Climat, crises : Le Plan de transformation de l'économie française (PTEF) est un livre écrit par (TSP). Il propose un plan qui détaille des solutions pour transformer l'économie française, en la rendant moins carbonée, plus résiliente et créatrice d'emplois.

S’appuyant sur des analyses scientifiques et économiques, ce plan identifie les leviers nécessaires pour atteindre une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre. Il couvre des secteurs clés comme l’énergie, les transports, l’agriculture, l’industrie et l’habitat, en proposant des solutions concrètes et applicables. L’ambition du PTEF est de fournir une feuille de route claire pour accompagner la France vers la neutralité carbone tout en favorisant une économie plus robuste et équitable.

Historique de publication Au début de la campagne pour l'élection présidentielle française de 2022, (TSP) demande aux candidats de lui faire parvenir une synthèse de leurs engagements environnementaux dans le cas d'une victoire à l'élection. Tous les candidats, à l'exception d'Emmanuel Macron et Jean Lassalle, répondent. Leur programme est ensuite passé au crible par l'association..

Les auteurs, des dizaines de chercheurs et de bénévoles. membres du , rédigent ensuite à partir de 2021 un livre qui a vocation à peser sur le débat politique, et à l'éclairer, lors de la campagne présidentielle.. La préface est écrite par Jean-Marc Jancovici..

Selon le Shift Project, en , Shift Project (2024) Rapport intermédiaire : Vers des économies régionales bas carbone ; Une expérimentation en Bretagne, PDF, voir p 4/220 |url= https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2024/04/VERB_Rapport-intermediaire_240417_PDF.pdf.

Contenu

Présentation générale Climat, crises : Le Plan de transformation de l'économie française (PTE) se veut programmatique en ce qu'il propose un ensemble de mesures opérationnelles et cohérentes (réduire drastiquement la consommation d'énergie , limiter la consommation de matériaux. et limiter la consommation de biomasse), visant à faire baisser les émissions de gaz à effet de serre de 5 % par an en France dès 2022, mais aussi réduire fortement la dépendance de l'économie française aux énergies fossiles pour la rendre résiliente aux chocs énergétiques à venir.. Le livre rappelle en introduction le rôle central de la sobriété énergétique dans la décarbonation de l'économie française, à laquelle il convient d'adjoindre des mesures d'efficacité énergétique, sans oublier les progrès techniques. regrettait en effet que .. Jean-Marc Jancovici, président du Shift Project, explique que la population sous-estime cruellement « le sang et les larmes » que demande la décarbonation, mais que certaines mesures sont faciles à mettre en place, telles que ..

Sommaire Dans son développement, le Plan de transformation de l'économie française propose, en quatorze volets, des solutions à mettre en place dans les cinq années suivantes pour engager une réduction des émissions :

L'énergie. ; L'industrie lourde et chimique. ; L'agriculture et l'alimentation ; Le transport de marchandises ; La mobilité quotidienne ; La mobilité à longue distance ; La construction automobile ; Le logement ; L'emploi ; L'administration publique ; La santé ; La culture ; Les villes et territoires ; Les finances publiques et l'épargne.

Ces solutions sont .. Selon Jean-Marc Jancovici, la population sous-estime cruellement « le sang et les larmes » que demande la décarbonation, mais il existe des mesures faciles à mettre en place telles que .

Résumé

Énergie

Le volet « énergie » du Plan de transformation de l’économie française (PTEF) s'appuie sur le triptyque formé par la sobriété énergétique et l'efficacité énergétique d'une part (connus sous le vocable de négawatt) et l'électrification des usages fossiles d'autre part.

Le PTEF retient le scenario N03 (le plus nucléarisé) de l’étude de RTE "Futurs-Energetiques-2050". Cette étude définit, en accord avec la Stratégie nationale Bas Carbone :

La trajectoire de consommation de référence (-40% d’Energie Finale, 645 TWh électrique en 2050) et d’électrification des usages (55% électrique en 2050) ; 2 scénarios de consommation alternatifs : sobriété forte à 555 TWh électriques et réindustrialisation profonde à 752 TWh électriques ; 6 scénarios réalistes de mix de production : 1 à 100% ENR : M0, 2 en ENR + 13% Nucléaire Historique (NH : maintien des centrales existantes) : M1 (ENR diffus) et  M23 (ENR grands parcs), 3 en ENR + Nucléaire Historique + « nouveau Nucléaire » (SMR et 4eme génération) : N1(26% nucléaire), N2 (36% nucléaire) et N03 (50% nucléaire).

Industrie lourde et chimique Alors que la France se désindustrialise depuis la fin des Trente Glorieuses, la pandémie de Covid-19 qui a provoqué un fort ralentissement du commerce international a rappelé l'importance d'avoir une production domestique suffisante de certains biens stratégiques pour la souveraineté nationale. L'empreinte carbone doit ici être analysée sous deux angles : celui de l'impact environnemental des activités industrielles en France, et celui de l'impact des biens importés, aussi bien leur production que leur transport, car celui-ci résulte des délocalisations d’usines à l'étranger.

L'industrie en France représente 20 % des émissions de gaz à effet de serre nationales (soit bien plus que le poids économique de ce secteur, estimé à 13,5% du PIB) et s'est fixé pour objectif de diminuer ces émissions de 80 % entre 2015 et 2050. L'industrie lourde chimique, métallurgique, et des matériaux de construction (principalement le ciment) concentre des émissions de l'industrie française, tandis que l'industrie manufacturière (assemblage de composants pour produire des biens) ne pèse qu'un quart de ces émissions.

Pour se décarboner, il convient que l'industrie en France réduise ses émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie utilisée, ainsi que celles, non liées à l'énergie, mais procédant des réactions chimiques mises en jeu dans la production. Le PTEF propose quatre pistes : accélérer l'amélioration continue historiquement mise en œuvre par les industriels, notamment par une électrification croissante des usages fossiles dans la production, et la diminution, voire la suppression, de l’usage de gaz à fort effet de serre comme le protoxyde d'azote dans certaines industries chimiques, ou encore la diffusion de procédés bas-carbone dans la production de béton ; provoquer les conditions pour déployer des ruptures technologiques, comme des incitations fiscales, cahiers des charges des appels d'offres ou des lois environnementales contraignantes comme la RE2020, qui de CO2 par mètre carré de logement neuf construit. Parmi les technologies de rupture à fort potentiel pour décarboner l'industrie, le PTEF met notamment en avant l'hydrogène (priorisé pour la production d'acier et d'engrais) et la séquestration géologique du dioxyde de carbone ; amener le recyclage à la bonne échelle, pour des raisons d'efficacité énergétique, et relocaliser certaines productions, à des fins de réindustrialisation, promesse de nouveaux emplois ; adapter les volumes de production à la sobriété déployée dans les autres secteurs pour se décarboner, comme les batteries pour véhicules électriques, ou les matériaux biosourcés pour les bâtiments.

Agriculture et alimentation La production agricole et alimentaire est à la fois un sujet stratégique pour l'indépendance de la France et une ressource économique tant du point de vue des exportations que des emplois qui en dépendent. Si ce secteur est efficacement organisé pour produire de grandes quantités de nourritures, il n'est pas résilient en raison de sa forte dépendance aux énergies fossiles, aux intrants phytosanitaires, mais aussi en raison de sa . Cette filière est donc dans une situation paradoxale, étant à la fois l'une des principales causes de la crise écologique tant en raison de ses émissions de gaz à effet de serre (CO2, mais aussi méthane et protoxyde d'azote) qu'en raison de la pollution des sols, mais aussi l'une des principales « victimes » de cette crise.

Le PTEF étudie ce secteur en le divisant en trois activités : la production agricole, le transport, l'industrie alimentaire, et les lieux de commercialisation et de restauration. Une des caractéristiques de cette filière est que plus on avance de l'amont vers l'aval, plus les activités sont concentrées par un petit nombre d'acteurs : il y aurait plus de en France., chargés de la transformation de la production, et une distribution assurée par quelques grands groupes.. Des leviers de décarbonation existent à tous les maillons de cette chaîne, en changeant les méthode de production et notre alimentation, en réduisant les distances, et en diminuant le gaspillage alimentaire.

Pour y parvenir, le PTEF formule plusieurs propositions :

accroître la main d'œuvre agricole pour diminuer la dépendance de la production agricole aux énergies fossiles. Cela passe par augmenter l'attractivité du métier agriculteur en facilitant l'accès au foncier pour ceux qui souhaitent s'installer dans cette activité et en valorisant les formations initiales et continues dans l'agriculture ; réorienter les productions animales vers la qualité, la durabilité, l'autonomie, et la biodiversité, en réduisant les tailles des cheptels et les volumes de production (de 30 % pour le lait et les œufs, 50 % pour la pêche, et 70 % pour la viande bovine, de porc et de volaille). Cela permettrait de préserver les terres agricoles, d'autant plus qu'une large partie d'entre elles est utilisé pour produire de quoi nourrir le bétail et entre en concurrence avec la production agricole pour nourrir les humains ; diversifier les pratiques agricoles en encourageant l'agroécologie, qui peut prendre plusieurs formes : agroforesterie, allongement des rotations, agriculture sans pesticide, et une meilleure protection de l'environnement (eau, sol, et biodiversité) ; développer l'autonomie énergétique du secteur agricole dans un double objectif de décarbonation et de résilience face à la raréfaction des énergies fossiles ; raccourcir les chaînes logistiques et réduire de 80 % le flux de marchandises agricoles et alimentaires transportés en 2020 et 2050, par une meilleure mise en relations des producteurs locaux et des consommateurs pour encourager les circuits courts et en rééquilibrant la production des régions en pour que chacune puisse fournir sa population ; recycler les nutriments par des systèmes généralisés de compostage et de valorisation de biodéchets afin de réduire la dépendance du secteur à des ressources épuisables ou à fort impact à effet de serre comme le phosphate et les engrais azotés ; adopter des régimes alimentaires sains et durables, adaptés aux besoins physiologiques, sans excès ; renforcer la lutte contre le gaspillage alimentaire ; renforcer la lutte contre la déforestation importée.

Mobilités

vignette|upright=2|alt=L'illustration porte l'équation CO2 = Demande de transport × Report modal × Taux de remplissage (des véhicules) × Efficacité énergétique des véhicules × Intensité carbone de l'énergie. Ces facteurs sont ainsi classés selon leur proximité avec la sobriété énergétique pour les premiers et la technologie pour les derniers.|Décomposition des émissions de dioxyde de carbone des transports en cinq facteurs..