Édouard Andréa, né le à Arbent (Ain) et mort le à Guebwiller, est un général de division et écrivain militaire français, grand officier de la Légion d'honneur.

Il se distingue lors de la Première Guerre mondiale puis surtout au sein de l'armée du Levant, tout d'abord contre les Turcs de Kemal Atatürk lors de la campagne de Cilicie, où, à la tête du régiment de tirailleurs algériens ( RTA), il se rend célèbre par la victoire d'Aïntab en , puis contre les Druzes de sultan el-Atrache lors de la révolte de 1925-1926.

Biographie Famille Issu d'une famille modeste, Édouard Andréa est le fils d'Auguste Andréa, aplatisseur à Arbent et Marie Adélaïde Delphine Mermet, modiste, domiciliés à OyonnaxDossier de la Légion d'Honneur de Édouard Andréa, Base de données Léonore.

Jeunesse Diplômé de l'École militaire d'infanterie, il est promu sous-lieutenant au 141 régiment d'infanterie (141 RI) le « Biographie du général Andréa », LeTell, 27 août 1930 [en ligne.

Promu lieutenant en , il est détaché au service géographique de l'armée, employé au levé des cartes de l'Algérie et de la Tunisie de 1897 à 1901 et du Tonkin de 1901 à 1905.

En , il est fait chevalier de la Légion d'honneur et capitaine au choix du régiment d'infanterie ( RI) en .

En 1912, il est nommé professeur adjoint de topographie à Saint Cyr.

Première Guerre mondiale À la mobilisation, il est affecté au 219e régiment d'infanterie (219e RI).

En , le capitaine Andréa est blessé au bras droit et rejoint le front à l'état-major de la armé.

En , il est promu chef de bataillon et affecté à la division marocaine à la tête d'un bataillon du 8e régiment de zouaves avec lequel il prend part à la bataille de l'Artois (mai-juin 1915). Il est cité à l'ordre de l'armée : .

Du au , il est en mission auprès du ministre des Affaires étrangères.

Le , il passe à l'état-major de la armée jusqu'au . Il est alors affecté au régiment d'infanterie ( RI), avec lequel il prend part aux offensives d'. Il est cité à l'ordre de la division pour ses faits d'arme du 15 au .

En , il a été promu officier de la Légion d'Honneur.

En , il est promu lieutenant-colonel à titre temporaire et placé au commandement du régiment d'infanterie ( RI) qui tient le secteur de la Main de Massiges pendant près d'un an. Il est intoxiqué par gaz ypérite le . Il se distingue à nouveau le 25 et , à l'attaque de la Hunding-Stellung, où il est blessé par éclat d'obus. Son régiment est cité à l'ordre de l'armée : .

Armée du Levant Campagne de Cilicie (1920-1921)

Après l'armistice du , le lieutenant-colonel Andréa est envoyé en Hongrie où il où il est placé à la tête du 157 régiment d'infanterie (157 RI), puis à Constantinople où il prend le commandement du régiment de tirailleurs algériens ( RTA).

En , il part avec son nouveau régiment pour la Syrie, où on lui confie le commandement de colonnes importantes lors de la campagne de Cilicie contre les Turcs de Kemal Atatürk.

Dans cette campagne de Cilicie, l'armée française se bat notamment pour « sauver l’honneur et secourir les Arméniens rescapés des massacres et des déportations dans le désert syrien »Hervé Gaymard dans la préface : , Charles de Gaulle et commandant Yvon, « Histoire des Troupes du Levant (1931) », dans La France et son armée , Tempus Perrin, 2016, .

Au commandement du RTA, rattaché à la 2e division du Levant du général Maurice de Lamothe, il prend part en à l'occupation de Barbeck puis, en , au ravitaillement de la garnison d'Aïntab. Il est cité à l'ordre de l'armée pour ses faits d'armes : .

Il prend part ensuite au dégagement et retrait de la garnison française de Tall Abyad qui se trouve coupée de l'arrière depuis deux mois.

C'est ensuite lors du siège d'Aïntab d' à , qu'il se rend célèbreNote du Service Historique de la Défense (SHD) : , Fonds Andréa, côte 1K 208, Service Historique de la Défense, lorsque ses tirailleurs algériens tiennent tête à une importante division régulière turque armée de pièces de gros calibres et de canons de campagne et renforcée par des contingents de partisans levés dans le pays. Les combats se terminent par la victoire française« Aïntab la place forte kémaliste se rend aux Français », Le Petit Journal, 11 février 1921 [lire en ligne« Le siège d'Aïntab - souvenirs sur les derniers combats du Levant », Le Journal, 29 octobre 1921 [lire en ligne, Charles de Gaulle et commandant Yvon, « Histoire des Troupes du Levant (1931) » dans La France et son armée , Tempus Perrin, 2016, . Préface de Hervé Gaymard., et Andréa reçoit les félicitations du haut commissaire, Henri Gouraud, et du ministre de la guerre : .

Confins de l'Euphrate et Haute-Djézireh (1923-1924) Andréa rentre en France en et prend le commandement du régiment d'infanterie ( RI) à Dijon.

En , il repart pour le Levant où on lui confie le commandement des confins de l'Euphrate avec la direction politique et administrative des territoires arabes ; il y obtient la citation suivante : .

Révolte druze (1925-1926)

En , la révolte débute au Djebel el-Druze par l'attaque et le massacre de la colonne du capitaine Normand lors de la bataille d'al-Kafr le puis de la colonne Michaud le lors de la bataille d'al-Mazraa. Plusieurs centaines de soldats de l'armée du Levant sont tués.

En , Andréa est nommé commandant de l'infanterie de la colonne du général Gamelin et chargé de débloquer la garnison française assiégée dans Soueïda. La ville est dégagée le .

La révolte s'étend en octobre à Damas.

En , Andréa est promu général de brigade, nommé gouverneur militaire de Damas et commandant de la région Damas-Djebel-Druze.

En , le général Gamelin lui donne le commandement de 10 000 hommes afin de reprendre le Djebel el-Druze. Il s'illustre par ses résultats à Soueïda ou le , après un bref combat, les Français sont à nouveau maitre de la forteresse de la capitale druze, « La bataille pour Soueïda (25 avril 1926) », Bulletin officiel du Comité France-Orient, janvier 1929 [en ligne, Charles de Gaulle et commandant Yvon, « Histoire des Troupes du Levant (1931) » dans La France et son armée , Tempus Perrin, 2016, . Préface de Hervé Gaymard. puis à Salkhad, au sud du djebel, prise le . Grâce aux méthodes du général Andréa qui consistent à s'appuyer sur un recrutement local de partisans, Général Andréa, La révolte Druze et l’insurrection de Damas 1925-1926, Payot, 1937, , le Djebel est entièrement reconquis, « La conquête du sud de Djebel-Druse par la colonne du colonel Andréa » dans Le Gaulois, 18 juillet 1926, [en ligne.

Après la pacification complète de la région, il quitte le pays en , Charles de Gaulle et commandant Yvon, « Histoire des Troupes du Levant (1931) » dans La France et son armée , Tempus Perrin, 2016, . Préface de Hervé Gaymard..

Retour en France thumb|left|Caserne des Célestins à Paris. Le général Andréa et le lieutenant-colonel Gibaux, nouveau colonel de la Garde républicaine (1930) thumb|Prise d'armes devant la mairie de Vincennes - le général Andrea, commandant la place de Paris, remet des décorations à d'anciens combattants (1932)

En France, il suit d'abord les cours du Centre des hautes études militaires puis commande l'École militaire d'infanterie de Saint-Maixent.

En il prend les fonctions de commandant de la place de Paris« Le général de brigade Andrea commandera la place de Paris », Excelsior, 22 mai 1930 [lire en ligne.

Il est nommé général de division par décret du .

Le il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur.

En 1937, il publie un ouvrage « capital » sur la révolte druze de 1925-1927, La révolte Druze et l’insurrection de Damas 1925-1926 aux éditions Payot, Le Figaro, 7 septembre 1937 en ligne.

Il meurt à Guebwiller le , âgé de 83 ans.

Décorations () (2 palmes, 2 étoiles d'argent, 1 étoile de bronze) (4 palmes)

(Tunisie) (Indochine française) sans_cadre|50x50px Officier de l'Ordre royal du Cambodge (Cambodge)

Le général Andréa compte 18 campagnes, 4 blessures et 10 citations, dont 7 à l'ordre de l'armée.

Hommages Lors du défilé du 14 juillet 1930, le général Andréa, alors commandant de la place de Paris, est aux côtés du général Gouraud, sur le front des troupes militaires, lors de leur présentation au Président de la République, Gaston Doumergue, accompagné du Bey de Tunis« Un 14 juillet prestigieux - Paris fait Une formidable ovation aux soldats d'Afrique », L'Afrique du Nord illustrée, 26 juillet 1930 en ligne.

thumb|Arbent - Rue Général Andréa Une rue porte son nom dans sa ville natale à Arbent.

Publications La révolte Druze et l’insurrection de Damas 1925-1926, Payot, 1937. Voir compte-rendu du Figaro du [lire en ligne.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Armée d'Afrique Armée du Levant Campagne de Cilicie Révolte druze de 1925-1927

Bibliographie Ouvrages Charles de Gaulle et commandant Yvon, « Histoire des Troupes du Levant (1931) » dans La France et son armée , Tempus Perrin, 2016, . Préface de Hervé Gaymard. Nombreuses références à Andréa.

Général Robert Normand, « Colonnes dans le Levant » dans Revue d’infanterie, numéros du , du et du Edmond Rabbath, « L'insurrection syrienne de 1925-1927 » dans Revue historique, [lire en ligne

Articles de revue ou de presse Le général Andréa a marqué l'histoire, Le Progrès, « Biographie du général Andréa », LeTell, [en ligne « Aïntab la place forte kémaliste se rend aux Français », Le Petit Journal, [lire en ligne « Le siège d'Aïntab - souvenirs sur les derniers combats du Levant », Le Journal, [lire en ligne « La bataille pour Soueïda () », Bulletin officiel du Comité France-Orient, [en ligne « La conquête du sud de Djebel-Druse par la colonne du colonel Andréa » dans Le Gaulois, , [en ligne

Archives Fonds Andréa côte 1K 208, Service Historique de la Défense

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