LOrganisation mondiale de la santé (OMS) est une agence spécialisée de l'Organisation des Nations unies (ONU) pour la santé publique créée en 1948. Elle dépend directement du Conseil économique et social des Nations unies et son siège se situe à Pregny-Chambésy, dans le canton de Genève, en Suisse..
Selon sa constitution, l'OMS a pour objectif d'amener tous les peuples des États membres et partenaires au niveau de santé le plus élevé possible, la santé étant définie dans ce même document comme un .
Depuis le , le directeur général de l’institution est Tedros Adhanom Ghebreyesus...
Histoire Avant 1948 : institutions précédentes Vers différents dispositifs sont pris afin de mettre en place des mesures de quarantaines principalement destinées à protéger les États européens contre la peste. En , la première conférence sanitaire internationale a lieu à Paris, regroupant douze États, qui discute d'une convention sanitaire internationale signée en pour lutter contre la peste, la fièvre jaune et le choléra. Cependant cette convention n'est ratifiée que par la France et la Sardaigne, puis par le Portugal, avant d'être abandonnée. Plusieurs autres conférences suivent, sans résultats.
En , la septième conférence, à Venise, permet la signature d'une convention sanitaire internationale sur le choléra. En , une convention sanitaire internationale sur la peste est signée à son tour. En 1903, une conférence met en place la convention sanitaire internationale regroupant ces deux dernières. Cette conférence se fixe également pour objectif de créer une institution internationale en matière de santé. En , « l'Office international d'hygiène publique » (OIHP) est créé à Rome et doté d'un secrétariat permanent ainsi que d'un « comité permanent ». Ce comité organise plusieurs conférences au cours des années suivantes. L'OIHP est à sa création composé de douze nations, sa langue officielle est le français et son siège à Paris. Elle a pour fonction d'assurer la surveillance et la lutte de la peste, du choléra et de la fièvre jaune. Petit à petit l'OIHP obtient des mandats sur des nouvelles maladies, par exemple la tuberculose. En , la conférence de l'OIHP adopte une nouvelle convention sanitaire internationale étendant ses dispositions à la variole et au typhus. Durant la Première Guerre mondiale, l'OIHP concentre ses compétences sur les traumatismes liés à la guerre.
En , le Bureau sanitaire panaméricain est fondé, notamment pour l'échange de donnés épidémiologiques et pour coordonner la lutte contre les épidémies. Ses fonctions sont renforcées en par le Code sanitaire panaméricain.
À la fin de la Première Guerre mondiale, un certain nombre de pays, et des personnalités influentes au sein de la communauté internationale comme Camille Barrère, s'opposent à ce que l'OIHP passe sous le contrôle de la toute nouvelle Société des Nations (SDN). La grippe espagnole de -, qui fit, selon les sources, entre 30 et de morts (plus que la Première Guerre mondiale), pousse la SDN à créer en 1923 le « comité d'hygiène » de la SDN, considéré comme l'ancêtre de l'OMS. Dominée par la France et le Royaume-Uni, la surveillance sanitaire du Comité couvre, à la fin des années 1920, 70 % du globePatrick Zylberman, « L’épidémie, c’est l’homme autant que le microbe », Medecinenews, 30 avril 2009.. Le comité d'hygiène se développe dans les domaines et maladies où l'OIHP n'est pas active comme le cancer, la malaria ou la lèpre, avec des compétences techniques plus importantes que l'OIHP. Les deux institutions coopèrent sur quelques sujets.
Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, trois organismes sanitaires internationaux coexistent : deux en Europe, l'OIHP et l'Organisation d'Hygiène de la Société des Nations, tandis qu'aux États-Unis, l'Organisation sanitaire panaméricaine (PAHO) constitue le troisième organisme international de santé.. Durant la Seconde Guerre mondiale, les Alliés créent un comité inter-allié sur les questions sanitaires et de secours, qui sera en 1943 remplacé par l'Administration des Nations unies pour le secours et la reconstruction, basée à Washington. Cette dernière institution obtient notamment des compétences sur la formation et l'organisation médicale, la fourniture de matériel médical, avec une approche principalement médicamenteuse.
Créations et début vignette|Commission intermédiaire réunie au sujet de la Malaria en 1947.|alt=Photo en noir et blanc montrant cinq hommes en costume regardant une carte murale de l'Asie. L'un des hommes pointe la région du Bangladesh à l'Est de l'Inde. Au premier plan, un bureau est recouvert de documents. À la conférence de San Francisco en 1945, l'inclusion de la santé dans les domaines de compétence des Nations unies est abordée, pour rapidement se diriger vers la création d'une organisation spécialisée dans ce domaine. En 1946, une commission technique rassemble des experts de certains pays ainsi que des représentants d'autres organisations de santé déjà en place. En 1946, une conférence internationale met en place la Constitution de l'OMS, adoptée à New York par la Conférence mondiale de la santé le .. Elle a été signée par les représentants de et est entrée en vigueur le , à la suite de la ratification du membre. Entre 1946 et 1948, une commission intermédiaire règle l'intégration des organisations de santé au sein de l'OMS, tel que l'OIHP, l'Organisation d'hygiène de la société des nations, l'UNRRA et le Bureau sanitaire panaméricain et gère l'articulation avec l'ONU et ses autres agences, comme la FAO. Elle prépare également la première assemblée générale qui définit les agences régionales et la localisation du siège de l'OMS. En , la première assemblée générale se tient à Genève, ville choisie comme siège, en regroupant 53 membres, 9 observateurs et de représentants de plusieurs organisations tel que l'ONU ou l'Organisation panaméricaine de la santé. Les bureaux régionaux sont créés entre 1949 et 1952, celui de l'Europe est créé en 1951.
À la différence des institutions qui la précèdent, l'un des objectifs principaux de l'OMS à sa création est d'élever le niveau de santé de la population mondiale et non plus uniquement de ses pays membres, notamment les pays occidentaux. Cet objectif se retrouve dans sa constitution. À sa création, l'OMS détermine un certain nombre d'axes d'action, tels que : l'assistance technique pour les états en demande, l'organisation d'accords internationaux, de normes et de typologies en matière de santé, le soutien à la recherche et à la formation médicale, le recoupement des données statistiques à l'échelle mondiale. Ces axes d'actions thématiques doivent répondre aussi à des priorités sanitaires, notamment le paludisme, la santé de la mère et de l'enfant, la tuberculose, l'alimentation et les MST.
En 1950, à la suite de la découverte des antibiotiques, l'OMS conseille les pays pour un usage adapté.. La même année, l'ONU effectue une campagne contre la tuberculose avec une inoculation massive du vaccin BCG, s'appuyant sur le service d'information épidémiologique par télex mis en place à partir de 1947. Entre 1952 et 1964, une campagne portant sur une injection unique de pénicilline contre le pian réduit drastiquement la portée de cette maladie. En 1952, l'OMS débute les campagnes mondiales de vaccination contre la poliomyélite aboutissant à sa quasi-éradication. En 1955, l'OMS débute un programme de lutte contre le paludisme, qui n'atteint pas ses objectifs. À la suite de l'échec relatif attribué au manque de ressources et au défaut d’observance, l’accent a été porté sur les initiatives locales, la santé communautaire ainsi que sur l’implication des usagers et de la société civile . Les années 1960 sont marquées par les thématiques de la décolonisation et du manque de moyen des pays en développement, qui induit la relocalisation de ressources vers ces besoins, notamment en matière de formations de personnels. En 1963, un programme de vaccinations contre la rougeole est mis en place. En 1969, le premier règlement sanitaire international est créé pour la surveillance de 6 maladies infectieuses graves : choléra, peste, fièvre jaune, variole, fièvre récurrente et typhus. En 1972, un programme est promulgué visant à améliorer la santé sexuelle et reproductive.
En 1958, Viktor Zhdanov, vice-ministre de la Santé de l'URSS, demande à l'OMS de lancer une initiative mondiale visant à éradiquer la variole, qui a abouti à la résolution WHA11.54. À cette époque, de personnes mouraient de la variole chaque année. Lancé en 1959 à l'initiative des pays communistes, avec une accélération à partir de 1967 et jusqu'en 1977, le programme d'éradication de la variole enregistre d'importants progrès. En 1979, la variole est éliminée.
À partir de 1973 : stratégie « Santé pour tous » Dans les années 1970, des programmes de lutte contre le pian, la tuberculose et la bilharziose rencontrent un certain succès, alors que des préoccupations nouvelles apparaissent concernant le choléra, la peste et les MST.
Halfdan Mahler élu directeur général en 1973 a donné la priorité à la médecine sociale : considérer la santé plutôt que les maladies, utiliser du personnel médical qui ne soit pas nécessairement titulaire d'un diplôme de médecin dans les interventions sanitaires, inscrire la santé dans un ensemble comprenant l’éducation, la gestion de l’eau et l’alimentation, le tout dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Les médicaments destinés aux soins de santé primaire ont la priorité. Cette orientation concerne tant les pays développés, où les frais de médicaments s’envolent souvent, entraînés par une surconsommation ou une mauvaise utilisation, que les pays du Sud. En 1974, un programme de vaccination mondiale infantile est lancé. La même année, une campagne contre l'onchocercose est lancée. En 1975, une campagne de lutte contre les maladies tropicales est lancée à son tour, ciblant particulièrement 8 de ces maladies. En 1977, l’OMS publie une liste de substances peu coûteuses permettant de traiter les maladies à forte prévalence. En 1978, l'OMS, au travers de la déclaration d'Alma-Ata, élabore d'une nouvelle stratégie appelée "Santé pour tous" pour l'an 2000 fixant les bases de la revendication actuelle de l'OMS pour une couverture sanitaire universelle. Cette déclaration fixe des principes comme l'égalité des droits au soin, la participation de la population, l'importance de la prévention, d'une approche holistique tant scientifique qu'économique. Elle définit la notion de soins primaires, qui fonde ses axes d'action sur l'éducation à la santé, une bonne alimentation, l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, la santé de la mère et de l'enfant, la vaccination contre les maladies infectieuses, le contrôle des épidémies et des pandémies, les soins médicaux courants et l'accès au matériel médical. En 1979, la variole est déclarée comme éradiquée.
vignette|Trois des anciens directeurs du Programme mondial d'éradication de la variole lisant la nouvelle de l'éradication de la variole dans le monde, en 1980.|alt=Trois hommes se mettent en scène au Centre pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis. À gauche, Dr J. Donald Millar, en cravate et chemise blanche, mains sur les hanches. Au centre, Dr William H. Foege, en t-shirt, assis, tenant dans sa main droite un exemplaire du périodique de l'Organisation Mondiale de la Santé de Mai 1980 montrant en couverture un globe terrestre barré par un message : "Smallpox is dead!" ("La variole est morte !"). À droite, Dr J. Michael Lane, de trois-quart, en chemise blanche et tenant le même exemplaire du périodique avec sa main gauche. Tous regardent la caméra. Sur le mur laqué au dessus d'eux, on aperçoit le logo des services publics de santé États-Uniens (en anglais : "U.S. Public Health Service").