L'histoire d'Elmina, ville de 20 000 habitants située sur la côte du Ghana, commence au avec la fondation du premier comptoir colonial européen fondé sur le golfe de Guinée par les Portugais. Conquise par les Provinces-Unies au , Elmina devient un grand centre de traite des esclaves. Elle est cédée au Royaume-Uni en 1872.

Une incursion française (1380-1381) En 1380-1381, des navigateurs dieppois, à la recherche d'épices et d'ivoire, fondent La Mine sur la Côte de l'Or (actuel Ghana) avant que la guerre de Cent Ans n'interrompe les expéditions normandesLe commerce dieppois au Sénégal et en Guinée (1626-1679), Groupe de recherche d'histoire, Université de Rouen.

L'implantation portugaise En 1433, les Portugais s’emparent du Castel de La Mine, alors abandonné, pour le rebaptiser S. George del Mina qui deviendra plus simplement Elmina.

Le premier comptoir, dit « de la Mine » en raison de la grande quantité d'or qu'ils y trouvèrent à acheter, est officiellement fondé en 1471 par Jean de Santerem et Pedro Escobar de retour de Sao Tomé. Le fort Saint-Georges, São Jorge da Mina, est construit en 1482 par une décision du roi du Portugal, Jean II, prise l'année précédente. Une expédition est menée à cet effet par Diogo de Azambuja.

Le lieu devient la tête de pont du Portugal en Afrique de l'Ouest. Mais le fort São Jorge da Mina était davantage conçu pour contrer des attaques venant de la mer que pour celles venant de la terre.

Les Portugais n'avaient que trois ou quatre forts de taille modeste, principalement sur le littoral"Gradual Creolization: Studies celebrating Jacques Arends" par Rachel Selbach, Hugo C. Cardoso, et Margot van den Berg , mais celui bâti à l'intérieur des terres vers 1623, Fort Duma retenait l'attention. Avec d'autres Européens, ils convoitent en particulier d'une colline "La « Juridiction » du Fort Saint-Antoine d'Axim" par Albert van Dantzig dans la revue d'histoire Outre-Mers en 1979 . Un peu plus tard, ils tentent de remonter les rivières jusqu'à Saint-Antoine d'Axim via un petit fort du pays d'Iguira.

Cette position sera abandonnée par les Portugais selon à cause de la concurrence hollandaise et parce qu'ils trouvaient de l'argent au lieu d'or, d'après l'historien hollandais Albert van Dantzig.

Selon l'historien Jean-Michel Deveau, en 1623, les riverains de l’Ankobra attaquent une autre expédition portugaise remontant vers le nord pour ouvrir une mine à Aboasi, où le Fort Duma venait d'être érigé encore plus au nord d'Axim, toujours sur les rives de l'Ankobra"L’État de Benyinli et la naissance du peuple nzema : du royaume Aduvolé, - , Thèse de 3e cycle, Histoire, Université Nationale de Côte d’Ivoire, par René Allou Kouamé, en 1988 pour y extraire de l'or. Pour atteindre le Fort Duma, il fallait remonter sur 35 km le fleuve Ankobra, la mine étant située encore plus au Nord. Les populations africaines du littoral contrôlaient fermement son acheminement jusqu'à la côte, malgré la distance et un accès favorisé par la rivière sur la moitié du trajet.

C'est en 1636 qu'un séisme va abîmer cette mine mais aussi le Fort Duma, amenant les Portugais à l'abandonner.

La conquête hollandaise Plus tard les Hollandais venus de la côte reprendront ce fort, appelé Brofonson par les Africains, en 1653"Power and State Formation in West Africa Appolonia from the Sixteenth to the Eighteenth Century" par P. Valsecchi, en 2011 . Ce projet des Portugais d'ouvrir une mine à Aboasi correspond à un gisement aurifère de grande importance, qui sera identifié comme tel dès la fin du , puis au , par des orpailleurs et même dans les années 1950 "Le continent africain au milieu du siècle, perspectives et problèmes de la mise en valeur économique" par René Laure en 1952, page 170 comme ayant la plus forte teneur mondiale en or au mondeCroissance des jeunes nations en 1973, avec des gisements filoniens de 39 grammes à la tonne de tout venant. Cette mine d'Obuasi sera plus tard exploitée par AngloGold Ashanti au , lorsqu'elle assurera un demi-million d'onces d'or par an.

Ce gisement était considéré comme le plus riche de tout le Ghana à l'époque portugaise"Gold-mining and trading among the Ashanti of Ghana" par Kwame Arhin, dans le Journal des Africanistes en 1978 , sur les terres du royaume Denkyera, dont la première version, Bono Manso, négociait son or avec les Mande de la boucle du Niger Bend et les Mossi, puis avec tous les forts européens du dans lesquels la traite des esclaves ne remplace l'or qu'à la fin du , quand une guerre oppose les Ashanti, qui n'avaient pas accès à l'océan ni à l'or, et le royaume Denkyera en 1701–1702.

L'attaque de 1625 Le fort São Jorge da Mina ne fut pas le premier détenu par les Hollandais sur cette partie du littoral ghanéen. "Tableau Du Commerce Et Des Possessions Des Européans En Asie Et En Afrique" par Jean-Charles Poncelin de la Roche-Tilhac, aux Editions Selbstverl, 1783 , beaucoup plus au Nord, où ils bâtirent le fort Nassau, sur le sommet d'un roc escarpé, mais, comme il ne leur parait pas satisfaisant ils préfèrent avoir un autre Fort Nassau à Morée, ancien comptoir appelé aussi Mawri, à 3 lieues à l'est du Cape Coast, mieux adapté pour . Dans cette vue ils agrandissent considérablement ce fort Nassau, non loin du fort de la Mina, en 1624, dans les deux premières années d'exploitation de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales.

Les Hollandais attaquèrent l'année suivante, en 1625, le fort d'Elmina, dont la situation . , en partance vers les île d'Indonésie faisant partie des petites îles de la Sonde, mais les défenseurs du fort ont surpris l'armée hollandaise au pic de la colline voisine, , ce qui força les Hollandais à se retirer.

La flotte hollandaise, composée de 15 naviresBoxer, C. R., Fidalgos in the Far East (1948). a tiré plus de 2000 boulets de canons sur le fort et son amiral est mort pendant le combatTaylor, Gerard, Capoeira: the Jogo de Angola from Luanda to cyberspace, Volume 1 (2005)..

L'attaque de 1637 La conquête ratée , à l'appel en 1637 de Nicolas Van Ypren (militaire) commandant du Fort Nassau (Ghana) à Morée, avec l'aide de l'Eguafo voisin. Ce dernier y avait notamment et ses présents, pour , en faisant .

Le précédent commandant du fort Nassau (Ghana) était Pompeius de la Sale"GOVERNING THE FREE SEA: THE DUTCH WEST INDIA COMPANY AND COMMERCIAL POLITICS, 1618-1645" par l'historien Alexander Bick, sous la direction d'Anthony Grafton, en septembre 2012 , qui avait envoyé en 1635 un rapport à La Haye, signalant l'affaiblissement de la position portugaise. Le comte Jean-Maurice de Nassau-Siegen, alors occupé de la conquête du Brésil, a voulu saisir l'occasion qui se présentait de soumettre toute la côte d'or à la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Jean-Maurice de Nassau-Siegen accepte alors d'envoyer à Nicolas Van Ypren (militaire) le Colonel Hans-Coine, avec neuf vaisseaux de guerre et , d'autres sources parlant de 1200. La prise du fort portugais est facilitée par la participation d'une partie du millier d'habitants africains du bourg l'entourant, qui déploraient la baisse du commerce avec ce fort.

Les Hollandais s'étant assurés de ce soutien des Africains"Three Dutch Victories", le 22 août 2017 , la victoire était à portée de main facile. Le fort est pris en seulement quatre jours"Brothers in Arms, Partners in Trade: Dutch-Indigenous Alliances in the Atlantic World, 1595-1674" par Mark Meuwese, aux Editions BRILL, en 2011 le avec l'aide d'indigènes de Efutu et Komenda, selon le récit publié en 1647 par Gaspard van BaerleRerum per octennium in Brasilia et alibi nuper gestarum sub praefectura en 1647 par Gaspard van Baerle, cité par.

Les conséquences de l'attaque de 1637 Au printemps 1638, une proposition de se lancer dans le trafic d'esclaves est débattue au conseil d'administration de la WIC, en prenant soin de suggérer de la répartir équitablement entre les différentes chambres, et en recourant à des grands navires capables de transporter chacun 350 à 400 esclaves, chacun doublé d'au moins un navire plus petit, capable de remonter les rivières pour trouver des sources d'approvisionnement.

Un autre document suit un peu plus tard, proposant aux directeurs de la WIC d'approuver ce , mais à Ardra et le long du rio Calabria, deux sites à plusieurs centaines de kilomètres à l'est du fort, dans l'actuel Bénin et l'actuel Nigeria, sur la "Côte des esclaves", vers laquelle ces navires étaient censés naviguer après avoir fait auparavant une étape au fort d'Elmina.

En , les directeurs de la Chambre de Zélande observent ainsi qu'« on envisage d’ouvrir partiellement la traite des esclaves». Mais ces projets , et quelques mois avant le traité de paix du avec le Portugal ne prenne effet, Jean-Maurice de Nassau-Siegen demande à la WIC de lui laisser organiser une mission pour chasser les Portugais de Luanda, géographiquement plus proche du Pernambouc hollandais et où le nouveau gouverneur Pieter Mortamer présente au second semestre 1641 des plans pour la construction de “baraques de transits” et de navires plus adaptés au commerce négrier.

Les débats continuent en 1643 quand deux administrateurs de la Chambre d'Amsterdam, Johannes de Laet et Abraham Willmerdon, présentent une proposition formelle, pour autoriser les marchands privés à faire du commerce avec l'Afrique, en signalant la concurrence des Anglais. Peu après une brochure anonyme adressée à tous les actionnaires de la WIC dénonce le fait que , et que malgré la , voulant concurrencer les Anglais, avec pour effet de , tout en reconnaissant que . Le remède serait pire que le mal, souligne l'auteur anonyme qui pointe aussi les problèmes d'administration au sein de la WIC. À bien des égards, le débat sur le libre-échange avec l’Angola a reflété le précédent débat sur le libre-échange avec Brésil, avec à chaque fois la Chambre d'Amsterdam la plus militante en sa faveur et celle Zélande, la plus opposée.

Au même moment, à Curaçao, le directeur général Johannes van Walbeek, suggère en 1639, ce qui sera réclamé plus fermement par son successeur Pieter Stuyvesant (1642-1644), d'ouvrir l'île au commerce privé.

Au Brésil, les Hollandais ont avancé leurs campagnes contre les guérilleros portugais au nord du fleuve Sao Francisco et en annexant le district de Ceara, leur permettant en 1637 d'affirmer que la moitié des capitaineries du Brésil étaient désormais entre leurs mains.

Le , le gouverneur lance une attaque contre Bahia, la capitale portugaise du Brésil, avec 31 navires et près de 5000 hommes, dont au moins 800 alliés autochtones. Après que les troupes eurent débarqué à quelques kilomètres de Bahia et pris quelques forts portugais, la bataille dura une quarantaine de jours, les Portugais tombant dans des embuscades et ne parvenant pas à s'emparer des batteries de canon, puis perdant près de 250 hommes, ce qui les força au repli.

Peu après a lieu au Sud de l'Angleterre la bataille des Downs, ou bataille des Dunes, du , qui cause des pertes humaines énormes : et selon les rapports de l'époque, estimation révisée désormais à et soldats tués et autres capturés pour les Espagnols et entre 500 et pour les Hollandais.

Les 95 navires hollandais de l'amiral Maerten Tromp et du vice-amiral Witte de With, détruisent 32 grands vaisseaux espagnols, ce qui place soudain l'emprise espagnole en Amérique du Sud en danger, le vice-roi du Pérou écrivant le , que les Hollandais pouvaient se rendre à Callao sans être découverts, tandis que les habitants ont massivement fui Lima dans les montagnes, emportant leurs objets de valeur.