Alexander Van der Bellen ()Prononciation en allemand standard retranscrite phonémiquement selon la norme API., né le à Vienne, est un économiste et homme d'État autrichien, président fédéral de la république d'Autriche depuis le .
Il est issu d'une famille néerlandaise de réfugiés provenant de Russie et acquiert la nationalité autrichienne en . Il entame son parcours politique sous les couleurs du Parti social-démocrate puis aux côtés des Verts, tout en enseignant l'économie à l'université.
Député au Conseil national de à , il préside notamment le groupe des écologistes à la chambre basse puis devient le porte-parole des Verts à partir de . Il en quitte la direction onze ans plus tard, après avoir fait progresser le parti lors des scrutins législatifs successifs.
Il se présente à l'élection présidentielle de 2016, qu'il gagne de justesse à l'issue du second tour face à son concurrent nationaliste, Norbert Hofer. Après l'invalidation de sa victoire par la Cour constitutionnelle, il remporte de nouveau le second tour, avec une avance plus confortable.
Il est réélu pour un second sextennat dès le premier tour en .
Situation personnelle Origines familiales En 1763, les ancêtres néerlandais d'Alexander Van der Bellen immigrent à Pskov et y sont anoblis. Son grand-père, Alexandre von der Bellen né à Pskov., fuit l'Empire russe pendant la révolution bolchévique de , en Estonie où lui et sa famille trouvent refuge. Entre 1940 et 1941, après l'occupation de l'Estonie par l'Union soviétique, le père d'Alexander Van der Bellen, Alexander Konstantin ( – ), un banquier aristocrate d'ascendance russe et divorcé, parvient, avec sa compagne et future épouse Alma Siebold ( – ), d'origine germano-estonienne, à se rendre en Allemagne, puis, de là, à Vienne. Les parents d'Alexander Van der Bellen, surnommé d'après le diminutif russe d'Alexandre, qui naît le dans cette ville, sont des réfugiés du stalinisme.
Alexander Konstantin Van der Bellen, divorcé d'un premier mariage, s'est marié à Alma Siebold en 1931, avant d'obtenir la nationalité estonienne. Après la naissance d'Alexander, fils unique, la famille, soucieuse d'échapper à l'Armée rouge, s'installe dans le Tyrol, où le jeune garçon vit ses premières années. Alexander Van der Bellen se présente régulièrement comme un , d'où l'intérêt qu'il porte aux populations fuyant leurs pays en guerre ou l'oppression.
Religion et nationalité Dans sa jeunesse, Alexander Van der Bellen quitte l'Église évangélique parce qu'il est en colère contre son pasteur. Selon ses propres mots, il ne croit pas au seul Dieu, mais à un « message ou une vision », qui à son avis établit le Nouveau Testament. Cependant, en 2019, il dit avoir rejoint l'Église évangélique de la confession d'Augsbourg la même année.
Estonien de nationalité, il doit attendre 1958 pour être naturalisé autrichien, à l'âge de . Bien que ses parents parlassent couramment le russe, Alexander Van der Bellen dit ne maîtriser que peu cette langue, expliquant avoir essentiellement pratiqué l'allemand, langue officielle de l'Autriche.
Carrière universitaire En 1962, Alexander Van der Bellen obtient sa matura à lAkademisches Gymnasium Innsbruck. Il entre à l'université d'Innsbruck pour suivre l'exemple de son père en étudiant les sciences économiques. En 1966, il passe sa maîtrise avec succès et devient économiste, rédigeant une importante quantité de travaux adjoints à des dissertations individuelles et collectives.
Au mois de , Van der Bellen réussit son doctorat tout en étant, parallèlement, assistant de recherche à l'Institut des finances publiques () de son université. Ayant obtenu, en 1975, une habilitation universitaire, il devient, plus tard, professeur extraordinaire en sciences financières spécialisées, poste qu'il occupe jusqu'à ce qu'il soit nommé professeur d'économie à l'université de Vienne, en 1980.
Doyen puis vice-doyen de la faculté des sciences économiques de cette université entre 1990 et 1994, il met un terme à sa carrière d'enseignant au mois de février 2009, en prenant sa retraite, bien des années après avoir entamé sa carrière politique dans les rangs des Verts (Grünen).
Parcours politique Social-démocrate puis écologiste Au milieu des années 1970, alors qu'il a entamé sa carrière universitaire, Alexander Van der Bellen adhère au Parti socialiste d'Autriche (SPÖ). À la même époque, il fréquente le mouvement écologiste, pour lequel il a des sympathies, qu'il rejoint sur le conseil de Peter Pilz, un de ses anciens étudiants qui sera plus tard le porte-parole des Verts. En 1990, Van der Bellen quitte les sociaux-démocrates mais attend pour adhérer aux Verts. La même année, ces derniers proposent sa candidature pour la présidence de la Cour des comptes, qui est rejetée.
En 1994, il entame sa carrière politique en se présentant aux élections législatives du , à l'issue desquelles il est élu député pour la première fois. Il entre au Conseil national le et s'inscrit au sein du groupe écologiste, dont il devient l'un des cadres. Dès cette époque, son ascension dans le parti devient croissante.
Porte-parole des Verts vignette|Van der Bellen (à droite) à l'issue d'un débat télévisé avec des chefs de partis, le . Porte-parole de son groupe parlementaire, Van der Bellen gagne sa notoriété lorsqu'il présente sa candidature au poste stratégique de porte-parole fédéral des Verts, qui garantit à celui qui l'occupe la direction du mouvement. Il est finalement élu le avec 82,3 % des voix, la majorité des délégués du parti le désignant pour succéder à Christoph Chorherr. Âgé de , il devient le sixième dirigeant du parti écologiste autrichien, qu'il promet de rendre plus populaire dans la perspective des prochaines élections législatives « Die Karriere des Alexander Van der Bellen », Wiener Zeitung, le ..
Le scrutin parlementaire du constitue son premier test électoral. Son parti progresse par rapport aux précédentes élections : les Verts recueillent 7,4 % des voix et gagnent supplémentaires au Conseil national. Ce n'est que le début d'un cycle électoral positif pour Les Verts - L'Alternative verte, qui voient leur électorat s'accroître élections après élections, tant au niveau local que national.
Après avoir remporté 9,4 % des voix lors des élections législatives du , le parti s'impose franchement à l'occasion du scrutin du , en devenant, de justesse, la troisième force politique d'Autriche avec 11,0 % des voix, devant l'extrême droite, il est vrai fragilisée par sa division en deux partis, animés pour l'un par Heinz-Christian Strache et l'autre par Jörg Haider.
Toutefois, un peu moins de plus tard, les élections législatives du sonnent comme un désaveu pour Van der Bellen : crédités de 10,4 % des voix, les Verts sont rétrogradés en cinquième position, devancés par les sociaux-démocrates, les conservateurs et l'extrême droite, malgré ses divisions répétées. Cet échec conduit Alexander Van der Bellen, qui espérait pouvoir participer à une , à renoncer, le , à la direction du parti qui revient à l'une de ses proches, Eva Glawischnig-Piesczek.
Au moment de sa démission, Van der Bellen, âgé de , aura dirigé le parti durant un peu moins de . C'est le plus long mandat détenu par un porte-parole fédéral des Verts depuis la création du parti, plus tôt.
Présenté comme un européen convaincu, soucieux d'incarner une mêlant écologie, social-démocratie et multiculturalisme, il a organisé, à Vienne, le Green Summit, auquel participèrent notamment Ségolène Royal et Daniel Cohn-Bendit, à l'occasion de la présidence autrichienne de l'Union européenne, au mois de .
Élection présidentielle de 2016 gauche|vignette|Candidat arrivé en tête par land au second tour du : Le , il annonce sa candidature à l'élection présidentielle prévue pour cette année. Il se présente comme candidat indépendant soutenu par Les Verts. Les enquêtes d'opinion le placent longtemps en position de grand favori « Van der Bellen Erster – Hofer vorerst Letzter », sur oe24.at, 28 janvier 2016. « Umfrage: Alexander Van der Bellen Erster, Hundstorfer Letzter », sur derstandard.at, 5 février 2016. « Hofburg-Wahl: Krimi um die Stichwahl », sur oe24.at, 10 mars 2016.. Au soir du premier tour, le , il arrive finalement en deuxième position avec 21,3 % des voix, loin derrière le candidat nationaliste, Norbert Hofer (35,1 %), et juste devant la candidate indépendante Irmgard Griss (18,9 %).
Au soir du second tour, qui se tient le suivant, les deux candidats sont au coude-à-coude de sorte que ni l'un ni l'autre ne revendique la victoire ; ce n'est que le lendemain, après le dépouillement des votes par correspondance, qu'Alexander Van der Bellen est proclamé élu président fédéral. avec 50,3 % des voix, soit seulement de plus que Hofer, qui reconnaît alors sa défaite. C'est le résultat le plus serré d'une élection présidentielle autrichienne. Si le président letton Raimonds Vējonis a été, en , le premier écologiste élu à un poste de chef d'État, Van der Bellen est le premier écologiste élu à une telle fonction au suffrage universel direct.
Le , Heinz-Christian Strache, président fédéral du FPÖ, conteste le résultat du second tour auprès de la Cour constitutionnelle en arguant d'irrégularités dans les modalités du dépouillement des votes par correspondance et d'indices de manipulation dans , ce qui irait selon lui des séparant les .. Les juges donnent droit au recours et annonce le l'invalidation du second tour de scrutin, seulement avant l'investiture du nouveau président.. Après la fin du mandat du président Heinz Fischer, le , l'intérim est assuré, conformément à la Constitution autrichienne, par les trois présidents du Conseil national, dont Hofer lui-même. Cet intérim dure jusqu'à l'investiture du nouveau président, attendue dans la foulée de l'organisation, le , d'un nouveau second tour dans toute l'Autriche..
Au soir du vote, les projections de la télévision publique autrichienne, basées sur les premiers dépouillements, laissent penser qu'il battrait son concurrent avec un score de 53,3 % des suffrages exprimés« Présidentielle autrichienne : le candidat écologiste l'emporte, l'extrême droite s'incline », Le Figaro, 4 décembre 2016.. Norbert Hofer reconnaît sa défaite (ce qu'il avait déjà fait le , sans que cela empêche son parti de déposer ensuite un recours). Après dépouillement des votes par correspondance, sa victoire est proclamée avec 53,8 % des voix et d'avance.
Président fédéral d'Autriche vignette|Alexander Van der Bellen avec l’ancien chancelier Christian Kern.
Âgé de , Alexander Van der Bellen devient le neuvième président fédéral de la République d'Autriche en prêtant serment, le , devant les parlementaires réunis à l'occasion de l'investiture du nouveau chef de l'État.. Il prend la succession du président sortant, Heinz Fischer, dont le mandat s'est achevé le , et devient le premier chef d'État autrichien issu d'un parti écologiste.
Le , un peu moins d'un mois après son investiture à la présidence fédérale, Alexander Van der Bellen prononce, devant les membres du Parlement européen réunis à Strasbourg, un discours en forme de plaidoyer favorable à la cause de l'Union européenne ; rappelant que les valeurs de celle-ci n'étaient , le nouveau président autrichien loue les valeurs européennes et les succès qui en découlent, ce que ne sauraient contrarier, à ses yeux, le populisme et le protectionnisme auxquels il invite les Européens, au-delà de ses concitoyens autrichiens, à s'opposer, suscitant, par ce discours, les applaudissements de l'ensemble des députés européens, à l'exception des nationalistes et des groupes d'extrême droite, qui se montreront critiques quant à cette intervention« Alexander Van der Bellen : « L’idée de l’Europe en vaut la peine » », Zonebourse, ..
En avril de la même année, il déclenche une polémique après avoir déclaré : Petra Hessenberger, « Le président autrichien fait une boulette avec le voile », liberation.fr, 27 avril 2017..