Les transports dans le département français de l'Aisne sont marqués par des dynamiques contrastées : si les infrastructures de transport du sud et de l'ouest du département illustrent la forte polarité exercée par l'Île-de-France, le département n'en reste pas moins traversé par des flux transverses significatifs entre les régions Hauts-de-France et Grand Est. Le nord-est du département apparaît quant à lui relativement isolé.
Transport routier
Infrastructures routières
L'Aisne compte trois autoroutes, toutes concédées, payantes et à 2x2 voies : l'autoroute A4 relie Paris à Reims, Metz et Strasbourg en desservant Château-Thierry dans le département ; l'autoroute A26 relie Troyes et Reims à Calais et au Nord-Pas-de-Calais, en desservant Laon et Saint-Quentin dans le département ; l'autoroute A29 se sépare de la précédente à Saint-Quentin et se dirige vers Amiens et la Normandie.
Les principales villes du département, Saint-Quentin, Laon et Soissons, ne sont donc pas reliées à Paris par autoroute, mais par des routes en partie aménagées en voie rapide à 2x2 voies : la route nationale 2 relie Paris à la frontière belge par Villers-Cotterêts, Soissons, Laon, Vervins et La Capelle, et les route départementale 1032 (ex-route nationale 32) et route départementale 1 relient Paris à Chauny, Tergnier et Saint-Quentin.
+ Identifiant Origine Principales agglomérations desservies dans le département Fin Remarques Autoroute A4 Paris-Porte de Bercy Château-Thierry Strasbourg Autoroute à 2x2 voies, concédée et payante. Autoroute A26 Autoroute A5 près de Troyes Laon, Saint-Quentin Calais Autoroute à 2x2 voies, concédée et payante. Autoroute A29 Autoroute A26 à Francilly-Selency près de Saint-Quentin Saint-Quentin Autoroute A13 à Beuzeville vers Caen Autoroute à 2x2 voies, concédée et payante. Route nationale 2 Autoroute A104 à Villepinte(avant 2006 : Paris-Porte de la Villette) Villers-Cotterêts, Soissons, Laon, Marle, Vervins, La Capelle Frontière belge vers Bruxelles En grande partie aménagée à 2x2 voies jusqu'à Laon ; l'achèvement de cet aménagement et son prolongement au nord jusqu'à la Belgique est projeté. Route nationale 3 Paris-Porte de Pantin Château-Thierry Frontière allemande vers Sarrebruck Déclassée en 2006 en RD 1003 dans le département. Route nationale 29 Sainte-Marie-des-Champs (Yvetot, vers Le Havre) Saint-Quentin, Origny-Sainte-Benoite, Guise La Capelle (vers Hirson et Maubeuge) L'itinéraire de cette route nationale dans le département a été repris dans les années 1970 à la RN 336 jusqu'à Saint-Quentin et à la RN 30 au-delà de Saint-Quentin (auparavant, la RN 29 ne passait pas dans l'Aisne). Déclassée en 2006 en RD 1029. Route nationale 30 Rouen Saint-Quentin, Origny-Sainte-Benoite, Guise La Capelle Itinéraire dans le département déclassé en 1972 en RD 930 en amont de Saint-Quentin, puis repris en aval de Saint-Quentin après 1972 par la RN 29 puis finalement déclassé en 2006 en RD 1029. Route nationale 31 Rouen(avant 1972 : Gournay-en-Bray) Soissons, Braine Reims(avant 1972 : Valmy) Quelques sections aménagées à 2x2 voies dans le département. Route nationale 32 (avant 1972) Senlis Saint-Quentin, Bohain-en-Vermandois Frontière belge vers Mons Déclassée sur cet itinéraire (sauf tronc commun avec la RN 43) en 1972 en RD 930 (tronc commun avec la RN 30) et RD 932. Route nationale 32 (de 1972 à 2005) Compiègne Chauny, Tergnier Route nationale 44 à La Fère, puis autoroute A26 après l'ouverture de celle-ci. Nouvel itinéraire à partir de 1972, totalement distinct de l'itinéraire d'origine dans le département, repris à la RN 38. Déclassée en 2006 en RD 1032. Route nationale 33 Route nationale 3 à La Ferté-sous-Jouarre Viels-Maisons Châlons-sur-Marne Déclassée en 1972 en RD 933. Route nationale 36 Villers-Cotterêts La Ferté-Milon Melun Déclassée en 1972 en RD 936 dans le département (une partie de cette route reste classée dans le réseau routier national en Seine-et-Marne). Route nationale 37 Château-Thierry Oulchy-le-Château, Soissons, Coucy-le-Château-Auffrique, Chauny, Flavy-le-Martel Saint-Venant (près de Béthune) Déclassée en 1972 en RD 1 au sud de Coucy-le-Château-Auffrique et en RD 937 au-delà. Route nationale 38 La Fère Tergnier, Chauny Beauvais Itinéraire dans le département repris en 1972 par la RN 32 puis déclassé en 2006 en RD 1032. Route nationale 38e Chauny Tergnier Beautor (La Fère) Numéro porté successivement par deux courts tronçons de route dans l'agglomération de Chauny-Tergnier-La Fère. Le second itinéraire, correspondant à l'ancien tracé de la RN 38 puis de la RN 32 avant sa déviation hors des centres-villes, a été déclassé en RD 338. Route nationale 39 Tremblois-lès-Rocroi Hirson, La Capelle, Le Nouvion-en-Thiérache Montreuil-sur-Mer Itinéraire dans le département repris en 1972 par la RN 43, puis finalement déclassé en 2006 en RD 1043. Route nationale 43 Sainte-Ruffine (Metz) Hirson, La Capelle, Le Nouvion-en-Thiérache Calais Itinéraire dans le département repris en 1972 à la RN 39 (avant les années 1970, la RN 43 ne passait pas dans le département). Déclassée en 2006 en RD 1043. Route nationale 44 Cambrai (des années 1950 aux années 1970 : Arras) Saint-Quentin, La Fère, Laon, Corbeny Vitry-le-François L'itinéraire de cette route au nord de Saint-Quentin a été modifié dans les années 1950, avant de revenir à son tracé originel dans les années 1970. Déclassée en 2006 dans le département en RD 1044. Route nationale 44bis Bonavis (commune de Banteux au sud de Cambrai) Saint-Quentin Nom porté par l'ancienne RN 44 lorsque son tracé fut modifié au nord de Saint-Quentin dans les années 1950, jusqu'à son retour au tracé originel dans les années 1970. Route nationale 45 Marle Guise, Étreux Frontière belge vers Tournai Déclassée en 1972 en RD 946 (car dans la continuité de la RN 46 elle aussi déclassée). Route nationale 46 Marle Montcornet, Rozoy-sur-Serre Parois (commune de Clermont-en-Argonne) Déclassée en 1972 en RD 946. Route nationale 325 Soissons Vailly-sur-Aisne, Bourg-et-Comin, Guignicourt Mazagran (commune de Tourcelles-Chaumont, vers Vouziers) Déclassée en 1972 en RD 925. Route nationale 334 Coucy-le-Château-Auffrique Blérancourt Boves (Amiens) Déclassée en 1972 en RD 934. Route nationale 335 Crépy-en-Valois Blérancourt Déclassée en 1972 en RD 935. Route nationale 336 Gamaches (vers Le Tréport) Saint-Quentin Itinéraire dans le département repris en 1972 par la RN 29 puis finalement déclassé en 2006 en RD 11029. Route nationale 360 Cambrai Bohain-en-Vermandois, Guise Vervins Déclassée en 1972 en RD 960. Route nationale 363 Vervins Hirson Jeumont Déclassée en 1972 en RD 963. Route nationale 364 Landrecies Rocquigny Anor Déclassée en 1972 en RD 964. Route nationale 365 Le Nouvion-en-Thiérache Étrœungt Déclassée en 1972 en RD 965. Route nationale 366 Vervins Montcornet Reims Déclassée en 1972 en RD 966. Route nationale 367 Route nationale 45 à Le Hérie-la-Viéville (vers Guise) Crécy-sur-Serre, Laon, Bourg-et-Comin, Fère-en-Tardenois Château-Thierry Déclassée en 1972 en RD 967. Route nationale 369 La Ferté-sous-Jouarre Charly-sur-Marne Château-Thierry Déclassée en 1972 en RD 969. Route nationale 373 Compiègne Villers-Cotterêts, Neuilly-Saint-Front, Château-Thierry La Belle-Étoile (commune de Mesgrigny vers Troyes) Déclassée en 1972 en RD 973 jusqu'à Grisolles (où commençait le tronc commun avec la RN 37), et en RD 1 au-delà. Route nationale 377 Laon Liesse-Notre-Dame, Montcornet, Rozoy-sur-Serre Rocroi Déclassée en 1972 en RD 977. Route nationale 378 Route nationale 377 à Rozoy-sur-Serre (vers Laon) Lonny (vers Charleville-Mézières) Déclassée en 1972 en RD 978. Route nationale 442 Route nationale 30 à Saint-Quentin Saint-Quentin Route nationale 44 à Saint-Quentin Contournement du centre-ville de Saint-Quentin, déclassé en 2005 en RD 1029.
Transport collectif de voyageurs
L'Aisne est desservie par la Régie des transports de l'Aisne, établissement public initialement propriété du Conseil général et repris en 2017 par la région Hauts-de-France. Elle exploite une cinquantaine de lignes régulières dans le département, hors lignes scolaires.
Covoiturage et autopartage
Transport ferroviaire Historique
Le chemin de fer est apparu dans le département en 1849, avec l'ouverture à quelques semaines d'intervalle des deux lignes reliant Paris à Château-Thierry et Épernay (prolongée ultérieurement jusqu'à Strasbourg) et Paris à Chauny (prolongé ultérieurement à Saint-Quentin puis jusqu'à la frontière belge). Le réseau d’intérêt général a été développé par la Compagnie des chemins de fer du Nord dans les trois-quarts nord du département et la Compagnie des chemins de fer de l'Est dans le quart sud. À la veille de la Première Guerre mondiale, le chemin de fer d’intérêt général atteignait la plupart des villes et bourgs du département, dont Château-Thierry, Chauny, Coucy-le-Château, La Ferté-Milon, Guise, Hirson, Laon, Rozoy-sur-Serre, Saint-Quentin, Soissons, Tergnier, Vervins ou encore Villers-Cotterêts. Comme dans le reste des départements situés à proximité des frontières nord-est de la France, la plupart des lignes même secondaires étaient construites à double voie pour les besoins militaires. La plupart des infrastructures seront détruites pendant la Première Guerre mondiale puis reconstruites, certaines avec des modifications importantes comme la ligne de Guise à Hirson, reconstruite à l'écartement standard alors qu'elle était initialement à l'écartement métrique.
L'Aisne a également été desservie par de multiples chemins de fer d’intérêt local, initialement créés dans le cadre d'initiatives isolées, sans logique d'ensemble ni homogénéité technique : La Société des Manufactures des glaces et produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey (aujourd'hui connue sous le nom de Saint-Gobain) ouvre en 1860 la ligne de Chauny à Saint-Gobain ; La Compagnie du chemin de fer d'intérêt local de Saint-Quentin à Guise ouvre en 1874 la ligne éponyme, puis ouvre en 1898 la ligne de Mézières-sur-Oise à Vendeuil, prolongée tardivement (1935) jusqu'à La Fère ; ces lignes étaient à écartement standard ; La Compagnie du chemin de fer de Crécy-sur-Serre à La Fère ouvre en 1879 la ligne de Dercy-Mortiers à Versigny à écartement standard ; La Compagnie du Chemin de fer de Vélu-Bertincourt à Saint-Quentin ouvre en 1879-1880 la ligne éponyme à écartement standard ; La Société des chemins de fer du Cambrésis ouvre entre 1888 et 1904 une ligne reliant Cambrai à Saint-Quentin à écartement métrique ; La Compagnie des chemins de fer d'intérêt local du Nord de la France ouvre en 1894 le chemin de fer de Roisel à Hargicourt puis en 1900 le chemin de fer de Guise au Catelet à écartement métrique ; La Compagnie du chemin de fer de Ribemont à La Ferté-Chevresis ouvre en 1900 la ligne éponyme à écartement standard ; La Société du chemin de fer de Marle à Montcornet ouvre en 1907 la ligne éponyme à écartement standard ; La Société du tramway de Tergnier à Saint-Gobain et Anizy-Pinon ouvre en 1910 la ligne éponyme de tramway électrique.
Au début du XXe siècle, trois compagnies vont créer des réseaux plus importants : Les Chemins de fer de la Banlieue de Reims étendent un important réseau à écartement métrique autour de Reims, dont certaines lignes s'étendront à partir de 1903 dans l'Aisne ; certaines lignes, détruites pendant la Première Guerre mondiale, seront reconstruites à l'écartement standard ; La Compagnie des chemins de fer départementaux de l'Aisne ouvre de 1907 à 1919 quelques lignes, principalement dans la région de Soissons et pour la plupart à écartement métrique ; La Compagnie des chemins de fer du Sud de l'Aisne ouvre en 1910 trois lignes à écartement métrique autour de Château-Thierry.