vignette|Essai d'Henri Bergson, Introduction à la métaphysique Introduction à la métaphysique est un essai de philosophie métaphysique écrit par Henri Bergson et publié en 1903. Il peut être lu comme une synthèse de la philosophie bergsonienne.

Présentation générale L'Introduction à la métaphysique est publiée sous forme d'essai dans la Revue de métaphysique et de morale en 1903. L’œuvre est rééditée dans La Pensée et le Mouvant en 1934. L'essai connaît un succès philosophique, mais aussi populaire, important. L'objectif de Bergson est de proposer une métaphysique qui dépasse l'opposition entre l'idéalisme et le réalisme.

Résumé

Analyse et intuition Henri Bergson distingue deux manières d'appréhender le réel : l'analyse et l'intuition. L'analyse relève du positivisme et de la science ; elle permet d'expliquer l'objet depuis un point de vue extérieur.

L'intuition est . Elle permet de saisir le de l'objet. Pour cela, il faut que je . Dans ce cas-là, nul besoin de symboles pour les traduire, car . Absolu signifie perfection : on aura beau additionner , ça n'aura jamais pour équivalent .

Métaphysique La métaphysique fonctionne par intuition : elle nous transporte . La métaphysique est définie comme .

Cela soulève toutefois un problème : si la métaphysique doit procéder par intuition, et que l'intuition , et que la durée est psychologique par essence, ? Non, car l'intuition métaphysique est essentiellement active, et n'est pas un acte unique mais une série indéfinie d'actes.

Bergson renvoie dos à dos les empiristes et les rationalistes, qui sont , en essayant de . Les psychologues, empiristes, cherchent le moi, et , ce qui est impossible car il faut se transporter hors du moi pour noter, de l'extérieur, les états de la personne. Le rationaliste, qui , commet la même erreur, en persistant à affirmer l'unité de la personne.

La vraie métaphysique est un empiriste vrai, à savoir . La métaphysique adopte de la mathématique bergsonienne, mais ne peut s'acheminer par la mathématique universelle, qui n'est qu'une : plus elle fera chemin, plus . La science et la métaphysique peuvent ainsi s'unir, et la métaphysique devenir science positive, en se basant sur l'intuition qui s'installe dans le mouvant.

Mobilité et immobilité Bergson soutient qu'il existe bien une réalité extérieure, donnée immédiatement à notre esprit, et que . Ainsi, . Si l'analyse , l'intuition se place dans la mobilité, c'est-à-dire dans la durée. Le réel, le vécu, se reconnaît précisément à ce qu'il est . L'utilisation de symboles dans le cadre de nos tentatives d'explication du réel . Nous avons l'habitude de nous installer dans l'immobilité afin d'y trouver un point d'appui, et à partir d'elle, . Mais cela n'aboutit qu'à .

Une réalité est saisie , et non par l'analyse : , à savoir . On peut promener sur soi-même le ; cela permet d'apercevoir, déjà, à la surface, . On peut ensuite apercevoir des . Enfin, on perçoit .

En descendant au fond de soi, on trouve : une succession d'états, . Ce mouvement paraît insécable lorsqu'on le vit : .

Durée Le philosophe aborde la question de la durée. Il y a une multiplicité dans l'unité, car la continuité d'éléments se prolonge d'élément dans l'élément suivant. L'unité est ainsi , loin de l'unité . La connaissance absolue de la durée du moi est possible de manière absolue, par le recours à l'intuition.

Concept et unité concrète Bergson s'intéresse au concept, qui est une idée générale et abstraite. Les concepts divisent en des expressions symboliques ; ils . Afin de ne pas être qu'un jeu d'idées, il faut que la métaphysique . Elle doit s'affranchir des .

Postérité L'Introduction est très lue à sa sortie et provoque, comme les autres ouvrages de Bergson, beaucoup de débats. Émile Meyerson tente d'appliquer la pensée bergsonienne exposée dans l'essai à sa philosophie de la thermodynamique. T. S. Eliot apprécie l'essai et parle d'une ; il offre un exemplaire de l'essai de Bergson à sa famille. Dans une note explicative publiée en 1934, Bergson commente son texte avec le recul des décennies et reconnaît avoir utilisé le terme de dans une acception trop kantienne.

Bibliographie

Notes et références

Annexes

Catégorie:Œuvre d'Henri Bergson