Le ghetto de Pabianice est un ghetto juif de la Seconde Guerre mondiale situé à Pabianice, une ville polonaise annexée au territoire allemand, dans le Reichsgau Wartheland. Créé en , il est liquidé par la police allemande en : environ la moitié des résidents sont assassinés sur place ou déportés au centre d'extermination de Chełmno, les autres étant déportés dans le ghetto de Łódź.

Histoire Occupation allemande Avant l'arrivée des troupes allemandes le , Pabianice compte approximativement (près de 18 % de la population totale au recensement de 1931)..

L'occupation allemande se traduit immédiatement par des violences antisémites : plusieurs Juifs sont exécutés tandis que la synagogue est vandalisée le jour de Roch Hachana. Dans les mois qui suivent, les nazis mettent en place des mesures de discrimination des Juifs : confiscation de leurs biens, interdiction de circuler sur les trottoirs, couvre-feu, interdiction de quitter la ville, etc..

Plusieurs Judenrat successifs sont mis en place par l'occupant à partir d'. En de la même année, un millier de Juifs est déplacé de force à Kałuszyn, plus à l'Est.

Création du ghetto Pabianice est l'une des premières villes du Reichsgau Wartheland à accueillir un ghetto, en , après Piotrków Kujawski () et pendant la constitution du ghetto de Łódź, à la suite de l'échec partiel de la déportation des Polonais et Juifs vers le Gouvernement général de Pologne. Composé d'une centaine d'habitations dans la vieille ville, le ghetto n'est pas ceint d'une clôture mais les Juifs, qui doivent s'y entasser en raison de l’exiguïté des lieux, ont interdiction d'en sortir. Une police juive, dont le chef est un membre du Judenrat, est créée le mois suivant avec des missions répressives ; elle compte à la fin de l'année.

Le Judenrat s'emploie à rendre les Juifs du ghetto productifs ; il crée ainsi en et deux ateliers de couture dans lesquels travaillent à la confection d'uniformes pour la Wehrmacht un total de . En , plus de travaillent comme couturiers.

En , sont recensés à Pabianice.

À partir de , des rafles de Juifs sont menées par les Allemands avec la participation de la police juive pour les envoyer dans des camps de travail forcé. Les deux premières déportations concernent le et le ..

Liquidation La préparation de la liquidation du ghetto commence fin 1941 avec la fourniture d'une liste des Juifs, signalant les handicapés et les jeunes enfants, aux Allemands par le Judenrat. En , la Gestapo soumet tous les Juifs âgés d'au moins à un examen médical, au terme duquel chacun est tatoué « A » ou « B » sur le torse selon qu'il a moins ou plus de et qu'il est bien-portant ou malade.

Le , la police allemande, commandée par Hans Mayer, encercle le ghetto et tous les Juifs sont sommés de se présenter devant leur logement, puis de se regrouper au stade municipal rue Zamkowa, au prétexte d'un nouvel enregistrement dans les registres. Ceux qui tentent de se soustraire aux ordres et de se cacher sont abattus sur place. Le lendemain, après avoir passé la nuit sur leur lieu de rassemblement, approximativement du groupe « B » sont conduits à un train de wagons de bétail puis déportés au centre d'extermination de Chełmno ; d'autres, ainsi que les 150 occupants de l'hôpital du ghetto, sont exécutés sur place.

Les membres du groupe A, de à selon les sources, sont quant à eux convoyés par tramway au ghetto de Łódź, où ils arrivent les et . Le jeune Dawid Sierakowiak, qui réside à Łódź, relate dans son journal l'arrivée des convois. :

Certains des Juifs déportés à Łódź sont répartis dans les camps de travail forcé environnants. Quelques Juifs demeurent dans le ghetto de Pabianice après la liquidation pour procéder à son nettoyage. Plus d'une centaine de Juifs, pour l'essentiel des tailleurs, restent jusqu'au , date à laquelle ils sont à leur tour déportés à Łódź.

Judenrat Le premier Judenrat est instauré par l'occupant allemand en . Il est composé trois membres, élus par des représentants des institutions juives locales, lesquels sont néanmoins arrêtés et déportés après s'être opposés à l'expulsion de Juifs de certains quartiers de la ville pour permettre l'installation d'Allemands.

Le Judenrat a ensuite pour président un avocat nommé Shapiro (nommé par les Allemands après le refus d'Yitzhak Urbach, élu par ses pairs), puis Jehiel Rubinstein, lequel nomme les autres membres du conseil.

Le conseil juif compte fin 1940. Il est chargé de la distribution des rations alimentaires au sein du ghetto et de l'organisation de la vie économique. Une taxe de 10 % sur les revenus des travailleurs juifs contribue au financement du Judenrat.

Le Judenrat rémunère les membres de la police juive, à hauteur de 10 à par semaine (25 pour le commandant).

À partir d', relate l'historien américain Isaiah Trunk, des membres du Judenrat sont accusés par certains habitants du ghetto, qui se plaignent auprès des autorités allemandes, de s'approprier et vendre une partie des rations alimentaires à des prix élevés au marché noir ; douze d'entre eux sont arrêtés et cinq demeurent en détention, dont le président Jehiel Rubinstein. Un procès se tient en , selon Isaiah Trunk. Les sources divergent quant à l'issue de l'affaire : les membres du Judenrat sont exécutés publiquement après leur arrestation par la Gestapo en La notice de lEncyclopedia of Camps and Ghettos, 1933–1945, signée par l'historien britannique Martin Dean, évoque , ce qui est incompatible avec les autres sources ; il s'agit probablement d'une coquille. selon lEncyclopedia of Camps and Ghettos, 1933–1945, exécutés à l'été 1942 au terme d'un long procès selon The Yad Vashem Encyclopedia of the Ghettos During the Holocaust, déportés (sans date précisée) selon la notice signée Danuta Dombrowska dans Encyclopaedia Judaica, ou bien leur sort demeure inconnu selon Isaiah Trunk, qui émet l'hypothèse d'une pendaison dans le ghetto de Łódź en , après la liquidation du ghetto de Pabianice.

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie

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