Pascale Olivier est le nom sous lequel est connue comme poétesse Simone Tourraton-Deschellerins, née de Barrau de Muratel, le à Pouzy-Mésangy (Allier) et morte le à Châteauneuf-sur-Loire (Loiret).

Autrice de poèmes , de récits, d'écrits se rapportant à la chasse, de chroniques littéraires.

Ses principales sources d'inspiration sont la Montagne Noire où elle a passé une grande partie de son enfance et de son adolescence, et le Loiret où elle a vécu la plus grande partie de sa vie et où elle est enterrée auprès de son époux.

Biographie Ascendance Pascale Olivier est issue de deux familles protestantes.

Du côté paternel, les Barrau de Muratel possèdent une propriété dans la Montagne NoireLa famille de Barrau de Muratel, chevaliers de Campouliès, par Bernard Arribat et Robert Pistre, CRPR, 2016, .. Son grand-père, David Maurice Armand de Barrau de Muratel (1821-1899), épouse, en 1948, la militante féministe Caroline Coulomb (1828-1888) amie de Pauline Kergomard (1838-1925), fondatrice des écoles maternelles en FranceNotice dans le Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, par Patrick Cabanel et André Encrevé, 2015, .. Ils ont trois enfants dont Saint-Cyr Jean François (1861-1934), époux de Suzanne Thuret (1868-1950), les parentsMariage des parents le 15 juillet 1888 à Pouzy-Mésangy ; acte n°19, registre des mariages de Pouzy-Mésangy de Simone.

Du côté maternel, on peut remonter la filiation des Thuret jusqu'à Jehan Thuret, écuyer, né en 1418. Les descendants de ce dernier sont des commerçants et des hommes d'affaires en France, puis aux Pays-Bas, revenus ensuite en France au début du XIXe siècle. Rodolphe Thuret, le grand-père de Simone, fait construire le château de Champroux à Pouzy-Mésangy (Allier), et son fils Raymond, frère jumeau de Suzanne Thuret, construit La petite Presle, inaugurée en 1868, où naît SimoneReconsidération du protestantisme des Thuret, généalogie des Thuret de Senlis, Hollande et Bourbonnais par Daniel Thuret. Cahier du centre de généalogie protestante n°145, p. 20-53..

Jeunesse Simone de Barrau de Muratel voit le jour au château de la Presle à Champroux, commune de Pouzy-Mésangy.

Son enfance se déroule dans la Montagne Noire tarnaise et à Paris.

Elle grandit dans un milieu familial attaché à la culture et à la pédagogie. Déjà, sa grand-mère paternelle, Caroline de Barrau, fut pionnière en ce domaine.

Par ailleurs, toute la famille est musicienne. Dans sa lettre à Louisa Paulin du 26-07-1938, Pascale Olivier écrit : « Car je suis protestante, et chez moi aussi le petit cimetière protestant, sorte de Paradou clos de cyprès, repose à côté du cimetière catholique, tout contre la montagne. J'y ai mené, il y a quatre ans, mon père, dont la présence était pour moi, je l'imagine, ce qu'est pour vous celle de votre mère. Depuis qu'il est parti, la montagne n'est plus la même – ni la musique. Car nous en faisions ensemble, indéfiniment, depuis mon enfance. Et je lui dois la connaissance, et en grande partie, l'amour de cette musique qui est le fond même de ma vie, je crois, et que je voudrais faire chanter dans mes poèmes ».

Après ses études secondaires et son bacDans sa lettre à Louisa Paulin du 29-08-1939, elle écrit « je reprendrai du service dans un hôpital, j'ai déjà fait l'ange au sortir du bachot… », elle entre à l'école d'infirmières de la Croix-Rouge françaiseD'après le récit des frères Kergomard dans La famille de Barrau de Muratel, chevaliers de Campouliès, par Bernard Arribat et Robert Pistre, CRPR, 2016, . .. En , elle est prête à accueillir les blessés dans un hôpital parisien de la Croix-Rouge.

Le , elle rencontre son futur mari. Les fiançailles sont bientôt annoncéesLes fiançailles sont annoncées dans de nombreux journaux dont le Figaro le 23-05-1919, le New York Herald du 23-05-1919 et le Journal du Loiret le 24-05-1919. . Le mariage a lieu le Acte de mariage du 20 juin 1919, archives numérisées de Paris ..

Famille Simone est le troisième enfant de Suzanne Thuret ( - ) et Saint-Cyr Jean François de Barrau de Muratel ( - ). Elle épouse le à Paris , Louis Jean Olivier Tourraton-Deschellerins (1887-1964), cadre de banque. De cette union, vont naître deux filles : Roseline (1920-2005D'après l'acte n°8 du registre des décès de Châteauneuf-sur-Loire de l'année 2005, elle est née à Paris XVIe le 20/04/1920 et décédée à Châteauneuf le 07/02/2005.) et Christiane (1921-2017D'après l'acte n°92 du registre des décès de l'année 2012 à Châteauneuf-sur-Loire, elle y est née le 21/09/1921 et y est décédée le 23/12/2012.)

vignette|Pascale Olivier et son mari, dans le petit salon du château de l'Étang vers 1960 Les recueils de poésie de Pascale Olivier sont tous dédiés à son mari et portent la mention « Tibi » (À toi)Actne n° 305, mariages Paris XVIe, 1949,imprimée sur la première page blanche – sauf Les Plumes du geai, dédié à son père. Sur la page de garde des Plumes du geai, elle écrit : « Pour toi, compagnon de mes chasses qui m'a appris à mieux connaître, et à mieux aimer, les animaux qu'on appelle sauvages… ce petit livre écrit à tes côtés, with erverlasting love. »

Olivier meurt le au château de l'ÉtangActe de décès du 27 janvier 1964, registre d'état-civil de Châteauneuf-sur-Loire..

Simone meurt le 28 octobre 1979 au château de l'ÉtangActe de décès n°57 du 28 octobre 1979, registre des décès de Châteauneuf-sur-Loire.. Les deux époux ont été inhumés au cimetière de Châteauneuf-sur-LoireCarré JN, rangée de gauche, ..

Une femme engagée Au sein de la Croix-Rouge au cours des deux guerres mondiales

alt=Simone Deschellerins, conductrice-ambulancière dès le début de la seconde guerre mondiale.|gauche|vignette|Simone Deschellerins, conductrice-ambulancière au sein de la Croix-Rouge française vers 1940. Au début de la seconde guerre mondiale, à Châteauneuf-sur-Loire, Simone s'implique dans les soins à la population et participe à la campagne de vaccination au dispensaire de Châteauneuf avec le Brinon, alors maire de la villeRegistre de délibérations du conseil municipal de Châteaneuf pour l'année 1940.. En 1939, ses filles aident à l'accueil des réfugiés à Châteauneuf-sur-Loire dans le cadre de leur activité bénévole d'éclaireusesLe Trèfle, bulletin des chefs et des éclaireuses ainées de la fédération française des éclaireuses, 1939-10-20, ..

En , elle recueille des réfugiés en son domaine de l'Étang et participe au soutien aux réfugiés organisé par la ville : « Le tout fut complété par l'installation à la salle Jeanne d'Arc d'une infirmerie préparée par les soins de Registre des délibérations du conseil municipal en date du 14-01-1940, cote 1D33. ».

Dans une lettre adressée à Louisa Paulin, datée du , comme beaucoup de Français au début de la seconde guerre mondiale, elle exprime sa confiance envers le gouvernement et elle écrit : « Notre défaite est bien grande – nous en sortiront-ils, Pétain et Weigand ? Comme vous, je suis désolée de voir qu'ils ont repris avec eux de vieux politiciens dont nous ne voulons plus. Et pourtant, j'ai confiance en eux – absolue confiance. »..

Dès le début de la seconde guerre mondiale, elle est chargée avec le docteur Koenig et en sa qualité d'infirmière à la Croix-Rouge, du service de santé dans les camps du Loiret où sont détenus les prisonniers de l'armée française issus des colonies françaises ; à cette date, ils étaient 6804 répartis dans les différents camps du LoiretDocument du comité d'assistance aux prisonniers de guerre : état approximatif des prisonniers originaires d'Algérie, des colonies, protectorats et pays sous mandat dans les camps en France (Frontstalags) à la date du 15 mai 1941 ; il mentionne : médecin, Dr Koenig, infirmière-ambulancière, Mme Deschellerins. et les hôpitaux de prisonniersDans un courrier du comité d'assistance aux troupes noires, en date du 30 juillet 1941 et signé par le commandant Bouret, secrétaire général adjoint, on demande à mademoiselle Germaine Tillion de remettre à madame Deschellerins, sous-déléguée au comité central des prisonniers de guerre, des objets destinés au tirailleur Sabou Diallo, qui se trouve à l'hôpital de prisonniers d'Orléans (Frontstalag 151). . « Elle avait tenu à se consacrer à un travail bénévole d'infirmière… Pendant des années, avec sa seconde fille, elle mena une vie de forçat, allant en toute saison, par tous les temps, avec des moyens de fortune, avec une camionnette, assister des ménages sinistrés, ravitailler des camps de prisonniers, Sénégalais, Indochinois, Malgaches… Pascale Olivier, poète de la Montagne Noire, conférence de Lucien Naves organisée par la Société languedocienne, Gaillac, 13 mars 1954»

Après la guerre, elle reste très active au sein de la section de la Croix-Rouge française d'Orléans. En 1954, elle est déjà vice-présidente du conseil départemental de la Croix-Rouge française et directrice de la section automobile sanitaire d'OrléansVie et bonté : organe officiel de la Croix-Rouge française, numéro du 01-04-1954.. Elle met fin à sa charge de chef de section à la Croix-Rouge française d'Orléans après le décès de son époux, en 1964Vie et bonté : organe officiel de la Croix-Rouge française, n° du 01-04-1964..

La première femme à être élue à un conseil municipal à Châteauneuf-sur-Loire vignette|Le conseil municipal de Châteauneuf-sur-Loire élu en 1953. Simone Deschellerins est au premier rang, à gauche du maire, Claude Lemaître.|alt=Le conseil municipal de Châteauneuf-sur-Loire, 1953. Élue en 1953 sur la liste de Claude Lemaître, ancien résistant dans le groupe Libération nord puis déporté à Mauthausen, elle est ainsi la première femme à siéger au conseil municipal de Châteauneuf-sur-Loire. Elle y restera pendant trois mandats et sera rejointe en 1959 par une deuxième femme, Geneviève Moraillon, médecin. Elle s'investit particulièrement pour ce qui concerne les affaires sociales et la protection du cadre de vie. Ainsi, elle fait partie des commissions municipales : personnel communal, aide sociale, hospice, pompes funèbres et cimetière, parc de Châteauneuf. Assidue aux réunions de conseil, elle intervient fréquemment pour des questions à propos de la santé et de la sécuritéRegistres de délibération du conseil municipal de Châteauneuf-sur-Loire, cotes 16W2 et 16W9..

Aux sources de l'œuvre de Pascale Olivier La Montagne Noire Voici ce que dit René Rouquier au cours de sa conférence du : « Ce n'est pas en vain que l'on passe son enfance dans la solitude d'un immense domaine de quelque composé des fermes de Jaccournassy, des Consuls, Grange neuve et Grange Vieille sur les communes de Sorèze, Durfort et Arfons, domaine qu'une seule route longe ou traverse sans pénétrer profondément dans cette véritable île verte, délimitée par les gorges sauvages de Malamort, les ruines de Bernicaut jusqu'aux terres d'Arfons et des Cammazes. Grande jeune fille très svelte, elle a accumulé dans ses promenades, des images, des impressions, des réflexions qu'elle essaiera de traduire dans ses poèmes écrits et publiés beaucoup plus tard. »

« Les vicissitudes de la guerre l'ont arrachée à sa vieille demeure comme à la familière amitié de sa forêt. Rien ne remplace la maison de l'enfance et son environnement immédiat »Histoire d'une amitié : Pascale Olivier-Louisa Paulin, par René Rouquier, Revue du Tarn , été 1978, .. La maison de l'enfance deviendra la « maison perdue, maison des mille souvenirs, des odeurs pressées, dressées comme une forêt, touffue, où j'erre à l'aventure avec mon ombre enfant… »in In memoriam, 1952. Mais elle gardera en elle la joie sereine du souvenir de « ses » montagnes qui vont continuer à l'inspirer (« Montagnein Le Chant perdu dans le silence », « Ô montagnein Un chant sur la terre »).

Le Loiret et la vie au château de l'Étang