Hélène Roederer, née le à Dillingen (Sarre) et morte le à Ravensbrück, est une résistante française.

Jeune étudiante, membre active, dès 1942, des mouvements Témoignage chrétien puis Défense de la France, elle est déportée en août 1944 à Ravensbrück où elle meurt en mai 1945, à l'âge de 24 ans.

Biographie Famille Hélène Roederer est la fille de Joseph Roederer (1882-1969), ingénieur des mines, directeur général des forges et aciéries de Dilling, commandeur de la Légion d'honneurGuerre 1914-1918 : sous-lieutenant au 170e régiment d'infanterie, blessé au cou par balle le 13 mars 1915 au Mesnil-lès-Hurlus, fait chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire le avril 1915, fait prisonnier par les Allemands aux Éparges le 15 mai 1915, rapatrié en décembre 1918. Registre matricule n°382 de Joseph Roederer, site des archives de Paris, classe 1902 (6e bureau Paris) (en ligne)Dossier de la Legion d'Honneur de Joseph Roederer, base de données Léonore (en ligne), et Jeanne Friedel (1888-1966), fille de Georges Friedel (1865-1933). Joseph, blessé durant la Grande Guerre est fait prisonnier en par les Allemands et emprisonné en Allemagne à Ingolstadt, où il se lie d'amitié avec Charles de Gaulle, lui aussi détenu au même endroitCharles Roederer, « Hélène Roederer et la Résistance étudiante à Lyon durant la Seconde Guerre mondiale », Chrétiens et sociétés , 3/1996, pp. 39-46 (en ligne).

Hélène est l'ainée d'une fratrie de six enfants. Elle a quatre frères, Michel, André, Etienne, Charles et une sœur, Marie-Noëlle (1923-2018)Marie-Noëlle s’engagea également dans la Résistance dans « Défense de la France » comme toute sa famille. Alain Dalançon, notice de Marie-Noëlle Petite, Le Maitron, 2021 (en ligne).

Elle est la cousine du physicien Jacques Friedel, grand-croix de la Légion d'honneurJacques Friedel, Graines de mandarin, Odile Jacob, 1994, p. 154.

Résistance Hélène fait ses études secondaires à Saint-Étienne et obtient un double baccalauréat de mathématiques et de philosophie en 1938. Dès l'armistice du 22 juin 1940, elle tente de gagner l’AngleterreTémoignage de Marie-Suzanne Binetruy : , Hélène Roederer, étudiante et résistante 1921-1945, Lyon, L'Hermès, 1985. Ce projet n'ayant pu aboutir, elle s'installe à Lyon en 1941 pour y poursuivre des études d'histoire à la Faculté des Lettres de Lyon et à partir de 1942, elle prépare une agrégationBernard Comte, « Hélène Roederer et la Résistance étudiante à Lyon durant la Seconde Guerre mondiale », Chrétiens et sociétés , 3/1996, pp. 35-38 (en ligne).

Au début de 1942, Adrien Nemoz, son camarade de faculté, l’engage pour diffuser le journal clandestin, les Cahiers du Témoignage chrétien. Il la présente ensuite à Suzanne Guyotat, bibliothécaire, à qui Philippe Viannay a demandé de prendre la responsabilité en zone sud du journal clandestin qu’il publie à Paris, Défense de la France. Hélène la seconde pour l'impression du journal, la fabrication de fausses cartes d'identité, les liaisons et les missions, Bruno Permezel, Résistants à Lyon 1144 noms, Volume 1, 1992, p.241. Grâce à Hélène et à un réfugié belge, Francis Cleirins, le journal peut être diffusé dans la région lyonnaise, la Loire, la Drôme et l'Ardèche, Olivier Wieviorka, Une Histoire de la résistance en Europe occidentale, 2017, Place des éditeurs, p.105.

A l’automne 1943, elle suit sa famille à Châtenay-Malabry dans la région parisienne. Son père Joseph, comme il le fit à Saint-Chamond, met sa maison à la disposition du mouvement Défense de la France pour l’organisation de réunions clandestines.

En , elle rejoint le maquis de Seine-et-Oise et participe aux combats comme agent de liaison pour Défense de la France. Elle est arrêtée le dans une rafle sur la route à Nesles, alors qu’elle roulait à bicyclette. Incarcérée à l’Isle-Adam. Elle est ensuite déportée avec le convoi du (I.262.), de Paris à RavensbrückTémoignage de Philippe Viannay : , Hélène Roederer, étudiante et résistante 1921-1945, Lyon, L'Hermès, 1985. Transférée au camp annexe de Torgau (Buchenwald), elle est ensuite ramenée à Ravensbrück.

Hélène meurt d’épuisement le huit jours après la libération du camp par les soldats soviétiques de l'Armée rouge, à l'âge de vingt-quatre ans.

Distinctions En 1946, elle est décorée à titre posthume de la médaille de la résistance avec rosetteseuls 4 500 résistants ont reçu la rosette de la résistance et faite chevalier de la légion d'honneur avec la citation suivante :

(1946)Défense de la France , Les témoins qui se firent égorger, 1946, p.35 (en ligne) (par décret du )Décret du 24 avril publié au JO du 17 mai 1946 (en ligne) Mort pour la France (arrêté ministériel du )

Hommages et postérité

Philippe Viannay lui rend hommage dans un de ses ouvrages : Jérôme Cordelier , L'espérance est un risque à courir Sur les traces des résistants chrétiens 1939 - 1945, Calmann-Lévy, 2021, pp.150-152.

A Saint-Chamond et Châtenay-Malabry, une rue porte son nom.

Le nom d'Hélène Roederer a été donné à la bibliothèque de la faculté des Lettres de Lyon et chaque année, le , l’université Jean-Moulin-Lyon-III commémore son souvenirJean-Dominique Durand, « Journée d’étude "Autour d’Hélène Roederer. Aspects de la résistance étudiante à Lyon », Chrétiens et sociétés , 2/1995, pp. 109-110 (en ligne).

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Bernard Comte, « Hélène Roederer et la Résistance étudiante à Lyon durant la Seconde Guerre mondiale », Chrétiens et sociétés , 3/1996, pp. 35-38 (en ligne) Jérôme Cordelier , L'espérance est un risque à courir Sur les traces des résistants chrétiens 1939 - 1945, Calmann-Lévy, 2021, pp.150-152 Alain Dalançon, Hélène Roederer, Le Maitron, 2021 (en ligne) Jean-Dominique Durand, « Journée d’étude "Autour d’Hélène Roederer. Aspects de la résistance étudiante à Lyon », Chrétiens et sociétés , 2/1995, pp. 109-110 (en ligne) Charles Roederer, « Hélène Roederer et la Résistance étudiante à Lyon durant la Seconde Guerre mondiale », Chrétiens et sociétés , 3/1996, pp. 39-46 (en ligne) Hélène Roederer, étudiante et résistante 1921-1945, Lyon, L'Hermès, 1985 Olivier Wieviorka, Une certaine idée de la Résistance. "Défense de la France" (1940-1949), Editions du Seuil, 2014

Articles connexes Défense de la France Témoignage chrétien Résistance intérieure française Femmes dans la Résistance intérieure française

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