Le (en samoan et tokelau , en niuéen , en maori des îles Cook .) est, dans plusieurs îles de Polynésie (dont Samoa, Wallis-et-Futuna, Tuvalu, Tokelau et Tahiti), un viol perpétré par un homme sur une jeune femme en s'introduisant la nuit chez elle. Aux Samoa, le vise à déflorer la jeune femme et lui faire perdre sa virginité afin d'apporter la honte et le déshonneur sur sa famille.

Étymologie Le terme est constitué des termes (dormir) et (ramper). Il se réfère aux hommes qui rampent jusqu'à l'intérieur des maisons alors que ses occupants sont endormis.

Modes d'action Le est généralement perpétré pendant la nuit, alors que la victime dort. L'homme (en général un adolescent ou un jeune adulte) entre dans l'habitation d'une jeune femme, et cherche à avoir un rapport sexuel avec elle ou à la pénétrer. Si l'agresseur est pris sur le fait, il peut être sévèrement battu par le reste de la famille ; s'il revient, l'homme prouve sa bravoure aux yeux de ses pairs.

La définition du varie selon les sources écrites. La pratique est ancienne, mais semble difficile à documenter car les violences sexuelles sont souvent des sujets tabous dans les sociétés polynésiennes, et de tels actes ont pu être camouflés à travers des métaphores.

Samoa Aux Samoa, le vise à déflorer la jeune femme et lui faire perdre sa virginité afin d'apporter la honte et le déshonneur sur sa famille. La pratique est connue avant l'arrivée des Occidentaux, et a encore lieu au . Lorsqu'un individu est pris sur le fait, il est souvent battu par les hommes de la famille et puni par son village..

Tahiti On retrouve à Tahiti un terme similaire sous le nom de (qui signifie en tahitien « ramper la nuit »), bien que la pratique soit différente : il s'agit pour l'homme de pénétrer en rampant la nuit dans une maison pour parler à une femme et la convaincre d'avoir un rapport sexuel. S'il n'y a pas coercition physique, l'objectif poursuivi par le garçon est d'insister le plus possible . Pour l'anthropologue Patrick Cerf, cette pratique est sensiblement différente du samoan. Toutefois, un autre terme est utilisé en tahitien, , pour désigner la pratique de , qui est traduit par viol et implique une contrainte.

Cette pratique est ancienne, et d'après Patrick Cerf, largement encouragée dans la société tahitienne pré-coloniale. D'après cet anthropologue, elle représentait .

Tokelau Dans un article de 1988, le est décrit à Tokelau comme . À Atafu, cela est puni de dix ans d'exil. Dans une enquête menée en 2015 parmi de nombreuses communautés polynésiennes en Nouvelle-Zélande, les participants tokelauans indiquent que le est perçu comme une source de honte pour l'homme qui commet l'acte et pour sa famille ; la famille de la victime peut décider de sa punition.

Tuvalu À Tuvalu, le est décrit par Simati Faaniu (1983) comme le fait d'. Pour cet auteur, la rencontre est arrangée à l'avance entre le jeune homme et la jeune femme, mais si le jeune homme est pris par la famille réveillée, il risque d'être puni.

Wallis Pierre-Chanel Simutoga décrit cette pratique à Wallis :

Contexte

Valeur de la virginité Dans la culture wallisienne, la virginité est liée à la pureté : une fille vierge est considérée comme sacrée (, un terme signifiant également « interdite, réservée »). . Cette conception de la pureté féminine est partagée par de nombreuses cultures polynésiennes.

Défloration rituelle (Samoa) Aux Samoa, avant l'arrivée des missionnaires, le mari déflorait publiquement la fiancée avec ses doigts pendant la cérémonie du mariage traditionnel. Au besoin, la jeune fille était maintenue de forceLa femme était souvent en pleurs durant cette cérémonie (Tcherkézoff, 2003).. Le sang coulant de l'hymen déchiré était recueilli sur une étoffe blanche montrée à toute l'assistance, et les femmes présentes se l'appliquaient sur le corps, donnant lieu à des manifestations de joie. Ce sang devait constituer une preuve de la virginité de l'épouse, mais il symbolisait surtout le pouvoir de donner la vie.Pour les Samoans, le sang virginal est associé au sang menstruel : dans leur conception du monde, la procréation résulte de la rencontre entre le sperme masculin et le sang féminin. (Tcherkézoff, 2003).. Si la jeune femme avait eu un rapport sexuel avant cette cérémonie, les Samoans considéraient qu'elle avait « perdu » ce sang de la défloration et qu'elle était devenue , risquant de devenir stérile. Le rite de la défloration publique s'est maintenu jusqu'aux années 1950..

Voir aussi

Viol Agression sexuelle Virginité Défloration

Notes et références

Notes

Références

Catégorie:Viol Catégorie:Culture wallisienne et futunienne