thumb|Action de la Ford S. A. Française en date du 21 juin 1929 Ford France, renommée Ford SAF - (Ford Société Anonyme France) en 1945, était une filiale de Ford Motor Company USA, créée en 1916 par le baron anglais Percival Perry, le patron de Ford of Britain. Le siège social de Ford France était basé à Nanterre. L'entreprise de construction automobile a disparu en après son rachat par Simca, à l'époque filiale de Fiat. Ford a conservé une représentation en France pour l'importation et la commercialisation de ses modèles fabriqués en Grande-Bretagne et surtout en Allemagne.

En 1973, Ford revient en France et investit dans la construction d'une usine de production de transmissions à Blanquefort près de Bordeaux, fermée en 2000.

Le , la société d'importation et de distribution des véhicules Ford provenant du monde entier est renommée Ford Motor Company (FMC), société commerciale en France.

Histoire Ford Motor Company USA Henry Ford est l'inventeur de méthodes de production en grande série, qu'il applique à la construction automobile et qui sont devenues la référence des pratiques industrielles au cours de la première moitié du . Le , il crée la société Ford Motor Company avec le soutien de onze investisseurs ayant réuni un capital de 28.000 dollars en espèces. Les premières voitures sont livrées le .

Henry Ford réalise ainsi son rêve, produire une automobile à un prix raisonnable, fiable et efficace, grâce à la Ford A puis à la Ford T en 1908. Facile à conduire et à entretenir, cette automobile se comporte bien sur les chemins accidentés et connait de fait un franc succès.

Ford France (1907-1916) À partir de 1907, les premières Ford importées des États-Unis et de Grande-Bretagne en pièces détachées sont assemblées en CKD dans un petit atelier sur l’Île de la Jatte, près de Paris. Afin d'assurer l'ensemble des services de vente et d'après-vente qui sont attendus par la clientèle française déjà exigeante, un nouveau type de commerce commence à s'implanter, sous la forme de ce qui s'appelle une "concession automobile".

Le succès du modèle Ford T en France, présenté au Salon de l'automobile de Paris en 1908, amène Ford of Britain à racheter les ateliers bordelais de son importateur-distributeur pour y assembler des automobiles Ford en développant une véritable stratégie industrielle.

Société des Automobiles Ford (1916-1929) La création de la Société des Automobiles Ford (S.A.F.) remonte à 1916. Ford livrera près de 11.000 exemplaires de la Ford T assemblés dans l'usine de Bordeaux durant les deux années suivantes, en particulier aux forces armées françaises lors de la Première Guerre mondiale.

Ford Société Anonyme Française - Ford SAF (1929-1954) En 1929, la société est réorganisée et renommée Ford Société Anonyme Française - Ford SAF, placée sous l'autorité de Ford of Britain qui va poursuivre l'assemblage des Ford A.

De 1932 à 1934, Ford SAF va fabriquer la version française de la Ford V8 Model B (4 cylindres) ainsi que la Ford Y, remplaçante de la "Model A", d'origine britannique, sous la dénomination commerciale "Ford 6 CV Aérodynamique". Cette dernière disposait d’un moteur Ford Sidevalve de 933 cm, développant une puissance de 6 ch (8 HP). Ce fut la première Ford spécifiquement conçue pour les marchés hors des États-Unis, notamment pour remplacer le modèle A en Europe. Produite en Angleterre de 1932 à 1937 la Ford Model Y ou Ford Eight (8) fut également assemblée en Allemagne par Ford-Werke AG sous le nom Ford Köln dans son usine de Cologne de 1933 à 1936, mais aussi en Australie, où même une version coupé a été produite, au Japon, en Lettonie (Ford Junior) et en Espagne (Ford Forito).

L'assemblage des modèles Ford se poursuit à Bordeaux jusqu'en 1925 puis, la société est transférée dans un plus grand atelier, quai Aulagnier à Asnières-sur-Seine près de Paris, jusqu'en 1927. La Ford A y est assemblée de 1927 à 1931 et la Ford Y de 1932 à 1934. La société importe également la Ford Model B à moteur V8 de fabrication américaine, mais les taxes à l'importation appliquées en France les rendent très chères et les ventes sont donc minimes.

Ford SAF est restée placée sous l'autorité de Ford of Britain jusqu'en 1934.

L'épisode Matford (1933-1942) En 1934, Maurice Dollfus, le patron de Ford SAF, recherche une usine d'assemblage plus grande et conclut un accord avec la société Mathis, fondée par Emile Mathis, pour créer une co-entreprise avec la société Mathis, la société Matford SA à Strasbourg et Asnières. Ford détient 60% du capital et Mathis 40%. Mathis produisait des automobiles fortement inspirées par les modèles américains Lincoln, une marque du groupe Ford Motor Company.

La nouvelle société est contrôlée directement depuis Dearborn, ce qui était important pour Maurice Dollfus, le Président de Ford SAF, qui tenait à éviter de se retrouver sous la responsabilité de Percival Perry, Président de Ford of Britain à Dagenham, en Angleterre.

Grâce à son statut de constructeur français, Matford a accès aux marchés de l'administration et dès 1937, livre à l'armée française des camionnettes bâchées de 5 tonnes, V8-75 2,2 litres, capables de transporter dix à quatorze hommes équipés ou du matériel. Les camions Matford, en raison de leur puissance élevée (60 ch, comparés aux 45 ch du Renault ADK), sont affectés aux troupes de montagne et d'outre-mer. L'armée de l'air passe commande en 1938 et 1939 du nouveau camion léger bâché de 2,5 tonnes V8-F-817 T, et les troupes coloniales du camion de 3 tonnes V8-F-817 TSFrançois Vauvilliers, L'Automobile sous l'Uniforme 1939-40, Paris, Massin, 1992..

Les relations entre Ford SAF et Mathis deviennent difficiles dès la fin des années 1930 car Ford, actionnaire majoritaire de Matford, insiste pour que le développement et la production des modèles Mathis, désormais vieillissants, soient interrompus.

En 1937, Ford met en service sa propre usine à Poissy, avec l'intention déclarée de se retirer de Matford. La France est envahie par l'armée nazie en et le , l'usine de Poissy est occupée par les troupes allemandes. La nouvelle usine de Ford a passé ses premières années sous le contrôle de délégués allemands opérant à partir de l'usine Ford de Cologne. La production est principalement dédiée aux camions et véhicules militaires. L'usine est bombardée en 1942. Après 1943, l'usine recommence à assembler des Ford "allemandes". Pendant ce temps, un très petit nombre de voitures de tourisme 13CV Matford V8, désormais marquées Ford, sont produites, au moins jusqu'en 1942, mais la production normale de voitures particulières ne redémarre vraiment qu'en 1946 avec le modèle V8-F472, une version modifiée de la Matford 13 CV de 1939. 7.293 exemplaires de ce modèle sont fabriqués jusqu'en 1948, quand la Ford Vedette l'a remplacée.

Seconde Guerre mondiale Le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre à l'Allemagne nazie en . Le programme de mobilisation de l'armée (Plan E) prévoit la mise en production de 8 545 véhicules neufs par mois, et Matford se voit attribuer la fabrication, en grande série, d'un camion de 5 tonnes que le constructeur ne possède pas dans son catalogue et que son bureau d'études va devoir créer à partir du châssis long de 3,99 m du V8-F-817 et du V8 3,6 l, en avançant la cabine au dessus du moteur pour augmenter la charge utile. La formule séduit les militaires et fin septembre une première commande de 5 000 exemplaires du V8-F-917 WS bâché avec moteur de 3.621 cm3 est passée. Matford doit alors abandonner sa production d'automobiles civiles pour se consacrer aux commandes militaires.

À l'automne 1939, l'usine de camions et d'automobiles de Strasbourg se trouvant menacée par la guerre, Matford la transfère en Région parisienne dans la nouvelle usine Ford de Poissy en construction, pour remplacer l'usine d'Asnières.

Matford, qui est en mesure de produire 1.250 camions par mois, est exceptionnellement autorisé à importer des pièces détachés des États-Unis. Les 500 premiers camions produits sont en service fin et environ 1 200 (bâchés et citernes) ont été produits avant l'ordre d'évacuation vers Bordeaux.

Le , les ateliers de la Région parisienne sont évacués juste avant d'être occupés par les troupes allemandes. Après l'armistice signé le , Ford-Werke AG prend le contrôle des usines Matford. Quelques jours plus tard, le , selon le calendrier prévu de longue date après le rachat des parts de Mathis par Ford et l'achèvement de la nouvelle usine de Poissy, la société Matford est dissoute avec effet en . Ford disposait désormais de sa propre unité de fabrication ultra-moderne dans l'ouest parisien, qui lui permettra une production en grande série avec de nouveaux modes d'usinage, dont certains ont été maintenus jusqu'à la période actuelle.

Comme celle de Cologne, l'usine de Poissy a continué à produire pendant toute la guerre pour l'armée allemande, sans subir de bombardements anglo-américain, sauf à la fin de la guerre, le raid de la RAF des 2 et qui n'a pas fait de dommages importants.

Les États-Unis étant, jusque là, restés neutres dans la guerre, Ford USA et Ford-Werke coopèrent pendant toute la guerre. Les usines Ford et General Motors situées en Allemagne ne seront jamais bombardées. La filiale Ford SAF occupée bénéficie des évolutions apportées aux États-Unis : le moteur de 3.924 cm3 qui équipe en 1939 les camions Mercury produits par Ford US arrive en Europe un peu plus tard. La calandre carrée apparaît sur les modèles US 1940.

Bien qu'ayant collaboré beaucoup plus que Renault avec l'armée allemande, Ford SAF n'est pas sanctionné ni nationalisé. La production de camions militaires devient une production de camions civils Ford Cargo et la production de voitures particulières reprend normalement à partir de 1946. Le premier modèle Ford 472 était une Matford 13CV F92A (1939) V8 modernisée disposant de freins hydrauliques, barres stabilisatrices puis changement de vitesses au volant.

En 1948, lancement de la Vedette à moteur V8 (), basée sur une étude de Ford USA. Il s'agit d'une berline cossue deux volumes surnommée "à dos rond". Sur l'insistance de François Lehideux, le nouveau patron de Ford SAF, elle est européanisée fin 1952 pour être présentée avec un coffre proéminent, la Vedette 53.

En 1952, lancement de la Comète, un coupé de luxe basé sur la Vedette et carrossé industriellement par Facel-Métallon sur un dessin des Stabilimenti Farina, avec une boîte Cotal disponible en option. En janvier 1954, lancement de la Comète Monte-Carlo qui disposait d'un moteur plus puissant de 4 litres de cylindrée et une Vedette haut de gamme disposant de ce même gros moteur, la Vendôme.

Rachat de Ford SAF par SIMCA La gamme de modèles Vedette se vend très mal et Ford SAF accumule les pertes. Ford USA décide de se séparer de sa filiale française et cherche un repreneur dans une situation économique peu favorable. Enrico Teodoro Pigozzi, l'emblématique patron de Simca, toujours avec le soutien de Fiat, se porte acquéreur. La vente de la société et de son réseau de concessionnaires est signée le avec effet au , en échange d'une participation de 15% de Simca. Les nouvelles Vedette 55 Trianon, Versailles, Régence, étudiées à Dearborn dans le Michigan n'ont porté le logo Ford que de septembre à . En , elles sont renommées Simca Vedette.

Héritage tourmenté de Ford SAF