchites, notamment à Bagni di Lucca en Italie.
Carrière Il est chef de cabinet d'Adolphe Alphand, directeur de la Voie publique et des Promenades de la Ville de Paris de 1861 à 1886.
D'abord séduit par Charles Fourier, il est membre actionnaire de la Colonie de Condé sur Vesgre.
Il découvre Baruch Spinoza dans les années 1850 et entreprend la traduction en français de toute son œuvre. Il est le premier à traduire le Traité Politique en 1860, ainsi que l'Appendice de la partie de l'Éthique, sous le titre : « De la droite manière de vivre ». Sont publiées en 1880 et 1883 les 2 premières parties de l'Éthique. Hachette ne veut pas éditer la suite, car l'affaire ne lui semble pas rentable (lettre d'A. Templier inédite).
Dans les différentes préfaces, Jules Gustave Prat se montre un adepte particulièrement fidèle et militant de la philosophie de Spinoza, notamment pour ses implications politiques, en insistant sur la nécessité d'une religion dans l'État, manifestant un anticléricalisme virulent. En conséquence, il dénonce l'autre traducteur de l'époque, Émile Saisset, le traitant de littérateur et de publiciste.
Outre la philosophie, il publie des textes politiques, professant ainsi ses idées républicaines socialistes, discutées avec ses amis anarchistes, en particulier la famille Reclus, Elie, Elisée, Pauline Kergomard et autres. Des textes ou articles de journaux sont parfois signés: Boccavera ou Jacques Ultor.
Il est aussi historien : Les crimes du 2 décembre , romancier : Voyages d'Almanarre, et dramaturge. Diverses comédies ne sont pas publiées.
Tous ces travaux ne rencontrent que peu de succès et Jules Gustave Prat meurt dans l'oubli, après avoir essayé, en justice, de faire valoir son travail de "nègre" pour le beau livre d'Adolphe Alphand : Les Promenades de Paris.
Il a fallu attendre le début du pour qu'il soit découvert et même redécouvert par la réédition de ses traductions et, surtout, la publication complète de celle de l'Éthique qui dormait au fond des placards avec des manuscrits et une riche correspondance qui parait paradoxale compte tenu de la discrétion apparente et l'effacement de ce grand travailleur.
Œuvres Traductions
Œuvres philosophiques et politiques
Œuvres littéraires Romans
Drames
Notes et références
Liens externes
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