Le Front de libération nationale de l'Ouganda (en anglais : Uganda National Liberation Front ; UNLF) est un groupe politique formé par des exilés ougandais opposés au régime autoritaire d'Idi Amin Dada, actif entre 1979 et 1986. Il est appuyé par une branche militaire, l'Armée de libération nationale de l'Ouganda (en anglais : Uganda National Liberation Army ; UNLA). L'UNLA combat aux côtés des forces tanzaniennes lors de la guerre ougando-tanzanienne qui conduit au renversement du régime d'Idi Amin Dada. Le groupe gouverne l'Ouganda du renversement d'Amin Dada en jusqu'aux élections générales contestées de décembre 1980. Quant à elle, l'UNLA constitue les forces armées officielles de l'Ouganda entre 1979 et 1986.
Création L'UNLF est formé à l'issue d'une réunion d'exilés ougandais tenue du 24 au à Moshi, au nord de la Tanzanie. Lors de la réunion, connue sous le nom de « Conférence de Moshi », un total de 28 groupes sont représentés. Les groupes les plus importants qui se sont unis pour former l'UNLA comprenaient le Kikosi Maalum dirigé par Milton Obote (avec Tito Okello et David Oyite Ojok comme commandants), le dirigé par Yoweri Museveni et le . Groupe Dirigeant(s) Base(s) Faction d'Obote (Congrès du peuple ougandais, Kikosi Maalum) Milton Obote Tanzanie, Kenya, Zambie, Royaume-Uni Front du salut national Yoweri Museveni Tanzanie Mouvement Sauver l'Ouganda Akena p'Ojok, William Omaria, Ateker Ejalu Tanzanie, Ouganda Groupe de libération de l'Ouganda (Z) Emmanuel Oteng, Milton Obote (de facto) Zambie Mouvement national ougandais John Barigye, prince héritier d'Ankole Zambie Groupe ougandais des droits de l'homme George Kanyeihamba Royaume-Uni Groupe d'action ougandais Paulo Muwanga Royaume-Uni Front populaire de libération de l'Ouganda Jean Odongkara États-Unis Union ougandaise pour la liberté Godfrey Binaisa (?) États-Unis Relief Education Training Uganda Refugees Now Festo Kivengere États-Unis Unité nationale et réconciliation en Ouganda Éric Otema Alimadi Tanzanie Société ougandaise Yusuf Lule, Martin Aliker Kenya Groupe de discussion sur l'Ouganda Tarsis Kabwegyere (?) Kenya Organisation nationaliste ougandaise Robert Sérumaga Kenya Mouvement de libération de l'Ouganda Dani Wadada Nabudère (?) Kenya Comité consultatif de Nairobi Tarsis Kabwegyere, D.W. Nabudere Kenya Comité de négociation pour l'unité démocratique Dani Wadada Nabudere (?) Tanzanie Groupe de discussion Moshi ? Tanzanie Comité ad hoc pour la promotion de l'unité Yash Tandon, Mahmoud Mamdani (?) Tanzanie Groupe de discussion Muthaiga M. Aliker (?) Kenya
Gouvernance L'UNLF est dirigé par un conseil exécutif de 11 membres présidé à l'origine par Yusufu Lule, qui est secondé par Akena P'Ojok, agissant à ce moment comme vice-président du conseil. À ces deux personnes, en raison de leurs fonctions respectives, échoient les postes de président de l'Ouganda et de vice-président de l'Ouganda. L'UNLF était soutenu par un Conseil consultatif national (en anglais : National Consultative Council ; NCC) composé d'un membre pour chacun des 28 groupes représentés au sein du groupe. Son bras militaire, l'UNLA, combattant aux côtés des Forces de défense du peuple tanzanien (TPDF) dans la guerre ougando-tanzanienne et envahissant l'Ouganda, prend Kampala en et envoie Amin Dada en exil. Afin d'assurer la pérennité de ses activités, des membres de l'UNLF sont présents à travers le pays et dans les régions pour coordonner les activités du parti.
Renversement d'Idi Amin Dada À la suite du renversement d'Amin Dada le , un nouveau gouvernement de l'UNLF est formé sous la direction d'Yusufu Lule, l'UNLA devenant par le fait même la nouvelle armée nationale. La direction de l'UNLF est toutefois instable, avec des luttes intestines menant à l'éviction de Lule en . Son remplaçant, Godfrey Binaisa, règne pendant moins de douze mois avant d'être assigné à résidence en à la suite d'un coup d'État fructueux mené par Paulo Muwanga. Une Commission présidentielle est subséquemment instaurée avec des élections prévues pour . Les exilés ayant formé l'UNLF n'étaient unis que par une chose : l'opposition à Amin Dada. Ils mettent donc de côté leurs différences politiques et l'UNLF ne conteste pas la tenue de ces élections.
Prise de pouvoir par Yoweri Museveni À la suite d'une victoire largement contestée du Congrès du peuple ougandais (UPC) dirigé par l'ancien président Milton Obote, de nombreux membres fondateurs de l'UNLF viennent à vouloir se battre contre l'UNLA désormais contrôlée par l'UPC. Dans un contexte de conflit tribal entre les peuples Acholi et Langi et de forte instabilité du gouvernement, le lieutenant-général de l'UNLA, Bazilio Olara Okello, et le général Tito Okello, tous deux d'ethnie Langi, mettent en œuvre un coup d'État le qui permet de chasser Obote, d'ethnie Acholi, du pouvoir. Le premier occupe la présidence de facto durant deux jours avant de transférer le pouvoir au général Okello. L'UNLA est finalement vaincue le par la guérilla de l'Armée de résistance nationale (NRA) dirigée par Yoweri Museveni, ancien membre du conseil exécutif de l'UNLF et ministre dans le gouvernement dirigé par l'UNLF.
Références
Annexes Bibliographie
Liens externes
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