La famille Feydeau est une famille française originaire de Felletin en l’ancienne province de la Marche connue pour s’être illustrée depuis la fin du dans la magistrature, l’administration et l’Église. On compte parmi ses membres : un garde des sceaux de France, plusieurs conseillers d’État, intendants, membres de Cours souveraines et autres officiers de justice et finances, mais aussi de nombreux ecclésiastiques et militaires. Elle s’est divisée en plusieurs branches, certaines restées marchoises, d’autres établies au fil des emplois et des mariages en Bourbonnais et Île-de-France, puis en Bretagne, Champagne et Lorraine, etc., qui s’illustrèrent à titres divers et accédèrent presque toutes à la noblesse aux . De cette famille, seule subsiste la branche marchoise des Feydeau de Saint-Christophe, possessionnée à partir de 1729 à Saint-Christophe en Angoumois et anoblie (relief) en 1771Gustave Chaix d'Est-Ange, tome 18 Fel-For, 1922, , (lire en ligne)...
À ce jour, il n’y a pas de lien généalogique connu (bien que probable) entre l’une ou l’autre de ses branches bourbonnaises et la famille des auteurs dramatiques Ernest et Georges Feydeau également originaire du Bourbonnais.
Par ailleurs, cette famille est distincte des familles homonymes Feydeau de la province du Poitou, possessionnées à Romagne (La Millière) et Persac (La Mothe), Queaux (Ressonneau), Roumazières-Loubert (Peyras), de noblesse médiévale et éteintes.
Origine Originaires de Felletin où ils sont cités dès 1423Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 1903, (présentation en ligne), les Feydel (langue d’oc), Feydelli (en latin) ou Feydeau (langue d’oïl) sont mentionnés au en tant qu’habitants et bourgeois de cette ville de l’ancien comté de la MarcheLes Charités de la ville de Felletin au ( présentation en ligne)Le Cartulaire de Bertaud de Ry, gentilhomme normand, capitaine de Felletin sous Charles VII, publié par le Bulletin philologique et historique jusqu'à 1715 du Comité des travaux historiques et scientifiques, 1915 (présentation en ligne)Les Feydeau ne pouvaient donc déjà être en état de noblesse à cette même époque, contrairement aux prétentions des branches parisiennes de cette famille (pourtant bénéficiaires d’anoblissements en bonne et due forme… mais nettement plus récents) et aux premiers degrés chevaleresques des généalogies produites dans le cadre des maintenues de noblesse obtenues à partir du , reprises à la lettre par le chartiste Pierre Flament qui n'avait manifestement pas connaissance des actes publics mentionnés dans Les Charités de la ville de Felletin au présentation en ligne).
À la fin du , les fils de Thomas Feydeau (né vers 1430, + après 1496), habitant de Felletin et premier degré fiable de la généalogie.Bulletin de la Société d'émulation du Bourbonnais, 1913, page 276 ()., réalisent une importante ascension sociale grâce à leurs études universitaires et au patronage du duc Pierre II de Bourbon, comte de la Marche. Ces frères sont à l’origine des principales branches de la famille Feydeau. Leurs emplois et services ont été récapitulés par le fils de l’un d’entre eux dans sa préface à la Repetitio in cap. Raynutius, de testamentis()Patrick Arabeyre, Les idées politiques à Toulouse à la veille de la Réforme, Presses de l’Université Toulouse 1 Capitole, 2003, sur https://books.openedition.org/, ouvrage de droit du jurisconsulte Guillaume Benoît (1455-1516), professeur à l’université de Cahors, publiée en 1523 : vignette|Illustration moderne de la préface de la Repetitio, ouvrage du jurisconsulte Guillaume Benoît (1455-1516) Guilielmum Feydeum […] in iam dicto parlamento […] consiliarium : Guillaume Feydeau (+ en 1520), clerc, licencié en droit civil et en droit canon, prieur de Gassicourt (bénéfice situé à Mantes-la-Jolie), avocat au parlement de Paris, l’un des trois assesseurs au procès en annulation du mariage de Louis XII avec Jeanne de France en 1498, conseiller-clerc au parlement de Rouen nouvellement créé (1499), puis au parlement de Paris en 1507. Antonium Feydeum Borboniorum ducis medicum : Antoine Feydeau (+ en 1518), docteur en médecine, médecin de Pierre II de Bourbon qui fonda la branche bourbonnaise des Feydeau de Rochefort ; Martialem Feydeum […] iuris licentiatum : Martial Feydeau, licencié ès lois, avocat au parlement de Paris, père de Claude Feydeau, également licencié ès lois et avocat au même parlement, auteur de la préface à la Repetitio de Guillaume Benoît. Jacques Feydeau (père d’autre Jacobi Feydeau iurium auditoris auteur d’une pièce en vers insérée à la Repetitio de Guillaume Benoît à la suite de la préface de son cousin Claude Feydeau) qui demeura à Felletin et qui en fut vraisemblablement le consul mentionné en 1512 avec trois autres bourgeois de la ville. Il est l’auteur des branches restées felletinoises des Feydeau de La Roche, du Noncelier et Gioux, ainsi que des branches parisiennes des Feydeau de Brou, Calende, Vaugien, Eronville, Marville, etc. ; Michaëlem Feydeum […], iurius licentiatum, advocatum quondam in supremo Parisiensi […] parlamento […] nunc Marchiacensis provinciae praesidentem : Michel Feydeau, licencié ès lois, avocat au parlement de Paris, secrétaire de Pierre II de Bourbon qui l’envoya en 1502 en tant que juge ou président & lieutenant général en la sénéchaussée de la Basse Marche où il fonda à Bellac la branche des Feydeau de Saint-Christophe ; Petrum […], illusque ducis […] thesaurarium : Pierre Feydeau (+ vers 1546), entra lui-aussi au service de Pierre II de Bourbon puis fut trésorier du Bourbonnais (1515) à Moulins. Il fut l’auteur des branches bourbonnaises puis lorraines des Feydeau de Clusors, Lépaud, La Pommeraye, Demou, Bellange, etc. ;
Ayant intégré l’administration de la principauté des ducs de Bourbon à la fin du , puis l’administration royale avec le rattachement du Bourbonnais à la couronne de France en 1531, les Feydeau se succédèrent sur plusieurs générations dans ces emplois et offices de justice et finances. Ils accédèrent ainsi à la noblesse (par charge, maintenue ou relief, suivant les branches) aux , époque où il devint admis que cette manière de servir le roi et l’état conféré par l’exercice de ces fonctions publiques n’étaient pas incompatibles avec la noblesse. Les Feydeau étaient de noblesse de robeLudovic Lalanne, Dictionnaire historique de la France, 1872.
Branches principales Branche bourbonnaise des seigneurs de Rochefort (éteinte au ) La branche bourbonnaise des Feydeau de Rochefort est une lignée d’officiers de judicature et de finance qui s’éteignit au . Fondateur : Antoine Feydeau (+ en 1518), écolier en la faculté de médecine de Paris (1485-1486)., licencié et docteur en médecine de l’université de Pavie le Agostino Sottili, Lauree pavesi nella seconda metà del '400, 2008, page 77, Licentia et doctoratus in medicina domini magistri Antonii Feidelli diocesis Lemovicensis, oriundi ville Filitinii. , médecin & conseiller de Pierre II de Bourbon, son épouse Anne de France et de leur fille SuzanneAntoine Feydeau est par ailleurs connu pour avoir marqué les livres de sa bibliothèque de la mention Anthonius Fedellus Illustrissime Anna de Francia Medicus, Symphorien Champier, Duellum epistolare Galliae et Italiae antiquitates complectens, 1519, , qui entra en possession du fief de Rochefort à BessonPierre-Louis-Joseph Bétencourt, Noms féodaux ou noms de ceux qui ont tenu fiefs en France, 1867, page 153, , non loin de Moulins. Personnalités : son fils André Feydeau, juge-châtelain de Moulins, Bessay et PougnyHenri-Jean Martin, Le Livre et l’historien, 1997, page 98, , fut l’un des représentants du tiers état du Bourbonnais aux États généraux de 1560 tenus à Orléans, avec son cousin Jean Feydeau, de la branche de Clusors.. Mathieu Feydeau (1616-1694), filleul de Mathieu Molé (1584-1656), prêtre (1644), docteur en théologie de la Sorbonne (1645), fut en son temps l’un des célèbres représentants du Jansénisme en France. Exclu de la Sorbonne en 1656 pour son soutien à Arnauld, soutien de Port-Royal où il se retira un temps, il mourut exilé à Annonay. Il fut l’auteur de plusieurs ouvrages dont un Catéchisme de la grâce et Méditations sur les principales obligations du chrétien... Demeures/Fiefs : hôtel Feydeau (dit aussi Maison de Jeanne d’Arc) à Moulins, château de Rochefort à Besson, Demou à Trévol, etc.
Branche restée felletinoise des seigneurs de La Roche, du Noncelier, Gioux, etc. (éteinte) Cette branche est constituée de la descendance de Jacques Feydeau qui demeura à Felletin, ville d'origine de la famille. Elle s'y maintint en état de bourgeoisie tout en tenant fiefs autour de Felletin, donnant des consuls et officiers de judicature & de milice à cette ville. Cette branche s'y éteignit au . Fondateur : Jean Feydeau, l'un des fils de Jacques Feydeau (vraisemblablement consul de Felletin en 1512) ; Personnalités : Françoise Feydeau (1669-1718), vénérable du diocèse de Limoges, fondatrice des Sœurs de l’Instruction chrétienne à Felletin (1693), en l’honneur de laquelle l’ancienne rue du Treix de Felletin fut baptisée du nom de Feydeau au Abbé Léobon Pataux, Felletin aux XVII et XVIII siècles, 1880 ; Demeures / Fiefs : logis de La Roche à Saint-Quentin-la-Chabanne et de Ronteix à Gioux, Le Noncelier à La Nouaille, fief de Gioux, etc.
Branches parisiennes de Brou, Calende, du Plessis, Bois-le-Vicomte, etc. (éteintes) Cette branche est constituée de la descendance de Jacques Feydeau qui quitta Felletin pour s'établir à Paris où elle effectua une importante ascension sociale en tenant des offices de finances, puis la ferme générale des aides & des gabelles et la trésorerie de l'Epargne au tout début du . Rameaux de Brou, Calende, du Plessis, etc. Les Feydeau de Brou ont notamment formé une importante lignée d’intendants et de conseillers d’État. Ce rameau s'éteignit en 1943 à la mort de sa dernière représentante : la marquise de Saint-Paul. Fondateur : Joseph Feydeau, receveur des tailles de l'élection de Soissons, l'un des fils de Jacques Feydeau (vraisemblablement consul de Felletin en 1512) ; Personnalités : Henri Feydeau de Brou (1653-1706), aumônier ordinaire de Louis XIV puis évêque d'Amiens ; Paul-Esprit Feydeau de Brou (1682-1767), garde des sceaux de France en 1762 sous Louis XV ; Charles-Henri Feydeau de Brou (1754-1802) intendant, conseiller d'État, puis président de la Cour des Aides (1798) ; Eugénie Aglaé Adèle Sapey, marquise de Brou (1827-1913), salonnière et mélomane française ; Diane Feydeau de Brou, marquise de Saint-Paul (1848-1943), bienfaitrice, pianiste et salonnière française, chevalier de la Légion d'honneur ; Anne Marguerite Feydeau (rameau du Plessis) (1722-1798), abbesse de Willencourt, cousine du chevalier de La Barre qu'elle tenta vainement de sauver de sa condamnation à mort. Demeures / Fiefs : l'ancien hôtel Feydeau de Brou : à Paris au 44, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, habité par les Feydeau de Brou au ; le nouvel hôtel Feydeau de Brou : également à Paris au 13, rue de l'Université, édifié par cette famille au début du ; l'hôtel Feydeau du Plessis ou Feydeau-Duplessis (précédemment hôtel d'Ormesson) : à Paris au 5 de l'ancienne rue du Chaume (actuelle rue des Archives), résidence parisienne aux des Feydeau, seigneurs du Plessis-Saint-Antoine (Le Plessis-Trévise) ; l'hôtel Feydeau de Montholon : à Paris au 2, rue Séguier, dont l'une des façades borde la Seine ; châteaux de Brou à Brou-sur-Chantereine, Trancault, des Agneaux à Ozoir-la-Ferrière, etc. Principe de noblesse : secrétaire du roi en 1608. Titre : marquis de Brou en 1761 (éteint en 1882) Honneurs : entrées de la chambre du roi en 1783 (en faveur de Charles-Henri Feydeau de Brou)
Rameau de Bois-le-Vicomte (éteint au )