Le pavillon de la France à l'Exposition Universelle de 1992 a pour but, durant les six mois de son ouverture au public, du au , de transmettre une image internationale de la France, à l'orée du troisième millénaire et en concordance avec le sujet général proposé par le pays amphitryon : l'Ère des découvertes.

Contexte L'Exposition universelle de 1992 accueille 102 pays et 20 représentations d'organismes internationaux..

Les contraintes d'espace sur une surface projetée de conditionnent d'une part le compte-rendu historique, le récit ou l'étalage des connaissances, des fastes et des techniques qui est tellement large que la tâche se présente comme un véritable défi aux architectes, aux concepteurs. D'autre part, l'Organisation de L'Expo92 propose un thème, La France décide d'y répondre en présentant les techniques du savoir comme un sujet, et met en place un scénario : l'histoire matérielle des messages depuis la Renaissance. Tout cela va être encadré dans un décor et on va choisir « Paris » comme lieu d'échange exemplaire et beaucoup plus large entre la culture et la vie.

Il est considéré qu'environ 7 millions de personnes ont visité le Pavillon de la France.. Pour la réalisation du projet La Compagnie Française pour l'Exposition de Séville (COFRES) est désignée comme le Maître d'ouvrage. C'est une compagnie anonyme qui est dirigée par M. François Delage qui sera nommé Commissaire Général de la représentation française.. L'État français est le principal actionnaire de cette compagnie.

Sur plus de 19 projets présentés, c'est le projet des architectes Jean-Paul Viguier et Jean François Jodry (et de Patrick Charoin et Marina Donda, comme architectes associés), sur une idée originale de François Seigneur, plasticien, qui est choisi.

Le projet se présente comme un grand parvis de verre ouvert, protégé du soleil par une plaque carrée en sustentation qui prétend être quasi invisible. Sa superficie est de . SHON. Les travaux commencent en 1990 pour se terminer en 1991. Leur coût est de 22 millions d'euros (hors taxes)..

L'architecture du pavillon Le pavillon se présente comme un espace ouvert de de côté, miroitant lorsqu'on le regarde de face et protégé des rigueurs du soleil grâce à l'ombre protectrice d'une partie structurelle appelée « Le ciel ». Il s'agit d'une énorme plaque bleutée qui non seulement semble léviter sur quatre supports minimalistes en acier inox mais prétend devenir invisible, sa couleur voulant ressembler, selon l'idée du projet, à celle du ciel de Séville.

L'entrée est libre. Pour pallier les hautes températures de la ville, des fontaines réfrigérées sont installées aux alentours, ainsi que des ventilateurs tournants sur les marches du parvis.

La structure du bâtiment est divisée en quatre parties principales : le ciel, qui couvre l'ensemble et le protège des rigueurs du soleil andalou, le parvis, le bâtiment lame aussi appelé bâtiment miroir et le puits d'images surmonté de promenoirs qui permettent une visite rapide au moyen de tapis roulants qui surplombent le puits à images.

La construction totale est de . Cependant, beaucoup d'autres éléments, comme un restaurant, un bar, une terrasse et les salles annexes du commissariat de la représentation française et de l'administration, composent un tout qui prétend enrichir tout l'ensemble pour offrir aux visiteurs une interprétation de la participation de la France aux découvertes et de son voyage à travers la curiosité depuis le jusqu'à l'orée du .

La curiosité sera, en effet, mise en scène dès l'approche des visiteurs que l'on prétend captiver par le reflet sur la façade miroir du bâtiment lame, de la coupole en cuivre du pavillon espagnol qui se trouve juste en face, de l'autre côté de l'Avenue des Découvertes ou bien encore des tours colorées du pavillon de l'Europe avoisinant. Les visiteurs découvriront alors une valeur esthétique ajoutée car les miroirs vont jouer des perspectives horizontales qui mettent en valeur le regard vers les autres, vers les édifices bâtis aux alentours (Pavillon de l'Espagne, de la Belgique, de l'Europe, ...). L'effet des miroirs se montre tel un écran sur lequel est projeté le monde. Ce sera un paradoxe architectural car le pavillon est à la fois un monument qui semble vide, qui disparaît ou qui s'éclipse en faveurs des reflets et dont chacun, en fonction de sa position, construit l'image. alt=Le jeu des reflets - Photographie du Pavillon de 2020|427x427px|Le jeu des reflets en 2020 - Photographie du Pavillon de 2020 Jl FilpoC, CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons|gauche

Pour ceux plus pressés, une visite plus rapide est prévue. 2 promenoirs leur permettront une traversée en quelques minutes sur le puits des images, qui devient, dès les premières projections IMAX, un des éléments intérieur le plus populaire : un océan d'images profond de 20 mètres. Absorbés para quatre trémies des milliers de personnes passeront de l'ambiance naturelle extérieure réelle et conviviale, à une dimension virtuelle, artificielle individuelle. On revient alors à l'idée du « Miracle de l'électricité » et des automatismes des tapis roulants qui projetteront le visiteur du jeu des regards horizontaux précédents, aux reflets vers le fond et les côtés du puits des images à la poursuite d'un nouvel axe vertigineux de regard vertical vers un monde virtuel mais aussi d'un monde réel à une dimension de sensations bien plus personnelle.

La visite en soi commence normalement depuis la terrasse située sur l'édifice Lame à laquelle on parvient en ascenseur, La perspective qu'on y a, à quelque 12 mètres de hauteur sur le Guadalquivir, sur l'île de la Cartuja, sur Séville et bien sûr tout autour sur la propre Expo92 reprend ce regard vers les autres, mais aussi vers une dimension historique de l'emplacement. Ce clin d’œil sur l'histoire aide le visiteur à se situer dans le temps ainsi qu'à prendre conscience de l'emplacement du pavillon dans son cadre géographique et temporel. C'est en quelque sorte une mise en scène, un premier temps, une ouverture. Le Pavillon de la France semble un videSeigneur François, Biasi Pierre-Marc de. Le pavillon de France à Séville, ou l'esthétique de l'absence. Genèse et matérialisation d'un concept architectural. Entretien. In: Genesis (Manuscrits-Recherche-Invention), numéro 3, 1993. pp. 81-104. mais pas son discours qui donne véritablement le vertige tel un balcon de 5 siècles sur l'histoire de la découverte d'un nouveau monde. Imbrication du concept architectonique et de l'espace vers un vide ou se reflètent toutes les idées et tous les progrès, toutes les cultures et toutes les aventures depuis 1492 jusque 1992.

Les expositions Le livre-monde - La ville Monde Cette exposition historique, sous la direction de Catherine Bertho-Lavenir, et réalisée avec la participation exceptionnelle de la Bibliothèque Nationale et de la Bibliothèque de France. Elle prend place à l’intérieur du bâtiment lame. Sur 40 mètres de long, 7 mètres de large et 9 mètres de hauteur. Le sol en verre transparent exposera 6 quartiers différents de Paris à six époques différentes. L'exposition de maquettes en volume sera suspendue entre le premier et le deuxième étage, et telle une suspension dans le temps représente pour les visiteurs un voyage des découvertes de la ville universelle, la ville-monde vers le livre-monde. La ville liée aux connaissances et le livre comme emblème d'universalité et de découvertes.

L'Imprimerie élément qui précédera d'une quarantaine d'années les exploits de Christophe Colomb, de Magellan et d'Amerigo Vespucci. On présente donc la ville suspendue entre les temps du XVe au XXe et tel un voyage ou une odyssée vers le savoir et la culture : les livres, les publications qui signalent un nouveau vertige entre les temps passés, contemporains et futurs.

Le vide du pavillon n'est donc qu'apparence qui comble les esprits lors de la visite. Le Pavillon dépasse l'idée de conteneur, de boite, ni même de vide : c'est plutôt un voyage vers nous-mêmes, une découverte de nous-même, les êtres humains, une combinaison entre l'avant-garde stupéfiante des techniques présentes à la fin du XXe et de la mémoire du chemin parcouru depuis les origines.

Si l'ère des découvertes suggère une formidable aventure humaine en 1992, la France va essayer d'illustrer, à travers son exposition le Livre-monde les changements qui ont précédé et rendu possibles ces découvertes. Le voyage vers notre passé et sa compréhension exigera la mise en valeur de collections de grandes institutions françaises telles que la Bibliothèque Nationale de France, l'Imprimerie Nationale, le Conservatoire National des Arts et Métiers. La conservation du patrimoine joue donc le rôle d'une véritable aventure humaine et une « mémoire de l'avenir » traçant non seulement la recherche vers le futur mais aussi la communication et la transmission des savoirs du passé.

Quelques livres, objets et machines en expositions vignette|De Civitate Dei au pavillon de France à l'Exposition Universelle de Séville 1992

Les précurseurs du

De civitate Dei (Le temps des manucrits) (vers 1400).

decretum Gratiani (corpus de droit canonique rédigé sous la direction de Gratien) XIIIe. Décrétales de Grégoire IX (parchemin). Exemplar a magnus (Jean Halgrin D'abbeville - Sermons). Commentaires sur les Sentences (Pierre de Tarentaise). Claribus Mulieribus (Boccace). Le livre de la cité des dames (Christine de Pisan). vignette|Amerigo Vespucci baptisa le nouveau continent América. Cosmographiae introductio au Pavillon de France à l'Exposition Universelle de Séville 1992

Du au

Cosmographiae introductio (René de Loraine) 1507. Le baptême de l'Amérique. Chronique du Roi Charles VIII (Phillippe de Commynes) 1528. Oeuvre politique et personnelle. Gravures des caractères (l'orfèvre Johannes Gutenberg). Presse à Imprimer classique exposée au Musée National des Techniques. Bible de poche (Ancien testament latin - Pentateuque 1539 BN dépôts des imprimés). Carte Portulan (Matheus Prunes - Majorque) 1586. Carte Portulan (Domingo de Villaroel - Naples) 1589. Des Sainctes pérégrinations de Jhérusalem. (Nicolas Le Huen - Lyon) Incunable français première traduction au français de Peregrinatio in Terram Sanctam (Bernhard Von Breidenbach). Bible Polyglotte (Christophe Plantin - Anvers) 1569-1573. Caractères hébreux (1879), caractères Grecs (1540-1550) et caractères syriaques (1625).

Quelques maquettes en volumes des quartiers de Paris au en exposition suspendue L'Hôtel-Dieu. La muraille de Philippe Auguste. L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés enceinte dans ses propres murs hauts de 9 mètres. La cathédrale Notre-Dame de Paris.

Les écrits sur les murs de la ville. (Rébus sur les misères de la France) 1590 - Gravure sur bois. L'Asne rouge (L. Hardouin - Paris) 1632 - Mazarinades. Placards, libelles, pamphlets dans l'expression des opinions qui s'affichent.

Le papier comme support de l'écriture. Feuilles à base de pâte de chiffons, plumes d'oies et encrier. Caractères romains de l'Université ( Capitales d'imprimerie et la minuscule caroline) Exposition des matrices originales de Jean Jannon. Mémoires (Cardinal de Retz) Manuscrit autographe vers 1675-1678. Manuel de Géométrie (Traité illustré de Sébastien Leclerc) entre 1669 et 1682. Thèse de Jean Ruzé d'Effiat dédiée au Cardinal Richelieu (Michel Lasne) 1642 dans l'allégorie: de l'idée à l'image. Décorations et machines aprestées aux Nopces de Tétis (Israël Silvestre) 1654 dans la mise en scène de la Ville. Pompe funèbre du chancelier Séguier (Sébastien Leclerc) 1648 dans la mise en scène de la mort. Agréable récit de ce qui s'est passé aux barricades de Parisde Verderonne, Claude Charles. Agréable récit de ce qvi s' est passé avx dernières barricades de Paris: descrites en vers burlesques. chez Nicolas Bessin, impr et libr. (de Verderonne, Claude Charles, N. Bessin) 1649. Les allégories de l’Arithmétique et de la Géométrie (Jean Humbelot) 1640.