Suzanne Guyotat, né le à Bourg-Argental (Loire) et morte le à Lyon, est une bibliothécaire et résistante française.
Proche de Philippe Viannay, elle prend la responsabilité, début 1942, du mouvement Défense de la France en zone sud. Elle est chargée de la diffusion puis de l'impression du journal clandestin ainsi que de la création de liens avec les autres mouvements de la résistance, notamment Combat et Témoignage chrétien.
Biographie Suzanne Guyotat, « Suzon », est la fille d'Alphonse Alfred Alexandre Guyotat, médecin, né à Gueugnon le et de Marthe Marguerite Anthelma Jamet, née le à Saint-Julien-Molin-Molette.
Après avoir obtenu une licence en droit, elle débute comme bibliothécaire auxiliaire à la Bibliothèque universitaire de Lille, en 1938Anne-Marie Pavillard, « Des bibliothécaires, résistantes et déportées » dans Femmes en déportation : les déportées de répression dans les camps nazis 1940-1945, Philippe Mezzasalma (dir.), Presses universitaires de Paris Nanterr, 2021, pp.174-175 (en ligne).
En 1940, elle s'installe à Lyon, et trouve un travail à la bibliothèque universitaire en . Sœur d’un des beaux-frères de Philippe Viannay, principal dirigeant du mouvement Défense de la France, elle adhère au mouvement peu après.
Dès le début de 1942, Viannay lui demande de prendre la responsabilité de la zone sud. Elle noue des contacts essentiels avec les mouvements Combat et Témoignage chrétien et monte une chaîne de distribution pour les journaux qui lui parviennent de Paris puis en fait assurer l'impression sur place à Lyon et à Grenoble. Elle collabore notamment avec André Bollier de Combat. Elle fait également la connaissance d'Hélène Roederer, qu'elle recrute et qui l'assiste pour l'impression du journal, la fabrication de fausses cartes d'identité, les liaisons et les missions, Philippe Viannay, Du bon usage de la France : Résistance, journalisme, Glénans, Ramsay, 1988, p. 49, Bruno Permezel, Résistants à Lyon 1144 noms, Volume 1, 1992, p.241, François-Georges Dreyfus, Histoire de la Résistance, 1940-1945, Editions de Fallois, 1996, p.113.
En mai 1943, se consacrant désormais entièrement à la Résistance, elle vient s'installer à Paris. Elle est nommée au comité directeur, chargée des relations entre le groupe de zone nord et celui de zone sud et entre Défense de la France et Combat, Marie Granet, Défense de la France. Histoire d’un Mouvement de Résistance (1940-1944), PUF, 1960, p. 118.
Le , elle est arrêtée par les Allemands. Après avoir été torturée, elle est internée plusieurs mois à Fresnes puis au Fort de Romainville. Le , elle est déportée à Ravensbrück dans le convoi des « 57 000 », puis à Torgau, et finalement au camp de Königsberg. Elle se retrouve avec 250 autres Françaises déportées comme elle pour faits de résistance. Dans le camp, les déportées doivent aplanir un terrain pour construire un terrain d’aviation. Elle décrit ainsi son expérience : . Après quelques mois, elle n’est plus Suzanne Guyotat, « La libération du camp de concentration de Königsberg en Neumark, dit petit Königsberg, par un témoin », Matériaux pour l'histoire de notre temps, 1985, vol. II, no 1, pp. 7-13.
En février 1945, le camp est libéré par l'Armée Rouge. , raconte-t-elle dans son témoignage. Suzanne rentre en France en à Marseille à bord d'un bateau anglais de transport de troupes depuis Odessa.
Début 1946, elle passe quelques semaines en Suisse afin de se rétablir puis décide de reprendre ses études. Bénéficiant d'une bourse américaine accordée aux jeunes résistants d'Europe qui ont été obligés d'interrompre leurs études, elle achève sa formation juridique à New York.
Une fois de retour en France, elle travaille à nouveau comme bibliothécaire, à la faculté de droit de Paris, à l'École française d'Athènes, à Aix-en-Provence, puis à la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) de 1960 à 1971. Elle est ensuite directrice de la Bibliothèque universitaire de Poitiers de 1971 jusqu’à son départ en retraite, en 1982.
Pendant toute cette période, elle participe aux activités de l'ADIR. Dans les années 1960, elle témoigne à maintes occasions devant des élèves préparant le Concours national de la résistance et de la déportation.
Elle meurt à Lyon le Avis de décès de Madame Suzanne Guyotat sur libramemoria.comÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970.
Suzanne Guyotat est la tante de l'écrivain Pierre Guyotat.
Distinctions (1970)
(décret du )
Publications Articles Suzanne Guyotat, « La libération du camp de concentration de Königsberg en Neumark, dit petit Königsberg, par un témoin », Matériaux pour l'histoire de notre temps, 1985, vol. II, no 1, pp. 7-13 en ligne. « Témoignage de Mlle Suzanne Guyotat » dans Hélène Roederer, étudiante et résistante 1921-1945, Lyon, L'Hermès, 1985. Témoignage de Suzanne Guyotat lors de la cérémonie du à la mémoire d’Hélène Roederer, déportée en Allemagne avec elle et morte d’épuisement à Ravensbrück le .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Olivier Wieviorka, Une certaine idée de la Résistance. "Défense de la France" (1940-1949), Editions du Seuil, 2014 Anne-Marie Pavillard, « Les bibliothécaires de la BDIC sous l'Occupation », Matériaux pour l’histoire de notre temps, vol. 100, no. 4, 2010, pp. 32-41 (en ligne) Anne-Marie Pavillard, « Des bibliothécaires, résistantes et déportées » dans Femmes en déportation : les déportées de répression dans les camps nazis 1940-1945, Philippe Mezzasalma (dir.), Presses universitaires de Paris Nanterre, 2021, pp.174-175 (en ligne) Marie Granet, Défense de la France : histoire d'un mouvement de résistance (1940-1944), Presses universitaires de France, 1960 « Hommage à Suzanne Guyotat, héroïne de la Résistance », Le Progrès, Marie-Cécile Bouju, Notice Suzanne, Esther, Jeanne, Marie Guyotat, Le maitron, 2021 Catherine Brun, Pierre Guyotat essai biographique, L. Scheer, 2005 (en ligne)
Articles connexes Défense de la France Femmes dans la Résistance intérieure française Convoi des 57000
Liens externes
« Suzanne Guyotat, grande résistante, repose dans son village natal », Le Progrès, 21 févr. 2011 (en ligne)
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