Pierre Bernard Bouloumié, né le à Toulouse, mort le à Paris Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 420, vue 13/31., est un médecin français, secrétaire général de l'Union des femmes de France pendant 38 ans, de 1881 à 1919, médecin de la station thermale de Vittel créée par son père Louis Bouloumié et président du conseil d'administration de la Société des Eaux de Vittel, conseiller général des Vosges, auteur de nombreux écrits.
Biographie Milieu social et débuts Pierre Bouloumié est l'un des fils de Louis Bouloumié et de Marie Jeanne ChéronSelon acte de naissance sur les archives numérisées de Toulouse, vue 267 et le frère cadet d'Ambroise Bouloumié (1843-1903).
Après ses études de médecine à Paris et à Strasbourg où il est élève au service de santé militaire, il entre dans l'armée comme médecin militaire, participe en tant que tel à la guerre de 1870, à Metz, à Tours et à Tarbes. Il est ensuite attaché à l'Hôpital militaire Saint-Martin à Paris jusqu'à ce que son frère Ambroise l'appelle à Vittel pour occuper la fonction de médecin attaché à la station thermale. Il démissionne de l'armée au printemps 1874 avec le grade de médecin-major.. .
Médecin thermal et administrateur de la Société des Eaux de Vittel Il est le second médecin de l'Établissement thermal de Vittel. Il partage son temps entre Vittel où il travaille l'été, durant la saison, et Paris. Il contribue à la notoriété de la station, fondée par son père et développée ensuite par Ambroise Bouloumié jusqu'à sa mort en 1903 puis par le fils de ce dernier, Jean Bouloumié.
Il est aussi administrateur de la Société générale des eaux minérales de Vittel (SGEMV), contrôlée depuis sa fondation en 1882 par sa famille et par des alliés. Il est désigné vice-président en 1905Le Mémorial des Vosges, 7 juin 1905, puis il accède à la présidence du conseil d'administration de cette société anonyme en 1910, remplaçant à sa mort Henri de Tricornot, maître de forges haut-marnaisLe Nouvelliste des Vosges, 14 août 1910. Il conserve cette fonction jusqu'à sa mort. Président du conseil d'administration de la SGEMV, il est à l'initiative d'un congrès international sur l'arthritisme qui s'est tenu en 1927 à Vittel.
Animateur d'associations humanitaires
De par ses fonctions militaires, il rencontre en 1881 Emma Koechlin-Schwartz, fondatrice cette année-là et présidente d'une association qui va s'affilier à la Croix-Rouge française, l'Union des femmes de France. L'UFF a pour objet d'apporter des secours aux blessés militaires. Pierre Bouloumié assume la fonction de secrétaire général de sa fondation à 1919, s'attachant à développer l'association et à la défendre contre ses détracteursBulletin mensuel de l'UFF, juin 1919 (Discours de l'amiral Amet). Le ministère de la guerre adoptera le système qu'il met en place dans le cadre de ses fonctions, dit système brancardiers de frontières du Dr Bouloumié. Il contribue à la formation d'un organisme commun fédérant les trois branches françaises de la Croix-Rouge française, la SSBM, l'UFF et l'Association de dames françaises, institué en 1907. Il mène en une délégation d'infirmières de l'UFF en Italie, venue aider la Croix-Rouge italienne à la suite du séisme du 28 décembre 1908 à Messine qui toucha la Calabre et la SicileL'Aurore, 14 janvier 1909. Il en tire un livre, Vingt jours parmi les sinistrés. Naples, Calabre, Sicile.
Dans les années 1890, il est également secrétaire général du Comité central des œuvres d'assistance par le travail, fondé à Paris en , aux côtés de personnalités comme Léon Say, libéral, ou le républicain conservateur Jules Simon. Il cherche alors à substituer l'aumône au travail pour les pauvres validesLe Gaulois, 4 avril 1891, Ibid., 27 février 1891, Journal des débats, 16 décembre 1895. Benjamin Jung, Organiser la charité, rendre le secours efficace. Institutions et acteurs de l’assistance par le travail à Paris (1889-1905), dans Histoire urbaine, 2018/2, n° 52 (Lire en ligne).
Il fonde en 1916 avec le général Paul Pau l'Union fraternelle des blessés de guerre, dont il est l'animateur à ses débuts et le vice-président. Cette association entend .
Engagement politique
Jusqu'à la mort de son frère aîné Ambroise en 1903, il ne s'est pas engagé en politique dans les Vosges du fait d'une divergence d'opinions entre son frère, bonapartiste allié aux royalistes, et lui, hostile au Second Empire et attaché à la République. Il est élu conseiller général du canton de Vittel en 1903, remplaçant son frère décédé. Il est alors un (droite républicaine modérée, catholique et laïque), issu de l'aile droite (méliniste) du parti républicain progressiste ayant rejoint l'opposition conservatrice et nationaliste par rejet de la politique dreyfusiste et anticléricale du gouvernement de Défense républicaine de Pierre Waldeck-Rousseau et hostilité au Bloc des gauches. Il combat en effet Gilles Grivel, Les activités politiques de Louis Bouloumié et de ses fils, in Des sources au thermalisme; Vittel, Contrexéville, Cercles d'Études de Contrexéville et de Vittel, 2002Le Mémorial des Vosges, août 1903 (Adresse de P. Bouloumié aux électeurs). Il est cependant battu au second tour en 1907 par son rival de gauche, le député Marc MathisLe Nouvelliste des Vosges, 11 août 1907. Il préside la section cantonale de la Fédération républicaineLe Mémorial des Vosges, 27 octobre 1909. Candidat de ce parti aux élections législatives de 1910, il ne parvient pas à se faire élire député, battu là encore par Marc Mathis, député sortantLe Mémorial des Vosges, 16 mars 1910, Remerciements aux électeurs de l'arrondissement de Mirecourt, Ibid., 29 avril 1910, L'Aurore, 26 avril 1910.
A Paris, il prend la tête en 1905-1906 d'une protestation contre une circulaire ministérielle de introduisant , trouvant l'appui de généraux comme le général de Galliffet, ancien ministre de la guerreLa Croix, 29 décembre 1905, La liberté des cultes dans l'armée, Ibid., 25 février 1906L'enterrement civil dans l'armée, Journal des débats, 17 janvier 1906.
Fratrie Pierre Bouloumié épouse en 1891 Marthe Redeuilh. . Le couple a deux filles, Édith et Simone. La première épouse en 1913 un aristocrate, Jacques Maigre de la MotteAnnales des établissements thermaux, 1913, la seconde épouse en 1924 un diplomate, Gilbert ArvengasExcelsior, 21 avril 1924Dossier de la Légion d'honneur de G. Arvengas dans la base Léonore. Gilbert Arvengas refusa de prêter serment au maréchal Pétain en octobre 1941 puis il démissionna en 1942. Il devient le délégué du CFLN du général de Gaulle au Chili.. L'un des petits-enfants de Pierre Bouloumié, Guy Maigre de la Motte (1920-2022), fils d'Édith, sera le dernier membre de la famille Bouloumié à diriger la SGEMV. Il sera adopté par Germaine Bouloumié, fille d'Ambroise, en 1960 et prendra le nom de Guy de la Motte-Bouloumiévosgesmatin.fr, 25 janvier 2022.
Distinctions (1914) Commandeur de l'Ordre de la Couronne d'Italie (1909)Le Mémorial des Vosges, 28 octobre 1909 grande médaille de la Croix-Rouge italienne (1909)
Publications Du traitement de la blennorrhée par les insufflations de poudres médicamenteuses (procédé du Dr Mallez), 1867Les sept premières publications sont lisibles en ligne sur Gallica via le site data.bnf.fr. Considérations générales sur les dyspepsies, la gravelle et la goutte, 1873 Instructions générales pour l'organisation des services de l'Union des Femmes de France en cas de guerre, 1888A lire en ligne sur Europeana Manuel du candidat aux divers grades et emplois de médecin et pharmacien de la réserve et de l'armée territoriale, 1889 Thérapeutique hydro-minérale Vittel, pratique personnelle. Résumé des XVe et XVIe leçons du Cours de thérapeutique hydro-minérale, 1890 Vingt jours parmi les sinistrés, Naples, Calabre, Sicile, Calmann-Lévy, 1909 L'effort antituberculeux de l'Union des femmes de France : son programme, ses réalisations, 1919Lire en ligne sur Europeana. Restaurant de régime de Vittel, 1921 Histoire de Vittel: création d'une ville thermale, 1925
Notes et références
Annexes
Articles connexes
Vittel (eau minérale)
Bibliographie
Bertrand Munier, 1791-2003, le grand livre des élus vosgiens, conseillers généraux et régionaux députés-sénateurs-ministres, Haroué, Gérard Louis éditeur, 2003. .
Liens externes
Base Léonore Bulletin mensuel de l'UFF, février 1929, Nécrologie
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