Une plateforme de lancement mobile ou table de lancement mobile ( ou MLP) est une structure métallique sur laquelle un lanceur spatial est assemblé dans un bâtiment et qui est conçue pour être transportée avec la fusée jusqu'à l'aire de lancement et pour servir de support à celle-ci durant les préparatifs de lancement et durant le lancement proprement dit.
Cette architecture s'oppose à celle de la table de lancement fixe, installée à demeure sur l'aire de lancement, sur laquelle le lanceur est assemblé (par exemple ou Vega) ou sur laquelle il est dressé après avoir été transporté à l'horizontale (par exemple fusée Soyouz). Les plateformes de lancement mobiles les plus connues sont celles utilisées par l'agence spatiale américaine, la NASA, pour lancer ses fusées géantes (, Navette spatiale américaine, Space Launch System). Les lanceurs , GSLV et ont également recours à des plateformes de lancement mobile. Toutefois celles-ci sont déplacées par rail alors que les plateformes de la NASA sont déplacées à l'aide d'un véhicule à chenilles.
La plateforme de lancement mobile sert également de plateforme de lance-roquettes verticale temporaire si la plateforme de lance-roquettes verticale est gravement endommagée après des catastrophes naturelles (tremblements de terre, tsunamis, éruptions volcaniques).
Description
La plateforme de lancement mobile est une structure suffisamment solide pour supporter la masse du lanceur une fois les réservoirs d'ergols pleins (jusqu'à pour les fusées géantes de la NASA). La plateforme de lancement comprend une base épaisse percée de larges ouvertures situées en regard des tuyères des moteurs-fusées du lanceur pour permettre aux gaz de s'échapper. Dans l'épaisseur de la plateforme on trouve des conduites dans lesquelles circulent les ergols, l'air climatisé, et d'autres fluides comme l'azote ainsi que des câbles électriques et informatiques qui permettent de relier les installations au sol et le lanceur.
Sur la plateforme se trouve une tour ombilicale d'une hauteur proche de celle de la fusée qui remplit plusieurs rôles : support pour les conduites et les câbles qui doivent être connectés à chaque étage du lanceur, stabilisation du lanceur, moyen d'accès au vaisseau spatial situé au sommet du lanceur pour l'équipage et les techniciens. Le lanceur est fixé à la plateforme par des mâchoires qui s'ouvrent lorsque la poussée des moteurs au décollage est considérée comme suffisante et nominale.
La table de lancement mobile peut être déplacée sur des rails (cas général, par exemple , GSLV, ) ou par un transporteur à roues ou à chenilles (lanceurs lourds de la NASA). Une fois arrivée sur l'aire de lancement, la plateforme de lancement mobile est positionnée au-dessus des carneaux (tranchées profondes permettant d'évacuer les gaz produits par les moteurs au moment de leur mise à feu) et déposée sur des piliers pouvant supporter la masse du lanceur une fois ses réservoirs d'ergols remplis. Les systèmes électriques et informatiques ainsi que les conduites d'alimentation en fluides passant par la plateforme sont alors reliées aux installations au sol.
Les plateformes de lancement mobiles du centre spatial Kennedy
Le concept de plateforme de lancement mobile, qui avait été utilisé pour la première fois par la l'Armée de l'air américaine pour son lanceur en 1964, est également choisi à la même période pour la nouvelle fusée géante de l'agence spatiale américaine, la NASA. Traditionnellement les lanceurs sont à l'époque assemblés sur le pas de tir, ce qui immobilise celui-ci sur une période généralement de deux mois. La direction des lancements de la NASA () propose d'assembler la fusée dans un bâtiment dédié puis de l'amener sur le pas de tir pour une dernière vérification avant le lancement. Ce scénario, combiné avec l'automatisation des tests, permet de limiter la durée d'immobilisation du pas de tir à et de protéger le lanceur des intempéries et des embruns salés durant une grande partie des préparatifs. Une étude est effectuée en Les responsables de la NASA prennent à l'époque connaissance d'un rapport qui indique que les soviétiques en utilisant cette méthode peuvent lancer une fusée quelques jours après son installation sur le pas de tir. pour comparer les deux méthodes d'assemblage avec l'option d'un transfert de la fusée à l'horizontale ou à la verticale. Elle met en évidence que le surcoût des installations et équipements nécessaires pour un assemblage à distance du pas de tir est largement amorti lorsque la fréquence des lancements est élevée ( par an). À l'époque, le programme Apollo envisageait une telle cadence de lancement.
Trois plateformes sont construites pour le programme Apollo (MLP-1, MLP-2 et MLP-3) et utilisées après adaptation (modification des ouvertures permettant aux gaz des moteurs de s'échapper, suppression de la tour ombilicale) par la navette spatiale américaine jusqu'en 2011. En 2022, ces plateformes ne sont plus utilisées. MLP-1 et MLP-3 sont conservées dans le bâtiment d'assemblage VAB et la NASA a décidé de ferrailler MLP-2.
Plateformes en service pour le programme lunaire Artemis
La NASA fait construire entre 2008 et 2010 pour le programme Constellation une plateforme de lancement mobile destinée au lanceur qui l'utilisa une seule fois avant l'arrêt du programme. Baptisée ML-1, la plateforme est modifiée entre 2013 et 2018 pour pouvoir être utilisée par le lanceur géant (SLS) deux fois plus lourd et à l'architecture complètement différente. La plateforme est haute de , longue de et large de . Elle comporte une tour ombilicale haute de . Les caractéristiques très différentes de l' et du SLS imposent de nombreuses modifications, notamment des bras mobiles de la tour ombilicale et des ouvertures de la plateforme permettant aux gaz des moteurs de s'échapper. Le coût, évalué en 2014 à environ , dépasse finalement les et la livraison prend trois ans de retard à la suite d'erreurs de conception et d'une mauvaise gestion des sous-traitants. Ces modifications qui s'achèvent en 2020 ne permettent de lancer que la version du SLS. La version du lanceur, plus haute, nécessite de nouvelles adaptations. Il faut pour faire passer la plateforme du standard à . Pour ne pas introduire de nouvelles contraintes dans le calendrier de lancement, la NASA décide en 2018 de construire une deuxième plateforme de lancement mobile (ML-2) conçue pour le lanceur SLS . Le coût des travaux, qui débutent en , est évalué à 540 millions US$.. ..
Galerie
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
Voir aussi
Articles connexes Table de lancement Base de lancement Pas de tir Tour ombilicale Engin de transport crawler
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