Dora Moutot, née le , est une blogueuse et militante féministe française qui défend une approche biologique essentialiste et s'oppose aux droits des personnes trans.

Ces positions, qu'elle qualifie de « femellistes », lui valent notamment une forte opposition de militants ou militantes trans et d'autres féministes, qui la rattachent à la mouvance TERF (féministes radicales excluant les personnes trans).

Biographie

Formation Elle est diplômée en journalisme de mode à Central Saint Martins College of Art and Design..

Carrière

La Gazette du mauvais goût En 2009, Dora Moutot crée le blog La Gazette du mauvais goût, dans lequel elle répertorie .

Projet Webcam Tears En , elle crée le blog et projet artistique Webcam Tears, compilant des vidéos de personnes se filmant en pleurs avec leur webcam.

Autres activités En , elle remporte le prix Google-Le Monde pour son blog hébergé sur la plateforme de blogs du Monde.. En décembre de la même année, elle est nommée à la cérémonie satirique des Gérard de la télévision pour sa participation en tant que chroniqueuse à l'émission Comment ça va bien !..

En 2014, elle cofonde avec Sophie Pinchetti le webzine The Other, dédié aux sous-cultures et aux cultures alternatives.

Elle a écrit pour divers médias en ligne comme Vice et a été rédactrice en chef adjointe de Konbini..

Sexualité féminine sur les réseaux sociaux Le , Dora Moutot crée le compte Instagram « T'as joui ? », dédié à éduquer sur la sexualité féminine. Le compte relaie des témoignages de femmes critiquant les performances sexuelles de leurs partenaires masculins. Le compte connaît un certain succès sur les réseaux sociaux, totalisant près de en , et devenant une vitrine pour la critique des rapports hétérosexuels traditionnels.. Toujours au sujet de la sexualité féminine et de la domination masculine dans les rapports sexuels hétérosexuels, elle publie en 2021 le livre Mâle-baisées..

Scission progressive vis-à-vis du féminisme contemporain Féminisme essentialiste À partir des années 2020, Dora Moutot adopte des positions progressivement de plus en plus iconoclastes à l'endroit des mouvances féministes contemporaines. Son principal grief est la primauté, selon elle, de la « théorie du genre ». Ainsi, elle se définit comme « critique du genre » et « femelliste. », terme qu'elle utilise pour décrire le courant féministe essentialiste, duquel elle se revendique. Selon elle, l'idée principale à défendre est que les femmes ont des besoins spécifiques fondés sur leur biologie, permettant de sortir les femmes transgenres du groupe social des femmes, en raison notamment de l'absence d'organes reproducteurs féminins et de cycles hormonaux féminins. Elle critique, en outre, la notion d'identité de genre, affirmant que la génétique et la biologie constituent des critères suffisants et que les autodéfinitions et affirmations identitaires ne devraient pas faire l'objet d'une reconnaissance sociale et politique..

Elle adopte progressivement des réserves envers les principales conquêtes de la seconde vague féministe : en , elle qualifie ainsi la contraception d' pour les femmes.

D'après Constance Lefebvre, du collectif Toutes des femmes, Dora Moutot développe . En , après que le polémiste masculiniste canadien Jordan Peterson a nié l'existence du patriarcat et appelé les hommes à pour combattre leur , Dora Moutot rejette la qualification de masculiniste qui lui est attribuée par des féministes : cela serait selon elle une . Elle affirme que Peterson est . Elle a des relations personnelles cordiales avec l'essayiste d'extrême droite Julien Rochedy, qui défend des thèses masculinistes..

Controverse et prises de position contre les personnes trans En , elle cosigne une tribune intitulée , s'opposant à l'inclusion des personnes transgenres au sein du mouvement féministe. La tribune, publiée en premier lieu dans Le HuffPost, est dépubliée, avant d'être republiée sur le site internet de Marianne..

Son engagement contre la reconnaissance sociale et légale de la transidentité passe notamment par un activisme auprès des élus. Le 6 , Dora Moutot incite ainsi ses abonnés Instagram à mener une campagne de lobbying auprès du Sénat afin de faire supprimer la mention d'identité de genre d'un texte de loi visant à l'interdiction des thérapies de conversion. Cet appel provoque l'envoi de plus d'une centaine d'exemplaires d'un même mail type aux sénateurs examinant la loi. La veille du vote, elle affirme avoir été reçue avec Anissia Docaigne-Makhroff par la ministre Marlène Schiappa afin de présenter un dossier de ..

En , Dora Moutot et Marguerite Stern, autre représentante revendiquée du femellisme, signent une tribune adressée à la Première ministre, Élisabeth Borne, et publiée dans Marianne, dans laquelle elles s'opposent à une affiche du Planning familial représentant un homme enceint, qui reprend selon elles .. Selon Mediapart, le texte de cette tribune est .. À la suite de cette tribune, Marguerite Stern et Dora Moutot sont reçues par les députées LREM Caroline Yadan et Aurore Bergé. D'autres élus LREM s'indignent de ces invitations, comme Pierre Karleskind et Raphaël Gérard.

En , Dora Moutot publie un manifeste « femelliste » qui entend .. Elle lance, avec Marguerite Stern, une plateforme en ligne visant à porter . Elles réaffirment que ce qu'elles qualifient d' est .

En , elle s'oppose à l'amendement de La France insoumise proposant qu'une femme transgenre puisse être incarcérée dans une prison pour femmes..

Complotisme et critique du « lobby trans » Parmi ses nombreuses prises de position en rapport avec la transidentité, Dora Moutot affirme à plusieurs reprises que des un , partageant notamment les thèses de la blogueuse américaine Jennifer Bilek, qui dénonce des milliardaires qui auraient afin de .

Conséquences En raison de ses prises de position transphobes et de sa proximité avec des figures de l'extrême droite, Dora Moutot dit être victime de harcèlement de masse. Plusieurs marques mettent par ailleurs fin aux engagements commerciaux qu'elles avaient avec elle..

En , elle dénonce les dont elle aurait fait l'objet lors d'une manifestation à Strasbourg. L'autrice de Harry Potter, J.K. Rowling, dont les prises de positions sur les questions de genre lui avaient également valu des accusations de transphobie, lui apporte alors son soutien.

Sensibilisation sur la CBCG et naturopathie Dora Moutot est atteinte de la colonisation bactérienne chronique de l'intestin grêle (CBCG) depuis 2009 et entreprend plusieurs projets afin de sensibiliser au sujet de cette maladie. Elle traite ses symptômes avec un régime naturopathique..

En , elle publie le livre À fleur de pet, dans lequel elle raconte son expérience avec la CBCG. Elle anime également un compte Instagram consacré aux maladies intestinales.. En , elle sort la web-série Comment j'ai hacké mes intestins, centrée sur le CBCG. Elle est diffusée sur Arte.tv, TV5 Monde et France.tv Slash.. D'après L'Express, Dora Moutot y fait la promotion de traitements non conventionnels..

Controverses et critiques Controverse autour d'une plaisanterie sur l'État islamique En 2020, Dora Moutot publie une plaisanterie sur Instagram à propos de l'État islamique et de la pandémie de Covid-19 dans laquelle elle se demande si les membres de l'EI se réjouissent du port du masque, assimilé au hidjab.

Des internautes l'accusent d'islamophobie et de féminisme blanc, voire la cyberharcèlent. En réaction à la vague de harcèlement, elle porte plainte pour cyberharcèlement et diffamation. Elle reçoit le soutien du mouvement féministe Femen..

Transphobie

Condamnation pour

Le , dans l'émission Quelle époque !, sur France 2, elle qualifie le journaliste Hanneli Escurier de et la femme politique Marie Cau, première maire transgenre de France, d', lui refusant la qualité de femme et affirmant : Marie Cau lui reproche, en retour, d'être transphobe, suivie par Jérémy Ferrari, qui l'accuse de tenir un discours de haine.. Lors de cette même émission, elle prétend que les femmes trans seraient dangereuses pour les autres femmes au sein des établissements pénitentiaires, notamment à la suite de viols. Le journal 20 Minutes estime qu'il s'agit d' et qualifie ces propos de transphobes.. Son invitation par France 2 est critiquée par le site Madmoizelle.

En , à la suite de ces propos sur Hanneli Escurier et Marie Cau, les deux personnes concernées ainsi que les associations LGBT Mousse et STOP Homophobie portent plainte contre la militante pour ..

Dora Moutot organise à cette occasion une cagnotte sur la plateforme Leetchi pour contribuer à ses frais de justice. Les dons atteignent l'objectif des en vingt-quatre heures, ce qui conduit Dora Moutot à en revoir le montant à la hausse à deux reprises (, puis ). Après que de nombreuses personnes se sont adressées à Leetchi pour demander l'annulation de la cagnotte, la plateforme répond qu'elle est dans l'incapacité de le faire tant qu'un jugement en défaveur de Moutot ne sera pas rendu.. Le , Dora Moutot est condamnée pour par le tribunal judiciaire de Paris.

Le , SOS Homophobie annonce porter plainte contre Dora Moutot et Marguerite Stern pour leur livre Transmania. L'association accuse l'ouvrage de que les propos tenus . Elle annonce vouloir faire appel de sa condamnation en première instance.

Publications polémiques Son compte Instagram « T'as joui ? » est critiqué par des militants transgenres lui reprochant de ne pas inclure les personnes transgenres ou l'accusant de transphobie. En réaction à ces critiques, elle répond que les femmes cisgenres n'ont et critique un et une prégnants au sein du féminisme..

En , sept autrices se retirent d'un salon du livre féministe, après avoir appris la présence de Dora Moutot et Marguerite Stern à ce salon, en raison de leurs propos qu'elles jugent transphobes..

À la suite d'une demande de la mairie de Paris, JCDecaux retire en 2024 une publicité pour son livre Transmania, écrit avec Marguerite Stern et jugé transphobe par le premier adjoint de la mairie Emmanuel Grégoire.

Proximité avec l'extrême droite À la suite de la tribune publiée en dans Marianne, des médias comme Mediapart (selon lequel la tribune a été ), Libération ou Arrêt sur images considèrent qu'il existe une proximité entre Dora Moutot et l'extrême droite — , précise Arrêt sur images. Entre autres, Libération cite son passage dans des médias tels que Sud Radio ou L'Incorrect et son rapprochement avec Thierry Casasnovas, figure du conspirationnisme français, et anti-avortement, dont elle est personnellement proche et chez qui elle est woofeuse.

Promotion des pseudo-sciences D'après Le Point, Dora Moutot fait la promotion de traitements non conventionnels à propos de la CBCG. En , Moutot apporte son soutien au naturopathe Thierry Casasnovas, surveillé par la Miviludes.

Publications

avec Marguerite Stern, Transmania : Enquête sur les dérives de l'idéologie transgenre, Magnus, 2024.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes TERF Marguerite Stern

Liens externes

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