Le cheval ( ; ) est initialement introduit au Botswana depuis l'Afrique du Sud par des explorateurs puis des colons européens, au . Le nombre de chevaux a beaucoup augmenté durant la seconde moitié du , après l'indépendance du pays, en raison de leur utilisation pour la chasse et en parallèle de la raréfaction de leur usage pour les transports. Avec une population de plus de en 2014, le cheval est utilisé lors de chasses de subsistance, de compétitions d'endurance et de safaris touristiques.
La présence du cheval est marquée dans les régions de Maun et de l'Ouest, où l'ensablement causé par le désert du Kalahari complique les déplacements avec des véhicules à moteur. Une douzaine de races de chevaux différentes sont présentes au Botswana, dont l'Arabe et le Pur-sang. Le Botswana est aussi le foyer de plusieurs maladies mortelles pour les chevaux, notamment la peste équine, la nagana et la rage.
Histoire Le cheval domestique (Equus caballus) ne fait pas partie de l'histoire du Botswana et n'est pas indigène de ce pays, plus connu pour ses Zèbres des plaines (E. quagga), qui y sont une espèce emblématique., prédatée par la Hyène tachetée (Crocuta crocuta)..
Les premiers chevaux importés dans le sud de l'Afrique le sont depuis Le Cap, au .. La plupart des chevaux du Botswana ont été importés depuis l'Afrique du Sud. Il existe des attestations d'exploration du territoire qui deviendra le Bechuanaland puis le Botswana par l'Anglais William Cornwallis Harris en 1836, puis par d'autres cavaliers européens blancs durant les années 1840.
Sous le protectorat du Bechuanaland (1885-1966)
Lorsque le territoire dénommé « Bechuanaland » est déclaré le , il ne faut que six semaines pour que des forces de police, majoritairement d'origine britannique, commencent à s'organiser afin de contrôler ce nouveau territoire.. Elles incluent une police montée, utilisée notamment pour contrôler la frontière entre le Bechuanaland et l'Afrique du Sud.. À la Bechuanaland Mounted Police (police montée du Bechuanaland), créée en 1885. par le major Stanley Lowe pour le maintien de l'ordre et la répression du vol de bétail., succède la Bechuanaland Border Police (police des frontières du Bechuanaland) en 1889-1890..
Les attestations de contact des populations locales avec le cheval sont plus tardives. En 1916, Khama, le Ksogi (chef de tribu) du peuple Bamangwato au Bechuanaland, est frappé au genou par un cheval ; il invite alors son fils , en exil depuis , à gouverner à Serowe. En 1954, l'auteur John Brown décrit la présence de poneys dans la région de Gordonia du désert du Kalahari, alors qu'il pensait antérieurement que ce désert n'était pas un environnement vivable pour des chevaux..
En 1961, la population chevaline du Botswana est estimée à . Le cheval domestique est décrit comme , puisque son prix est de 3 à 6 vaches, ou 15 à 30 ânes.. Les hommes de la région de Nyae Nyae avaient l'habitude de chasser la girafe à cheval, mais le gouvernement du Sud-Ouest africain déclare cette chasse illégale en 1953. Dès lors, les chevaux sont essentiellement utilisés comme moyen de transport, mais la chasse a sans doute continué de manière plus prudente. Des embuscades de gibiers sont réalisées de nuit, quand les chasseurs sont moins susceptibles d'être repérés. Les Dobe Ju/’hoansi dépendent très fortement de la chasse au début des années 1960, lorsque leur population s'accroît et s'appuie sur l'usage du cheval, des armes à feu et des véhicules motorisés.
Depuis l'indépendance du Botswana (1966-présent)
vignette|gauche| montée du Botswana durant les années 1970.|alt=Deux hommes noirs souriants devant deux chevaux sellés. Le développement progressif des routes et d'infrastructures de transport rend le recours aux chevaux inutile dans certaines régions densément peuplées du pays. Néanmoins, la population de chevaux se développe, passant de en 1970 à en 1990, environ. Ce développement est notamment dû à la popularité de la chasse à cheval. L'équitation devient la technique de chasse la plus efficiente durant les années 1970. Dans les années 1970 et 1980, les San de la réserve centrale du Kalahari adoptent progressivement la chasse à cheval, et abandonnent dans le même temps l'usage des arcs à flèches empoisonnées au profit de la lance, grâce à la vitesse que leur octroie l'équitation., comme le montrent les études menées dans la région de Xai/Xai (Ngamiland) entre 1973 et 1980.
Il s'agit d'un changement majeur tant dans leur stratégie de chasse que dans son taux de succès : l'usage du cheval permet d'accroître la surface explorée pendant la chasse. Dans les années 1980 et 1990, les jeunes capables d'acheter ou de louer un cheval privilégient cette technique de chasse à la lance, grâce à une transmission des savoirs d'équitation.
Pratiques et usages vignette|Préparation d'un cheval avant un déplacement monté, en 2020.|alt=Cheval roux vu de profil, avec un homme noir qui pose la main sur sa selle. Comme l'âne, le cheval reste utilisé pour le transport monté et pour sa force de traction.. Il n'est cependant d'usage à cette fin que dans les régions de l'Ouest et de Maun, en raison du mauvais état des routes régulièrement ensablées. Le cheval est plus fréquemment monté qu'attelé. Les éleveurs de moutons de race Karakul établis dans le sud du Kalahari recourent à des chevaux, des ânes et des mules.. Les possesseurs de chevaux de chasse utilisent leur animal pour une variété d'autres activités.
La base de données de la Fédération équestre internationale (FEI) reconnaît une fédération nationale de sports équestres au Botswana, la Horse Society of Botswana (HSB).. Le pays n'a cependant décroché aucune médaille lors d'un évènement équestre international majeur (Jeux équestres mondiaux ou Jeux olympiques). En 2023, la Horse Society of Botswana organise dix compétitions officielles dans ce pays : quatre de saut d'obstacles, une de dressage, une d'attelage, cinq d'endurance, une de reining, une de voltige, une de para-dressage et une de para-attelage.
Dans sa thèse soutenue en 2020 à l'université du Botswana, Tinieri Maeresera soutient que le fumier de cheval peut fertiliser les plantations de Cenchrus cilié (Cenchrus ciliaris)..
Chasse vignette|gauche|upright=1.2|Chasse d'un Oryx gazelle (Oryx gazella) à l'aide de chevaux, vers 1909.|alt=Une antilope par terre et des cavaliers autour. La chasse de subsistance montée est légalement autorisée par les lois du Botswana, permettant aux peuples locaux de chasser dans les réserves avec l'aide d'un cheval, d'un fusil et de chiens.. Le Wildlife and National Parks Wildlife Act of 1992 (« loi de 1992 sur la vie sauvage et les parcs nationaux ») interdit la chasse depuis des véhicules motorisés, expliquant l'usage du cheval. Les lois du Botswana sont différentes de celles de la Namibie voisine, qui interdit totalement la chasse à cheval. Cette chasse à cheval est notamment pratiquée le long de la frontière entre le Botswana et la Namibie.
Les y recourent pour des chasses sur longue distance, parfois accompagnés par des JuJ'hoansi. Environ un tiers des hommes chasseurs de Xai/Xai sont familiers de la chasse à cheval avec des armes à feu ou des lances.
Cette chasse à cheval est particulièrement utilisée pour traquer les élands, les girafes, et les oryx gazelles. Elle se révèle très efficace pour la chasse aux grandes antilopes, telles que l'Éland (Taurotragus oryx). Il existe aussi du braconnage de viande de brousse (notamment dans le delta de l'Okavango), qui s'appuie sur le développement récent des pratiques de poursuite à cheval, nuisant au tourisme..
Endurance
D'après la présidente de l'Association d'équitation d'endurance du Botswana (Botswana Endurance Riding Association, BERA), Sharon Du Plessis, la pratique nationale de l'endurance remonte à la fin des années 1990, lorsque plusieurs cavaliers du Botswana se rendent compte conjointement qu'ils sont suffisamment nombreux pour organiser des compétitions viables dans leur propre pays, plutôt que de se déplacer en Afrique du Sud. La pratique gagne progressivement en importance et compte en 2006 deux clubs locaux, un à Ghanzi et un autre à Lobatse. La BERA utilise un système de vet-gate sur ses compétitions, conformément aux règles déterminées par la Fédération équestre internationale. La saison des courses d'endurance s'étend habituellement de février à juin, les températures pouvant être très chaudes. Environ six courses d'endurance sont organisées chaque année au Botswana, généralement sur .
L'une des courses d'endurance les plus réputées est celle de Tau Tona Lodge, à Ghanzi, dans le désert du Kalahari. La course de Lobatse, autre événement prestigieux, se déroule sur un sol plus caillouteux et attire des participants de l'Espagne, d'Abou Dabi, du Royaume-Uni, de la Namibie et de l'Afrique du Sud. Les cavaliers botswanais concourent en Afrique du Sud afin de décrocher une qualification sur des distances plus longues, indispensable pour accéder aux championnats du monde d'endurance.
L'endurance est généralement pratiquée avec un cheval arabe, race élevée au Botswana.
Safaris vignette|Chevaux de travail de la région de Paje en 2020.
Le Botswana fait partie des destinations africaines populaires pour du tourisme équestre monté, dans la catégorie du tourisme d'aventure.. Une enquête par sondage, publiée en 2021, montre que les activités d'équitation sont très appréciées dans une démarche d'écotourisme..
Plusieurs auteurs de guides touristiques décrivent le Botswana (en 2010 et 2022) comme l'une des meilleures destinations africaines pour un safari à cheval, notamment grâce à la variété de sa faune sauvage.... Ces safaris sont généralement réservés aux cavaliers de plus de douze ans, à l'aise aux trois allures. Des safaris montés sont proposés pour visiter le delta de l'Okavango ou encore le long du Zambèze, également avec des circulations de calèches de style victorien. Ils constituent une activité potentiellement dangereuse dans la mesure où des prédateurs (lion) sont susceptibles de s'attaquer aux chevaux.
Les races de chevaux montées en safari sont le Pur-sang, des demi-sang, l'Arabe, l'Anglo-arabe, le croisement de Frison et le cheval de sport local, issu du croisement entre le Boer et le Saddlebred américain.. Tous ces animaux sont dressés et mesurent entre et .
Élevage vignette|gauche|Deux chevaux à Mochudi en 2022. Les Tswana, peuple pastoral, ont l'habitude d'élever toutes sortes d'animaux domestiques.. Quelques !Kung ont commencé à posséder des chevaux dans les années 1960, soit pour eux-mêmes, soit dans le cadre d'un travail pour un fermier blanc.
L'ouvrage Equine Science (2017) ne fournit aucune estimation de la population chevaline du Botswana. ; cependant, Chris J. Mortensen indique sur la base des données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) la présence d'un cheptel de en 2014..
En 2008, Oladimeji Idowu Oladele et Milly Monkhei fournissent les données genrées et chiffrées suivantes, relatives à la propriété de recensés dans ce pays, au total : +Nombre de chevaux possédés par région du Botswana et par genreRégion Chevaux possédés par des hommesChevaux possédés par des femmesRégion du Sud3 316526Région de Gaborone2 079370Région centrale4 795590Région de Francistown869168Région de Maun5 3191 226Région de l'Ouest5 275854Total21 6533 734
Les régions de Maun et de l'Ouest sont celles qui élèvent le plus de chevaux. Il existe aussi des différences géographiques dans la propriété des chevaux : les femmes de la région de Maun en détiennent davantage que celles des autres régions.
Peu d'informations sont connues à propos de l'élevage local. La plupart des chevaux du Botswana sont gardés dans des fermes traditionnelles, qui font vraisemblablement appel à peu d'élevage sélectif contrôlé.
Races élevées vignette|Cavalier agricole s'apprêtant à déplacer ses chèvres en 2019.|alt=Un cavalier au galop devant un troupeau de chèvres.