La NVA, Nationale Volksarmee, traduit par , fut de 1956 à 1990 l'armée de la République démocratique allemande (RDA, ou Allemagne de l'Est).
Histoire La fondation de la NVA le , après celle de la Bundeswehr (armée de la République fédérale d'Allemagne), fut le point d'orgue d'un développement commencé en 1952 avec la proclamation des « forces armées nationales », et au cours duquel la construction de la et des structures fondamentales d'une organisation militaire furent développées. Cette construction s'accomplit dans le cadre du pacte de Varsovie (1955) et sous l'influence de l'Union soviétique. Après l'instauration du service militaire obligatoire, l'effectif de la NVA s'éleva à environ .
Le SED (Parti communiste) s'était ménagé, au moyen de l'administration politique supérieure et de la structure spécialisée des organisations du Parti, un rôle politique majeur dans l'armée. Les officiers et aspirants étaient, sauf rares exceptions, membres du Parti, et on visait à avoir un pourcentage élevé de membres du Parti parmi les sous-officiers. Le Parti contrôlait des forces paramilitaires tels les « groupes de combat de la classe ouvrière » (Kampfgruppen der Arbeiterklasse).
vignette|redresse=1.1|Le , le mur de Berlin est construit. Cette photo montre des hommes des « groupes de combat de la classe ouvrière » (Kampfgruppen der Arbeiterklasse), organisation paramilitaire est-allemande, sur le côté ouest de la porte de Brandebourg qui se tiennent exactement sur la ligne de démarcation.
Selon le Parti, la NVA était en RDA « l'instrument de pouvoir de la classe des travailleurs », pour la protection et la sécurisation des « conquêtes socialistes » devant les attaques de l'extérieur. L'armée populaire servait à la défense de la RDA et des autres pays socialistes liées à elle dans le cadre du Pacte de Varsovie contre d'éventuelles agressions impérialistes. Beaucoup de membres de l'armée étaient honnêtement persuadés de servir leur pays par leur service, et de contribuer par là à la paix mondiale.
vignette|redresse=1.1|Le casque caractéristique de la NVA de la RDA est en fait repris d'un projet de remplacement du Stahlhelm M1935 élaboré à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
La NVA n'a participé à aucune guerre. Des détachements de la NVA ont été prévus en 1968 en vue de l'écrasement du printemps de Prague, mais la NVA n'a pas été immédiatement préparée à une invasion de la Tchécoslovaquie. Il y a eu des plans de faire entrer la de blindés et la de chasseurs motorisés en Tchécoslovaquie. En raison des effets ravageurs que l'on aurait pu attendre sur le plan diplomatique d'une telle mesure, au sein et hors du pacte de Varsovie (cela aurait été la première opération à l'étranger de troupes allemandes depuis la Seconde Guerre mondiale), ces divisions ne furent pas engagées normalement. Elles fournirent une aide logistique pour l'invasion, et restèrent tout près de la frontière, prêtes à intervenir au cas où une révolte populaire échapperait au contrôle des Soviétiques.
Divers officiers de liaison, soldats des transmissions de la NVA, et autres officiers du Ministère de la Sécurité d'État (Stasi) étaient sur place en Tchécoslovaquie sous couverture ou pour assurer les liaisons.
À l’automne 1981, la NVA prit position à la frontière polonaise, afin de pouvoir éventuellement mater un mouvement syndical. Mais l'ordre d'invasion ne fut finalement pas donné.
À plusieurs occasions, la NVA se trouva en état d'alerte renforcée pour une période assez longue, comme en 1961 pendant la construction du mur de Berlin, en 1962, pendant la crise de Cuba, en 1968 pendant l'entrée des troupes soviétiques en Tchécoslovaquie, et pour la dernière fois, à l’automne 1989. Des conseillers est allemands furent parfois envoyé discrètement sur différents théâtre d'opérations, notamment lors de guerres africaines.
En 1990, la NVA fut dissoute et ses bases, installations et armements dévolus à la Bundeswehr. La plupart des bases furent fermées, les armements en partie vendus à d'autres États (par exemple, des blindés à la Turquie, des unités de la marine à l'Indonésie). Une grande partie des sous-officiers et presque tous les officiers furent mis à la retraite, et, en plus, ceux qui furent pris dans la Bundeswehr le furent en règle générale au grade d'adjudant-chef, ce qui représentait pour les officiers une rétrogradation au grade de sous-officier. En tout ne furent pris que des qui restaient.
En général, jusqu'au (??), le temps de service effectué dans la NVA fut validé en tant que « services dans les armées étrangères ». À présent, la terminologie est « services hors de la Bundeswehr ». Il est interdit aux anciens membres de la NVA de se prévaloir dans la Bundeswehr de leur dernier grade avec la mention (« e.R. » - "en réserve"), pratique considérée par divers groupes comme discriminatoire. vignette|redresse=1.1|Une serviette de bain de la Nationale Volksarmee (NVA).
Organisation et matériels Forces terrestres de la République Démocratique Allemande
Effectif : dont (en 1983).
Forces (en 1983) : deux divisions blindées ( et Heinz Hoffmann ), quatre divisions d’infanterie motorisées, deux brigades de missiles sol-sol équipés de Scud, deux régiments d’artillerie, deux régiments d’artillerie anti-aérienne, deux régiments de défense anti-aériennes équipés de missiles sol-air, trois régiments de transmissions, trois régiments de génie, un régiment de construction de chemin de fer, deux bataillons antichars, un régiment aéroporté.
Liste succincte des matériels utilisés par la Nationale Volksarmee de 1956 à 1990 Site internet www.rwd-mb3.de spécialisé dans l'ex-armée de RDA. :
Blindés : T-54, T-55, T-72, BMP-1, BRDM-2, BTR-50, BTR-60, BTR-70.
Artillerie : canon M-46, obusier ML-20, mortier , canons antichars de BS-3 M1944 et de B-11, canon automoteur 2S3 Akatsiya, LRM RM-70, missiles sol-sol 9K52 Luna-M et Scud-B. Défense antiaérienne : ZPU-4, ZSU-23-4, S-200.
Armes individuelles : pistolet Tokarev TT 33, fusil SVD Dragounov, lance-roquettes RPG-5Il semble que la NVA n'a pas été doté du RPG-7, et qu'elle ne fut pas souvent armée des meilleurs matériels rencontrés chez les soviétiques..
À la fin des années 1980, elle perçoit secrètement, avec les armées tchécoslovaques et bulgares, des missiles balistiques OTR-23 Oka - 120 au total pour ces trois pays ...
Forces aériennes de la république démocratique allemande en 1983
Effectif : dont deux bataillons de parachutistes et , de combat.
Types d’appareil : dix-huit escadrons de chasse dotés de trois cents MiG-21 F et MiG-23. Quatre escadrons de chasseurs d’attaque au sol dotés de trente-cinq MiG-17 et douze MiG-23 (MiG-23BN ?). Un escadron de reconnaissance avec douze MiG-21. Un régiment de transport avec vingt Il-14, quinze Tu-134, des An-2 et An-14. Six escadrons d’hélicoptères dotés de soixante Mi-2 et Mi-4, quantante-cinq Mi-8 et trente Mi-24.
Unités d’entraînement : une cinquantaine d’appareils de types Yak-11, L-39, Zlin 226 et MiG-15UTI.
Défense antiaérienne : trente sites de lancement groupant deux cents rampes de missiles Guideline et Goa.
Réserves : .
Marine de la république démocratique allemande en 1983
Effectifs : dont .
Flotte de combat : deux frégates à vocation anti-sous-marine de classe Koni, huit corvettes ASM de classe Parchim, six corvettes ASM de classe , quinze patrouilleurs lance-missiles Osa 1, quarante-neuf vedettes lance-torpilles, quarante-six dragueurs de mines.
Flotte amphibie : douze grands bâtiments de débarquement de chars de combat.
Aéronautique navale : huit hélicoptères Mi-14, vingt et un Mi-8
Réserves : .
Utilisation du matériel de la NVA après 1991
En ce qui concerne la formation et l'équipement, la NVA était considérée comme l'une des plus puissantes du pacte de Varsovie. Elle disposait d'un grand nombre de systèmes d'armes, la plupart d'origine soviétique. Une petite partie d'entre eux fut rendue à l'Union soviétique en 1990.
Mais il restait des stocks gigantesques, en armement et équipement. Il fallut se débarrasser de quantités de pièces détachées, de matériel sanitaire, d'armements NBC, d'appareils d'exercice et de simulateurs, de systèmes de guidage et d'exploration, d'appareils de transmission ou du génie, d'engins de construction, d'habillement, d'équipement individuel, et de tout ce qu'il fallait pour une mobilisation.
Après la réunification allemande, il fallut tout d'abord faire exécuter un inventaire précis, et entreposer en sûreté les armes et matériels par d'anciens membres de la NVA. Pour cela, on fonda la société fédérale « Service de dépôt du matériel » (MDSG) pour la surveillance et l'entreposage du matériel. La MDSG occupait , qui furent pour la plupart intégrés à la Bundeswehr. En 1994, cette société fut privatisée. Dans la mesure où ce matériel ne fut pas livré à titre gratuit aux autorités des nouveaux États fédéraux, à d'autres autorités, à des musées, à des pays amis, ou à titre humanitaire à des pays tiers, ou vendu par l'Administration des Domaines, il a été détruit.
Citons : (avions et hélicoptères), , de combat, sur roues, d'artillerie, individuelles, de munitions, de carburants et solvants.
Au début des , la vente de blindés légers armés (version locale du BTR-60) à la Turquie fit les manchettes de la presse, bien qu'accompagnée de la clause que celles-ci ne seraient pas utilisées dans des conflits internes, par exemple contre les Kurdes.
Mais la traçabilité des matériels de l'ex-NVA ne fut pas toujours assurée. Une partie des versions est-allemandes des SKS, AKM, AK-74 ou PKM furent offerte aux Croates et firent feu durant les guerres de Yougoslavie. C'est ainsi qu'on vit à la télévision, pendant le conflit du Kosovo, des combattants de l'UCK habillés d'uniformes de campagne de la NVA.
Recrutement
La loi générale du service militaire du prévoyait un service militaire de base de dix-huit mois. Presque tous les hommes de furent conscrits, et les hommes n'ayant pas servi jusqu'à cette date pouvaient être conscrits jusqu'à . D'autres possibilités étaient d'accomplir son service dans les troupes frontalières, dans les unités encasernées de la police populaire (police d'intervention) ou dans le régiment de garde du ministère de la Sûreté d'État.
Un substitut civil au service militaire n'était cependant pas possible. Mais, principalement sous la pression des Églises, il fut créé en 1964 des « unités de construction » au sein de la NVA, où l'on pouvait effectuer son service comme « soldat constructeur » non armé.
Des carrières plus longues étaient offertes comme « sous-officier engagé » (durée normale de trois ans), « sous-officier de carrière » (dix ans), aspirant (quinze ans), « officier engagé » (trois, puis quatre ans), « officier de carrière » (vingt-cinq ans).
Dans les unités navigantes de la Marine, le temps pour les matelots était de trois ans et pour les officiers-mariniers de 4. Pour les unités de parachutistes, elle était de trois ans. En règle générale, c'étaient des soldats ou sous-officiers engagés.
Les femmes volontaires pouvaient avoir des carrières dans la plupart des voies comme sous-officier engagé, sous-officier de carrière, aspirant, et même à partir de 1984 comme officier de carrière, dans la mesure où c'était compatible avec leurs capacités physiques. De façon générale, elles étaient plutôt orientées vers les services de santé ou de l'arrière. Le plus haut grade atteint par une femme fut colonel.
Structure
Le ministère de la Défense nationale commandait directement les commandements des forces armées de terre, de l'air et de mer, ainsi que des troupes frontalières.
La NVA était toujours étroitement engrenée avec les troupes du groupe des troupes soviétiques en Allemagne (GSSD), nommé en « groupe ouest des troupes » (WGT). Dans les , celles-ci comprenaient environ , de combat, de tir blindées, de combat et de combat.