Le château de La Salvetat-Saint-Gilles, situé à environ 18 km à l'ouest de Toulouse, est un édifice médiéval remanié à plusieurs reprises jusqu'au XVIIIe siècle.

Une tradition locale attribue la construction d'un premier château à Raymond IV de Toulouse, dit Raymond de Saint-Gilles, entre 1088 et 1096, période comprise entre son accession au comté de Toulouse et son départ pour la première croisade. Cette attribution, parfois à l'origine de l'appellation « château Raymond IV », n'est toutefois étayée par aucune source contemporaine connue ni par des vestiges architecturaux formellement datés du XIe siècle. L'hypothèse selon laquelle cette fortification aurait été édifiée pour protéger Toulouse contre des attaques venant de l'ouest relève également de cette tradition et ne peut être considérée comme historiquement établie.

Les parties les plus anciennes actuellement identifiées du château remontent aux XIIIe et XIVe siècles. L'édifice conserve ainsi certains caractères d'une fortification médiévale, particulièrement perceptibles sur sa façade sud.

Le château a ensuite fait l'objet d'importants remaniements aux XVIIe et XVIIIe siècles, qui ont progressivement transformé la forteresse médiévale en demeure seigneuriale. Deux corps de bâtiment sont notamment reliés par des galeries ouvertes. Les plafonds de certaines coursives présentent des décors peints au pochoir, comprenant notamment des motifs floraux. Les façades ont également été remaniées conformément aux goûts des différentes époques.

L'édifice présente ainsi aujourd'hui une architecture composite, associant des éléments hérités de la fortification médiévale à des aménagements résidentiels réalisés principalement à l'époque moderne.

Menacé par un état de dégradation avancé au début du XXIe siècle, le château a été acquis par la commune de La Salvetat-Saint-Gilles en décembre 2016 afin d'en assurer la sauvegarde. Une première importante campagne de travaux, concernant notamment l'aile ouest, a été engagée à partir de 2019.

Le château est inscrit au titre des monuments historiques depuis le 6 août 2007.

Histoire

Origines médiévales Les origines du château de La Salvetat-Saint-Gilles demeurent imparfaitement connues. Une tradition locale attribue la construction d'un premier château à Raymond IV de Toulouse, dit Raymond de Saint-Gilles, entre son accession au comté de Toulouse en 1088 et son départ pour la première croisade en 1096. Selon cette tradition, cette fortification aurait constitué un poste d'observation destiné à protéger Toulouse contre des attaques venant de l'ouest.

Cette attribution n'est cependant étayée par aucune source contemporaine connue et aucun vestige du château actuel n'a pu être formellement daté du XIe siècle. Les études historiques et architecturales récentes conduisent donc à considérer avec prudence l'attribution d'un premier château à Raymond IV.

Le site occupe une position dominante à proximité de l'Aussonnelle, entre Toulouse et Léguevin. Les parties les plus anciennes actuellement identifiées dans le château remontent principalement aux XIIIe et XIVe siècles. Les sources médiévales font par ailleurs apparaître l'influence des comtes de Comminges dans ce secteur au XIIe siècle.

La sauveté et les Hospitaliers Le développement du village médiéval est associé à une sauveté, c'est-à-dire un territoire placé sous une protection ecclésiastique et bénéficiant de franchises destinées notamment à favoriser le peuplement.

La présence des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem dans cette partie de l'ouest toulousain est attestée dès le XIIe siècle. Ils possèdent alors plusieurs établissements et domaines dans le secteur, notamment autour de Léguevin et dans le Bas-Comminges.

Une bulle du pape Alexandre III, datée du 20 mars 1178, mentionne parmi les possessions hospitalières du diocèse de Toulouse une sauveté située in strata iuxta burgum Legabuni, c'est-à-dire sur une voie à proximité du bourg de Léguevin. L'identification de cette sauveté avec La Salvetat-Saint-Gilles a été proposée, mais elle ne peut être considérée comme définitivement démontrée en l'absence d'une désignation explicite du lieu dans ce document.

Une tradition historiographique locale affirme également que le site aurait auparavant porté le nom de « Saint-Jean du Castellar », en se référant au cartulaire hospitalier de Saint-Clar. L'acte précis permettant de confirmer cette identification n'ayant pas encore été établi dans les références publiées, cette appellation doit être considérée avec prudence.

Une ancienne église placée sous le vocable de Saint-Vital est également mentionnée par les sources locales. Les relations chronologiques entre Saint-Vital, l'hypothétique Saint-Jean du Castellar et l'actuelle église Saint-Gilles restent à préciser.

Le nom de Saint-Gilles est attesté au Moyen Âge, une mention de la Salvetat Saint-Gilles en 1159 étant signalée dans les chartes de l'abbaye de Bonnefont. En revanche, l'explication traditionnelle selon laquelle le village aurait reçu ce nom en hommage à Raymond IV de Toulouse, dit Raymond de Saint-Gilles, n'est pas démontrée. De même, rien ne permet d'établir que la sauveté aurait constitué une dépendance de l'abbaye de Saint-Gilles du Gard.

Du Moyen Âge à la Renaissance Au début du XVe siècle, la seigneurie appartient à la famille Tournier, ou Tourneur. Vers 1483, Antoine Tournier, endetté, vend le domaine à Nicolas Fesquet, marchand toulousain.

Le château connaît ensuite plusieurs transformations qui modifient progressivement son caractère de forteresse médiévale pour en faire une demeure seigneuriale. Les campagnes de travaux successives sont toutefois difficiles à attribuer avec précision à chacun des propriétaires.

La cour intérieure est aménagée et les bâtiments sont progressivement dotés d'éléments résidentiels : pavillons, terrasse, fenêtres à meneaux et galeries à arcades ouvertes sur la cour. Les plafonds de certaines galeries conservent des décors peints au pochoir, représentant notamment des motifs végétaux et figuratifs.

Ces transformations donnent au château son caractère architectural composite, associant des éléments de la fortification médiévale à des aménagements résidentiels de l'époque moderne.

XVIIe et XVIIIe siècles Au XVIIe siècle, le château appartient notamment à la famille de Lombrail. Joseph-Gabriel de Lombrail le cède le 10 juin 1729 à Nicolas de Reversat de Célès pour la somme de 65 000 livres.

Au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, le château fait l'objet d'importants remaniements. Les façades et les espaces résidentiels sont transformés conformément aux goûts de l'époque. Les galeries ouvertes de la cour et leurs décors participent à cette transformation progressive de l'ancienne fortification en résidence seigneuriale.

La famille de Reversat de Célès de Marsac conserve la seigneurie jusqu'à la Révolution française. Pierre-Emmanuel-Marie de Reversat de Célès de Marsac, conseiller au Parlement de Toulouse, est arrêté puis guillotiné à Paris le 24 prairial an II (12 juin 1794). Ses biens sont alors saisis et le château est vendu comme bien national.

XIXe et XXe siècles Plusieurs propriétaires se succèdent au cours des XIXe et XXe siècles.

En 1880, une partie du mur de soutènement sud s'effondre. En 1924, la couverture de la tour principale est remplacée par une terrasse crénelée, modifiant son aspect. Des aménagements de confort, notamment des salles de bains et le chauffage central, sont réalisés en 1936.

Le château est proposé à la vente à plusieurs reprises au cours du XXe siècle et au début du XXIe siècle. Son entretien devient progressivement difficile et certaines parties du bâtiment connaissent une importante dégradation.

L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 6 août 2007, notamment en raison de l'intérêt de son architecture et de ses décors intérieurs.

La tempête Klaus de janvier 2009 aggrave l'état de certaines parties de l'édifice, notamment celui de l'aile ouest. Des travaux provisoires de consolidation sont réalisés par la suite.

Acquisition par la commune et restauration La commune de La Salvetat-Saint-Gilles acquiert le château en décembre 2016 afin d'en assurer la sauvegarde.

Une importante campagne de travaux est engagée à partir de 2019, portant notamment sur la consolidation et la reconstruction de parties de l'aile ouest ainsi que sur la réfection des couvertures.

La restauration bénéficie du soutien de l'État, notamment par l'intermédiaire de la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC), de la région Occitanie, du département de la Haute-Garonne ainsi que de différents partenaires et donateurs. Le château a également été retenu dans le cadre du Loto du patrimoine.

Les travaux ont pour objectif d'assurer la conservation de l'édifice et de permettre progressivement l'ouverture au public de certaines parties du château ainsi que leur utilisation pour des activités culturelles.

Galerie

Références

Voir aussi Articles connexes Liste des châteaux de la Haute-Garonne Liste des monuments historiques de la Haute-Garonne Histoire de La Salvetat-Saint-Gilles Liste des sites retenus pour le loto du patrimoine en 2018

Bibliographie La Salvetat Château Raymond IV, Le Collectif, Mairie de la Salvetat, 2021, (96p). Liens externes

Le Château sur le site de la Ville de la Salvetat-Saint-Gilles Le Château sur le site de la Fondation Patrimoine

Catégorie:Monument historique en Haute-Garonne Catégorie:Monument historique classé en 2007 La Salvetat Catégorie:Site retenu pour le loto du patrimoine en 2018