vignette|État de la sécheresse en France au 21 septembre 2022, issue de l'observatoire européen de la sécheresse s'appuyant sur les données du programme Copernicus..
|lien=https://www.ladepeche.fr/2023/04/16/direct-incendie-dans-les-pyrenees-orientales-des-centaines-dhectares-ravages-par-le-feu-entre-cerbere-et-banyuls-11137921.php
La sécheresse de 2022 en France métropolitaine est un aléa naturel pluriannuel, favorisé par le réchauffement climatique anthropique., de type sécheresse qui se déroule sur le territoire national de à l'automne de la même année. Cet événement a concerné également l'ensemble de l'Europe. Même si la période d'étiage s'est réduite en l'hiver 2022-2023, la période de recharge est insuffisante, et les restrictions se multiplient, conduisant à une nouvelle sécheresse en 2023.
Cette situation résulte d’un déficit pluviométrique dès l'hiver 2021-2022 qui s’est poursuivi par un printemps et un début d’été marqués également par de faibles pluies, conjugué à plusieurs vagues de chaleurs importantes qui ont contribué à assécher les sols. Cette sécheresse est à la fois pluviométrique (le déficit constaté est le plus important après celui de 1976), agricole (la plus importante depuis 1958) et hydrologique (les assecs de cours d'eau sont très nombreux et les nappes souterraines sont à des niveaux bas).
De très importants incendies, qualifiés pour certains de mégafeux, se sont déclenchés, principalement en Gironde mais aussi en Bretagne, dans la Drôme et dans l'Aveyron. La surface brûlée en France, plus de incendiés au , est 7,5 fois supérieure à la moyenne annuelle des quinze années précédentes (2006-2021), mais reste inférieure à celle de 1976 (104 000 hectares brulés sur l'année, dont 88 000 durant l'été). L’agriculture a été affectée du fait de la sécheresse des sols mais aussi par les interdictions d’irrigation qui en ont résulté.
La gestion de cet événement par les services de l'État et les collectivités est marquée par la mise en œuvre de l’organisation définie dans le décret de 2021, à savoir la surveillance puis le déclenchement d’alertes suivies d’arrêtés départementaux de restrictions temporaires des usages de l’eau. Au plus fort de l’événement 93 départements sont concernés par une restriction au-delà de la vigilance, sur au moins une partie du territoire : 3 sont en alerte, 12 en alerte renforcée et 78 en crise.
L'événement suscite de nombreux questionnements sur les sécheresses à venir, les moyens pour les anticiper et pour y faire face. Des polémiques interviennent notamment sur les piscines, les jets privés, l’arrosage de terrains de sports. Dans ce cadre, le gouvernement engage à l’automne des réflexions pour l’élaboration du troisième plan national d'adaptation au changement climatique pour la période 2023-2028.
Évolution météorologique Hiver 2021-2022 L’hiver 2021-2022 est majoritairement doux, sec et plutôt ensoleillé. Les perturbations ont été peu fréquentes sur le sud du pays mais se sont accompagnées de fortes chutes de neige et de précipitations abondantes sur les Pyrénées début décembre puis début janvier, provoquant d’importantes crues et inondations des Landes et des Pyrénées-Atlantiques à l'Ariège..
Les températures sont restées très douces pour la saison une grande partie de l’hiver. À l’échelle de la France et de la saison, la température moyenne de a été supérieure à la normale 1981-2010 de .
En moyenne sur la France, le déficit pluviométrique a dépassé 10 %. Le déficit a souvent dépassé 50 % du Languedoc-Roussillon aux Cévennes ainsi que du Var aux Alpes-Maritimes et sur l’est de la Corse. Il a été localement supérieur à 80 % sur l’Hérault et le littoral oriental de la Haute-Corse. Cet hiver se classe ainsi parmi les dix hivers les plus secs sur la période 1959-2022 sur la région PACA, le Languedoc-Roussillon et la Corse.
Printemps 2022 Le printemps 2022 se classe au troisième rang des plus chauds sur la période 1900-2022 avec une température moyenne à l’échelle de la France de , supérieure à la normale 1981-2010 de , derrière 2011 et 2020 (ex æquo 2007).. Le mois de mai a en particulier été anormalement chaud et sec avec une température moyenne de , supérieure à la normale de , plaçant ce mois de mai au rang des mois de mai les plus chauds depuis 1900, devant (+ )..
Concernant les précipitations, après un hiver déjà peu arrosé, le manque de pluie s’est poursuivi : avec 45 % de déficit de précipitations, le printemps 2022 est également le le plus sec depuis 1959. Le déficit a dépassé par endroits 60 % sur le Massif central, le long du couloir rhodanien et près de la frontière belge. En revanche, les cumuls ont été localement excédentaires sur l’est de la Corse. Pour Christian Viel, climatologue à Météo-France, la sécheresse exceptionnelle qui sévit en juillet et août résulte de la conjugaison de deux facteurs principaux : « Le premier déficit de pluies a eu lieu au pire moment, au moment de la recharge des nappes pendant l’hiver, de septembre à mars, et a été suivi d’un printemps extrêmement sec avec des températures très élevées, ce qui nous conduit à des conditions très sèches à présent. »..
Été 2022 Après un début de mois de juin globalement chaud, une vague de chaleur de forte intensité s'installe sur l’ensemble de pays du 15 au , perdurant sur les régions de l’Est jusqu’au 21. De nombreux records de chaleur et de douceur nocturne sont battus. Cette canicule est la plus précoce observée en France..
Le mois de juillet est marqué par une vague de chaleur particulièrement intense du 12 au 25. À l’échelle de la France, avec une température moyenne de 23.2 °C soit 2.1 °C de plus que la normale, se classe au troisième rang des mois de juillet les plus chauds depuis le début de XXe siècle, derrière (+3.3 °C) et (+2.3 °C), ex-æquo avec . Il se classe même au deuxième rang en ce qui concerne la température maximale moyenne avec 30.0 °C soit 3.4 °C au-dessus de la normale, derrière (+3.9 °C). Le 18 a été la journée la plus chaude jamais enregistrée en France tous mois confondus avec une température maximale moyenne de 37.6 °C soit 10.8 °C de plus que la normale. De nombreux records absolus ont été battus.
Sur le plan pluviométrique, un déficit de près de 85 % par rapport à la normale 1981-2010 est constaté en juillet. Ce mois est ainsi le plus sec sur la période 1959-2022 à l’échelle nationale. Il se classe au second rang des mois les plus secs tous mois confondus derrière , déficitaire de près de 90 % avec en moyenne sur le pays..
Sur le plan hydrologique, après le mois de juin, la situation tend toujours à se dégrader au mois de juillet. Le nombre de stations hydrométriques présentant un débit moyen mensuel proche ou supérieur à la normale reste toujours inférieur à 10 %, avec seulement 8 % des stations présentant une hydraulicité supérieure à 80 % du débit moyen interannuel rencontré sur le mois de juillet (valeur identique en juin). Près de la moitié des stations présentent une hydraulicitéL'indicateur d'hydraulicité est le rapport du débit moyen observé pendant le mois écoulé, à sa valeur moyenne interannuelle. inférieure à 40 %, la situation étant particulièrement critique en Auvergne-Rhône-Alpes, PACA et Pays de la Loire et qui s’aggrave désormais en Bretagne, Lorraine et Bourgogne-Franche-Comté..
Les réserves sont au plus bas fin août de sorte que des centaines de petites communes, mais aussi des villes comme Besançon, Chambéry, Chartres, Gérardmer (Vosges) ou Nantes, ont connu ou connaissent encore des situations de tension pour leur alimentation en eau potable. Au , environ un cinquième des canaux et des rivières était concerné par des restrictions d’usage et près de étaient fermés à la navigation (14,8 % du réseau)..
Automne 2022 Au mois de septembre, à la suite des nombreux passages pluvieux, la sécheresse extrême des sols superficiels s’est atténuée sur une grande partie du pays mais est restée sévère par endroits au nord de la Seine, sur la façade atlantique, le pourtour méditerranéen ainsi que le nord et l’est de la Corse.. Mais comme les sols continuent d'être extrêmement compacts et secs, ils favorisent le ruissellement, au détriment de l’infiltration de l’eau, condition nécessaire pour recharger les nappes, qui jouent le rôle de réserves souterraines. Le BRGM pronostique qu’à l’entrée de l’hiver 2022-2023, les niveaux des nappes seront nettement inférieurs à ceux de l’année précédente et recommande de maintenir les restrictions d’usage de l’eau. Au , 96 départements – la totalité de la métropole, Paris y compris –sont en état de vigilance, d’alerte ou pire, dont 77 sont en crise.
Le mois d'octobre est extrêmement chaud et assez sec sur la France, ce qui est problématique du point de vue de la lutte contre la sécheresse. La sécheresse des sols superficiels réapparait, et les nappes ne se rechargent pas.. Les restrictions d'utilisation d'eau sont encore nombreuses dans le pays. Dans le Roussillon, une sécheresse extrême se poursuit.
En novembre, la pluie revient sur la plupart des régions, mais le bilan est mitigé : si les côtes de la Manche et la façade atlantique recueillent beaucoup plus de pluie qu'à l'accoutumée, les deux tiers est du pays ne reçoivent pas tout à fait assez de pluie, et la recharge des nappes est donc peu efficace. Néanmoins, la sécheresse des sols superficiels a beaucoup diminué, voire disparu, dans la plupart des régions, hormis le Roussillon, qui subit toujours une sécheresse extrême..
Hiver 2022-2023 Décembre 2022 renoue avec un temps globalement sec sur le pays, hormis sur le Sud-Est, qui observe beaucoup de précipitations sur le mois. Le Roussillon continue à subir une très forte sécheresse (déficit pluviométrique de 77 % à Perpignan)..
En , le Sud-Ouest du pays retrouve les conditions pluvieuses, tandis que le Centre-Est, et surtout le Sud-Est, restent à l'écart des précipitations. Le Nord du pays reçoit globalement des accumulations de pluie normales. Il ne tombe que à la station de Marseille-Marignane., ce qui est proche du record absolu de sécheresse en janvier.
Février 2023 est un mois extrêmement sec sur la plupart du pays. La sécheresse des sols superficiels réapparait, alors qu'il n'a pas plu une goutte dans la plupart des régions pendant 30 jours... Les inquiétudes sont grandissantes quant à l'état des nappes à la fin de la saison de recharge, qui sont toujours très basses comparé aux moyennes ; elles sont même plus basses qu'à la fin de l'hiver précédent..
Printemps 2023 L'hiver n'ayant pas connu de période de recharge, le printemps est le moment où les plantes commencent leur processus d'évapotranspiration. L'eau ne peut plus s'écouler comme elle pouvait le faire en hiver. Cependant, des pluies printanières pourraient venir limiter la période d'étiage, mais la France débute donc le printemps avec beaucoup d'incertitudes et de vulnérabilités hydrologiques.. Les restrictions d'eau se sont en effet multipliées..
Dans le Roussillon, qui semble toujours être la région la plus éprouvée par la sécheresse, un feu de forêt de grande envergure se déclenche entre Cerbère et Banyuls-sur-Mer à la mi-avril, détruisant des habitations et forçant des habitants à se réfugier sur les plages..
Les précipitations retrouvent des niveaux normaux, comparées aux 25 dernières années, à partir de début mars..
Caractérisation de la sécheresse 2022 Sécheresse météorologique