Vaincre ou mourir est un film français coréalisé par Paul Mignot et Vincent Mottez, produit par Puy du Fou Films et Studiocanal, sorti en 2023. Le long-métrage s'intéresse à la guerre de Vendée par le prisme du général vendéen François Athanase Charette de La Contrie.

Le film reçoit un mauvais accueil de la critique de presse. Il attire près de 300 000 spectateurs en neuf semaines. Les historiens spécialistes de la Révolution française relèvent peu d'erreurs factuelles, mais notent que, si le film ne reprend pas tel quel un propos de propagande contre-révolutionnaire, son contexte d'exploitation commerciale se fait au profit d'entreprises qui diffusent par ailleurs de tels discours.

Synopsis Dans la France révolutionnaire, en 1793, après trois ans de tranquillité au château de Fonteclose où il s'est établi après son mariage, François Athanase Charette de La Contrie se voit rappeler par des paysans en colère pour prendre le commandement de l'insurrection vendéenne.

Le jeune marin devient alors un habile stratège et un chef de guerre charismatique, défiant la République avec son armée de paysans, de femmes et d'enfants.

Fiche technique Titre original : Vaincre ou mourir Réalisation : Paul Mignot, Vincent Mottez Scénario : Vincent Mottez d'après le spectacle du Puy du Fou Le Dernier Panache Musique : Nathan Stornetta Décors : Audrey Malecot, Irène Marinari Costumes : Les Vertugadins Photographie : Alexandre Jamin Montage : Tao Delport Producteur : Guillaume Allaire, Hubert De Filippo, Nicolas de Villiers Société de production : Puy du Fou Films, Studiocanal Budget : inférieur à Distributeur : Saje distribution Genre : historique, action, aventures Pays de production : Langue originale : français Durée : Dates de sortie : France : Classification : France : tout public lors de sa sortie en salles et déconseillé aux moins de 10 ans à la télévision.

Distribution

Hugo Becker : François Athanase Charette de La Contrie Rod Paradot : François Prudent Hervouët de La Robrie Gilles Cohen : Jean-Baptiste de Couëtus Grégory Fitoussi : Jean-Pierre Travot Constance Gay : Céleste Bulkeley Dorcas Coppin : Marie Adélaïde de La Touche Limouzinière de La Rochefoucauld Jonathan Demurger : Nicolas Haxo Francis Renaud : Jacques-Louis Maupillier Damien Jouillerot : Louis Lecouvreur Olivier Barthélémy : Pfeiffer Anne Serra : Marie-Anne Charette de La Contrie Jacques Milazzo : l'Abbé Remaud Jean-Hugues Anglade : Albert Ruelle Léon Durieux : Louis XVII Avant Strangel : Thomas Alexandre Dumas

Production Genèse En , le parc du Puy du Fou annonce son projet de produire un long-métrage via sa filiale Puy du Fou Films.... Le projet est présenté comme un documentaire d’inspiration historique.. Ce premier film se penche sur François-Athanase Charette de La Contrie, figure majeure de la guerre de Vendée. Le projet se revendique dans la continuité du spectacle Le Dernier Panache, créé au sein du parc vendéen et élu Meilleure création mondiale par la Themed Entertainment Association en 2016... La région Pays de la Loire participe à hauteur de à la production de Vaincre ou mourir. qui nécessite moins de cinq millions d'euros.

Développement Plusieurs historiens et spécialistes sont consultés par les réalisateurs, sans participer à l'écriture du scénario : Jean-Clément Martin, Anne Rolland-Boulestreau, Reynald Secher, Nicolas Delahaye et Anne BernetGabriel Boussonière, Guerre de Vendée. Une historienne raconte Charette, « ce stratège au charisme exceptionnel », Le Courrier de l'Ouest, 7 décembre 2022.. Jean-Clément Martin demande cependant par la suite le retrait de ses interventions. En , le réalisateur Vincent Mottez déclare à ce sujet : Thomas Cauchebrais, D'abord au Puy du Fou, l'épopée de Charette et des « géants de la Vendée » maintenant au cinéma, RCF Anjou, 9 décembre 2022..

Tournage Le tournage débute en et se déroule dans le parc du Puy du Fou et ses alentours..

Postproduction La distribution en salles du film est assurée par Studiocanal, société membre du groupe Vivendi alors possédé par Vincent Bolloré, et par la société Saje. Cette dernière produit des films destinés à un public chrétien intéressé par , dans la lignée du cinéma confessionnel américain, selon les propos d'Hubert de Torcy, PDG de Saje..

Accueil Sortie et promotion Le film sort en France le . Il est auparavant présenté lors d'avant-premières dans plusieurs villes de France le ..

Il est prévu que le film sorte en Espagne le et dans d’autres pays hispanophones par la suite..

Accueil critique En France, l'agrégateur de critiques Allociné fait apparaître une moyenne de établie à partir de 10 titres de presse.. Les avis de spectateurs donnent au film une moyenne de 4 sur 5. mais, après une analyse de Libération, leur représentativité est remise en cause par des spécialistes du marketing.. Un an plus tard, les avis de spectateurs donnent au film une moyenne de 3,6 sur 5..

Avis positifs Le film recueille des avis positifs essentiellement dans la presse conservatrice : le mensuel catholique traditionaliste La Nef écrit : ..

Sur Claves, site de formation chrétienne de la Fraternité Saint-Pierre, l'abbé Paul Roy voit en Vaincre ou mourir . Pour lui, le long-métrage reste . Il affirme que ..

Le site Zickma se focalise sur la forme et les acteurs : il loue notamment ainsi que . La chroniqueuse conclut que Vaincre ou mourir ..

Avis négatifs Paul Quinio, de Libération, voit dans cette production un « exemple supplémentaire de l’offensive conservatrice en cours, qui utilise le soft power pour diffuser des idées sans en avoir l’air ». Pour le journaliste, le film s’inscrit dans « une bataille culturelle et idéologique […] loin d’être derrière nous ». Il voit dans la représentation proposée de l’affrontement entre « royalistes et républicains » lors de la guerre de Vendée de « bons royalistes » contre des « méchants républicains ». Interviewé par Libération, l'historien Guillaume Lancereau reproche aux scénaristes « de faire rentrer dans la tête d’un maximum de gens une vision réactionnaire et manichéenne » des faits.. Sa collègue Elisabeth Franck-Dumas abonde dans ce sens : « Le plus fascinant, dans un film militant ayant transformé ses personnages en alibi, devient la place prépondérante accordée aux concepts, à ces entités sans tête et abstraites, visiblement malfaisantes, contre lesquelles bataillent sans relâche Charette et ses amis. Elles ont pour nom république ou Histoire. […] Renverser l’Histoire, une bonne définition de l’entreprise réactionnaire. ». Albane Guichard du HuffPost reproche au film le recours à une interview du et un propos ambigu : , une ..

Samuel Douhaire, de Télérama, titre « Vaincre ou mourir, un film du Puy du Fou si mauvais que même les royalistes détesteront » et affirme que la guerre de Vendée y est « contée[s] avec des lunettes de chouan et de gros sabots »..

Du côté de L'Obs, Xavier Leherpeur place d'emblée le film dans son encadré le Raté de la semaine : « À la question posée par le titre, la réponse est claire : mourir plutôt que de revoir un jour ce nanar historique ». Le chroniqueur regrette que les moyens soient « impuissants à sauver le film de sa mélasse scénaristique » et trouve la mise en scène « inerte, reposant sur un recours abusif au drone et aux contre-plongées pour renforcer la dimension christique du personnage central ». Il conclut : « très peu de cinéma, beaucoup de bruit et de fureur prosélyte, le tout saupoudré d’un message chrétien lourdement asséné »..

Murielle Joudet du Monde évoque elle aussi , caractérisé par « une bouillie audiovisuelle qui égrène tous les poncifs les plus éculés du film historique, remuant son imagerie christique et viriliste à coups d’effets visuels d’un autre âge »..

Pour la rédaction du Parisien, « malgré des scènes d’actions plutôt réussies, Vaincre ou mourir peine à convaincre, tant sur la forme, que sur le fond »..

Le journaliste Olivier Delcroix du Figaro écrit : « si l'épopée de Charette (incarné par un Hugo Becker qui fait ce qu'il peut) mérite d'être retracée, ce n'est pas ainsi. […] C'est violent, sanglant, bruyant, agressif. On soupire à la simple idée du film qu'aurait pu réaliser un Philippe de Broca »..

Sylvestre Picard, de Première, interroge : « est-ce que Vaincre ou mourir est au moins un grand film spectaculaire ? Pas tellement. C'est surtout truffé d'ellipses, la voix off bouchant les trous d'un récit balisé, cloué dans sa vision réductrice du monde — même si cette vision avance masquée ». Il ajoute que le long-métrage est « distribué par Saje, spécialisé dans les films chrétiens (comme la sinistre fiction anti-avortement Unplanned en 2019), coproduit par Canal+, propriété du très catho Vincent Bolloré ». Le journaliste précise que le prologue est signé par « des historiens dont le très orienté Reynald Secher, partisan de la thèse controversée du génocide vendéen »..

Sur le site Écran large, Antoine Desrues déclare que « la production de Puy du Fou Films s’assume comme un tract royaliste et catho intégriste », « où la République est perçue comme le système politique qui a, petit à petit, entraîné la chute de nos valeurs chrétiennes ». Le journaliste considère que Charette y est présenté comme « une icône jamais remise en cause pour ses actes et son positionnement idéologique ». Il compare également Vaincre ou mourir à un pan du cinéma hollywoodien ouvertement évangéliste (Dieu n'est pas mort ou Unplanned) devenu « aujourd'hui un business à part entière ». Antoine Desrues fustige le message sous-jacent du long-métrage : le « combat civilisationnel de Vincent Bolloré, qui exploite le septième art en outil de propagande similaire à Touche pas à mon poste. Bienvenue en 2023, et au retour de l’obscurantisme le plus total, qui ne prend même plus la peine de se fournir un écrin attrayant pour masquer son odeur méphitique ». Son collègue Mathieu Jaborska appuie ses propos : « L'exaltation royaliste grossière passerait presque pour une position tolérable si la pseudo-approche documentaire ne nous prenait pas pour des abrutis influençables »..

Télé 2 semaines écrit : « si elle a le mérite de mettre en lumière un héros méconnu, cette fresque historique pèche par son scénario prévisible et une réalisation brouillonne, notamment dans les scènes de combat ».

Box-office Lors de la première séance de l'après-midi à Paris, Vaincre ou mourir n'atteint pas le trio de tête : Tár se classe premier des films sortis le , suivi par La Famille Asada et Retour à Séoul.. L’accueil est bien plus positif en Vendéehttps://www.liberation.fr/culture/cinema/en-vendee-le-film-du-puy-du-fou-recoit-un-accueil-royal-20230124_TGKQNDS4X5BSZKMWYFW2H7OHD4/. Pour son premier jour d’exploitation, le film réalise un total de , dont en avant-premières, pour un total de 489 séances proposées sur 188 copies, dont sept à Paris. Le jour de sa sortie, Vaincre ou mourir attire une moyenne de 34 spectateurs par écran.. Selon Jérôme Vermelin sur TF1 INFO, .

Si l’on considère les avant-premières, le long-métrage se positionne second du box-office des nouveautés en France pour leur premier jour, derrière Pattie et la Colère de Poséidon () et devant Mayday (). Sans tenir compte des avant-premières, le long-métrage figure à la cinquième place du box-office avec , derrière Divertimento () et devant Un petit miracle ()..

Au bout d’une première semaine d’exploitation, le long-métrage totalise pour une septième place au box-office hebdomadaire, derrière Le Chat potté 2 : La Dernière Quête () et devant Tár ()..

Après une seconde semaine d’exploitation, Vaincre ou mourir réalise entrées supplémentaires, toujours entre Le Chat potté 2 () et Tár (). Le film dépasse à ce moment-ci les .. En semaine 3, Vaincre ou mourir sort du top 10 du box-office hebdomadaire pour une quatorzième place avec ..