L'Asturcón est une race de poneys rustiques originaire des Asturies, qui mesure environ . Les Romains décrivent et apprécient ce petit cheval, grâce à son allure particulière, nommée l'amble. L'Asturcón connaît une grande popularité dans le monde romain. Il est également prisé comme cheval d'équitation pour les dames au Moyen Âge grâce à son amble, ce qui lui vaut d'être largement exporté. Avec le temps, il se fait oublier et la mention de son amble disparaît. Il devient un cheval de travail qui se raréfie au , avec la motorisation de l'agriculture et la guerre civile espagnole.
Dans les années 1970 et 1980, sa situation devenue critique attire l'attention d'éleveurs qui se mobilisent pour le sauver, en créant notamment une réserve dans la Sierra del Sueve. Ce poney de robe noire ou baie vit toujours traditionnellement en semi-liberté sur des hauteurs de 800 à . Désormais employé comme monture d'équitation pour les enfants, l'Asturcón est protégé dans les réserves naturelles des Asturies, et représente un symbole de la culture asturienne. La (Fête de l'Asturcón), reconnue d'intérêt touristique régional, attire chaque année. La race reste néanmoins à faible effectif, avec recensés en 2012.
Histoire vignette|gauche|Poney Asturcón de robe noire.|alt=Poney noir à l'arrêt de profil dans un paysage de montagne. L'origine du nom « Asturcón » est controversée. Pour certains historiens, il provient de l'époque romaine. D'autres lui attribuent une origine celtique, puisque les Celtes utilisaient assurément ces petits chevaux avant la colonisation romaine, mais ils n'ont pas laissé d'écrits. Hormis sous l'Empire romain, il existe peu de mentions historiques de ces poneys. La race Asturcón est néanmoins soupçonnée d'avoir joué un grand rôle dans la formation du Genet d'Espagne, une monture très prisée dans l'Espagne médiévale pour son amble. Elle a probablement été exportée en Angleterre, en Irlande et dans d'autres contrées, d'où elle aurait influencé nombre d'autres races de chevaux. Symbole de richesse durant l'Antiquité, l'Asturcón a peu à peu perdu ce statut..
Origine L'Asturcón appartient au groupe des chevaux espagnols d'origine celtique. Cité par .. Plusieurs études le rattachent au tronc des races dites Cantabriques-pyrénéennes ()., tant morphologiquement que génétiquement, ce qui l'apparente au Garrano, à la Jaca Navarra, au Losino, au Mérens et au Pottok.. Cité par .. Une étude génétique montre clairement le regroupement de trois races espagnoles d'origine celtique provenant de l'Atlantique : la Jaca Navarra, le poney galicien et le Pottok. L'Asturcón y est moins apparenté, ainsi qu'au reste des races espagnoles.. Il est l'un des plus vieux représentants des populations équines de la péninsule ibérique, cité par ..
Pour M. A. García Dory, ancien président d'une association de protection de la race, les poneys Asturcóns ont été introduits à la suite des migrations des peuples celtes, qui ont apporté leurs montures. Anton Alvarez, actuel président de l'association officielle de la race, suppose que l'Asturcón descend du « pousoki », un poney de la mer Caspienne provenant des montagnes de l'Elbrouz au nord de l'Iran. Le chercheur Javier Fernandez estime toutefois que la race est autochtone, et descend directement des chevaux du Pléistocène tels qu'ils sont représentés dans les grottes préhistoriques des Asturies. Selon l'étude de l'université de l'Oklahoma et le vulgarisateur anglais Elwyn Hartley Edwards, l'Asturcón a peut-être été croisé avec deux races portugaises primitives, le Sorraia et le Garrano., et pourrait descendre directement du poney celte. Cette théorie s'appuie sur le fait que le poney celte, introduit en Islande, y aurait donné le cheval islandais, lui-même réputé pour son amble. Des croisements avec le poney galicien sont attestés, mais cette forme de la race est désormais éteinte. Elwyn Hartley Edwards évoque aussi une parenté entre l'Asturcón et le Bardigiano, une race de poney italienne, supposant que ces races ont été introduites par les peuples Celtes. : les deux races ont un profil de tête concave..
Dans l'Antiquité et au Moyen Âge L'existence de petits chevaux dans le nord-ouest de l'actuelle Espagne est documentée depuis l'Antiquité, ces descriptions se rapprochent beaucoup de l'Asturcón actuel. Cité par .. Le poète latin Cayo Silio Italico parle d'un cheval de taille moyenne, portant une étoile blanche sur le front, rapide et fougueux.. Les Romains appellent ces chevaux « », « » ou « », et louent leurs qualités. Pline l'Ancien décrit les chevaux de Galice et des Asturies comme de petits animaux qui ignorent l'usage du trot, et préfèrent se mouvoir en bougeant alternativement les jambes de chaque côté : « ». Il décrit ainsi l'allure de l'amble.. Pétrone atteste l'existence de la race dans l'une de ses lettres, en parlant d'un « cheval Asturcón de Macédoine ». Ce cheval est employé par l'armée romaine et présent dans les spectacles du cirque, comme l'atteste Silius Italicus, qui parle d'un cheval Asturcón très célèbre au cirque d'Alep. Le général carthaginois Hannibal aurait utilisé des chevaux asturiens pour son passage des Alpes..
L'Asturcón semble en effet largement exporté dans le monde romain, très réputé et particulièrement cher à l'achat, grâce à son amble. Toutes les sources antiques indiquent que la race des Asturies connaît naturellement cette allure. Un texte de Végèce laisse même entendre que l'Asturcón forme la seule race chevaline connue des Romains qui soit capable d'ambler.. Le poète Horace et les légionnaires romains parlent aussi avec horreur de la coutume sacrificielle des Asturies, où les chevaux servent d'offrandes aux divinités de la guerre durant les nuits de pleine lune. Pour les habitants des Asturies ce cheval est sacré. Il apparaît d'ailleurs en motif sur des pierres tombales. Les petits chevaux des Asturies restent vraisemblablement populaires auprès des Français du Moyen Âge grâce à leur allure particulière, l'amble.
Au vignette|Un élevage de chevaux dans les Asturies.|alt=Au fond d'une vallée, une masure apparait en bas avec des chevaux. Au début du , ces poneys continuent de vivre dans des conditions rudes. L'isolement des Asturies empêche l'influence d'autres races de chevaux jusqu'aux années 1930, l'Asturcón est alors la seule race chevaline présente dans la région.. Il vit à l'état sauvage, en vastes hardes.. Une série de facteurs font cependant diminuer la population tout au long du siècle.. Les chevaux, peu rentables économiquement, sont peu à peu repoussés vers les zones les plus rudes des Asturies, les meilleures terres étant réservées à des élevages lucratifs, comme celui des bovins. Des croisements avec des chevaux de trait interviennent pour augmenter la taille, le poids, et donc la valeur des animaux utilisés dans l'industrie ou la traction agricole.
La situation devient critique après la guerre civile espagnole.. Le reboisement massif et la réduction des zones de pâturage mènent la race Asturcón au bord de l'extinction avec moins de quarante individus recensés en 1979. Les premières mesures pour sa sauvegarde sont prises dans les années 1970, quand des associations de protection se forment.. Le naturaliste espagnol Félix Rodríguez de la Fuente se mobilise pour la race, en déplorant que les habitants des Asturies mettent en place des étalons d'autres races et castrent les mâles Asturcóns car leur petite taille les rend peu rentables pour la viande. La Sierra del Sueve, une enclave des monts Cantabriques, devient un espace conservatoire pour la race à la suite de la découverte d'un troupeau sauvage de trente individus, en 1980.. Cinquante juments fondatrices sont sélectionnées., et de robe noire forment le cheptel reproducteur chargé d'assurer la pérennité de l'Asurcón. Cette initiative est suivie, en 1981, par la création d'un registre généalogique pour la race. L'objectif est d'augmenter les effectifs des poneys de race pure..
Une prise de conscience écologique, dans les années 1980, débouche sur l'enrayement de la chute des effectifs de poneys., notamment avec la mobilisation de la (ANA). L'ACPRA (), créée en 1987, est reconnue par le ministère espagnol de l'Agriculture, et obtient officiellement la gestion du registre d'élevage de la race Asturcón le .. C'est également dans les années 1990 qu'une seconde association de sauvegarde est créée en faveur des poneys Asturcóns de robe baie, nommés localement ..
Au vignette|Poney à la XXXV Fiesta del Asturcón de 2015. L'Astucón a été pris en charge par le programme européen Equisave, visant à préserver les races chevalines originaires de l'espace Atlantique.. En 2011, l'ACPRA créé un centre d'enseignement autour de la race () à Gijón, dans le but de promouvoir ce poney « qui fait partie de l'élevage et du patrimoine culturel de la région » : les enfants et les adultes peuvent y apprendre l'équitation, et participer à des promenades en attelage . L'association a également signé un accord avec le conseil municipal de Deva pour inclure un troupeau d'Asturcóns au Centre d'interprétation de la nature ()..
Description
Les poulains grandissent rapidement, qualité essentielle pour un poney de montagne destiné majoritairement au marché de la viande. S'il est nommé poney en raison de sa taille inférieure à , la dénomination fait débat car certains spécialistes considèrent qu'il se rapproche davantage du cheval par sa morphologie.
Morphologie
C'est un poney d' en moyenne. La fourchette de tailles va de à selon l'étude de l'université de l'Oklahoma, mais le standard officiel de la race autorise de à , en fonction du but d'élevage. La taille de ces poneys dépend en grande partie de la qualité de leur alimentation.. Les conditions d'élevage se traduisent par des transformations physiques : les poneys à l'état domestique présentent des lèvres plus fines, un ventre moins apparent, de meilleurs aplombs et des crins d'apparence plus soignée.
L'aspect général est celui d'un poney fort et agile. La tête est petite mais parfois un peu lourde, dotée d'un profil rectiligne ou légèrement concave, de grands naseaux et de grands yeux noirs très expressifs. Les oreilles sont petites et très mobiles, elles surmontent un front haut, souvent caché par un abondant toupet de crins. L'encolure est de longueur moyenne, légèrement arquée chez les mâles, et souvent cachée par une crinière très épaisse. Le garrot est peu sorti, le dos est droit et fort. La poitrine est très profonde, les épaules et la croupe sont inclinées, cette dernière n'est jamais double. La queue est attachée bas. Les pieds sont bien conformés, et particulièrement solides.
Robe et pelage vignette|gauche|Poney Asturcón bai, une robe longtemps refusée par l'ACPRA.|alt=Dans un paysage broussailleux, très brumeux en arrière-plan, se tient presque de face un poney bai, le regard au loin.
La robe de l'Asturcón a fait l'objet d'études. Si le troupeau de employé pour régénérer la race est de robe noire, de nombreuses références indiquent que la majorité des poneys élevés dans l'Ouest des Asturies est de robe baie. Les documents photographiques du début du ne permettent pas de différencier les deux robes. Cité par .. Les variations du climat peuvent donner une apparence totalement différente aux poneys en hiver et en été. Dans le froid, l'Asturcón produit un abondant pelage brun qui lui permet de résister aux rigueurs des hautes montagnes. La présence de poneys noirs dans la population des Asturies occidentales, et de poneys bais dans la Sierra del Sueve, a été largement reportée et . Cités par ..