Gustave Macé, né le à Paris et mort le à Champigny-sur-Marne, est un policier puis écrivain français, chef de la Sûreté entre 1879 et 1884.

Biographie

Policier

Né le au de la rue du Marché-Neuf, Placide-Gustave Macé est le fils de Marie-Éléonore-Damas Macé, née Lefebvre, et d'Isidore-Marie-François MacéArchives de Paris, état civil reconstitué, naissances du 3 août 1835 (vue 15 sur 51).. Officier de paix, Isidore Macé meurt le Archives de Paris, état civil reconstitué, décès du 14 février 1853 (vue 17 sur 49)..

Âgé de à la mort de son père, Gustave Macé décide d'entrer lui-aussi dans la police, afin d'aider financièrement sa mèreGeorges Grison, « M. Macé, auteur dramatique et millionnaire », Le Figaro, 19 mars 1884, .. Le , il entre ainsi à la Préfecture de police., où il travaille comme inspecteur, c'est-à-dire comme simple agent.

Placé tout d'abord au service de la librairie, il est muté aux mœurs par mesure disciplinaire après s'être battu en duel avec un collègue. En 1857, il réussit l'examen pour devenir secrétaire de commissariat. Tout d'abord en poste à Puteaux, puis, deux ans plus tard, dans le Marais, il est employé comme secrétaire au contrôle général partir du . Le , il est nommé officier de paix, affecté jusqu'en 1868 au arrondissement.

vignette|gauche|Macé, âgé d'environ trente ans, en uniforme d'officier de paix.

Dans la nuit du 7 au , lors de l'incendie du de la rue Albouy, Macé est gravement blessé par l'effondrement d'un mur séparant cette propriété du de la rue des Marais. S'étant déjà distingué lors d'un autre incendie, le , il est récompensé d'une médaille d'honneur en or de classe quelques mois plus tardLe Moniteur universel, 24 avril 1864, ..

Macé est nommé commissaire de police le et affecté au quartier de l'Odéon. Relevé de ses fonctions au lendemain de la chute du Second Empire, il est réintégré peu de temps après l'arrivée d'Ernest Cresson à la Préfecture de police ()Raoul Rigault, « La Police municipale et le commissaire Macé », La Patrie en danger, décembre 1870, .. Vers la fin du siège de la capitale, il est nommé commissaire du quartier Notre-DameLe Temps, 25 février 1871, ..

Le , le commissaire Macé épouse Marie Grenier, veuve Descours (1840-1922)Archives de Paris, état civil du arrondissement, registre des mariages de 1871, acte (vue 12 sur 31).. Celle-ci a une fille, Juliette Descours, qui épousera en 1877 l'architecte Georges DuvalLa Presse, 22 décembre 1877, ..

Le lendemain, Macé risque sa vie en tentant de sauver celle de l'agent Vincenzini, lynché par des manifestants sur la place de la Bastille. À partir du suivant, il est attaché aux Délégations judiciaires.

Son rôle dans la répression judiciaire de la Commune a été débattu : alors qu'Yves Guyot l'a accusé d'avoir « peuplé les pontons »La Lanterne, 30 janvier 1879, ., Georges Grison a quant à lui affirmé que son ami Macé, envoyé à l'Orangerie de Versailles pour y interroger des communards prisonniers, aurait été si choqué des conditions de détention de ces derniers qu'il se serait retiré en déclarant qu'il ne reviendrait accomplir sa mission que lorsque ces captifs seraient traités avec humanité.

Le , il est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

Chef de la Sûreté vignette|Photographie de Macé par Liébert (vers 1883). Le poste de chef de la Sûreté est proposé une première fois à Gustave Macé en 1875, lors de la retraite d'Antoine Claude. Mais il refuse la condition, imposée aux prédécesseurs de Claude, de renoncer au statut de commissaire pour être remis officier de paix sous l'autorité du chef de la police municipale. Il accepte finalement le poste quatre ans plus tard, après avoir obtenu de conserver son titre de commissaireLe Figaro, 18 février 1879, .. Le , le préfet de police Albert Gigot charge ainsi Macé de remplacer Étienne Jacob à la tête du service de SûretéMacé (1890), ..

Avant même son entrée en fonctions, Macé est attaqué par le journal radical La Lanterne, qui feuilletonne alors une âpre campagne contre la préfecture de police rédigée par Yves Guyot et signée par « un vieux petit employé » (l'informateur de Guyot dans la police étant un certain M. Petit). Suspecté d'être un « bonapartiste militant »La Lanterne, 23 février 1879, ., Macé se voit reprocher d'avoir collaboré à la persécution des républicains, par exemple en ayant trouvé dans le canal Saint-Ouen des bombes destinées à étoffer le dossier à charge lors du procès de Blois (juillet-). Dans ses écrits, où il exprime effectivement des positions très conservatrices, Macé se défend d'avoir été un bonapartiste, avouant plutôt une certaine sensibilité orléaniste transmise par son pèreMacé (1884), ..

En février-, il est mêlé aux polémiques entourant l'arrestation d'un homme prétendant être Édouard Mayer, sujet allemand, mais identifié par les agents secrets de l'ambassade de Russie à un terroriste russe, Léon Hartmann (Lev Gartman), dont la Russie demande l'extradition. L'avocat d'Hartmann, Maurice Engelhard, prétend que Macé aurait employé une ruse déloyale pour pousser l'accusé à avouer son identitéLe Gaulois, 7 mars 1880, ., ce que dément le chef de la SûretéMacé (1884), -14..

Favorable aux innovationsMacé (1884), ., Macé est cependant plus que sceptique quant aux expériences d'anthropométrie de Bertillon, d'autant plus que celles-ci reçoivent les éloges de son ennemi GuyotMacé (1884), -379..

Déplorant sa subordination au chef de la police municipale, Jean-Marie-Lazare Caubet, Macé milite pour le rattachement de son service au cabinet du préfet de police. Il n'obtiendra cependant satisfaction qu'en 1887, soit trois ans après son départ. En effet, frustré par l'inertie de l'administration face à ses propositions de réformes, Macé ne sollicite pas le renouvellement de ses fonctions et fait valoir ses droits à la retraite dès le mois d'Macé (1884), .. Il prend finalement sa retraite le . Il est remplacé le par Louis Kuehn, commissaire aux Délégations judiciairesMacé (1884), ..

Mémorialiste vignette|Affiche pour les livres de Macé (1888). Macé se retire alors à Champigny-sur-Marne, dans une villa appartenant à son gendre. Il entreprend aussitôt la rédaction d'un livre qui lui permettra de régler ses comptes avec ses détracteurs et d'exposer ses idées de réformes. Paru la même année chez Georges Charpentier, Le Service de la Sûreté par son ancien chef est le premier titre d'une série d'ouvrages consacrée à la police parisienne, nourrie par les souvenirs et les documents de l'ancien commissaire de police. Celui-ci adhère à la Société des gens de lettresMoreau, ..

Âgé de , Gustave Macé meurt le à son domicile du de la rue des Pavillons, à Champigny-sur-Marne. Il était officier d'académieArchives départementales du Val-de-Marne, état civil de Champigny-sur-Marne, registre des décès de 1904, acte (vue 14 sur 54)..

Grâce à sa longue carrière à travers tous les échelons de la police, aux nombreuses affaires criminelles qui lui ont été confiées (telle que l'affaire Fenayrou) et aux souvenirs qu'il a publiés à leur sujet, Macé a laissé l'image d'un enquêteur perspicace et tenace, souvent comparé au fameux Dupin d'Edgar Allan PoeOctave Mirbeau, « Chroniques parisiennes : M. Gustave Macé », La France, 20 novembre 1885, .Édouard Drumont, « Gustave Macé », La Libre Parole, 24 mars 1904, .. Dans Les Mémoires de Maigret (1951), le héros de Georges Simenon mentionne brièvement « les mémoires de Macé et ceux du grand Goron »Georges Simenon, Les Mémoires de Maigret, Paris, Presses de la Cité, 1951, chap. 2..

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Marcellin Berthelot (dir.), La Grande Encyclopédie, t. XXII, Paris, Lamirault, 1896, (consultable en ligne sur Gallica). Angelo De Gubernatis, Dictionnaire international des écrivains du jour, t. III, Florence, 1891, (consultable en ligne sur Gallica). Georges Moreau (dir.), Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle, t. XVII, supplément, Paris, s.d. , (consultable en ligne sur Gallica). Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, édition, Paris, Hachette, 1893, (consultable en ligne sur Gallica). Ouvrages de Gustave Macé Sauf mention contraire, les ouvrages ci-dessous ont été édités par Georges Charpentier dans la collection La Police parisienne : Le Service de la Sûreté par son ancien chef, Paris, 1884, 394 p. (éditions de 1884 et 1891 consultables en ligne sur Gallica). Mon Premier crime, Paris, 1885, 327 p. ((https://archive.org/details/dli.granth.117237/page/n4/mode/1up consultable en ligne] sur Internet Archive). Un Joli monde, Paris, 1887, 347 p. (consultable en ligne sur Gallica). Gibier de Saint-Lazare, Paris, 1888, 320 p. (consultable en ligne sur Gallica). Mes Lundis en prison, Paris, 1889, 415 p. (consultable en ligne sur Gallica). Mon Musée criminel, Paris, 1890, 255 p. (consultable en ligne sur Gallica). Lazarette (collection Crimes passionnels), Paris, Charpentier, 1891, 305 p. Un Cent-Garde (collection Crimes passionnels), Paris, Charpentier et Fasquelle, 1893, 392 p. Crimes impunis, Paris, Fasquelle, 1897, 318 p. (consultable en ligne sur Gallica). Aventurier de génie, Paris, Fasquelle, 1902, 316 p. (consultable en ligne sur Gallica). Femmes criminelles, Paris, Fasquelle, 1904, 381 p. Liens externes

Notice biographique sur le site de la Société française d'histoire de la police (consulté le ).

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