Place Victória (en / Platía Viktória) est le nom d'une grande place rectangulaire d'Athènes, en Grèce, ainsi que le nom du quartier qui l'entoure.
La place
Origine du nom Le nom place Victória a été donné à la place en 1864, pour honorer la rétrocession à la Grèce des îles Ioniennes par la reine Victoria, reine du Royaume-Uni, qui est survenue le 21 mai 1864. Cette rétrocession britannique se fait comme cadeau pour l'intronisation du nouveau roi de Grèce, neveu de la reine, le prince Guillaume de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Glücksbourg du Danemark, plus tard Georges de Grèce.
Suivant l'abolition de la monarchie en 1924 et l'avènement de la deuxième république, on se débarrasse des symboles royaux et la place prend le nom de place Kyriakoú ( / Platía Kyriakoú). Ce nom honorerait, selon les sources, Pavlos Kyriakós, professeur de médecine et fondateur de l'hôpital du cancer d'Athènes, ou bien Panagís Kyriakós, maire d'Athènes, de 1870 à 1879.
Malgré le changement, le nom Victória continue d'être utilisé, même pour l'arrêt de tram sur la place. Avec le retour de la monarchie en 1935, le nom royal revient définitivement. Il n'est pourtant pas rare que certaines cartes récentes utilisent le nom Kyriakoú, ou que certains riverains reçoivent leurs factures d'eau ou d'électricité comme résidents de la place Kyriakoú.
Situation La place Victória est délimitée, à l'ouest, par la rue Aristotélous et, à l'est, par la rue , deux rues parallèles a la grande artère nord-sud Patissíon. La place coupe la rue Chéyden (est-ouest) en deux. La rue piétonne Elpidos rejoint le nord de la place.
Transports La station de métro Victória de la ligne 1 du métro se trouve sous la place. À l'horizon 2045, cette station devrait aussi accueillir une autre ligne de métro (ligne 5), circulaire, qui assurerait les correspondances avec toutes les autres lignes du réseau.
Une station de recharge de vélos électriques, dans le cadre d'un réseau municipal de vélopartage, a été installée sur la place, et l'appel d'offre d'exploitation a été lancé en septembre 2026.
Monument Au centre de la place se trouve l'ensemble sculptural de (1846-1914).
Le quartier Découpage administratif et situation Le quartier "Plateia Viktorias" est un de 144 quartiers du dème d'Athènes, qui avec les quartiers "Aristotelous", "Agios Panteleimon", et "Plateia Attikis" forment le district municipal "Plateia Attikis", lui même un des 7 districts municipaux de la communauté municipale 6.
Ce quartier a la forme d'un trapèze rectangle d'environ 19,5 hectares. Ses côtés nord-sud sont les grandes artères rue Acharnon (à l'ouest) et rue Patissíon (à l'est), et, perpendiculaires à cette dernière, les axes ouest-est sont les rue Ioulianoú au sud et Kodrigktonos au nord. Ainsi, le sommet nord-ouest touche la place de l'église Saint Panteleimon, alors que le sommet sud-est touche la place Egýptou.
Histoire gauche|vignette|Comparaison du découpage administratif en 1908 et en 2026 des alentours de la place Victoría. Sur le plan annoté de Georgiades sont superposées les limites du quartier place Victória (en violet) et des autres quartiers du district municipal place Attikí. Autour de la place, le quartier homonyme s'est développé à partir des années 1870. Pour Athanasios Georgiades (en ), ingénieur, archéologue et urbaniste, chargé, au début du 20ème siècle, par la ville de redessiner les infrastructures d'Athènes tout en préservant les sites historiques, la place Victória et son environnement sont, dès 1908, inclus dans un grand quartier "Acharnon". Le quartier Acharnon est alors un quasi rectangle qui va de la rue Patissíon à l'est, jusqu'à la voie ferrée (et gare) à l'ouest, et de la rue Ipeirou / rue Neofitou Metaxa au sud jusqu'à la rue Kodrigktonos / rue Agorakritou au nord.
À partir des années 1940, le quartier Victória était l'un des plus recherchés d'Athènes, comparable à celui de Kolonáki. Le nom des anciens élèves du gymnase d'Athènes témoignent de son statut bourgeois: le cinéaste Theo Angelopoulos, le peintre et poète Alékos Fassianós, le philosophe et théologien Chrístos Yannarás et le parolier et journaliste Leftéris Papadópoulos, parmi d'autres.
Progressivement, à partir des années 1980, il commence à décliner, en grande partie à cause de son abandon par ses habitants d'origine, pour devenir un quartier généralement considéré comme délabré et confronté à des problèmes de criminalité.. Occupé par des squats et un camp d'immigrants illégaux, à même la place Victoría , durant les années de crise, le quartier semble amorcer une mutation dans les années 2020. Pour le quartier Victória, comme pour de nombreux quartiers du centre d'Athènes, se pose la question de la ré-habitation du centre-ville et de la politique urbaine à mettre en œuvre. Touristification, gentrification et justice socio-spatiale sont les questions afférentes aux interventions de rénovation.
Rénovation Jouxtant le quartier de Mousío, le quartier bénéficie d'un regain d'intérêt en terme de rénovation des infrastructures. Un plan d'élargissement du musée archéologique national par l'architecte star David Chipperfield, prix Pritzker 2023, prévoit des aménagements urbains pour créer un axe culturel incluant aussi l'Acropole, l'université polytechnique nationale d’Athènes et le Champ de Mars (Pedio tou Areos). Le bâtiment iconique de OTE, l'opérateur historique grec des télécommunications, est en cours de rénovation pour recentraliser son musée des télécommunications.
Des projets de pistes cyclables sont à l'étude dont l'axe principal emprunterait la rue du 3 Septembre et traverserait donc le quartier dans son axe nord-sud, venant de Kifissia et continuant jusqu'à la baie de Faliro, en passant par Monastiráki. Des perpendiculaires seraient aménagées pour rejoindre cet axe. Bâtiments remarquables
L'immeuble OTE, tour de de l'architecte , considéré comme un archétype de l'architecture moderniste athénienne des années 1960 La Villa Argyrópoulos (35 rue Cheyden) est un bâtiment de style néo-classique, qui abrite le 2ème lycée général ("Theo Angelopoulos") d’Athènes . Elle est aussi connue comme la Villa Amalia, le plus célèbre des squats anarchistes d'Athènes pendant 23 ans. L'immeuble Oikonomidis (30 rue Cheyden), construit en 1936-1938, de l'architecte L'immeuble Patsakov (12 rue Cheyden), typique du mouvement moderniste, où l'écrivain Ménis Koumantaréas vécut de 1936 à 1980 69 rue Aristotelous, un immeuble construit en 1927 pour une famille de la diaspora grecque, et qui accueille depuis 1974 une école de musique Immeuble Iasonídou (69 rue Patissíon) de style néo-baroque qui accueille la Confédération Générale des Travailleurs de Grèce depuis 1940
Culture
L'écrivain Ménis Koumantaréas (en , né en 1931 et mort en 2014) a vécu de 1936 à 1980 dans le quartier.
L'écrivain, journaliste et parolier Leftéris Papadópoulos (en ), né en , considère le quartier comme son quartier préféré. Il y est né, et y a grandi. Il a fréquenté le gymnase (en ), où il était connu comme le fils de la femme de ménage. Ses camarades d'alors, dans ce collège/lycée, étaient le cinéaste Theo Angelopoulos, le peintre et poète Alékos Fassianós et le philosophe et théologien Chrístos Yannarás, avec qui il partageait l'amour de la littérature.
L’acteur et metteur en scène Odysséas Papaspiliópoulos (en ), né en 1979, a vécu ses huit premières années rue Fýlis. Il se souvient de la place Victória comme son terrain de football.
L'écrivaine Sofka Zinovieff a placé l'intrigue de son roman Stealing Dad, paru en 2025, dans le quartier Victória, où la protagoniste, Iris, réside.
Notes et références
Voir aussi
Liens externes
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