vignette| Le camp en octobre 2019. Le camp de réfugiés d'Al-Hol. (transcrit également al-Hol ou al-Hawl) est un camp de réfugiés devenu un camp d'internement, situé à la périphérie sud de la ville d'Al-Hol, dans le nord de la Syrie, près de la frontière syro-irakienne. Depuis 2019, il abrite surtout les familles des combattants jihadistes de l'État islamique, soit plus de femmes et enfants retenus contre leur gré fin 2019, et en 2025. Il est initialement gardé par les forces kurdes des FDS, jusqu'à leur retrait en , puis sa fermeture en février par l'armée du gouvernement syrien.
Contexte historique Le camp est initialement établi pour les réfugiés irakiens au début de l'année 1991, durant la guerre du Golfe. Il est rouvert à la suite de l'invasion de l'Irak par les États-Unis en 2003, comme l'un des trois camps à la frontière irako-syrienne.
Avec le camp de Roj, il fait partie des vingt-quatre centres de rétention contrôlés par les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis dans le nord de la Syrie.. Entouré de barbelés et de miradors, ce camp n'est dans les faits pas intégralement contrôlé par les FDS en raison d'une surpopulation qui rend impossible d'en avoir une vue d'ensemble. Une partie serait dirigée par l'État islamique qui utilise le camp à des fins d'endoctrinement et de recrutement.. En , la population du camp était de plus de , contre au début de 2019 avant que les FDS aient pris le dernier territoire de l'État islamique en Syrie lors de la bataille de Baghuz Fawqani.. Les réfugiés sont des femmes et des enfants de nombreux pays, principalement de Syrie et d'Irak..
Le , les Kurdes des Forces démocratiques syriennes qui gardaient le camp depuis plusieurs années annoncent se retirer, face à l'avancée des forces gouvernementales de l'Armée arabe syrienne, à l'offensive.
Démographie Dans le contexte de la guerre civile syrienne et de la prise de contrôle d'al-Hol par les Forces démocratiques syriennes (FDS) en octobre-, ce camp, avec celui d'Aïn Issa, devient un centre de rétention pour les réfugiés des combats entre les FDS et l'État islamique (EI) lors de l'offensive de Deir ez-Zor mené par les FDS. Il abrite environ réfugiés début . Lors de la bataille de Baghuz Fawqani en , le camp connait un afflux massif de réfugiés lors d'une série d'évacuations massives de civils, avec les personnes fuyant les combats acharnés entre les FDS et l'EI.. La taille du camp augmente considérablement avec l'effondrement de l'EI. Une estimation de indiquait que le camp abritait environ femmes et enfants de l'ancien État islamique d'Irak gardés par 400 combattants de la milice des FDS.
En , pour tenter de remédier à la situation de surpopulation du camp, les autorités de l'Administration autonome du nord et de l'est de la Syrie (AANES) décident de libérer tous les ressortissants syriens du camp, ce qui représente environ la moitié de la population du camp.. Mais le processus est lent, et en , environ vivent encore dans le camp..
Le , le , , indique au qu'.. En 2024, selon des médias kurdes, le camp abriterait personnes, dont Syriens, Irakiens et étrangers5 years after defeating ISIS, SDF calls for international trials for militants sur rudaw.net, le 23 mars 2024. Intelligence Online estime la population du camp en à .
La chute du régime Assad complique les efforts pour faire baisser le nombre de Syriens retenus à Al-Hol, qui ne diminue presque pas entre mars et . Cependant, le nombre d'occupants irakiens diminue considérablement, de 14 310 à 6 530, du fait des rapatriements. Selon une nouvelle estimation des autorités du camp en , celui-ci aurait perdu près du tiers de sa population en un an et compterait désormais personnes, dont Syriens, Irakiens et étrangers. Il resterait, au , dans le camp, parmi lesquelles 20 % d'Irakiens et plus de la moitié de Syriens..
Administration et conditions dans le camp Conditions de vie quotidienne La promiscuité dans ce camp est très forte, il est presque impossible de marcher entre les tentes délabrées tant les résidents sont entassés et l'accès aux sanitaires et aux cuisines est limité, ce qui favorise la propagation de la malnutrition et de maladies. Des organisations caritatives comme Blumont, Inc. assurent partiellement la distribution d'aide alimentaire et la fourniture des services de première nécessité, mais les coupes budgétaires de l'administration Trump l'obligent à réduire ses activités.
Alors que plus de la moitié des est constituée d'enfants, en 2024, très peu d'entre eux vont à l'école et la plupart n'ont jamais vu de télévision ou mangé de glace. Dès l'âge de 11 ans, les garçons sont retirés à leur mère par les gardes du camp, pour éviter tout risque de radicalisation. Certains enfants essaient de gagner un peu d'argent en transportant de l'eau, en nettoyant ou en réparant les tentes, en travaillent au marché du camp ou revendant leur aide alimentaire.
La plupart des femmes sont intégralement voilées d'un niqab qui laisse entrevoir leurs yeux, et portent des gants noirs. Si une partie d'entre elles adopte ce comportement par adhésion aux idéaux extrémistes de l'EI, d'autres le font par crainte alors que les jihadistes organisent des patrouilles pour veiller à la stricte application de la charia. Plusieurs femmes, parfois très jeunes (12 à 15 ans), ont ainsi été enlevées, séquestrées, battues et parfois tuées par des militants extrémistes les accusant de « vices ».
Malgré la séparation des enfants et de leurs mères à partir d'un certain âge, certains très jeunes adolescents, de 12 à 13 ans au maximum, parviennent à rester et des femmes sollicitent leurs services sexuels pour procréer afin de islamique. Les enfants les plus jeunes du camp sont ainsi presque tous nés sur place et n'ont pas d'identité légale. Inversement, certains jeunes hommes harcèlent des fillettes et leur font subir des violences physiques ou sexuelles que leur mère peinent à empêcher. Conditions sanitaires et sécuritaires En , une épidémie de typhoïde tue 24 personnes dans le camp.
Les conditions le long de la route menant au camp, y compris dans les centres de dépistage pour les membres de l'EI, ont été décrites comme avec peu de nourriture, d'eau, d'abris et aucun service de santé. Au , au moins 35 enfants et nouveau-nés seraient également morts en cours de route ou peu après leur arrivée dans le camp, principalement en raison d'hypothermie. Les organisations humanitaires craignaient que la dysenterie et d'autres maladies ne se propagent du camp débordé. L'Organisation des Nations unies déclare que 84 personnes, pour la plupart des enfants, sont mortes sur le chemin d'al-Hol depuis . Les familles des combattants de Daech sont détenues dans une section gardée séparée du camp après des incidents violents répétés entre eux et d'autres membres du camp.. vignette|Reportage deVoice of America sur le camp de réfugiés d'Al-Hol, le 7 février 2019 En , Zehra Duman, une Australienne qui a épousé un combattant jihadiste australien peu après son arrivée, indique à sa mère qu'elle et ses deux jeunes enfants vivaient dans le camp. Elle dit à sa mère qu'il y avait une terrible pénurie de nourriture et qu'elle craignait que sa fille de six mois ne meure de faim. Début 2019, Shamima Begum, citoyenne britannique enceinte et ancienne membre de l'EI, est identifié dans le camp d'al-Hol. Son fils nouveau-né meurt quelques semaines après sa naissance..
Au moins 100 personnes sont mortes pendant leur trajet vers le camp, ou peu de temps après leur arrivée au camp depuis ..
Le , le Croissant-Rouge arabe syrien annonce que plus de du camp avaient reçu une aide de l'organisation dans des cliniques établies dans le camp et via une équipe médicale mobile sur place.. Mais la méfiance est telle que certaines femmes refusent d'être traitées par la médecine occidentale, ce qui entraîne des épidémies, comme la rougeole. Une méfiance qui concerne aussi les équipes du gouvernement, souvent prises à partie par les habitants très hostiles à Damas.. Pour ces raisons, ainsi qu'à cause de la surpopulation, la population de ce camp est également particulièrement exposée à la pandémie de Covid-19 en 2020 et 2021.
Pour autant, en 2021, les meurtres y sont la première cause de mortalité, selon l'Organisation mondiale de la santé..
Risque de radicalisation et d'« incubateur jihadiste » Alors que près des deux tiers de la population du camp a moins de 18 ans, selon l'ONG Médecins sans frontières, les enfants grandissent sous le joug de l'État islamique qui les considère comme une nouvelle génération de combattants à former et endoctriner. Des photos de coloriages montrant des grenades et des gilets suicides, ou encore de fêtes d'anniversaire où le drapeau noir et blanc de l'EI flottait entre les ballons ont été publiées. Le chercheur israélien Yoram Schweitzer, ancien membre des services de renseignement, déplore que cette question n'est , et compare ce camp surpeuplé à si elle n'est pas dispersée..
Les mères de ces enfants, dont les pères ont souvent été tués au combat, participent souvent activement à leur radicalisation. En , des femmes du camp ont crié à une journaliste : l'exhortant à réciter la chahada. Ils lui ont dit : . Les femmes justifient le génocide des Yézidis par l'EI et la prise par l'EI d'esclaves sexuelles yézidies. Une femme irakienne a dit : .
Pour endiguer le projet de « nouvelle génération » mis au point par les femmes jihadistes, des vagues d'arrestations d'adolescents ont eu lieu de façon plus ou moins routinière, souvent arbitraire, les séparant de leur famille.
Dans un rapport publié en , le journaliste de la BBC Quentin Sommerville a décrit le camp comme , où certaines femmes . Quentin cite une femme maroco-belge, une ancienne infirmière qui a saisi son niqab en disant : . La femme a affirmé qu'il n'était pas nécessaire de s'excuser pour l'attaque de l'EI à Bruxelles en 2016 et a blâmé l'Occident et ses frappes aériennes sur Baghouz pour leurs conditions désastreuses.. vignette| Réfugiés au camp le 16 octobre 2019. Un rapport du Washington Post de décrit la radicalisation accrue au sein du camp où les conditions sont lamentables, la sécurité laxiste et le fait que les personnes qui ne suivent pas l'idéologie de l'État islamique vivent dans la peur.
En janvier et , 21 personnes sont tuées dans le camp par des cellules de l'État islamique, soit plus du triple du nombre de personnes tuées ces derniers mois dans ce que l'Observatoire syrien des droits de l'homme a décrit comme l'État du . Entre 2020 et , plusieurs ONG comptabilisent près de 117 assassinats dans le camp d'Al-Hol..
Les autorités kurdes aménagent une zone nommée « l'Annexe », pour isoler les étrangers les plus radicalisés du reste du groupe. Cette zone du camp abrite quelque d'une quarantaine de pays, contre 17 000 Syriens et 18 000 Irakiens dans le reste d'al-Hol. Mais il n'est pas difficile pour l'État islamique d'en libérer en soudoyant leurs gardiens kurdes. Certains jihadistes parviennent même à se procurer des uniformes de gardiens du camp qu'ils enfilent pour y pénétrer en passant inaperçus. Des tunnels, des fusils et des munitions sont régulièrement découverts lors de fouilles du camp.
En , les forces kurdes annoncent l'arrestation de plus de 200 jihadistes dans le camp d'Al-Hol.. En , les forces kurdes annoncent avoir tué Abou Obeida al-Iraq, un haut responsable du groupe État islamique, dans le camp de Al-Hol. Ce dernier avait tenté de faire exploser une ceinture d'explosifs qu'il portait sur lui lors de l'encerclement de sa tente par les forces de sécurité kurdes..
À l'été 2025, les renseignements syriens de transition prétendent avoir localisé à Al-Hol des responsables de l'attentat de l'église Saint-Élie de Damas, le . Cela dégrade les relations avec les forces kurdes chargées de la sécurité du camp, qui nient toute évasion de personnes radicalisées sous leur surveillance.
Tentatives de gestion du problème par les acteurs locaux et internationaux